group of young entrepreneurs looking at plans together

Pour résoudre certains des problèmes les plus urgents de la planète, une nouvelle génération de décideurs passionnés espère faire passer la philanthropie collaborative au niveau supérieur dans un monde de plus en plus interconnecté. Avec plus de philanthropes partageant la même vision, plus de ressources et un nombre grandissant de partenariats à vocation caritative, cette nouvelle génération de personnes ultrafortunées ne se contente pas d’offrir de l’argent à des causes auxquelles elle croit. Elle veut s’assurer que ses efforts auront des retombées durables.

Cette génération, qui a été influencée par la mondialisation, s’inquiète du genre de monde dans lequel leurs enfants grandiront. Par conséquent, ses membres sont souvent plus soucieux de l’environnement et de la société : selon une nouvelle étude de RBC réalisée en partenariat avec Campden Wealt., 93 % d’entre eux font des dons pour des causes philanthropiques.

Selon le rapport, les membres de cette génération veulent que leurs enfants acquièrent des valeurs qui ne se limitent pas au travail acharné et à la compréhension de la valeur de l’argent. Ils souhaitent qu’ils fassent preuve de tolérance et de respect envers les autres, et aient le sens des responsabilités sur le plan social et environnemental. Le rapport mentionne aussi que plus de la moitié des personnes interrogées croient que ce sont là des leçons importantes à apprendre à la maison.

Plus de 100 détenteurs de patrimoine de la prochaine génération au Canada, aux États-Unis et au Royaume-Uni ont participé au sondage lié au rapport Façonner l’avenir, aujourd’hui. Selon le rapport, rien qu’au cours des 12 derniers mois, 84 % des répondants ont puisé pas moins de 1 million de dollars américains dans leur patrimoine personnel au profit d’organismes de bienfaisance.

Qui plus est, plus d’un tiers des répondants jugent essentiel de s’assurer que leur argent est utilisé à bon escient et d’en mesurer l’impact. Près d’un quart des personnes interrogées affirment que l’un des plus grands défis à relever au moment d’effectuer un don est de trouver les organisations qu’il vaut la peine d’appuyer, alors que les plus grands défis pour 11 % et 10 % des répondants consistent respectivement à trouver des partenaires de coinvestissement et à étendre la portée.

Faire équipe pour avoir un plus gros impact

Selon Valerie Chort, vice-présidente, Citoyenneté d’entreprise à RBC et directrice générale de RBC Fondation, la philanthropie de qualité comporte toujours un certain degré de collaboration.

Au fond, il s’agit pour un groupe habituellement formé d’investisseurs et d’organismes sans but lucratif de faire avancer une cause commune, qui vise généralement à résoudre un problème systémique.

Mark Fell, qui dirige les services destinés à la clientèle ultrafortunée de RBC à l’échelle mondiale, affirme que les philanthropes se livrant à ce genre de travail reconnaissent qu’ils peuvent faire mieux et plus en travaillant avec d’autres.

« Ce modèle de philanthropie est sans aucun doute plus développé, plus sophistiqué », explique-t-il.

« C’est un signe révélateur d’expérience, de maturité, un degré de sophistication un peu plus poussé. Il y a moins d’ego en jeu, ajoute Mark Fell, qui est également président du conseil d’administration de La Fondation du prince au Canada, section d’un organisme de bienfaisance mondial fondé par le prince de Galles dans le but de renforcer l’autonomie des jeunes.

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« Pour le commun des mortels, il s’agit de reconnaître qu’en s’unissant pour donner, un plus un égalent trois. »

Selon Valerie Chort de RBC Fondation, il ne suffit pas de savoir combien d’argent on investit dans une cause. Il faut aussi déterminer ce qu’on peut accomplir de plus par d’autres moyens. Le rapport de RBC démontre que la nouvelle génération des philanthropes ultrafortunés est d’accord avec ce point de vue.

Lors d’une entrevue réalisée dans le cadre du rapport, un membre de la génération X a mentionné ce qui suit : « La génération précédente considérait que les investissements étaient des investissements, et que la charité consistait à remettre un chèque. Je réfléchis actuellement à la manière dont nous pourrions mettre à profit nos connaissances financières pour maximiser nos activités caritatives, plutôt que de nous en tenir à un extrême (philanthropie) ou à l’autre (investissement). »

En attendant, les philanthropes expérimentés constatent que même un investissement d’un milliard de dollars dans un organisme de bienfaisance peut être multiplié lorsqu’ils font équipe avec d’autres. La conclusion de partenariats avec les gouvernements, le secteur privé et d’autres organisations non gouvernementales, par exemple, peut étendre la portée, augmenter la notoriété et comporter bien d’autres avantages.

Fondé en 2010, The Giving Pledge est un modèle par excellence pour les familles ultrafortunées qui souhaitent collaborer avec d’autres dans le domaine de la philanthropie à grande échelle et à fort impact. En mai 2019, 204 signataires répartis dans 22 pays avaient adhéré au mouvement.

« Il est devenu beaucoup trop difficile pour un seul philanthrope de s’attaquer à certains des problèmes les plus difficiles à résoudre au monde, qui ont été amplifiés par la crise de la COVID-19 », affirme Robyn Calder, directrice générale de The ELMA Philanthropies et membre du Conseil consultatif philanthropique de RBC. Selon elle, il est encore plus important désormais d’unir nos forces pour créer un véritable changement social.

La clé d’une collaboration réussie

Il ne suffit pas de mettre de l’argent en commun avec d’autres personnes. « Vous devez vous adonner à une passion qui vous enflamme », souligne M. Fell.

Un peu plus de la moitié des personnes interrogées mentionnent qu’ils soutiennent l’éducation et la recherche universitaire. Les causes prioritaires visent ensuite les jeunes et les enfants (34 %) et près d’un tiers des répondants croient en l’importance de contribuer au financement des arts, de la culture et du sport, ainsi qu’au développement communautaire. Près du quart des répondants appuient des initiatives de santé et un peu plus d’un cinquième soutiennent des enjeux environnementaux, notamment le changement climatique, la conservation, les droits des animaux et la sécurité alimentaire.

Une fois cette passion trouvée, il est également important de comprendre la nature de l’initiative choisie, et la mission visée, afin de s’assurer que des pratiques de gouvernance solides et efficaces sont appliquées. Un contrôle diligent doit également être fait pour s’assurer que tout le monde s’entend et partage les mêmes valeurs à l’égard de la cause.

Voici quelques questions à poser : Que savent-ils du problème ? Sont-ils bien renseignés ou commencent-ils simplement à s’intéresser au sujet ? Que peuvent-ils apporter à la cause ? Est-ce de l’argent ou de l’expérience entrepreneuriale ? Connaissez-vous bien l’« écosystème » de la cause que vous voulez soutenir ? Comment l’impact est-il mesuré et surveillé ?

« Pour entreprendre une démarche de philanthropie collaborative... Il faut trouver les meilleurs partenaires avec lesquels s’unir pour réellement résoudre le problème », dit Mme Chort.

Si, par exemple, un groupe veut lutter contre l’itinérance, il doit mobiliser les décideurs politiques, les gens qui s’occupent des itinérants dans les rues, des spécialistes en immobilier, soit différentes composantes de l’écosystème, ajoute-t-elle.

Il s’agit de rassembler des personnes qui se soucient du même problème et qui choisissent de mettre en commun leur argent et leur savoir-faire en vue de réaliser quelque chose de plus grand qu’eux, explique Mme Chort en ajoutant une mise en garde : « Il est essentiel de comprendre la dynamique du pouvoir pour parvenir à une réelle collaboration. »

Mme Chort mentionne notamment que les bailleurs de fonds doivent bien comprendre leur rôle afin qu’ils n’imposent pas par inadvertance une orientation ou un point de vue qui pourrait ne pas être nécessairement la meilleure approche pour une situation donnée, ce qui serait contraire à l’esprit de collaboration.

À quoi ressemble la philanthropie collaborative aujourd’hui ?

,Fondée par le milliardaire canadien Jeffrey Skoll, la Skoll Foundation investit dans des personnes ou des groupes dont l’objectif est d’essayer de résoudre certains des problèmes sociaux, culturels et environnementaux les plus urgents du monde.

Parmi les autres fonds ambitieux, mentionnons Blue Meridian Partners, qui cherche à élaborer les stratégies susceptibles d’être les plus efficaces pour sortir les familles et les jeunes de la pauvreté aux États-Unis. Co-Impact se dit pour sa part être le fruit d’une collaboration philanthropique mondiale qui réunit des communautés locales, des organismes sans but lucratif, des gouvernements, des donateurs et bien d’autres intervenants pour résoudre des problèmes sociaux à grande échelle. Le END Fund collabore avec les gouvernements, les ONG, les sociétés pharmaceutiques, les partenaires universitaires et d’autres organisations pour lutter contre les maladies tropicales négligées qui touchent plus de 1,7 milliard de personnes dans le monde.

En 2020, le Forum économique mondial a lancé une initiative appelée la Grande Réinitialisation en réponse directe à la COVID-19 et aux bouleversements politiques, économiques et sociaux qu’elle a causés. Mark Fell signale que la pandémie a fait ressortir les inégalités et a exacerbé le sentiment d’urgence ressenti par bon nombre de philanthropes.

« Surtout à cause de la pandémie, le nombre de personnes intéressées à s’associer avec d’autres pour créer un changement a très certainement bondi », a déclaré M.Fell.

« C’est loin d’être tout ; nous n’en sommes qu’aux balbutiements d’une profonde réflexion sur la philanthropie collaborative. »

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