couple walking with luggage in airport

Certaines familiales propriétaires d’entreprises franchissent les frontières physiques en quête de nouvelles occasions de bâtir et de protéger leur patrimoine et leur héritage.

Une nouvelle étude révèle que les besoins financiers de seulement le tiers (35 %) des détenteurs de patrimoine de la prochaine génération sont comblés localement. En fait, cette génération va toujours plus loin pour diversifier son patrimoine.

Selon Ross Jennings, chef, Vente et gestion relationnelle, à RBC Gestion de patrimoine à Londres, ce changement de mentalité est à l’œuvre depuis quinze ans.

« Aujourd’hui, les gens sont de plus en plus ouverts au monde. Ils n’hésitent plus à chercher de nouvelles occasions au-delà de leurs frontières et surtout à retenir les services de spécialistes pour y arriver », affirme M. Jennings.

Dans le cadre de l’étude Façonner l’avenir, aujourd’hui, 45 % des répondants sont issus de la génération Y et ont peut-être à peine commencé à évaluer les besoins internationaux qu’ils auront dans l’avenir. Pour cette génération, il a toujours été relativement facile de franchir les frontières, de sorte que leur point de vue en matière d’activités internationales diffère de celui des générations plus âgées*, qui considéraient certaines régions comme inaccessibles.

Le rapport de RBC, produit en partenariat avec Campden Wealth, révèle que 26 % des personnes interrogées exploitent des entreprises à l’échelle internationale et que 23 % ont des besoins en services bancaires internationaux. Un répondant sur cinq exerce des activités dans un autre pays, et 18 % soutiennent des projets philanthropiques ailleurs dans le monde.

Le sondage montre que les particuliers ultrafortunés du Canada et du Royaume-Uni sont plus susceptibles de se tourner vers l’étranger que leurs homologues des États-Unis. Michael Pagano, vice-président directeur des services bancaires privés à City National Bank, affirme : « En Australie, en Angleterre, en Allemagne ou au Canada, les familles milliardaires veulent accroître leur présence internationale ou acquérir des participations transfrontières par nécessité. »

Aux États-Unis, la taille de l’économie rend moins cette expansion moins indispensable. C’est plutôt la dynamique familiale qui favorise l’internationalisation du patrimoine. Souvent, explique M. Pagano, celle-ci commence par des études à l’étranger.

« Après avoir étudié dans un autre pays et atteint l’âge adulte, les membres de cette génération possèdent un réseau bien différent de celui acquis à l’école, ainsi que des expériences et des points de vue uniques, explique-t-il. Ainsi, même s’ils rentrent chez eux, leur réseau s’étend beaucoup plus loin que leur ville ou leur pays d’origine. »

Contacter un conseiller expérimenté
Vous n'avez pas de conseiller RBC et vous souhaitez en trouver un ? Laissez nous vous connecter avec l'un d'eux.

Ces nouveaux réseaux, jumelés à la recherche de nouvelles occasions, qu’il s’agisse de démarrer une entreprise, de fonder une famille ou d’acheter des actifs dans un autre pays, créent un ensemble inédit de variables. Or, ces variables entraînent des complications.

Mondialiser vos opérations bancaires

Selon M. Pagano, même l’exécution d’opérations financières simples ou l’ouverture de comptes de base peuvent s’avérer plus complexes dans un autre pays. « Souvent, vous devez avoir des antécédents en matière de solvabilité... Comment un membre de votre famille peut-il en fournir pour pouvoir emprunter ou ouvrir un compte bancaire ? »

Il n’y a pas que les opérations qui peuvent être complexes, ajoute M. Jennings. La relation conseiller client comporte des difficultés particulières en raison des subtilités de la réglementation transfrontière.

« Si votre client voyage à travers le monde et qu’il se rend dans dix pays en dix jours, vous pourriez devoir adapter votre discours ou la nature de vos conseils en fonction du territoire dans lequel il se trouve », précise-t-il.

Les particuliers ultrafortunés qui ont un mode de vie international devraient se tourner vers un gestionnaire de patrimoine d’envergure tout aussi internationale ayant des bureaux dans plusieurs régions. L’accès à des ressources mondiales et une bonne compréhension des subtilités de la réglementation locale est capital lorsque des entreprises entrent en jeu. M. Jennings conseille souvent aux clients d’essayer de regrouper leurs activités en bulles de plus petite taille, en établissant des relations avec les fournisseurs de services financiers dans les régions où se trouvent leurs actifs, mais aussi de concentrer la majeure partie de ces actifs dans deux ou trois centres financiers.

« Si vous voulez acheter une maison quelque part, n’hésitez pas à vous présenter à la succursale bancaire la plus proche et à ouvrir un compte chèques, dit M. Jennings. Autrement, regroupez et rationalisez autant que possible vos actifs.  »

La planification fiscale et successorale devient complexe à l’échelle internationale

Alors que la prochaine génération de détenteurs de patrimoine disperse ses actifs dans divers pays, la question du transfert de patrimoine finira par se poser. « Depuis toujours, les familles transfèrent leur patrimoine d’une génération à l’autre », dit M. Pagano. Ce transfert se complexifie du fait que les familles détiennent un nombre grandissant de placements et d’actifs à l’échelle mondiale. C’est pourquoi les familles ultrafortunées ont tout à gagner d’une collaboration entre leur gestionnaire de patrimoine et leurs conseillers fiscaux et juridiques indépendants.

« Nous sommes en mesure d’expliquer les incidences liées aux différentes options », affirme M. Pagano. En effet, une bonne planification successorale et fiscale est une affaire de détails. « Plus une famille est riche, plus elle a de choix et plus ses plans sont complexes, rappelle-t-il. Il faut déterminer les titulaires des comptes, la façon dont les actifs sont détenus et qui les détient, qui sont les débiteurs aux fins des emprunts et comment sont structurées ces entités. » Ces quelques exemples montrent que les plans peuvent rapidement gagner en complexité.

Modes de vie internationaux, portefeuilles internationaux

Les portefeuilles de placement ont également commencé à se mondialiser. « Il y a 15 ans, le portefeuille d’actions des particuliers fortunés établis au Royaume-Uni comportait uniquement des actions de ce pays », explique M. Jennings. Or, ce biais national s’est estompé.

« Aujourd’hui, si vous résidez au Royaume-Uni, vos actifs peuvent être gérés à Toronto et la garde de vos titres, effectuée aux îles Caïmans, ajoute-t-il. Je crois que la mentalité des clients a changé ; même s’ils vivent au Royaume-Uni, ils ne voient plus l’intérêt de détenir uniquement des actions britanniques. Ils savent qu’il existe ailleurs une foule d’occasions dont ils peuvent tirer profit. » 

Cela dit, investir à l’échelle internationale n’est pas sans conséquence. De nombreux pays imposent les revenus versés aux investisseurs étrangers, qu’il s’agisse de dividendes ou d’intérêts. La détention d’actifs outre-mer ou de titres enregistrés à l’étranger peut également entraîner d’autres impôts. Par exemple, si un Canadien ultrafortuné détient des biens immobiliers, des actions et des obligations aux États-Unis, ses descendants pourraient devoir payer un impôt successoral au moment du transfert de patrimoine. Pour la clientèle ultrafortunée, de très nombreux facteurs doivent être pris en considération avant d’investir à l’étranger.

Cela ne veut cependant pas dire que le jeu n’en vaut pas la chandelle. Selon M. Pagano, un plan de gestion patrimoniale transfrontière, peu importe la forme qu’il prend, vise moins à surmonter des difficultés qu’à atteindre un objectif.

« Nous ne pouvons pas empêcher les clients d’avoir des modes de vie complexes, admet-il. Notre tâche est surtout de bien comprendre leur but. » C’est ainsi qu’on peut établir un plan de gestion de patrimoine sur mesure.

Télécharger le rapport dans son intégralité
Découvrez les motivations, les idées et les attitudes de ceux qui ont le pouvoir de façonner le monde qui nous entoure.