industrial robotic arms with empty conveyor belt

Habituellement, les analyses financières consistent à établir des projections et des prévisions sur les rendements futurs, puis à calculer une évaluation en fonction des estimations. Les analystes partent généralement du principe que les forces externes qui façonnent notre environnement économique et commercial ne subiront pas de changement majeur. En 2017, RBC Marchés des Capitaux a voulu défier cette approche en menant une étude de six mois sur les forces mondiales qui menaient à des transformations extrêmes. Cette étude a permis de cibler un nombre appréciable de « forces de changement » qui, selon l’analyse de RBC Marchés des Capitaux, devraient être les catalyseurs de la métamorphose du monde qui nous entoure. Ces forces sont expliquées en détail dans un rapport intitulé Imagine 2025.

Par suite de cette étude, l’équipe Recherche industrielle mondiale a préparé un plan, publié dans un rapport récent intitulé Gearing up for the next Industrial Revolution, pour aider les investisseurs à comprendre les forces de changement qui remodèlent le secteur mondial des produits industriels.

En conclusion, RBC Marchés des Capitaux estime que nous sommes peut-être à l’orée d’une nouvelle révolution industrielle. Les percées dans les domaines de l’intelligence artificielle (IA), des mégadonnées et de la numérisation, par exemple, se produisent dans un contexte géopolitique et environnemental incertain. Pour survivre, les acteurs du secteur industriel n’ont d’autre choix que de développer leur agilité.

Forces de changement

Ces forces sont les catalyseurs de la métamorphose du paysage industriel

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Société
  • Population en mutation
  • Urbanisation
  • Transformation des milieux de travail
  • Génération au genre fluide
  • Montée des femmes
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Technologie
  • Mégadonnées
  • IA et informatique cognitive
  • Voitures autonomes
  • Génie biologique
  • Engagement numérique
  • Nouvelle réalité
  • Cybersécurité
  • Technologies alimentaires et agricoles
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Économie
  • Expansion du commerce électronique
  • Automatisation des milieux de travail
  • Règne du protectionnisme
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Environnement
  • Nouvelles pénuries de ressources
  • Changements climatiques
  • Incertitudes liées aux sources d’énergie
  • Évolution de la pollution
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Politique
  • Incertitudes géopolitiques
  • Politiques sur les changements climatiques
  • Entreprises privées

Source : RBC Marchés des Capitaux

La transformation est en marche

RBC Marchés des Capitaux croit que les innovations de pointe, telles que l’IA, le transport autonome et l’infonuagique, pourraient révolutionner le secteur industriel au cours des cinq à dix prochaines années ainsi que dans un avenir prévisible. Aussi, nous croyons que les investisseurs devraient porter leur regard au-delà des prochains trimestres et penser plutôt en termes d’années.

Nous avons énuméré ci-dessous les effets à long terme de certaines forces de changement sur le secteur industriel : l’automatisation, les réseaux intelligents de distribution d’eau et l’impression en 3D. Soulignons que ces forces influent déjà sur les évaluations boursières actuelles.

Nous expliquons également pourquoi les grandes sous-évaluations que nous observons dans le secteur des produits industriels offrent notamment l’occasion de trouver des groupes et des sociétés susceptibles d’avoir des avantages concurrentiels dans ce monde industriel en transformation.

L’automatisation : l’avenir du monde industriel

Du fait des percées dans l’automatisation, de nombreuses usines pourraient passer au fonctionnement sans surveillance. Elles seraient donc entièrement autonomes, sans la moindre intervention humaine sur place. Dans les cas extrêmes, elles économiseraient sur les coûts de l’énergie (élimination des frais d’éclairage et de chauffage et réduction des frais de ventilation ou de climatisation), de la main-d’œuvre et des déchets, tout en rehaussant la qualité de la production. Résultat : l’empreinte sur le plan des coûts serait moindre et plus efficace, et les ressources seraient utilisées de manière plus judicieuse.

Même si les robots sont présents dans les usines depuis une cinquantaine d’années, nous sommes encore bien loin de l’automatisation complète. On trouve tout de même une foule de nouvelles applications à la robotique et à l’automatisation. Selon RBC Marchés des Capitaux, ce n’est qu’une question de temps avant que la fabrication sans surveillance devienne non seulement pratique, mais qu’elle soit adoptée à grande échelle. Sur le même thème, les percées dans l’automatisation des entrepôts permettraient de rehausser le flux de production et de réduire les temps d’arrêt au minimum, tout en permettant de contrôler les coûts de main-d’œuvre. Nous croyons que le rythme d’adoption de l’automatisation dans les entrepôts suivra l’évolution du commerce électronique. Souvent boudé, ce vaste sous-secteur pourrait atteindre à moyen terme un taux de croissance oscillant entre 10 % et 15 %, selon RBC Marchés des Capitaux.

Réseaux intelligents de distribution d’eau : saine consommation

Selon RBC Marchés des Capitaux, les réseaux intelligents de distribution d’eau représentent l’une des possibilités de croissance les plus importantes. Cette catégorie comprend les capteurs et les appareils connectés (pompes, compteurs), ainsi que les systèmes informatiques et analytiques qui permettent aux services publics d’automatiser et d’optimiser le traitement de l’eau.

Que ce soit dans les pays développés ou les pays en développement, l’un des grands problèmes est représenté par les fuites d’eau – un vrai fléau dans les infrastructures vieillissantes. Les réseaux intelligents de distribution d’eau peuvent détecter les « signatures audio » des fuites grâce à des appareils d’écoute sophistiqués. Ils permettent aussi de repérer de minuscules changements de pression, de sorte que les fournisseurs de services publics peuvent réparer et optimiser leurs infrastructures avant qu’une conduite principale n’éclate.

Parallèlement, la crise mondiale de l’eau prend de l’ampleur, plus du quart de la population mondiale étant sous le spectre d’une pénurie d’eau. Les changements climatiques viennent aggraver cette situation, déjà critique : ils rendent les pluies encore plus irrégulières et contribuent au réchauffement planétaire, ce qui provoque l’évaporation des réservoirs d’eau et menace l’approvisionnement mondial en eau. Pire encore, la consommation d’eau a triplé depuis 50 ans, principalement à cause de l’agriculture et des industries.

Hormis des techniques de conservation et de saine gestion des ressources, les deux solutions les plus prisées et les plus durables pour étendre l’approvisionnement mondial en eau douce sont le dessalement et le recyclage de l’eau. Nous prévoyons que le nombre de villes qui adopteront ces solutions éprouvées augmentera d’ici 2025.

Le dessalement de l’eau (soit la transformation d’eau salée en eau douce) est une solution à l’épreuve de la sécheresse, que les percées technologiques ont rendue beaucoup plus économique.

Quant au recyclage de l’eau, il consiste à convertir des eaux usées en eau potable destinée à des usages agricoles, environnementaux, commerciaux et industriels, à la restauration des aquifères ou même à la consommation. L’eau est traitée, puis raffinée jusqu’à ce qu’elle réponde à de hautes normes de qualité et qu’elle soit réputée être hygiénique et exempte de bactéries ou d’autres contaminants. Pour l’instant, la majeure partie des eaux recyclées à l’échelle mondiale sert à l’irrigation et aux besoins des entreprises. Certaines villes, dont Singapour, ont toutefois intégré le recyclage de l’eau à leur système d’alimentation en eau potable. Le recyclage de l’eau coûte à peu près la moitié de ce que coûte le dessalement.

Or, malgré son attrait sur le plan économique et une technologie qui a fait ses preuves, le recyclage de l’eau n’a toujours pas obtenu l’assentiment général – un obstacle de taille qui limite son adoption à grande échelle aux États-Unis. Nous croyons que, pour l’instant, le recyclage de l’eau dans ce pays servira essentiellement à des fins agricoles, industrielles ou commerciales. Cela dit, la population américaine est davantage ouverte au recyclage indirect aux fins de consommation, qui consiste à injecter l’eau recyclée dans la nature ou dans les plans d’eau plutôt que dans le réseau d’alimentation municipal.

Impression en 3D : une superposition de débouchés

L’impression en 3D, également appelée « fabrication additive », consiste à créer des objets en superposant différentes couches de matériaux (métaux, polymères ou autres). Sa polyvalence ouvre des possibilités que n’offrent pas les méthodes traditionnelles. Cette technologie procure notamment une latitude géométrique supérieure à celle des techniques de soudure et d’usinage habituelles.

L’impression en 3D permet donc d’accélérer le cycle de conception, de fabrication et d’essai, et de produire des composantes sur mesure à petite échelle tout en réduisant l’empreinte et le gaspillage des usines. Elle peut aussi diminuer les coûts liés au transport et rentabiliser la production à faible volume.

Selon les estimations de RBC Marchés des Capitaux, l’impression en 3D permettrait à huit ingénieurs dotés d’un seul fichier numérique de produire ce qui, en temps normal, exigerait 60 ingénieurs et 300 pièces.

Voici un exemple récent qui illustre bien les possibilités de cette technologie. General Electric (GE) devait revoir la conception d’un nouvel injecteur de carburant pour son nouveau moteur d’avion LEAP de prochaine génération. Le concept de la génération précédente était beaucoup trop complexe, puisqu’il exigeait la soudure de 20 pièces différentes. Il allait donc être difficile d’accroître de manière rentable la production de cet injecteur fabriqué selon les méthodes traditionnelles. Pour résoudre ce problème, GE s’est tournée vers l’impression en 3D pour produire 30 000 injecteurs de carburant destinés à son réacteur de pointe LEAP. La société fabrique les pièces nécessaires à l’aide de poudres métalliques et de plus de 40 imprimantes en 3D dans une installation située en Alabama.

RBC Marchés des Capitaux prévoit l’émergence de nombreux exemples de fabrication additive au cours de la prochaine décennie.

Différence entre les méthodes de fabrication traditionnelles et l’impression en 3D
L’impression en 3D rééquilibre l’équation des coûts liés à la chaîne d’approvisionnement
Difference between traditional manufacturing and 3D printing

Méthodes de fabrication traditionnelles

Fabrication 3D

Figure de gauche – Méthodes de fabrication traditionnelles : Plus la tâche est complexe, plus le coût unitaire augmente ; Fabrication en 3D : Le coût unitaire reste stable, peu importe la complexité de la tâche.

Figure de droite – Méthodes de fabrication traditionnelles : La production de masse fait baisser le coût unitaire ; Fabrication en 3D : Le coût unitaire reste stable, même si seul un petit nombre d’unités est produit.

Source : RBC Gestion de patrimoine

L’attrait des produits industriels

En règle générale, le secteur des produits industriels n’attire pas les investisseurs à un stade aussi avancé du cycle économique. Cette fois, les craintes du secteur sont en plus amplifiées par les inquiétudes que suscite la guerre commerciale et les pressions liées aux tarifs douaniers. Depuis le deuxième trimestre de 2019, les résultats d’exploitation sont généralement inférieurs aux attentes et, compte tenu du dynamisme vacillant de l’activité manufacturière, cette tendance pourrait persister à court terme. Les chefs de direction du secteur restent sur leurs gardes.

Néanmoins, ce dernier pourrait présenter certains débouchés. Lori Calvasina, chef du groupe de la stratégie de placement en actions américaines de RBC Marchés des Capitaux, SARL, fait remarquer que les évaluations qu’on y trouve sont très intéressantes par rapport à celles de l’indice S&P 500, qui se rapprochent des creux datant de la crise financière. De plus, le secteur des produits industriels a tendance à dégager des rendements supérieurs lorsque les titres de valeur surclassent les titres de croissance. Il est également moins vulnérable que les autres secteurs cycliques aux craintes d’une victoire écrasante des démocrates en 2020. En outre, les sociétés de produits industriels rachètent activement leurs actions et pourraient profiter d’une éventuelle détente dans la guerre commerciale sino-américaine d’ici la présidentielle américaine de novembre 2020.

Évaluations relatives des sociétés de produits industriels de l’indice S&P 500
Les évaluations du secteur sont en difficulté

Source : RBC Marchés des Capitaux ; évaluations relatives fondées sur la cote Z ou l’écart entre les ratios cours/bénéfices prévisionnels sur deux ans et la moyenne historique depuis 2004

Dans ce contexte, nous privilégions les sociétés de produits industriels défensives et de qualité, tout particulièrement celles qui jouissent d’un avantage concurrentiel du fait des transformations relevées par RBC Marchés des Capitaux dans son rapport intitulé Gearing up for the next Industrial Revolution.


Déclarations exigées

Ressources pour les recherches

Déclaration sur les analystes qui ne sont pas américains : Frédérique Carrier, une employée de RBC Europe Limited, société étrangère affiliée de RBC Gestion de patrimoine – États Unis; a contribué à la préparation de cette publication. Cette personne n’est ni inscrite ni qualifiée en tant qu’analyste de recherche auprès de l’organisme américain Financial Industry Regulatory Authority (« FINRA ») et, comme elle n’est pas associée à RBC Gestion de patrimoine, elle pourrait ne pas être assujettie au règlement 2241 du FINRA régissant les communications avec les entreprises visées, les apparitions publiques et les opérations sur valeurs mobilières dans les comptes des analystes de recherche.