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Les chercheurs canadiens font depuis longtemps figure de pionniers dans le secteur de la technologie, allant de la conception de téléphones mobiles aux modems Internet et aux communications par satellite. Toutefois, nous n’avons pas beaucoup de réussites à notre actif en matière de constitution de sociétés canadiennes qui matérialisent ces brillantes idées.

Doté d’un fonds de 5,5 millions de dollars, le nouveau programme NextAI, qui a fait l’objet d’une annonce à la fin du mois de janvier 2017 à Toronto, vise à s’assurer que les entreprises canadiennes occupent une place centrale dans la nouvelle science révolutionnaire de l’intelligence artificielle (IA). Le programme offre à la fois des prix et un « camp d’entraînement » à des entrepreneurs du domaine de l’intelligence artificielle.

Le partenariat NextAI réunira des chercheurs, des investisseurs et des gens d’affaires afin de mettre à profit les idées commerciales issues de l’IA. Il s’associera à des institutions d’enseignement réputées du Canada. « L’IA est une ressource et un outil fondamental qu’il y a lieu d’exploiter dans tous les secteurs afin d’assurer notre compétitivité et notre productivité à long terme », a déclaré Dave McKay, président et chef de la direction de RBC, lors de l’annonce.

L’idée a pris forme pendant un séminaire d’innovation animé par M. McKay et Don Walker, chef de la direction de Magna International, qui s’est tenu l’été dernier et auquel ont participé des dirigeants et des entrepreneurs de premier plan du Canada afin de comprendre ce dont le pays avait le plus besoin. RBC et Magna International sont maintenant les sociétés partenaires fondatrices du programme.

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En plus d’être le premier en son genre au Canada, le programme vise à rassembler des experts et des entrepreneurs mondiaux du domaine de l’IA à Toronto, où ils pourront travailler avec des partenaires du monde des affaires, du milieu universitaire et du secteur de la technologie. Les équipes qui seront sélectionnées au terme d’un processus concurrentiel bénéficieront d’un financement allant jusqu’à 200 000 $ et auront accès à des mentors ainsi qu’à des bureaux, où elles pourront se consacrer à la conception d’applications commerciales d’intelligence artificielle.

Depuis le début du recrutement à la fin du mois d’octobre, les demandes ont afflué de plus de 20 pays, dont l’Équateur, l’Allemagne, l’Inde, Israël, l’Italie, le Mexique et le Royaume-Uni (Écosse).

Geoffrey Hinton, professeur à l’Université de Toronto, est celui qui a donné le coup d’envoi au boom que connaît actuellement l’IA en produisant, en 2012, un nouvel algorithme grâce auquel il a remporté haut la main un concours de reconnaissance d’images. Richard Sutton, chercheur à l’Université de l’Alberta, a jeté les bases du programme qui a permis à un ordinateur d’apprendre le go, ancien jeu chinois, puis de vaincre plusieurs joueurs comptant parmi les meilleurs du monde. Yoshua Bengio, professeur à l’Université de Montréal, a pour sa part fait de Montréal une destination internationale pour les chercheurs du domaine de l’IA.

L’un des objectifs fondamentaux de NextAI consiste à inverser ce que certains qualifient déjà d’exode des grands innovateurs et scientifiques du Canada dans ce domaine. Même M. Hinton occupe maintenant un poste à la société californienne Google.

« Quelqu’un va trouver la meilleure solution, a indiqué M. Walker, chef de la direction de Magna. Pourquoi pas le Canada ? »

Selon M. McKay, contrairement à ce qui s’est produit lors de programmes d’innovation précédents, les entreprises canadiennes seront cette fois-ci à la fine pointe de la recherche dans le domaine de l’IA. « Certaines de nos idées sont les meilleures qui soient dans le monde, mais nous ne savons pas comment les faire évoluer. » Il a ajouté que les banques jouissaient de la confiance des consommateurs et disposaient de données de grande qualité qui sont beaucoup plus utiles pour l’optimisation que celles que détiennent les entreprises de médias sociaux ou les fournisseurs de services en ligne.

Malgré les débuts modestes du Canada dans l’essor actuel de l’IA, les gens d’affaires et les politiciens des quatre coins du monde discutent maintenant de l’intégration de l’intelligence artificielle dans l’économie.

M. McKay a affirmé que le gouvernement avait un rôle à jouer quant au soutien à la recherche à un stade précoce et au financement de l’établissement de centres d’expertise. Il a toutefois ajouté qu’il fallait que le secteur privé commercialise des solutions pour créer un écosystème durable.

À titre de premier vice-président, Bureau du chef de la direction, de RBC, M. Stackhouse est chargé de l’interprétation des tendances mondiales et de renseigner la haute direction et le Conseil d’administration sur l’incidence de ces tendances sur RBC, ses clients et la société en général. Avant son entrée au service de RBC, il a été rédacteur en chef du Globe and Mail de 2009 à 2014, éditorialiste en chef de son magazine Report on Business, éditorialiste en chef national et international du journal et, de 1992 à 1999, correspondant à New Delhi en Inde.