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Dès le plus jeune âge, l’apprentissage de sages notions en matière d’argent peut aider à inculquer les rudiments d’une prise de décision financière informée et proactive. Au fur et à mesure qu’on avance en âge, ces compétences gagneront en importance parallèlement à l’accroissement de nos responsabilités et de notre exposition aux questions financières. Il en est particulièrement ainsi de ceux et celles qui fréquentent ou qui viennent d’obtenir leur diplôme d’une institution postsecondaire, comme il s’agit d’un moment où plusieurs d’entre eux vivront ce passage à une plus grande indépendance financière. Lorsque vous considérez que plus d’un million de jeunes adultes fréquentent l’université au Canada au cours de l’année universitaire 2016–2017 et que 300 000 d’entre eux obtiendront leur diplôme, et s’intégreront au marché du travail en 2017,1 il ne fait pas de doute à quel point ces compétences en gestion financière sont essentielles à ce segment démographique qui inclut aussi les jeunes adultes. Aussi, lorsqu’on considère que les jeunes adultes d’aujourd’hui seront les principaux bénéficiaires de ce qui est couramment qualifié du plus important transfert de patrimoine à venir au cours des prochaines décennies, on comprend d’autant plus aisément l’importance croissante de la littératie financière pendant cette période de changement.

Les jeunes adultes d’aujourd’hui — un portrait financier

Pour ces personnes et familles qui ont atteint une étape de vie, au cours de laquelle elles commencent à réfléchir et à planifier leur transfert de patrimoine à leurs enfants et/ou petits-enfants, plusieurs pourront être préoccupées à cet effet. La source de ces préoccupations prend généralement racine dans deux considérations : le fait de ne pas savoir si les plus jeunes membres de leur famille seront suffisamment responsables financièrement pour gérer les fonds de façon appropriée, et si un tel transfert de patrimoine encouragera la jeune génération à adopter un sentiment que tout leur est dû et les privera de la motivation à développer activement leurs propres ressources financières.

Bien que la situation personnelle ainsi que les habitudes et le niveau de responsabilité d’une personne doivent toujours jouer un rôle crucial pour ce qui est de déterminer son niveau de préparation, certaines statistiques indiquent que plusieurs jeunes adultes de nos jours priorisent la planification financière et partagent plusieurs des mêmes objectifs que la génération de leurs parents. Par exemple, selon un récent sondage de jeunes Canadiens et Canadiennes, 49 pour cent veulent accéder à la propriété résidentielle et 48 pour cent veulent réduire ou éliminer leur dette en priorisant des paiements réguliers.2 Par ailleurs, la plus jeune génération semble éprouver des difficultés à équilibrer l’épargne à court et à long termes.3 Une partie du défi que doivent relever les jeunes d’aujourd’hui tient à l’environnement économique et social qui est différent de celui des générations précédentes. Le marché du travail est plus difficile en raison d’emplois à temps partiel, temporaires et contractuels plus nombreux; les frais de scolarité et les frais domiciliaires ont considérablement augmenté et poursuivent leur progression à la hausse; le divorce est plus courant, ce qui crée des situations familiales plus compliquées — ce sont des facteurs comme ceux-ci qui rendent la planification financière plus complexe pour les jeunes. Bien qu’on doive considérer plusieurs priorités et aspects concurrentiels, à la base il s’agit d’aider les jeunes adultes à combler le fossé entre identifier leurs objectifs et ce qu’ils devraient être, et à mettre en place les plans appropriés pour les atteindre dans le climat socioéconomique actuel.

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Littératie financière aux niveaux de la communauté et des institutions

Ces dernières années, la question de la promotion de la littératie financière a surgi partout au pays, en ciblant les Canadiens et Canadiennes de tous âges, mais plus particulièrement les jeunes et les générations plus jeunes. C’est en 2011 que le Groupe d’action sur la littératie financière (une coalition d’organismes sans but lucratif qui travaille pour mettre en valeur la littératie financière et faire connaître les programmes, services et outils mis à la disposition des Canadiens et Canadiennes pour les aider à améliorer leurs connaissances et leurs compétences) a organisé le premier Mois de la littératie financière, qui a lieu chaque novembre.4 Lors de sa première année, il y a eu 200 événements et ce nombre a augmenté à 1 266 ateliers de travail, séminaires et événements en 2014, lesquels ont eu lieu dans toutes les provinces et territoires au Canada.5 Et depuis, le nombre d’initiatives n’a cessé de croître.

En dehors du mois reconnu de novembre, il existe une vaste gamme d’initiatives et d’organisations vouées à supporter la littératie financière et le développement de solides compétences en gestion financière. L’Agence de la consommation en matière financière du Canada (ACFC) a centralisé une grande partie de cette information dans sa base de données canadienne sur la littératie financière, un outil exhaustif pour aider les individus à rechercher des ressources, de l’information et des événements sur un grand éventail de sujets financiers abordés par diverses organisations canadiennes. La base de données cible aussi des segments démographiques spécifiques comme les étudiants, les jeunes et les jeunes adultes, et affiche des liens à plus de 125 fournisseurs différents d’éducation financière qui appuient la Stratégie nationale pour la littératie financière — Compte sur moi, Canada.6

Développer des compétences financières durant les années du postsecondaire

Pour les jeunes Canadiens, les finances et le travail sont souvent les principales sources de stress lorsqu’ils réfléchissent à leur futur. Dans un récent sondage, il a été observé que parmi les Canadiens et Canadiennes âgés de 18 à 24 ans, 63 pour cent d’entre eux avaient subi les répercussions négatives des coûts de leurs études postsecondaires, 59 pour cent éprouvaient des difficultés associées au coût du logement dans leur communauté, 50 pour cent étaient négatifs quant à la disponibilité d’emplois bien rémunérés dans leur domaine, et 53 pour cent vivaient des difficultés en lien avec le montant de leur dette.7 Il est important de reconnaître cependant, que pour plusieurs, ces préoccupations peuvent découler de lacunes au plan de leurs connaissances financières et d’une incompréhension quant à la manière d’établir une stratégie visant à contrecarrer ou planifier pour ces défis potentiels. Quelques conseils importants pour ce groupe d'âge sont décrits ci-dessous.

Six conseils importants pour les étudiants et diplômés récents du postsecondaire

  1. Préparer et utiliser des budgets mensuels Établir votre budget devrait impliquer un suivi sur toutes vos dépenses quotidiennes ainsi que sur vos frais de scolarité incluant vos dépenses de gite et couvert, vos frais de transport et vos dépenses pour vos manuels scolaires. Puis, il importera d’être conservateur pour estimer vos dépenses et revenus, et de procéder aux ajustements qui pourraient s’avérer nécessaires.
  2. Comprendre le crédit et les cotes de crédit. Une carte de crédit peut être un outil précieux, mais peut aussi être une source de grand stress financier si celle-ci n’était pas utilisée de manière appropriée. Effectuer une recherche pour vous renseigner sur les frais, limites et taux d’intérêt, et comment les comportements en matière de dépenses et de paiements peuvent avoir des incidences sur votre cote de crédit.
  3. Reconnaître certains aspects importants à considérer pour un premier emploi, au-delà du salaire. Plusieurs employeurs offrent divers programmes et initiatives afin de promouvoir une culture de travail positive, la mobilisation et la rétention de leurs employés, et un soutien à leurs employés pour les aider à épargner pour le futur. Lorsque vous postulez ou acceptez un nouvel emploi, quelques aspects financiers importants à comprendre sont les régimes d’avantages sociaux et leurs conditions, si l’employeur offre un régime de retraite et de quel type de régime il s’agit (un régime à prestations définies ou un régime à cotisations définies); s’il existe un REER collectif commandité par l’employeur, si celui-ci rembourse les frais de cours de perfectionnement professionnel ou les frais d’adhésion à des associations qui vous aideront à progresser dans votre rôle et carrière.
  4. Se concentrer sur l’épargne. Incorporer l’épargne dans votre budget est une façon efficace de générer et de fructifier votre épargne. Un bon point de départ serait de diriger de trois à 10 pour cent de votre chèque de paie à un programme d’épargne. Il serait aussi important que vous compreniez la différence entre un REER et un CELI ainsi que les avantages potentiels de chacun.
  5. Développer un processus pour gérer vos factures et vos comptes. Même à l’ère numérique, où vous pouvez convenir de paiements automatiques et où plusieurs comptes sont accessibles en ligne, il est toujours important d’exercer un suivi et de vérifier ceux-ci régulièrement.
  6. Connaître et profiter au maximum des stratégies de planification fiscale et des crédits disponibles aux étudiants. Une liste de contrôle utile peut être trouvée dans l’édition printannière de Perspectives.

Dresser un portrait financier complet des jeunes adultes

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Plusieurs dans ce segment démographique admettront que cette étape en est une de nombreux changements de vie et financiers, dont souvent le mariage, l’accès à la propriété, le début d’une carrière et la venue d’enfants. On comprend donc qu’il s’agit d’un moment dans la vie où la planification devient plus complexe, étant donné le nombre croissant de facteurs dont on devra tenir compte. Aussi, bien que les statistiques de 2014 indiquent que 50 pour cent des jeunes adultes contribuaient à un REER (la proportion la plus élevée en cinq ans)8 — une indication prometteuse à l’effet que les jeunes sont de plus en plus conscients de l’importance d’épargner à long terme à cette étape de leur vie — cela signifie néanmoins que la moitié des jeunes Canadiens et Canadiennes pourraient être mal informés quant aux avantages des REER ou pourraient prioriser d’autres objectifs plus immédiats. Toujours en lien avec ce segment démographique, voici quelques considérations importantes afin de développer un juste équilibre entre la planification du maintenant et la planification du futur.

Les cinq principales considérations pour les jeunes dans la vingtaine

  • Identifier des objectifs à court et à long termes. Une approche simple consiste à réfléchir et à convenir d’objectifs aux cinq, 10 et 20 ans par exemple. Les décrire de façon concrète pourrait être un excellent point de départ pour des conversations avec un conseiller professionnel en vue de mettre en place la bonne planification et les bonnes stratégies de placement.
  • Se doter d’un fonds d’urgence suffisant. Une règle générale consiste pour une personne seule à prévoir un montant équivalent à trois fois ses dépenses mensuelles, et pour un couple ou des personnes ayant des enfants, l’équivalent de six fois ses dépenses mensuelles.
  • Développer une connaissance générale au sujet des options de placement dans des régimes enregistrés et non enregistrés ainsi que les objectifs de chaque type de régime. Une partie de ces connaissances devrait porter sur les avantages du report d’impôt associé avec des programmes enregistrés et les avantages potentiels de régimes non enregistrés pour des objectifs à plus court terme. Une fois de plus, les connaissances et l’aide d’un conseiller professionnel pourront s’avérer très utiles afin de développer des solutions adaptées à votre situation personnelle.
  • Être discipliné pour rembourser sa dette et éliminer ses emprunts aux taux les plus élevés en premier. Il est aussi important de comprendre l’importance d’effectuer ses paiements à temps et de payer plus que le montant minimal, si possible, en relation avec sa cote de crédit.
  • Repenser ses dépenses comme partie intégrante de son budget. Cela pourrait inclure des postes de dépenses comme se payer un dîner chaque jour, le café et ses choix de transport. Même des ajustements mineurs dans de tels domaines peuvent s’accumuler au cours d’une année et pourraient entraîner des épargnes qui pourront être dirigées dans un REER ou un CELI par exemple.

Parmi les nombreux articles, ressources et actualités qui portent sur le sujet de la littératie financière axée sur la plus jeune génération, il est évident qu’il existe une variété de points de vue et d’opinions sur le niveau d’information des adolescents les plus âgés et des jeunes adultes en matière de gestion et de planification financière de même que par rapport à leur niveau de préparation pour assumer efficacement leur indépendance financière. Mais peu importe l’école de pensée à laquelle on adhère, le point le plus important à reconnaître est que le développement de ces types de compétences est en voie de devenir — et doit demeurer — une priorité. Le tout est de s’assurer que notre jeunesse aura accès à des ressources appropriées et opportunes, et que des opportunités et des outils pertinents d’apprentissage leur seront disponibles en lien avec divers aspects de leur vie, qu’il s’agisse de leurs études, de programmes communautaires, de mentorat familial ou d’initiatives organisationnelles.

Pour des renseignements additionnels sur les aspects importants à considérer aux diverses étapes de la vie, veuillez consulter le rapport spécial de RBC Gestion de patrimoine intitulé « Cinq questions clés à examiner dans le cadre d’une planification patrimoniale ».