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« Technologie financière » est un terme créé pour décrire un secteur en croissance rapide qui cherche à élargir, à améliorer et à moderniser l’offre de services financiers grâce à des technologies en ligne puissantes reposant sur les mégadonnées et l’infonuagique. Proposant d’abord des services de paiement en ligne (PayPal, Alipay, Apple Pay), les entreprises de technologie financière ont ensuite ajouté l’accès au crédit, l’assurance et les placements à leur offre. La technologie financière pourrait devenir une force perturbatrice majeure qui nécessitera une réponse de la part des banques et des autres prestataires de services financiers, ainsi que des organismes de réglementation.

Quels sont les facteurs de croissance de la technologie financière ?

  • La croissance spectaculaire du commerce électronique a rendu impératifs des services de paiement en ligne faciles à utiliser et sécurisés.
  • Des pans entiers de la population mondiale ont peu, ou pas du tout, accès aux services bancaires ou au crédit, ce qui constitue un frein puissant à la croissance économique et au progrès social à l’échelle mondiale. La technologie financière pourrait jouer un rôle particulièrement utile en aidant à combler cette faille.
  • Des quantités considérables de données provenant de transactions de commerce électronique, de médias sociaux et de recherches sur Internet permettent aux sociétés de technologie financière de déterminer quels services financiers offrir à quelle personne, ainsi que la façon de fixer le prix du produit en question. Les données sont devenues plus importantes que les garanties pour ces prestataires.
  • Les organismes de réglementation ne semblent pas avoir été en mesure de suivre le rythme de l’évolution de la technologie financière. Les entreprises de ce secteur peuvent ainsi innover sans relâche, voire prendre des risques dont leurs clients ne sont pas pleinement conscients, tout en empêchant les spécialistes des services financiers en place, qui, eux, sont réglementés, de venir les concurrencer directement.

Que peut offrir la technologie financière ?

Pour les populations mal desservies, l’effet le plus important de la technologie financière est d’ouvrir l’accès au crédit et d’offrir des plateformes numériques de transfert en espèces. En outre, elle est à la base de services qui ont bouleversé et continuent de transformer le secteur des services financiers.

Plateformes numériques de transfert en espèces à frais réduits

Les plateformes numériques de transfert en espèces sont maintenant couramment utilisées dans le monde entier. Elles peuvent être particulièrement utiles pour les travailleurs migrants, dont les familles, souvent non bancarisées, dépendent de l’argent qu’elles reçoivent de l’étranger.

Selon la Banque mondiale, les fonds envoyés par les migrants vers leur pays d’origine sont une source importante de revenus pour plusieurs pays en développement ; ils représentent ainsi pas moins de 4 % du PIB au Mexique et, tenez-vous bien, 27 % du PIB au Népal. Les envois de fonds internationaux en 2019 ont dépassé 700 milliards de dollars, dont plus de 500 milliards de dollars en direction des pays en développement. Le Fonds monétaire international estime que les envois de fonds par les circuits traditionnels sont assujettis à des frais qui s’élèvent en moyenne à 10 %, mais peuvent atteindre 20 % pour les petits envois de fonds de moins de 200 $, ce qui est souvent le cas des migrants les plus pauvres.

M-Pesa, le système de paiement par messagerie texto initialement lancé au Kenya en 2007, a exploité ce créneau, permettant aux utilisateurs d’envoyer et de retirer des fonds avec des téléphones cellulaires simples. Ce service compte maintenant 48 millions de clients dans huit pays. Selon la Banque mondiale, M-Pesa a fait progresser l’autonomie financière des femmes en les aidant à prendre en main leurs revenus, en appuyant les entreprises en démarrage et en favorisant une inclusion financière avancée, ce qui signifie que les particuliers et les entreprises ont accès à des services bancaires abordables.

Un autre exemple est la société britannique de technologie financière Wise (anciennement TransferWise), qui offre une solution de paiement numérique à frais réduits pour transférer de l’argent, rendant les services financiers plus abordables pour tous. Elle s’est d’abord démarquée de la concurrence en faisant preuve de transparence en ce qui concerne les frais et en se concentrant sur les petites opérations. Lorsque l’entreprise est entrée sur le marché malaisien en 2019, son quatrième marché asiatique, les autorités l’ont bien accueillie, faisant valoir qu’elle améliorerait l’inclusion financière et contribuerait à la croissance économique équilibrée du pays.

Accès au crédit

La technologie financière peut aider à améliorer l’accès au crédit pour les petites et moyennes entreprises (PME) et à fournir des services dans les régions reculées en se substituant aux prêteurs traditionnels.

Ant Group, société chinoise de technologie financière, en est un excellent exemple. Elle a eu une incidence considérable sur l’accès des consommateurs et des entrepreneurs aux prêts. Au plus fort de son activité, Ant a compté plus de 1,2 milliard d’utilisateurs et traité 110 billions de yuans en paiements (16 billions de dollars), soit 25 fois plus que l’entreprise américaine PayPal.

De prestataire de services de paiement sur la plateforme de commerce électronique d’Alibaba, l’entreprise est devenue la principale application pour les paiements en ligne, notamment mobiles, en proposant des facilités de crédit aux petites entreprises sur Alibaba.com et en permettant aux consommateurs et aux commerçants d’emprunter de l’argent aux banques en se servant de leur téléphone intelligent.

Ant est en mesure de recueillir une grande quantité de données sur le crédit aux particuliers à partir de la plateforme de commerce électronique de sa société mère. Elle peut ainsi évaluer la solvabilité des emprunteurs, même s’ils ne disposent pas des antécédents de remboursement exigés par les banques traditionnelles, et adapter les modalités financières d’un prêt à chaque emprunteur en fonction de son profil de risque. À ce titre, Ant peut aider les PME à accéder au financement du commerce, et soutenir ainsi leur développement et leur expansion.

Autres services

Par ailleurs, la technologie financière rend possible une ample palette de services. Nous en présentons quatre, qui jouent un rôle clé.

Grands réseaux mondiaux de paiement

Fournir des services de traitement des paiements aux commerçants qui acceptent les cartes de crédit et de débit

La carte de crédit qu’utilise un consommateur pour payer est émise par une banque liée à un réseau de paiement mondial, comme Visa ou Mastercard. Quant au commerçant, il travaille avec une entreprise spécialisée dans le traitement des opérations sur carte de crédit, qui sert d’intermédiaire entre le commerçant et l’établissement financier concerné, qui autorise les opérations et qui aide les commerçants à être payés à temps en facilitant le transfert de fonds.

Fonctionnement des grands réseaux mondiaux de paiement et des réseaux de paiement utilisant les portefeuilles numériques
Plusieurs étapes entre le commerçant et vous

Ce graphique montre comment fonctionnent les grands réseaux de paiement mondiaux et les réseaux de paiement utilisant des portefeuilles numériques. La carte de crédit émise par la banque que les consommateurs utilisent pour payer un commerçant est liée à un vaste réseau mondial de paiement. Quant au commerçant, il travaille avec une entreprise spécialisée dans le traitement des opérations sur carte, qui sert d’intermédiaire entre le commerçant et l’établissement financier concerné, qui autorise les opérations et qui aide les commerçants à être payés à temps en facilitant le transfert de fonds. Pendant ce temps, les réseaux de paiement utilisant des portefeuilles numériques contournent les banques traditionnelles.

Source : RBC Gestion de patrimoine

Les réseaux de paiement mondiaux facilitent les transactions entre consommateurs et commerçants à l’échelle mondiale et l’utilisation d’appareils mobiles numériques, ce qui ouvre de nouvelles possibilités aux commerçants. Ils peuvent également améliorer l’utilisation des ressources et la gestion du fonds de roulement des entreprises de toute taille en numérisant les paiements interentreprises.

Réseaux de paiement utilisant des portefeuilles numériques

Établir un lien direct entre les consommateurs et les entreprises de traitement pour commerçants en utilisant des logiciels qui stockent les données de paiement des utilisateurs

Les portefeuilles numériques permettent des opérations électroniques et le contournement des banques traditionnelles. Selon le fournisseur de données sur les marchés Statista, les portefeuilles numériques ont représenté 44,5 % de toutes les transactions mondiales de commerce électronique en 2020. Les solutions d’un portefeuille numérique destiné aux consommateurs sont notamment le paiement des commerçants, les paiements pair à pair, les envois internationaux de fonds, les comptes bancaires, les prêts et les opérations sur cryptomonnaies.

Entreprises de traitement pour commerçants

Gérer le traitement des opérations sur carte de crédit et servir d’intermédiaire entre le commerçant et l’institution financière concernée

Les entreprises de traitement peuvent être très utiles pour les petits commerçants en leur permettant d’accepter les paiements électroniques, ce qui leur évite le fardeau du traitement des espèces et des chèques.

Fournisseurs technologiques

Favoriser la numérisation de l’écosystème d’une institution financière

Contrairement aux autres segments de la technologie financière, celui-ci n’est pas dominé par une poignée d’acteurs essentiels. Une multitude d’entreprises de toute taille offrent leur expertise technologique. Les fournisseurs technologiques permettent aux petites et moyennes institutions financières de numériser leurs écosystèmes afin de pouvoir fournir des services bancaires aux consommateurs et aux entreprises de façon plus efficace et rentable.

Quatre segments essentiels de la technologie financière et leur incidence sur l’inclusion financière
La technologie financière peut améliorer l’inclusion financière à de nombreux niveaux

Le tableau répertorie quatre segments clés de la technologie financière et leurs principaux participants. Il montre comment chaque segment peut améliorer l’inclusion financière.

FonctionPrincipales sociétésPortéeUtilisateursPromouvoir l’inclusion financière en …
Grands réseaux mondiaux de paiement Relier les consommateurs avec les commerçants, et les commerçants avec les banques Mastercard Monde É.-U. : 234 M cartes de crédit
Reste du monde : 709 M
Facilitant le commerce à l’échelle mondiale et par l’intermédiaire d’appareils mobiles numériques ; améliorant l’efficience et la gestion du fonds de roulement pour les entreprises de toute taille en numérisant les paiements interentreprises
Visa Monde É.-U. : 340 M cartes de crédit
Reste du monde : 800 M
American Express Surtout aux É.-U. É.-U. : 55 M cartes de crédit
Reste du monde : 57 M
UnionPay Chine, monde 200 M utilisateurs
Réseaux de paiement utilisant des portefeuilles numériques Exploiter pour les commerçants et les consommateurs recourant au commerce électronique des réseaux bifaces de paiement électronique qui reposent sur un portefeuille numérique WeChat de Tencent1 Chine, monde 1,2 G utilisateurs Proposant une gamme toujours plus vaste de services financiers aux commerçants et aux consommateurs grâce à des outils numériques
Alipay du groupe Ant1 Chine, monde 1,2 G utilisateurs
PayPal É.-U., monde 377 M utilisateurs
Paytm Inde 350 M utilisateurs
Entreprises de traitement pour commerçants Relier les commerçants aux réseaux de paiement mondiaux Square É.-U. 2 M commerçants Facilitant les paiements électroniques, qui sont plus faciles à traiter et moins complexes pour les commerçants, et qui permettent ainsi aux petits commerçants et aux microcommerçants d’entrer dans le système financier
Adyen Pays-Bas 4 050 commerçants2
PagSeguro Brésil 6,7 M commerçants3
Fournisseurs technologiques Fournir des solutions technologiques pour favoriser la numérisation et l’efficience des écosystèmes des établissements financiers Ce secteur n’est pas dominé par une poignée d’acteurs essentiels ; une multitude d’entreprises de toute taille offrent des services. s. o. s. o. Permettant aux petites et moyennes institutions financières de numériser leurs écosystèmes afin de pouvoir fournir des services bancaires aux consommateurs et aux entreprises de façon plus efficace et rentable

1 Alipay et WeChat traitent plus de 90 % des opérations mobiles en Chine.

2 Sont définis comme des commerçants qui traitent 25 millions d’euros annuellement

3 Microcommerçants

Perspectives offertes par la technologie financière : la progression de l’inclusion financière peut stimuler la croissance

L’inclusion financière est un défi important dans le monde entier. Le manque d’accès aux services financiers de base peut constituer pour les particuliers et les entreprises un obstacle et, de ce fait, restreindre le potentiel de croissance d’une économie.

Selon la Banque mondiale, plus de 1,6 milliard d’adultes, soit un peu plus du quart de la population adulte mondiale, n’ont pas de compte-chèques ou de compte d’épargne, d’accès au crédit ou d’assurance. Ils ne peuvent donc pas stocker, envoyer et recevoir de paiements, et ne sont pas protégés en cas de vol ou de perte, ni de perte d’emploi ou de maladie, ce qui les rend particulièrement vulnérables aux prêteurs prédateurs.

Des infrastructures de mauvaise qualité allant d’une alimentation insuffisante en électricité à un accès difficile à Internet (en particulier dans les zones reculées), la difficulté à maintenir le solde minimum exigé, l’absence de documents d’identité (qui touche un milliard de personnes dans le monde et 45 % des femmes dans les pays à faible revenu), le manque d’antécédents financiers et les coûts prohibitifs sont généralement les raisons qui empêchent les adultes d’avoir un compte bancaire.

Or, selon la Banque mondiale, plus des deux tiers des adultes dépourvus de compte bancaire ont un téléphone mobile. La technologie actuelle permet la prestation de services financiers même par l’intermédiaire d’un téléphone mobile simple (c.-à-d. un téléphone non intelligent).

La faible inclusion financière touche également les petites et les microentreprises. En 2016, la Société Financière Internationale a estimé que plus de 160 millions de ces entités n’avaient pas accès au financement et que 160 millions d’autres étaient sous-bancarisées, ce qui signifie qu’elles pourraient détenir un compte bancaire, mais n’ont pas accès aux prêts à terme ou aux crédits de fonds de roulement des banques.

Ce problème ne concerne pas que les pays émergents

Les adultes non bancarisés se trouvent principalement dans les pays émergents. Certains gouvernements dans ces pays, qui sont conscients de ce problème, ont investi dans leurs infrastructures et encouragé les banques et les entreprises en démarrage à saisir la possibilité d’affaires créée par cette situation.

La Chine s’est efforcée de combler l’écart entre les zones urbaines et rurales qui explique l’existence d’un vaste pan non bancarisé de sa population, car elle en a reconnu le potentiel économique. Elle a encouragé le développement d’infrastructures telles que les réseaux à large bande, tout en permettant au secteur privé de jouer un rôle croissant dans la promotion des services financiers, d’où la progression des plateformes Alipay d’Alibaba et Tenpay (y compris WeChat Pay) de Tencent. Ces plateformes de paiement en ligne traitent à elles seules plus de 90 % des opérations mobiles du pays.

Près de la moitié de tous les adultes non bancarisés vivent dans seulement sept pays
Pourcentage de la population mondiale non bancarisée par pays, 2017

Le graphique circulaire montre que près de la moitié de tous les adultes non bancarisés vivent dans sept pays : la Chine (13 %) et l’Inde (11 %), qui comptent la plus grande population non bancarisée, l’Indonésie (6 %), le Pakistan (6 %), le Nigéria (4 %), le Bangladesh (3 %) et le Mexique (3 %).


Chine, 13 %

Inde, 11 %

Indonésie, 6 %

Pakistan, 6 %

Nigéria, 4 %

Bangladesh, 3 %

Mexique, 3 %

Reste du monde, 54 %

Sources : RBC Gestion de patrimoine, base de données Global Findex de la Banque mondiale

Néanmoins, le manque d’accès aux services bancaires est aussi un problème rencontré par un nombre trop grand de particuliers dans les pays développés, notamment les personnes sous-bancarisées qui ont un compte bancaire, mais n’ont pas accès au crédit ou à d’autres services financiers.

L’enquête « How America Banks » (habitudes bancaires des Américains), menée en 2019 par la compagnie fédérale d’assurance de dépôts bancaires, a révélé que 7,1 millions de ménages américains (soit 5,4 % d’entre eux) n’avaient pas de compte bancaire, tandis qu’un rapport de la Réserve fédérale paru la même année a déterminé que 16 % des adultes américains étaient sous-bancarisés. La société d’études de marché Mintel déclare que 6 % des Canadiens ne sont pas bancarisés, autrement dit qu’ils ne disposent ni d’un compte-chèques ni d’un compte d’épargne, et que 28 % d’entre eux sont sous-bancarisés. Au Royaume-Uni, la Financial Conduct Authority estime que 1,3 million d’adultes ne sont pas bancarisés, tandis que la Banque centrale européenne (BCE) estime que 4 % des ménages de l’UE ne possèdent pas de compte bancaire.

Les banques centrales et les autorités réglementaires doivent s’adapter...

Selon Julie Thomas, première gestionnaire de portefeuille de RBC Gestion mondiale d’actifs Inc. et spécialiste des services financiers mondiaux, bien que le système financier traditionnel soit réglementé, ce qui rend l’épargne plus sûre et beaucoup plus pratique pour les utilisateurs, la technologie financière échappe à la réglementation et n’offre donc pas la même sécurité.

En outre, les nouveaux arrivants non réglementés peuvent rendre la politique monétaire des banques centrales plus difficile à appliquer. Comment les banques centrales peuvent-elles contrôler le risque que représente un effet de levier accru pour l’économie, puisque la technologie financière accapare une part croissante des services financiers ?

Les inquiétudes suscitées par la perte de maîtrise de l’économie expliquent que de nombreuses banques centrales se sont récemment affairées à créer leur propre monnaie numérique. Une monnaie numérique adossée à une banque centrale serait une version numérique des espèces, soit l’équivalent d’un dépôt auprès de la banque centrale du pays en question.

La Chine a lancé le yuan électronique en 2020. La BCE entend lancer sa propre monnaie numérique en 2025. De leur côté, la Banque d’Angleterre et la Fed explorent activement la question. Une enquête réalisée en janvier 2021 par la Banque des règlements internationaux (la banque des banques centrales) a révélé que la plupart des banques centrales envisageaient la création de monnaies numériques. Toujours selon cette enquête, des banques centrales qui représentent ensemble 20 % de la population mondiale devraient lancer leur propre monnaie numérique d’ici trois ans.

Il est également probable que la technologie financière sera davantage encadrée, en particulier avec l’avènement de « superapplications », qui sont très prisées dans les pays émergents. Ces plateformes ont d’abord été les fournisseurs dominants d’un service utilisé quotidiennement par les clients, comme les services de location de voitures (p. ex. Grab à Singapour) ou le commerce électronique (p. ex. Mercado Libre en Amérique latine), et se sont ensuite étendues aux services financiers, notamment aux paiements, aux assurances et aux placements. Les superapplications brouillent les lignes entre les services financiers et d’autres secteurs. Les autorités réglementaires seront probablement plus attentives aux entités qui contrôlent les données et à l’utilisation qu’elles en font. Il s’agira d’un enjeu crucial, en particulier en Europe, où la protection des données privées est une préoccupation majeure.

... de même que les banques traditionnelles

Certaines banques traditionnelles, inquiètes de voir ces nouveaux arrivants empiéter sur leur pré carré, adoptent certains éléments de la technologie financière. Les capacités technologiques ne posent pas un problème : la plupart des banques élargissent peu à peu l’accès aux services en ligne depuis 20 ans. Toutefois, les nouveaux acteurs de la technologie financière, qui ne sont pas entravés par les systèmes existants et les pratiques bancaires traditionnelles, sans parler de la réglementation, ont réussi à gagner du terrain dans des segments du marché que les banques considéraient comme non rentables, dépourvus de potentiel ou trop risqués. Ils ont aussi fait une incursion dans les services à interaction maximale, qui impliquent généralement un service personnalisé, accompagné d’un écosystème « cliquable », où la prise de décision est assurée par des algorithmes.

Certaines banques traditionnelles ont choisi de créer des pôles en dehors de leurs principales activités afin de développer correctement ces nouveaux outils. Une fois qu’ils arrivent à maturité, ils peuvent être ajoutés aux activités de base. Cette façon de procéder permet d’intégrer sans trop de risques les nouvelles technologies à la banque traditionnelle et d’atténuer ainsi les risques qui pèsent sur l’image de marque ou sur la confiance des clients, tout en comblant le fossé creusé sur le plan du marketing par les sociétés de technologie financière.

D’autres peuvent choisir d’acquérir de nouveaux participants établis ; ainsi, JPMorgan a fait récemment l’acquisition de Nutmeg, conseiller-robot bien connu au Royaume-Uni.

Se joindre à l’évolution

La finance évolue rapidement et les autorités réglementaires, comme les banques centrales, en prennent conscience. L’arrivée d’un plus grand nombre de participants dans le secteur des services financiers rend leur mission plus complexe. Il leur faudra s’adapter, tout comme les banques traditionnelles si elles souhaitent se prémunir contre de nouveaux concurrents.

La technologie financière ne suffira pas pour sortir de la pauvreté les deux milliards de particuliers les plus défavorisés du monde. Néanmoins, lorsqu’une partie d’entre eux y auront accès et pourront ainsi obtenir des services financiers, il en résultera probablement un effet bénéfique sur les économies. En outre, les entreprises qui font leur entrée dans ce segment de marché en appliquant une stratégie bien pensée devraient être promises à un brillant avenir.

Nous croyons que cette perturbation peut créer des occasions d’investir dans les sociétés de technologie financière qui se sont fait une place, ainsi que dans les banques traditionnelles et les fournisseurs de services financiers qui sont capables de s’adapter à ce nouveau modèle.

Jason Deleeuw, CFA, conseiller en gestion de portefeuille, Actions américaines, Services-conseils en gestion de portefeuille, RBC Gestion de patrimoine – États-Unis et Stephen Chang, CFA, conseiller en gestion de portefeuille, Actions américaines, Services-conseils en gestion de portefeuille, RBC Gestion de patrimoine, RBC Dominion valeurs mobilières Inc., ont contribué à la rédaction du présent article.

Le présent article est la quatrième partie de notre série sur la technologie durable, qui analyse la confluence de la durabilité et de la technologie et sa place parmi les thèmes d’investissement.

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