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Craig Bishop, Kelly Bogdanov, Alicia Buckiewicz, Frédérique Carrier, Christopher Girdler, Jack Lodge, Patrick McAllister, Jay Roberts et Alastair Whitfield

Pendant des années, notre position à l’égard des placements s’est appuyée sur la prévision d’un retour graduel de l’économie mondiale à des niveaux plus normaux, sous l’influence des États-Unis. Cette étape a enfin été atteinte puisque pour la première fois au cours du cycle de reprise amorcé il y a huit ans, les principales régions évoluent de façon synchronisée, offrant des assises plus solides à l’économie mondiale. À notre avis, les États‑Unis, l’Europe, la Chine et le Japon pourraient enregistrer une croissance du PIB égale ou supérieure au taux tendanciel en 2018. Si les risques de récession aux États-Unis restent bas (c’est ce que nous prévoyons), les conditions semblent réunies pour que les marchés boursiers des pays développés réalisent des gains appréciables et pour que le segment des titres de créance du marché à revenu fixe offre de bonnes occasions. Vous trouverez ci-dessous nos réflexions sur la façon d’orienter les portefeuilles en 2018.

Les États-Unis se trouvent très probablement à une étape avancée du cycle

likelihood FR

Nota : Calcul effectué à l’aide de la technique de la feuille de pointage par RBC GMA

Source : RBC Gestion mondiale d’actifs (RBC GMA)

Actions

Nous restons optimistes à l’égard des actions mondiales compte tenu de la croissance synchronisée de la plupart des principales économies, qui s’accompagne de risques de récession peu élevés et de politiques monétaires relativement accommodantes. Les revenus, les bénéfices et les estimations des sociétés devraient continuer de croître. Une période de stabilisation ou un recul serait normal après la forte reprise en 2017, mais nous croyons qu’une légère surpondération des actions mondiales est justifiée puisque notre thèse de placement positive à long terme reste intacte. Les valorisations des principaux marchés ont crû, mais ne sont pas suffisamment élevées pour empêcher de nouveaux gains et restent intéressantes par rapport aux cours des obligations.

États-Unis

Grâce à la croissance continue du PIB et à l’augmentation des bénéfices, le marché haussier de longue durée aux États-Unis devrait se poursuivre pendant encore au moins un an. Aucun de nos indicateurs de récession au pays n’a allumé de clignotant rouge, ni même jaune. Nous prévoyons un bénéfice par action (BPA) de 141 $ pour l’indice S&P 500 en 2018, soit une progression de 7,5 % sur 12 mois qui est à peu près conforme à la moyenne. L’adoption d’une réforme de l’impôt des sociétés pourrait ajouter entre 7 $ et 15 $ de plus au BPA.

Nous privilégions les secteurs de la finance et des produits industriels, qui sont sensibles à la conjoncture économique, et continuons de nous intéresser aux sociétés technologiques ayant une croissance durable. Les actions liées aux soins de santé et à l’énergie sont nos titres de valeur préférés. Il est possible que nous rehaussions la pondération des petites capitalisations en 2018, surtout si la croissance des bénéfices s’accélère.

Canada

Nous recommandons une pondération neutre des actions canadiennes. Leurs valorisations, bien qu’attrayantes par rapport à celles des actions américaines, sont élevées sur le plan absolu. Nous surveillons certains facteurs d’incertitude, comme l’avenir de l’ALENA et l’effet de l’augmentation des taux sur la consommation.

Nous sommes optimistes à l’égard des banques du fait de valorisations raisonnables et de prévisions prudentes en matière de bénéfices. La croissance des prêts hypothécaires ralentira selon nous, mais le marché du logement demeure soutenu par de solides facteurs fondamentaux.

Les prix du brut devraient rester confinés dans une fourchette étroite, car l’incidence favorable des baisses de production initiées par l’OPEP est atténuée par le court cycle de production du pétrole de schiste aux États-Unis. Une vigueur accrue des prix du pétrole risquant d’être contre-productive si elle incite les producteurs américains à accroître leur production, nous sommes prudents.

Europe continentale/Royaume-Uni

Malgré une amélioration du contexte macroéconomique, la politique monétaire relativement accommodante devrait être maintenue jusqu’à l’automne 2018 en Europe. Les valorisations des actions se situent désormais légèrement au-dessus des moyennes à long terme, même s’il en va de même dans la plupart des régions. Le rabais par rapport aux actions américaines reste trop élevé, selon nous. Les secteurs sensibles à l’économie intérieure nous semblent intéressants.

Au Royaume-Uni, la situation économique reste précaire. Le gouvernement affaibli est confronté à l’incommensurable tâche qui consiste à redéfinir le modèle d’affaires du pays après le Brexit. Le risque que le Royaume-Uni soit éjecté de l’UE sans accord reste préoccupant. Nous conservons notre préférence de longue date pour les sociétés tirant une grande partie de leurs revenus de l’étranger. Nous attendrons des valorisations plus intéressantes avant de modifier notre position.

Asie

Le marché boursier du Japon a atteint des niveaux jamais vus en 25 ans. Les perspectives de bénéfices et les valorisations sont encore quelque peu favorables aux actions. Cependant, la probabilité d’une stabilisation ou d’un repli des actions s’accroît. L’inflation est légèrement positive, ce qui est sans doute la principale réussite de l’Abenomie. Les principaux risques comprennent une appréciation du yen et un fléchissement des indicateurs économiques mondiaux.

Après des gains démesurés dans de nombreux marchés boursiers asiatiques hors Japon en 2017, nous tablons sur des rendements beaucoup plus modestes en 2018. À notre avis, une correction est fort possible et le principal facteur de risque est une fin de la stabilité des données économiques chinoises. Nous pensons aussi que les actions de la Chine continentale sont surévaluées. Par ailleurs, plusieurs sociétés à grande capitalisation à Hong Kong approchent de leur pleine valeur, bien que certaines actions liées à la nouvelle économie offrent encore des occasions.

Titres à revenu fixe

En 2018, les banques centrales mondiales retiendront l’attention alors qu’elles emboîteront progressivement le pas à la Réserve fédérale en normalisant délibérément la politique monétaire. La faiblesse de la croissance, l’inflation basse et l’évolution démographique devraient garantir un processus graduel et, par conséquent, limiter l’évolution des taux d’intérêt. Nous nous attendons à une confirmation de la nomination de Jerome Powell à la tête de la Réserve fédérale et ne prévoyons pas de changement majeur à la politique monétaire, même si le nouveau président pourrait promouvoir un assouplissement de la réglementation du secteur financier. Les titres de créance continueront d’offrir de bonnes occasions, mais les investisseurs seront aux prises avec des valorisations élevées.

Prévisions du marché concernant les taux directeurs des banques

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Sources : RBC Gestion de patrimoine, Bloomberg ; taux implicites fondés sur les swaps indexés sur le taux à un jour ; données au 9 novembre 2017

États-Unis

La Réserve fédérale prévoit trois hausses de taux en 2018. À notre avis, la conviction de la banque centrale selon laquelle l’inflation se rapprochera de sa cible ne devrait pas contrecarrer ses plans de relèvement progressif des taux.

Nous nous attendons à ce que l’économie américaine continue de croître à un rythme stable, les principaux indicateurs montrant peu de risques de récession à l’horizon. La croissance pourrait toutefois être supérieure si l’administration Trump remplit ses engagements en matière de relance budgétaire.

Le taux des effets du Trésor américain à 10 ans a augmenté petit à petit à la fin de 2017, mais une nouvelle hausse marquée nous semble peu probable étant donné surtout l’attitude patiente des banques centrales. Le taux final des fonds fédéraux de 2,75 % prévu par la Réserve fédérale devrait selon nous être considéré comme un plafond pour le taux des obligations du Trésor à 10 ans.

Les écarts de taux ne peuvent guère se resserrer davantage, mais ils ne devraient pas non plus se creuser de façon considérable compte tenu de la vigueur des aspects économiques fondamentaux. Nous recommandons de privilégier la qualité et estimons qu’une légère hausse des taux des obligations du Trésor pourrait constituer une occasion d’accroissement de la duration. Les actions privilégiées et les obligations municipales continueront d’offrir quelques bonnes occasions.

Canada

Comme l’économie canadienne tournera sans doute presque à plein régime et que la politique budgétaire restera expansionniste, le rythme anticipé du relèvement des taux d’intérêt déterminera vraisemblablement la direction des marchés obligataires. En raison de l’aplatissement de la courbe, notre attention se porte encore sur les obligations à courte et à moyenne échéance.

Malgré l’amélioration du contexte économique, les écarts de taux sont à leurs niveaux les plus bas en près de dix ans, ce qui nous incite à la prudence en ce qui a trait à la prise d’un risque de crédit trop élevé. Nous continuons d’utiliser le marché en croissance des titres d’émetteurs étrangers (obligations feuille d’érable) comme source de diversification.

L’augmentation des taux d’intérêt à moyen terme crée des conditions favorables aux actions privilégiées, tandis que l’évolution du marché des titres hybrides pourrait détourner l’offre et offrir un soutien additionnel. Nous sommes d’avis que les investisseurs sont adéquatement rémunérés pour le risque de subordination lié aux actions privilégiées en comparaison des obligations de sociétés.

Europe continentale/Royaume-Uni

Même si la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de réduire son programme d’achats mensuels d’obligations de 60 G€ à 30 G€ à compter du début de 2018, les taux obligataires resteront bien soutenus dans la région, selon nous, vu l’approche accommodante actuelle de la banque centrale et l’importance qu’elle accorde au maintien de la stimulation pendant une longue période. La faiblesse actuelle de l’inflation, qui se situe à 0,9 % par rapport à la cible « inférieure à, mais proche de 2,0 % », étaye le maintien de cette approche accommodante au cours de l’année à venir.

Au Royaume-Uni, nous ne croyons pas que la récente hausse de taux de 25 points de base (pb) par la Banque d’Angleterre constitue le début d’un cycle de resserrement. Étant donné l’incertitude persistante qui entoure les négociations sur le Brexit et les signes d’un essoufflement du dynamisme économique, nous nous attendons à ce que les taux restent stables.

Devises

Dollar américain: sur la bonne voie

Le dollar devrait gagner du terrain en 2018 après avoir été généralement à la traîne en 2017. Le cycle de resserrement en cours, qui s’inscrit dans un contexte de croissance économique ferme, devrait soutenir la vigueur du billet vert alors que le marché sous-estime la trajectoire des hausses de taux. Le principal risque de baisse est lié à l’incertitude qui entoure la réforme fiscale.

Dollar canadien : prudence pour l’instant

La Banque du Canada ayant adopté un ton plus prudent en raison de l’endettement élevé des ménages, l’interruption du cycle de resserrement limitera sans doute le soutien à court terme au huard. Un durcissement de la politique monétaire en 2018 devrait entraîner un regain de vigueur, même si les risques liés à la renégociation de l’ALENA seront surveillés de près.

Euro : faiblesse potentielle

En indiquant que la route vers la normalisation de la politique monétaire sera longue, la BCE a surpris le marché et a apparemment mis fin à la remontée de l’euro. La prise de position continue de taux « bas pendant une période prolongée » maintiendra probablement la pression sur l’euro au cours de la prochaine année.

Livre sterling : sous pression

L’incertitude qui entoure le Brexit et la contraction continue de la consommation sous-tendent notre prévision d’un recul de la livre l’an prochain. Aucune nouvelle hausse des taux n’étant prévue en 2018 puisque la Banque d’Angleterre minimise l’importance des craintes d’inflation, le soutien éventuel de la livre devrait être limité.

Yen : possible contre-performance

La politique monétaire étant susceptible de rester très accommodante au Japon alors que d’autres pays se dirigent progressivement vers une normalisation, nous croyons que le yen pourrait se faire distancer. En raison de la sensibilité persistante de la monnaie à des facteurs exogènes, comme les fluctuations de l’appétit pour le risque, il sera sans doute difficile de repérer des tendances dans un contexte de volatilité accrue.

Marchandises

Pétrole : l’OPEP dans la mire

Les stocks mondiaux de pétrole ont subi un troisième recul trimestriel d’affilée au troisième trimestre de 2017. L’effort de rééquilibrage se poursuivra en 2018, l’OPEP envisageant de prolonger à nouveau son entente actuelle sur la réduction de la production au-delà de mars 2018.

Après un deuxième trimestre vigoureux, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a relevé ses prévisions de croissance de la demande de pétrole à 1,6 % en 2017, et table sur un léger repli à 1,4 % en 2018.

Une envolée des prix à plus de 55 $ le baril sera probablement bridée par un regain de production de pétrole de schiste.

Gaz naturel : offre excédentaire défavorable

Le secteur des produits industriels devrait se révéler le principal moteur de la croissance de la demande de gaz naturel, selon l’AIE, mais la production d’électricité continue aussi de s’accroître, bien qu’à un rythme plus modéré.

Le surapprovisionnement des marchés continuera sans doute de miner les prix et découragera les nouveaux investissements en amont de la production de gaz.

Or : incertitude quant aux prix

Les risques géopolitiques continuent de soutenir les prix au comptant, mais la perspective d’une augmentation des taux d’intérêt aux États-Unis pourrait en limiter la progression.

Métaux communs : forte influence de la Chine

Nous tablons sur une légère décélération de la croissance économique mondiale en 2018, alors que les investissements immobiliers ralentissent en Chine et que les répercussions des mesures de stimulation de 2016-2017 s’estompent. Les dépenses d’infrastructure en Chine resteront l’élément déterminant des prix des métaux communs, et le programme « Une ceinture, une route » pourrait offrir un potentiel de hausse selon l’ampleur des projets et la rapidité d’exécution.

À court terme, la plupart des métaux communs ont un approvisionnement abondant et sont donc vulnérables à des pressions à la baisse si la demande ne se concrétise pas.


Déclarations exigées
Ressources pour les recherches

Déclaration sur les analystes qui ne sont pas américains : Alicia Buckiewicz, Christopher Girdler, Patrick McAllister et Jay Roberts, des employés de RBC Dominion valeurs mobilières Inc., société étrangère affiliée de RBC Gestion de patrimoine – États-Unis, Frédérique Carrier, Alastair Whitfield et Jack Lodge, des employés de Royal Bank of Canada Investment Management (U.K.) Limited, société étrangère affiliée de RBC Gestion de patrimoine – États-Unis, ont participé à la préparation de la présente publication. Ces personnes ne sont ni inscrites ni qualifiées en tant qu’analystes de recherche auprès de l’organisme américain Financial Industry Regulatory Authority (« FINRA ») et, comme elles ne sont pas associées à RBC Gestion de patrimoine, elles pourraient ne pas être assujetties au règlement 2241 du FINRA régissant les communications avec les entreprises visées, les apparitions publiques et les opérations sur valeurs mobilières dans les comptes des analystes de recherche.