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Développement de la résilience mentale avec l’athlète olympique Clara Hughes


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headshot of olympian clara hughes

Vous pouvez devenir l’une des olympiennes les plus décorées et la seule athlète dans l’histoire à remporter des médailles aux Jeux olympiques d’été et d’hiver, et sourire et être reconnue pour ce sourire, ces moments et ces victoires. Vous pouvez faire toutes ces choses magnifiques et mémorables pour l’honneur de votre pays et pour votre propre satisfaction tout en détestant le fardeau que représentent ces victoires et ces talents qui vous distinguent.

Clara Hughes ressent encore ce sentiment 25 ans plus tard. Elle se souvient de ce que c’est d’être une inconnue en cyclisme sur route individuel (discipline aussi méconnue à cette époque) pour l’Équipe Canada aux Jeux d’été de 1996. Elle se souvient aussi de l’émotion ressentie lorsqu’elle a remporté la première et seule médaille du Canada dans cette discipline lors de ces Jeux. Elle est immédiatement devenue un trésor national.

« Je marchais dans la rue et des gens m’accostaient et me demandaient : “Es-tu Clara ? J’ai reconnu ton sourire” », raconte Clara pendant l’événement Développez votre résilience mentale et prenez soin de votre bien-être organisé par RBC PH&N Services-conseils en placements. Les gens l’arrêtaient dans la rue pour lui faire part des souvenirs qu’ils avaient d’elle sur le podium, regardant le drapeau du Canada, et ils lui disaient à quel point ils étaient fiers d’elle.

« Je leur souriais, puis je retournais à la maison, seule avec ces médailles... Je regardais ces deux superbes et lourdes médailles de bronze, ces objets qui, contrairement à mes attentes, ne m’avaient pas transformée et sauvée, et je les détestais, confie Clara. Je les détestais et je me détestais. »

Clara a passé de l’exaltation des Jeux à la dépression. « J’ai sombré dans la dépression et recommencé à consommer des drogues et de l’alcool, poursuit-elle. J’ai même arrêté le sport, pensant que c’était le sport qui me rendait aussi malheureuse. Je croyais que si je me soustrayais au stress et à la pression, je me porterais mieux. »

Elle blâmait tout ce qui l’entourait. « Mais le seul dénominateur commun qui était toujours là, c’était moi. »

Parler de santé et de bien-être mental était encore stigmatisant. On le lui disait à ses débuts : les émotions, c’est pour les perdants. Or, elle en vivait beaucoup. Le fardeau mental était important, et cela entraîne des crises tôt ou tard.

La naissance d’un rêve olympique

Le père de Clara, qui a grandi à Winnipeg, était alcoolique. « Il y avait beaucoup de violence chez nous, et lorsque mes parents se sont séparés, ma sœur, Dodie (11 ans), et moi (9 ans) avons cherché du soutien à l’extérieur de la maison. » Elles l’ont trouvé dans des substances dangereuses. À 13 ans, la future olympienne fumait un paquet de cigarettes par jour et abusait régulièrement de l’alcool. La drogue a bientôt suivi. « C’était ma façon d’engourdir le traumatisme, le choc mental vécu très jeune, à un moment où personne ne parlait de ces choses. Personne ne parlait de santé mentale ni de toxicomanie, dit-elle. Personne ne parlait du fait que ces deux enjeux sont toujours, toujours reliés. Nous poursuivions tous notre vie avec ces non-dits. »

Un après-midi, tandis qu’elle pensait à la prochaine fête, Clara, âgée de 17 ans, a vu Gaétan Boucher patiner aux Jeux de 1988 et elle a su que c’était ce qu’elle voulait faire. Elle a joint un club de patinage. Elle a ensuite fait l’essai du cyclisme. Huit ans plus tard, elle remportait les médailles de bronze en question aux Jeux d’été de 1996.

Après la victoire, lorsqu’elle était aux prises avec la dépression, les membres de l’équipe de cyclisme nationale lui ont dit qu’ils s’inquiétaient pour elle. La médecin de l’équipe lui a parlé des troubles de l’humeur et de la dépression. « Elle m’a dit que j’étais loin d’être la seule, que de nombreux athlètes éprouvaient les mêmes difficultés que moi, et que les problèmes et l’expérience de chacun étaient uniques. »

Clara a écouté et assimilé ce qui lui était dit, sans toutefois en tenir réellement compte. « J’aimerais pouvoir dire que cette conversation a été un moment décisif pour moi, mais ce ne fut pas le cas. Je croyais que surmonter la dépression était une question de force psychologique et de volonté, dit-elle. Je ne pensais pas que je risquais de finir comme ma sœur, ou mon père, ou ma mère, ou toutes ces personnes que je voyais et qui semblaient si vulnérables et impuissantes. Je croyais encore que je devais être forte. »

En 2002, elle a remporté une autre médaille de bronze, cette fois en patinage de vitesse aux Jeux d’hiver de Salt Lake City. Par la suite, elle a remporté une médaille d’or et une médaille d’argent en patinage de vitesse aux Jeux d’hiver de Turin en 2006, puis une médaille de bronze en patinage de vitesse aux Jeux d’hiver de Vancouver en 2010.

L’impasse mentale dont parle Clara s’est présentée de nouveau à maintes reprises, mais quelque chose a changé. Elle a commencé à travailler avec Eric Van Den Eynde, un entraîneur du Québec, un mécanicien automobile de formation qui a vu son propre frère aux prises avec les mêmes difficultés que Clara. Eric aimait comparer ses athlètes à des voitures : le corps était la carrosserie et l’esprit, le conducteur. « Eric me disait : “Clara, parfois, la conductrice n’est pas si bonne, travaillons sur la conductrice”, raconte-t-elle. Il m’a redonné le goût de vivre en me montrant les limites, la valeur de dire “c’est assez pour aujourd’hui”. »

Clara dit qu’elle a appris à prendre des jours de congé. Elle a aussi appris à reconnaître ses points de vulnérabilité et a trouvé le soutien médical dont elle avait besoin. Elle a trouvé la voie menant à la résilience.

Une leçon importante qui mène à la victoire olympique

Une semaine avant la cérémonie d’ouverture des Jeux de 2010 à Vancouver, Clara a appris qu’elle serait la porte-drapeau pour le Canada. Quelques jours avant l’ouverture des jeux, elle avait été invitée à une cérémonie Sḵwx̱wú7mesh (Squamish) des Premières Nations appelée « The Brushing Off ». « Cette cérémonie vous aide à vider votre esprit et à ouvrir votre cœur et votre esprit au magnifique moment présent, aux personnes qui vous entourent, à l’occasion », explique Clara. La cérémonie lui a enseigné ce qu’elle considère être sa leçon la plus importante : « Rien ne se fait seul, les meilleures choses sont réalisées avec l’aide des autres. »

Quelques jours plus tard, elle a vu ses coéquipiers remporter un à un des médailles pour le Canada. Elle a assisté à leur succès et constaté tout le soutien dont ils ont bénéficié : un réseau qui s’étendait partout au pays, et même dans le monde. Puis, son tour est arrivé. « J’ai patiné les plus beaux 5 000 mètres de ma vie, affirme-t-elle. J’ai gagné la médaille de bronze, mais c’était comme si j’avais gagné la médaille d’or ce jour-là, car j’avais excellé. C’était ce dont j’avais rêvé, cette performance harmonieuse rendue possible par le chemin de guérison que j’avais suivi pour arriver à ce point où je n’étais pas désespérée. »

Surtout, achevant une compétition sachant qu’elle n’avait pas rempli son devoir d’athlète et d’olympienne, Clara s’est promis de faire la promotion du bien-être mental.

Amorcer la conversation sur la santé mentale

Clara a fondé le mouvement Bell Cause pour la cause, contribuant ainsi à ouvrir la discussion sur le bien-être mental.

Depuis, elle a parcouru le monde pour parler de cet enjeu et pour montrer la voie menant à la résilience mentale. « Nous avons tous ce potentiel », affirme Clara. Mais il y a encore beaucoup de chemin à parcourir. Faire preuve de résilience mentale consiste à nous poser à nous-mêmes des questions difficiles, dit Clara. « De quoi évites-tu de parler ? Quelle est ta vérité ? Quel traumatisme as-tu vécu ? Comment peut-on t’aider à prendre conscience de ta valeur et à trouver ta voix ? »

C’est aussi une question d’empathie envers autrui et envers soi, la condition humaine étant marquée par des défis et des traumatismes. Nous sommes uniques, mais nous avons aussi beaucoup en commun. « J’encourage tout le monde à faire ce cheminement menant à l’empathie et à la compassion, dit-elle. Pensez à la place que vous occupez et au pouvoir qu’elle vous donne, et demandez-vous comment vous pourriez aider les personnes qui vous entourent aux prises avec des difficultés ? »

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