directions to uk polling station on iron fence

La première portion de l’accord de retrait du premier ministre Johnson définit les modalités juridiquement contraignantes de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE) : le retrait de l’Union le 31 janvier 2020 et une période de transition d’un an qui maintient le statu quo. Les deux parties peuvent convenir de prolonger une seule fois cette période pour deux ans si la demande est formulée avant le 1er juillet 2020.

La deuxième portion, non juridiquement contraignante, indique à quoi pourraient ressembler les relations commerciales après décembre 2020 : un accord de libre-échange très vague qui prévoit une harmonisation limitée des règlements et l’absence de tarifs douaniers sur les biens (l’accord n’inclut pas les services).

Le gouvernement britannique souhaite conclure rapidement l’accord de libre-échange et commencer les échanges suivant ces nouvelles modalités à compter de janvier 2021. Si l’accord de libre-échange n’est pas en vigueur d’ici là, le commerce serait soumis aux règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Les répercussions prévues de l’accord de M. Johnson sur l’économie varient.

Répercussions à long terme sur le PIB du R.-U. des différents résultats du Brexit
L’accord de retrait de M. Johnson est une version plus dure du Brexit que celle de Mme May
  Accord de retrait de M. Johnson Accord de retrait de Mme May Brexit dur (modalités de l’OMC)
London School of Economics -6,4 % -4,9 % -8,2 %
R.-U. dans une Europe en transformation -5,8 % à -7.0 % -5,5 % -8,7 %

Source : Correspondant national de recherche

Scénarios des élections générales

Le résultat des élections générales peut encore changer le cours du Brexit. D’après les derniers sondages, nous nous attendons à trois grands scénarios possibles, soit une majorité conservatrice, une minorité conservatrice ou une minorité dirigée par le Parti travailliste.

Gouvernement conservateur majoritaire

Si les conservateurs maintiennent leur avance actuelle de 10 % dans les sondages, ils remporteront une majorité de sièges à la Chambre des communes. La décision de Nigel Farage, chef du parti du Brexit, de ne présenter aucun candidat dans les circonscriptions gagnées par les conservateurs en 2017 pourrait aider ces derniers à garder leurs sièges. L’aide de M. Farage a toutefois un prix, soit la garantie qu’aucune prolongation de la période de transition ne sera demandée après 2020.

Avec une majorité conservatrice, nous nous attendrions à une adoption rapide de l’accord de retrait, peut-être à temps pour une sortie ordonnée du Royaume-Uni de l’UE le 31 janvier 2020 (avec une période de transition d’un an). Selon nous, la livre réagirait positivement à ce scénario au début, puisqu’il clarifierait le retrait immédiat. Les gains pourraient être limités en raison de l’envolée récente de la devise et de l’attention qui se tournerait bientôt sur la demande de prolongation et ce qui suivra la période de transition.

Si l’adoption d’une modification éliminait la transition ou si le gouvernement refusait de demander une prolongation, il faudrait alors absolument régler les derniers détails de l’accord de libre-échange avec l’UE avant la fin de 2020 - une tâche colossale - pour éviter que le commerce soit soumis aux modalités de l’OMC (c.-à-d. un Brexit sans accord) à compter de 2021.

Gouvernement conservateur minoritaire – Parlement sans majorité

Si les conservateurs sont incapables de remporter la majorité, le bras de fer concernant le Brexit se poursuivra vraisemblablement.

Il pourrait y avoir d’autres tentatives de modification de l’accord de retrait dans le but de permettre un Brexit plus en douceur (p. ex., période de transition plus longue, participation du Parlement à la demande de prolongation, harmonisation des règlements). Un deuxième référendum pourrait également être perçu comme une autre manière de dénouer l’impasse, et il serait possible de le tenir. La livre se replierait probablement à court terme étant donné l’incertitude et l’adoption d’une attitude attentiste par les investisseurs.

Gouvernement minoritaire dirigé par le Parti travailliste

Nous nous attendrions à voir le Parti national écossais et les libéraux-démocrates conclure des accords de confiance et d’appui avec le Parti travailliste. Ces accords sont plus souples que les coalitions et permettent de voter contre le gouvernement sur certains enjeux.

Le Parti travailliste a déclaré qu’il tenterait de renégocier l’accord de retrait dans le but de l’assouplir et de le soumettre à un référendum. Le coût du soutien du Parti national écossais serait probablement la tenue d’un deuxième référendum sur l’indépendance de l’Écosse.

La livre sterling pourrait s’apprécier à court terme dans l’espoir d’un deuxième référendum sur le Brexit ou d’une sortie en douceur de l’Europe, mais cette hausse pourrait être de courte durée puisque la complexité du remaniement du Brexit et les craintes que suscitent les politiques de gauche du Parti travailliste plombent les perspectives. Nous soulignons que, dans un contexte de gouvernement minoritaire, l’adoption des politiques extrêmes du Parti travailliste est peu probable.

Banque d’Angleterre : tout dépend de...

La Banque d’Angleterre a récemment adopté un ton conciliant et revu à la baisse ses prévisions de croissance et d’inflation. Les prochaines décisions dépendront clairement des résultats des élections. En présence d’un gouvernement conservateur majoritaire favorable à un Brexit rapide, la Banque d’Angleterre pourrait maintenir le statu quo, pourvu que les données économiques ne s’affaiblissent pas davantage. Elle pourrait encore adopter un resserrement si d’importantes mesures de relance budgétaire accentuent les pressions inflationnistes et si l’économie se montre résiliente. Dans le cas d’un Parlement sans majorité, d’un gouvernement minoritaire dirigé par le Parti travailliste ou d’autres reports du Brexit, et d’un enracinement continu de l’incertitude, il serait plus probable d’observer une baisse de taux.

Stratégie de placement

Nous maintenons notre pondération neutre pour les actions britanniques puisque les valorisations semblent attrayantes. Nous avons récemment modifié notre préférence pour les sociétés dont les activités visent davantage le marché international afin d’adopter une approche plus équilibrée entre ces dernières et les entreprises tournées vers le marché national. Nous aimons plus particulièrement les actions des banques et du secteur de la consommation. Les investisseurs devront faire preuve de souplesse.

Nous adoptons une pondération neutre pour les obligations d’État du Royaume-Uni, reflétant ainsi le ton conciliant de la Banque d’Angleterre, et les obligations de sociétés de catégorie investissement en livres sterling, qui offrent un rendement en revenu supérieur attrayant, mais les investisseurs devraient demeurer sélectifs.


Déclarations exigées

Ressources pour les recherches

Déclaration sur les analystes qui ne sont pas américains : Frédérique Carrier, une employée de RBC Europe Limited, société étrangère affiliée de RBC Gestion de patrimoine – États Unis; a contribué à la préparation de cette publication. Cette personne n’est ni inscrite ni qualifiée en tant qu’analyste de recherche auprès de l’organisme américain Financial Industry Regulatory Authority (« FINRA ») et, comme elle n’est pas associée à RBC Gestion de patrimoine, elle pourrait ne pas être assujettie au règlement 2241 du FINRA régissant les communications avec les entreprises visées, les apparitions publiques et les opérations sur valeurs mobilières dans les comptes des analystes de recherche.