woman looking at security app on laptop

Par Lindsay Strickland

Ce rapport fait partie de la série Nouvelle normalité, nouvelles occasions, dans le cadre de laquelle nous examinons les tendances à long terme qui se profilent pour l’après-COVID-19. La série portera sur divers thèmes qui se dégagent en raison de la distanciation sociale, du télétravail, des avancées en soins de santé, de l’engagement des sociétés et des changements généraux dans la société. Nous croyons qu’il est essentiel de définir ces tendances et de comprendre leurs conséquences sur les placements pour mieux aborder l’avenir. D’autres rapports seront publiés au cours des prochaines semaines.

La cybersécurité représente une part croissante des dépenses en technologies de l’information depuis des années. La fréquence des atteintes à la sécurité, la quantité de données volées, et les conséquences sur les finances et la réputation sont de plus en plus importantes. Aucun secteur n’y échappe, et aucune entreprise n’est à l’abri des tentatives de cyberattaque – qui souvent réussissent. Les répercussions sont vastes et, la plupart du temps, touchent à peu près tout : perte de renseignements, perturbation des activités, détérioration de la confiance des clients. Ces attaques ou incidents peuvent provenir non seulement de pirates externes, mais aussi d’initiés.

La raison d’être de la cybersécurité est de lutter contre les cyberattaques, les plus courantes étant l’obtention de renseignements commerciaux de façon illégale en compromettant les comptes de courrier électronique d’une entreprise, le vol d’identité, les logiciels de rançon (des logiciels malveillants qui empêchent l’accès aux fichiers, aux systèmes ou aux réseaux, et qui demandent une rançon pour restituer cet accès), et l’hameçonnage ou la mystification (des escroqueries consistant à tromper une personne afin qu’elle divulgue des renseignements sensibles).

Gartner chiffre le marché de la sécurité de l’information et de la gestion des risques connexes à 124 milliards de dollars pour 2020. RBC Marchés des Capitaux est d’avis qu’il pourrait s’élever à 176 milliards en 2025, selon un taux de croissance annuel composé de 7,3 %. La majorité des dépenses en cybersécurité naissent du besoin de sécuriser les systèmes existants, mais les choses pourraient changer du tout au tout en raison du télétravail devenu pratique courante depuis la COVID-19 – une transformation qui est probablement là pour de bon.

Les statistiques négatives s’accéléraient déjà à un rythme effrayant avant la COVID-19. En effet, Accenture rapporte que les atteintes à la protection des données ont augmenté de 11 % depuis 2018 et de 67 % depuis 2014. D’après l’Université du Maryland, les pirates informatiques attaquent des ordinateurs connectés à Internet toutes les 39 secondes, ou 2 244 fois par jour en moyenne. Et même si l’on investit de plus en plus dans la détection et la correction de ces attaques, une entreprise met en moyenne 206 jours à se rendre compte que la sécurité de ses données a été atteinte et dépense en moyenne 3,9 millions de dollars pour remédier à la situation, selon une étude de 2019 d’IBM.

Vers, virus et cybermenaces

La cybersécurité a évolué au fil des ans : de la bataille contre le premier ver informatique en 1988 à la lutte contre le vol de renseignements de carte de crédit, de la protection du réseau à la sauvegarde du nuage. Le nombre grandissant d’appareils par utilisateur et la quantité astronomique d’appareils connectés à l’Internet des objets ont fait exploser le nombre de points d’accès. Puis, du jour au lendemain, la main-d’œuvre s’est mise à travailler à distance et s’est dispersée, ce qui a accentué la nécessité de mettre en place différentes solutions de cybersécurité.

Il y a fort à parier que les changements imposés aux entreprises par la COVID-19 ne feront qu’amplifier ce besoin d’investir continuellement dans la cybersécurité. RBC Marchés des Capitaux est d’avis que la pandémie a devancé de cinq ans l’évolution de ces dépenses. Les aspects qui devraient être en tête de liste sont la sécurité infonuagique, l’accès aux applications et leur sécurité, la protection de l’identité, la protection des charges de travail (un prolongement de la sécurité des terminaux ou des antivirus), et la surveillance et l’observabilité. Parmi les tendances émergentes, notons d’abord le périmètre de services d’accès sécurisé (Secure Access Service Edge ou SASE). Facilitant la transformation numérique des entreprises, ce concept amène la dissolution du périmètre de sécurité réseau traditionnel pour que soient sécurisés les points d’accès. L’accès réseau « zéro confiance » (Zero Trust Network Access ou ZTNA) est un autre concept nouveau selon lequel l’accès n’est accordé qu’après vérification de l’identité pour éliminer la « confiance implicite » excessive, inhérente à l’accès réseau étendu, que les individus malveillants peuvent exploiter.

Des succursales à perte de vue

Ce virage vers le travail sans égard à l’emplacement déclenché par la COVID-19, RBC Marchés des Capitaux le surnomme « travail 2.0 ». Combien de travailleurs adopteront le télétravail pour de bon? Le temps nous le dira. Mais selon un sondage de RBC Marchés des Capitaux, près de 60 % des employés n’avaient jamais travaillé à partir de la maison avant la pandémie et 15 % le faisaient seulement quelques jours par mois. S’il est difficile de prévoir combien d’employés finiront par retourner au bureau à temps plein, il est très probable que la majorité voudra avoir plus de flexibilité à l’avenir.

La situation pourrait être avantageuse pour toutes les parties, car si moins d’employés doivent se déplacer pour aller au travail, l’entreprise dépense moins en locaux et diminue son empreinte carbone. D’un autre côté, l’accès accru au réseau de l’entreprise à partir de la maison a une incidence sur la structure des dépenses en cybersécurité. Selon RBC Marchés des Capitaux, les infrastructures traditionnelles sont conçues pour permettre à 15 % à 20 % d’employés de travailler à distance. Or, le pourcentage de télétravailleurs risque d’augmenter considérablement dans l’avenir.

Les documents numériques, la voie de l’avenir

Lorsque de meilleurs logiciels de sécurité sont en place, les vieux processus peuvent évoluer à l’abri des menaces. Tout comme le monde a adopté le passage de l’argent comptant et des chèques aux cartes de crédit et aux paiements mobiles et sans contact, le monde des affaires vient d’entamer une transition des contrats papier aux contrats numériques. Le secteur immobilier a été l’un des premiers à adopter cette technologie, mais son exemple n’a toujours pas été suivi par de grands pans de l’économie, dont la plupart des secteurs de l’État.

RBC Marchés des Capitaux a sondé 1 000 « travailleurs du savoir » (ceux dont le travail est axé sur la « réflexion », par exemple les ingénieurs, les scientifiques, les comptables, les avocats et les universitaires) concernant leur utilisation des technologies de l’information et leur opinion à leur sujet. Le sondage a montré que de nombreux outils de communication ont une importance grandissante en raison de la COVID-19, la signature électronique arrivant au quatrième rang des nouvelles technologies en croissance. La signature électronique est un moyen légal d’accepter des formulaires et d’autres documents électroniques. Elle remplace la signature manuscrite. Parmi les répondants au sondage, 32 % ont davantage recours à cette solution depuis qu’ils travaillent à distance, à cause de la COVID-19. Selon RBC Marchés des Capitaux, cette tendance émergente représentait un marché potentiel de 51 milliards de dollars avant la pandémie et représente maintenant un marché potentiel de 86 milliards, puisque les gens devraient trouver des moyens de faire des affaires, mais en interagissant moins en personne qu’il y a six mois.

Utilisation accrue des technologies clés en mode télétravail
Pourcentage de répondants dont l’utilisation des différentes solutions a augmenté depuis la COVID-19

Source : RBC Marchés des Capitaux, Welcome to Work 2.0 – Imagine 2025 (Bienvenue dans le travail 2.0 – Imaginer 2025), 11 juin 2020

Une crise qui fait évoluer les points de vue

Une crise peut faire rapidement évoluer le point de vue d’une personne ou d’une entreprise, et nous sommes probablement au cœur d’un tel changement de paradigme. Le télétravail est adopté par de plus en plus de personnes, et ses avantages – pour les employés comme pour les entreprises – sont en train d’être reconnus, amenant ainsi une réaffectation des dépenses pour réaliser cette transformation. Bon nombre de processus désuets sont abandonnés au profit de nouvelles technologies, d’abord par nécessité, mais aussi parce que l’on comprend maintenant que l’ancienne formule n’était peut-être pas la meilleure.


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