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Les femmes jouent depuis longtemps un rôle central dans le suivi courant des finances de la famille en supervisant les activités bancaires quotidiennes et la gestion des fonds du ménage. Toutefois, elles sont souvent laissées à elles-mêmes lorsqu’elles doivent gérer un patrimoine reçu en héritage.

« Prenons l’exemple d’une famille au sein de laquelle le père décède avant la mère sans qu’aucune planification de transfert intérimaire de patrimoine d’un membre du couple à l’autre n’ait été effectuée, indique Leanne Kaufman, chef, Successions et fiducies RBC.

La mère se trouve donc à assumer toutes les responsabilités, tout en essayant de surmonter le décès de son conjoint. Si elle n’a pas jusque-là pris part aux discussions sur les finances de la famille ni participé à leur gestion, ces responsabilités peuvent représenter un fardeau très lourd à porter. »

Étant donné que les femmes vivent habituellement plus longtemps que les hommes, beaucoup d’entre elles peuvent être appelées à gérer le patrimoine familial à un moment donné dans leur vie.

Selon le recensement de 2016, la population canadienne de 85 ans et plus compte presque deux femmes pour chaque homme. Chez les centenaires, groupe d’âge ayant affiché la croissance la plus rapide de 2011 à 2014, ce ratio atteint même cinq femmes pour chaque homme. Comme les femmes ont tendance à former un couple avec un homme un peu plus âgé qu’elles et à lui survivre d’environ quatre ans en moyenne, beaucoup d’entre elles pourraient se trouver à la tête des actifs familiaux durant une période pouvant atteindre dix ans.

De nombreuses femmes disent cependant n’avoir reçu que peu ou pas de conseils au moment où un patrimoine leur a été transféré, par exemple par voie d’héritage. Selon la récente étude de RBC intitulée Les femmes et le transfert de patrimoine, 36 % des répondantes ayant hérité d’un patrimoine n’ont reçu aucun conseil. De plus, celles qui en ont reçu les ont généralement obtenus seulement de leur famille, plutôt que de bénéficier du soutien de professionnels qui, à leur avis, aurait pu les aider à structurer le processus décisionnel.

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Comme l’indique l’étude, il en résulte que pour les femmes le processus d’héritage est « souvent une expérience solitaire et déconcertante », alors qu’elle pourrait être collaborative et renforcer leur autonomie.

Quelle est la solution ? La recherche laisse croire qu’il manquerait des éléments dans l’expérience de transfert de patrimoine des femmes : il est essentiel d’élaborer un plan global et précis de transfert de patrimoine réussi qui tient compte de la possibilité qu’une femme soit seule responsable de la gestion du patrimoine familial à un moment donné dans sa vie.

Voici trois moyens qui permettent de remédier à ces « éléments manquants » et de préparer un transfert de patrimoine réussi.

Ouverture des canaux de communication

Avant de mettre un plan en œuvre, il peut être avantageux pour les familles d’avoir des discussions au sujet du patrimoine familial et d’examiner divers scénarios hypothétiques. Idéalement, ces discussions iront au-delà des chiffres ou des actifs et traiteront des raisons et des valeurs qui sous-tendent les plans envisagés et le legs que la famille espère laisser ; elles viseront à établir les fondements du plan.
Un facilitateur externe peut être utile en ce qu’il met les choses en perspective et apporte son expérience. Il s’assure aussi que tous les intéressés participent à la discussion.

« Ces conversations sont parfois difficiles et chargées d’émotion, précise Mme Kaufman, et il n’est pas toujours facile de trouver le moment qui nous paraît opportun pour les tenir. Pourtant, si les bénéficiaires sont laissés à eux-mêmes et ne reçoivent aucune information sur les plans financiers, cela risque de semer la discorde au sein des membres de la famille, voire de les amener à faire appel à la justice pour régler leurs différends. »

De plus, la communication des valeurs qui sous-tendent nos plans de transfert de patrimoine contribue avant tout à atténuer les discussions difficiles et l’incertitude lorsque le transfert s’effectue.

« Discuter ouvertement de leurs plans de transfert de patrimoine permet aux familles de donner l’heure juste et de discuter de leurs valeurs, précise Mme Kaufman. Par exemple, si vous désirez que votre legs financier serve notamment à des fins philanthropiques, vous vous assurez en en discutant que vos bénéficiaires sont au fait de vos intentions et des valeurs sur lesquelles elles reposent. »

Dans certaines familles, des actifs pourraient être réservés à des fins caritatives ou autres, comme un legs laissé à une institution religieuse. Dans d’autres situations, il pourrait y avoir des familles recomposées, ce qui ajoute un degré de complexité aux discussions sur la planification. Comme les héritières du patrimoine familial peuvent être appelées à mettre en œuvre les plans qui ont été élaborés, les inclure dès le départ dans le processus de planification permet d’atténuer les désaccords ultérieurs au sein de la famille.

Prise en compte des commentaires dans le plan

Après avoir recueilli des commentaires lors de nos discussions familiales, nous élaborons un projet de plan avec un professionnel en gestion de patrimoine ou un professionnel des successions. Cette mesure nous permet de nous informer auprès d’un professionnel et de recevoir des conseils détaillés de sa part au cours de l’élaboration de nos plans, ce dont n’ont pas bénéficié de nombreuses répondantes ayant reçu un patrimoine.

Elle permet aussi à ceux sur lesquels nos plans pourraient avoir des répercussions de nous faire part de leurs préoccupations ou de leurs questions. Par exemple, si un bénéficiaire ne se sent pas assez ferré pour assumer une responsabilité financière importante, notre plan pourra comporter une disposition de prestation de conseils professionnels ou de constitution d’une fiducie.

Cette démarche peut nous donner une idée des précisions ou des modifications que nous devrions apporter à nos plans pour répondre aux besoins des membres de notre famille avant d’y mettre la dernière main.

Communication du plan

Il s’agit maintenant de confirmer en bonne et due forme nos intentions aux membres de notre famille et aux autres bénéficiaires, le cas échéant. Le moyen utilisé à cette fin dépendra de nos préférences ainsi que de celles des bénéficiaires du patrimoine et de leur niveau de connaissance.

Si les membres de notre famille résident à proximité, il peut être opportun de les réunir de façon formelle, en tenant par exemple une réunion animée par un professionnel, ou informelle, en organisant par exemple un souper familial. Si les membres de notre famille résident dans des villes ou des pays différents, il se peut que nous devions leur faire parvenir une copie de nos plans par la poste ou par courriel.
Si les canaux de communication demeurent ouverts et qu’un processus systématique est suivi, le transfert de patrimoine n’est pas nécessairement pour les femmes une période « solitaire et déconcertante », mais plutôt une période de possibilités.