aderial drone shot of commercial container ship

Par Alan Robinson

Ce rapport fait partie de la série Nouvelle normalité, nouvelles occasions, dans le cadre de laquelle nous examinons les tendances à long terme qui se profilent pour l’après-COVID-19. La série portera sur divers thèmes qui se dégagent en raison de la distanciation sociale, du télétravail, des avancées en soins de santé, de l’engagement des sociétés et des changements généraux dans la société. Nous croyons qu’il est essentiel de définir ces tendances et de comprendre leurs conséquences sur les placements pour mieux aborder l’avenir. D’autres rapports seront publiés au cours des prochains mois.

La pandémie aura probablement accéléré une tendance existante au sein de l’économie mondiale, à savoir le déclin de la mondialisation. Celle-ci a certainement été porteuse de croissance pour toute une génération, mais elle semble maintenant être victime de son propre succès.

Entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et le début de la crise financière mondiale en 2007, le total des exportations mondiales en pourcentage de l’économie mondiale globale est passé d’environ 5 % à 30 %. Pourquoi ? Eh bien, les pays ont profité de leurs avantages comparatifs en matière d’échanges commerciaux, qu’il s’agisse de la faiblesse des coûts, d’une réglementation allégée ou de produits et services à forte valeur ajoutée. Ainsi, le niveau de vie s’est amélioré, tant dans les pays émergents que dans les pays développés ; dans les premiers, les salaires ont augmenté et dans les seconds, les produits et les expériences sont devenus plus accessibles.

Plus qu’un simple frein à la croissance des échanges commerciaux mondiaux ?
Total des exportations en % de l’économie mondiale

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Sources : Penn World, FMI, Banque mondiale, estimations de RBC Gestion de patrimoine

La hausse des coûts des intrants exige un approvisionnement souple
Coût horaire moyen de la main-d’œuvre dans le secteur de la fabrication

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Croissance annuelle moyenne des coûts : Chine – 6,8 %, Mexique – 6,0 %, Vietnam – 5,9 %

Sources : Statista, RBC Gestion de patrimoine

Il y a certes eu quelques obstacles en cours de route à cause d’une trop grande dépendance à certaines régions pour obtenir des ressources importantes (comme en témoigne la crise énergétique des années 1970), mais dans l’ensemble, la mondialisation a été plus une bénédiction qu’une malédiction.

Or, les gains d’efficacité sur le marché mondial étant continuellement exploités, le début du 21e siècle a été marqué par des pertes d’emplois et des inégalités croissantes sur le plan du revenu dans les pays développés. Ces tensions ont attisé le populisme et amené les économistes à se dire que la mondialisation avait atteint ses limites.

La pandémie a par ailleurs mis en évidence une autre vulnérabilité du système. Les frontières étant fermées, le commerce international stagne. De plus, l’interdépendance des chaînes logistiques mondiales devient une faiblesse si plusieurs maillons se brisent en même temps.

L’un des domaines où l’essoufflement de la mondialisation entre en conflit avec la réponse mondiale à la COVID-19 est la mise au point d’un vaccin. Au cours de pandémies précédentes, la coopération universitaire entre les pays et l’apport d’organisations multinationales avaient favorisé le développement de vaccins. Cependant, dans le contexte actuel, l’instinct de politiciens typiquement populistes à l’échelle mondiale a été d’accorder la priorité au développement rapide de vaccins produits chez eux. Si cette situation pourrait n’être qu’un frein à la commercialisation éventuelle d’un vaccin, elle pourrait retarder la relance économique.

Par contre, nous remarquons que la zone euro est l’une des régions où la pandémie semble avoir renforcé la coopération transfrontalière. Les mesures récentes visant à soutenir les pays du sud les plus touchés du groupe ont rapproché la zone euro de la fédéralisation de la politique budgétaire, l’Allemagne semblant avoir fait volte-face quant au renflouement des pays membres moins efficaces sur le plan économique. Cela pourrait bien favoriser les actifs risqués européens.

Et même si la pandémie pourrait affaiblir davantage la mondialisation, nous ne croyons pas que le dollar américain perde son rôle de monnaie de réserve mondiale, du moins à moyen terme. Bien sûr, l’importance du billet vert pourrait s’estomper légèrement, mais il est peu probable que sa domination à l’échelle mondiale soit remise en question étant donné la profondeur et la liquidité de son marché obligataire, ainsi que l’absence de devises pouvant assumer un tel rôle. Il ne faut toutefois pas voir là des perspectives haussières pour le dollar, car ce dernier pourrait, selon nous, subir les effets de la valorisation et de l’augmentation du risque politique aux États-Unis.

Comment profiter de l’essoufflement de la mondialisation ?

Nous croyons que les sociétés qui ont déjà des franchises et des utilisateurs finaux bien établis sur des marchés en croissance rapide devraient profiter de la situation, car elles auront moins de concurrents désireux de reproduire leur modèle. Les sociétés pharmaceutiques mondiales et les multinationales ayant une présence établie dans les régions où la classe moyenne est en croissance devraient notamment bien s’en tirer. De plus, nous croyons que les pays qui offrent aux sociétés la possibilité de diversifier leurs chaînes logistiques établies pourraient tirer profit de l’intensification des tensions commerciales entre certains pays. Enfin, les régions où la pandémie a eu pour effet de renforcer la coopération entre les pays pourraient sortir plus rapidement de la récession mondiale actuelle.

Cet article a été initialement publié le 12 août 2020.


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