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L’économie mondiale et celle des États-Unis ont surmonté les obstacles tarifaires et les défis structuraux en 2019, quoiqu’à un rythme plus lent. Les politiques monétaires extrêmement accommodantes déjà annoncées, l’ajout de certaines mesures de relance budgétaire et la confiance des consommateurs devraient permettre à la plupart des économies développées de connaître une croissance modérée au moins jusqu’en 2020. Les grandes banques centrales semblent prêtes à appuyer l’expansion en adoptant d’autres mesures d’assouplissement, au besoin. Cette approche, combinée à une croissance du PIB sous la moyenne, devrait prolonger le creux historique des taux des obligations d’État. Nous croyons que les investisseurs devraient maintenir une pondération neutre dans les actions, tant que les probabilités de récession aux États-Unis demeurent faibles. Vous trouverez ci-dessous nos réflexions sur la façon d’orienter les portefeuilles de titres à revenu fixe et d’actions en 2020 par région, ainsi que nos prévisions à l’égard des devises et des marchandises.

Prévisions de RBC sur la croissance annuelle du PIB pour les marchés développés

Source : RBC Gestion mondiale d’actifs

Titres à revenu fixe

Après plusieurs baisses de taux et la mise en place d’autres mesures de stimulation à la fin de 2019, les banques centrales tenteront de profiter du fruit de leur labeur en 2020. Bien que les attentes à l’égard de la croissance et de l’inflation soient en hausse dans les marchés développés, les craintes de récession et les préoccupations géopolitiques semblent appelées à perdurer. Dans l’ensemble, les marchés s’attendent à ce que les banques centrales choisissent le statu quo pour la prochaine année, mais elles privilégieront davantage l’assouplissement que le retour au resserrement, ce qui maintiendra les rendements près de creux historiques à l’échelle mondiale.

Les mesures des banques centrales visant à stimuler la croissance stimuleront-elles aussi les rendements mondiaux ?

Sources : RBC Gestion de patrimoine, indices d’obligations de Bloomberg Barclays, données au 31 octobre 2019

États-Unis

Thomas Garretson, CFA, Minneapolis

Après avoir baissé les taux trois fois en 2019, la Réserve fédérale semble prête à adopter une approche attentiste en matière de politique et d’économie en 2020. Toutefois, en l’absence d’une stabilisation des données économiques et d’une accentuation prolongée des courbes de rendement, nous croyons qu’elle pourrait encore baisser les taux. Le cycle de relèvement des taux ne devrait reprendre qu’en 2021, au plus tôt.

Il ne fait aucun doute que la croissance économique des États-Unis a ralenti en 2019. La question est de savoir si l’économie tombera en récession en 2020. La récente inversion des courbes de taux augmente le risque de récession, mais les baisses de taux de la Fed ont atteint leur objectif d’accentuer de nouveau ces courbes. Selon nous, cela suffira à prolonger le cycle économique.

Les tendances économiques témoignent d’un faible risque de baisse, au même titre que les perspectives à l’égard des taux, qui pointent elles aussi vers le bas. Nous croyons que le taux de l’obligation de référence à 10 ans du Trésor américain pourrait établir un nouveau plancher historique (1,36 %, enregistré en 2016), principalement en raison de la pression exercée par les rendements mondiaux négatifs, le ralentissement de la croissance et la faiblesse de l’inflation.

En raison de la quête mondiale de rendement, les taux des titres de créance à rendement élevé ont atteint un creux historique. Compte tenu des taux sous les 6 % dans ce secteur et du stade avancé du cycle économique, nous croyons que les investisseurs ne sont pas adéquatement récompensés en regard du risque couru. Nous devrions donc privilégier les obligations de sociétés de catégorie investissement et les actions privilégiées de banques aux fins de revenu, compte tenu de leurs bilans parfaitement sains.

Canada

Christopher Girdler, CFA, Toronto

La Banque du Canada (BdC) n’a pas suivi les autres banques centrales qui ont relancé leurs mesures d’assouplissement, puisque l’économie du pays a été portée par la solidité du marché de l’emploi et le réveil du marché de l’habitation. Cela a permis d’apaiser les inquiétudes que suscitait la croissance, inquiétudes dont témoignait la faiblesse des taux obligataires au milieu de 2019. Les évaluations actuelles ne tiennent pas entièrement compte de la baisse de 25 points de base prévue en 2020 et semblent indiquer que le Canada aura bientôt le taux directeur le plus élevé du G7.

Petite et ouverte, l’économie canadienne est particulièrement sensible à la croissance mondiale. Nous croyons donc que la BdC pourrait prendre des mesures accommodantes afin d’éviter l’appréciation du huard si la Fed décidait de baisser les taux encore davantage. Le prix des obligations à court et moyen terme nous semble attrayant, et nous croyons qu’il s’agit d’une bonne occasion d’immobiliser des rendements raisonnables pour les prochaines années. Les obligations protégées contre l’inflation sont une bonne solution de placement à long terme, au vu de la faiblesse pratiquement sans précédent des prévisions d’inflation au Canada. Une politique accommodante pourrait rehausser les attentes quant à la faiblesse de l’inflation.

Les obligations de sociétés n’offrent qu’un rendement marginalement supérieur à celui des obligations d’État. Par conséquent, nous continuons de privilégier une amélioration de la qualité du crédit et de la liquidité dans les portefeuilles obligataires. Les actions privilégiées constituent la seule exception à cette approche axée sur la qualité, puisqu’elles présentent les évaluations les plus intéressantes sur le marché canadien du crédit. Le pessimisme généralisé des investisseurs a créé une occasion d’immobiliser des rendements largement supérieurs à ceux qu’offrent les obligations de sociétés à long terme des mêmes émetteurs. Selon nous, les évaluations actuelles tiennent compte des préoccupations quant à l’incidence des faibles rendements sur le profil de trésorerie des actions à taux corrigé.

Europe et Royaume-Uni

Alastair Whitfield, Londres

Compte tenu de l’arrivée de la nouvelle présidente de la Banque centrale européenne et des mesures de stimulation importantes qui font office de cadeau de départ de l’ancien président, Mario Draghi, nous ne prévoyons aucun changement à la politique monétaire pendant un certain temps. La faiblesse persistante des données économiques pourrait justifier une baisse de taux additionnelle ou un prolongement des mesures d’assouplissement quantitatif.

Selon les attentes, les pays de la zone euro pourraient adopter des mesures de relance budgétaire afin de stimuler leurs économies respectives. Tout dépendra de l’appétit de chacun pour les mesures de stimulation et des restrictions budgétaires de la Commission européenne. Une pondération neutre des obligations d’État et une surpondération des titres de créance de sociétés européennes nous semblent appropriées.

Au Royaume-Uni, les perspectives dépendent principalement des résultats de l’élection générale et de la politique du prochain gouvernement en ce qui concerne la sortie de l’UE. Nous croyons que l’élection d’un gouvernement conservateur à courte majorité serait favorable pour le Brexit et l’économie en 2020. Un tel résultat pourrait entraîner une hausse de l’inflation et donc un resserrement de la politique monétaire. À l’inverse, l’élection d’un gouvernement travailliste accentuerait le risque d’un deuxième référendum sur le Brexit en 2020, ce qui causerait encore plus d’incertitude quant aux perspectives économiques.

La Banque d’Angleterre pourrait réduire les taux dans les prochains mois, mais, pour l’instant, nous maintenons une pondération neutre dans les obligations d’État du Royaume-Uni et conservons nos placements dans les titres de créance de sociétés et à court terme.

Asie

Chun-Him Tam, Singapour

L’économie chinoise devrait continuer de ralentir en 2020. Selon les prévisions générales de Bloomberg, le PIB devrait chuter sous les 6 %. Selon nous, les décideurs réagiront de la même façon que l’année dernière : ils oscilleront entre maintenir la dette du pays sous contrôle et mettre en place des mesures budgétaires et monétaires ciblées afin d’atténuer les risques de baisse.

Nous croyons que ce scénario prolongera l’embellie des valorisations des titres asiatiques à rendement élevé jusqu’en 2020 et nous maintenons la surpondération dans le secteur. Bien que les facteurs fondamentaux demeurent préoccupants et doivent être surveillés de près, les valorisations de ces titres seront comparables à celles de 2019, où leur rendement est intéressant par rapport aux titres de créance des marchés développés. Les investisseurs devraient toutefois s’attendre à ce que les manchettes et les périodes d’aversion pour le risque à l’échelle mondiale entraînent des pics de volatilité.

Selon nous, le risque spécifique des titres à revenu fixe asiatiques sera élevé. Nous privilégions donc un portefeuille bien diversifié. Notre philosophie de placement est de ne pas lutter contre les tendances fondamentales. Nous pouvons miser sur deux aspects. Au chapitre des pays, nous sommes prudents à l’égard de l’Inde, compte tenu de la croissance et de la situation budgétaire qui y sont problématiques. Au chapitre des secteurs, nous sommes prudents à l’égard des titres du secteur des marchandises, compte tenu des inquiétudes que suscite la croissance mondiale.

Compte tenu du stade avancé du cycle économique, la préservation du capital est essentielle. Nous privilégions donc les titres de qualité. Le créneau idéal parmi les titres asiatiques à rendement élevé est celui des titres de créance notés BB ou plus. Nous maintenons une pondération neutre dans les titres asiatiques de catégorie investissement.

Actions

Pour 2020, nous prévoyons des rendements boursiers et une croissance des bénéfices modérés. Les valorisations en Amérique du Nord ne sont pas extravagantes, et elles sont abordables en Europe et au Japon. En parallèle, nous croyons qu’une vigilance constante est de mise, compte tenu des défis particuliers et de la volatilité qui accompagnent le stade avancé du cycle économique. Sans espoir de retour à une forte croissance de l’économie et des bénéfices, nous tolérons moins les portefeuilles affichant une surpondération ou une pondération supérieure à celle de l’indice de référence. Nous recommandons plutôt le maintien d’une pondération neutre.

Ratios cours/bénéfice (C/B) des principaux indices boursiers
  Ratio C/B prévisionnel Moy. 10 ans
S&P 500 17,5x 15,1x
S&P de 600 sociétés à petite capitalisation 18,5x 18,0x
Indice composé S&P/TSX 14,8x 14,7x
STOXX Europe 600 14,6x 13,2x
Indice toutes les actions FTSE 12,9x 12,7x
Hang Seng 10,3x 11,1x
Indice composé de la Bourse de Shanghai 10,7x 11,4x
TOPIX 13,7x 13,6x

Nota : Les données représentent les ratios C/B fondées sur les prévisions générales des bénéfices de Bloomberg pour les 12 prochains mois.

Source : Bloomberg, données au 12 novembre 2019

États-Unis – Pondération neutre

Kelly Bogdanova, San Francisco

Après l’envolée de 2019, nous croyons que la patience sera de mise pour les investisseurs en 2020. Nos indicateurs clés donnent à penser que malgré les perturbations, l’expansion économique perdurera au fil du cycle économique, qui dure depuis 10 ans. La croissance mondiale pourrait également être freinée par des problèmes économiques structuraux en Chine et en Europe si les enjeux relatifs au commerce et aux tarifs ne se règlent pas.

Des signes anecdotiques montrent que les investisseurs institutionnels ont des attentes modérées quant à la croissance des bénéfices des sociétés du S&P 500 en 2020. Les prévisions générales optimistes des analystes du secteur ne traduisent pas encore entièrement cette opinion. Selon nous, les estimations générales quant à la croissance s’établiront à environ 5 %, ce qui correspond aux prévisions de RBC Marchés des Capitaux en ce qui a trait aux bénéfices des sociétés du S&P 500.

Une augmentation modeste des bénéfices et des revenus, combinée à une économie toujours en expansion, devrait être « suffisante » pour faire croître les cours boursiers américains en 2020. Les valorisations favorisent aussi le marché. Elles sont au-dessus de la moyenne, sans toutefois être déraisonnables, compte tenu des taux d’intérêt extrêmement bas et des valorisations démesurées enregistrées lors des deux derniers cycles haussiers. Nous croyons qu’une pondération neutre dans les actions américaines demeure appropriée.

Canada – Pondération neutre

Patrick McAllister, CFA, Toronto

Nous recommandons une pondération neutre des actions canadiennes. Les risques propres au marché intérieur, comme l’endettement élevé des ménages, la détérioration de l’accessibilité dans les principaux marchés du logement et la capacité insuffisante des pipelines de pétrole et de gaz, demeurent sous les projecteurs. Nous considérons que ces problèmes sont bien documentés et pris en compte dans les valorisations des industries les plus directement touchées.

Les titres des banques canadiennes se négocient légèrement au rabais par rapport à la valorisation de leur ratio cours-bénéfice moyen à long terme, ce qui nous semble approprié. En 2020, nous prévoyons une croissance des bénéfices dans le bas de la fourchette cible à moyen terme des banques, du fait des obstacles que représentent la faiblesse de la croissance économique et la hausse des provisions pour pertes sur créances. Nous sommes conscients que les pertes sur créances pourraient connaître une forte hausse si les perspectives économiques s’assombrissent, sachant que de nouvelles mesures comptables prescrivent une approche plus prospective.

Le contexte terne du secteur des marchandises et les problèmes d’accès au marché continuent de jeter de l’ombre sur les perspectives du secteur de l’énergie. Alors que les nouveaux projets de pipelines potentiels continuent d’être reportés, les producteurs d’énergie canadiens doivent composer avec l’appétit limité des investisseurs et le risque de décotes substantielles. L’avancée concrète du remplacement de la canalisation 3 et de l’expansion de Trans Mountain pourrait restaurer une certaine confiance, malgré les dates de mises en service prévues après 2020.

Europe et Royaume-Uni – Pondération neutre/Pondération neutre

Frédérique Carrier, Londres

Nous augmentons nos placements en actions européennes à une pondération neutre. Le ralentissement causé par les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine semble s’estomper, et l’économie s’approche d’un creux. Les obstacles de nature politique, comme l’arrivée d’un gouvernement populiste en Italie ou un Brexit brutal, ne se sont pas concrétisés. La stabilisation de la dynamique économique mondiale avantagerait la région, et nous remarquons que les rumeurs concernant la mise en place de mesures de stimulation budgétaire sont de plus en plus persistantes. Les valorisations sont raisonnables. Nous cherchons les occasions que présentent les sociétés bien gérées dotées de modèles de gestion robustes et de solides bilans, et dont les perspectives sont portées par des facteurs de croissance durables.

Le résultat des élections générales au Royaume-Uni peut encore changer le cours du Brexit. Si les conservateurs obtiennent la majorité au Parlement, les marchés financiers réagiront probablement de manière favorable à court terme : le Royaume-Uni quitterait l’UE de manière ordonnée à la fin de janvier 2020, et le gouvernement stimulerait probablement l’économie en augmentant les dépenses budgétaires et en baissant les taxes. Toutefois, à plus long terme, les modalités de la relation commerciale avec l’UE après la période de transition devront être établies. Si un accord de libre-échange n’est pas conclu d’ici décembre 2020, le Royaume-Uni pourrait être assujetti aux modalités défavorables de l’Organisation mondiale du commerce, conformément à l’accord de sortie.

À l’opposé, l’élection d’un gouvernement travailliste entraînerait un retour de l’incertitude et ouvrirait la porte à un deuxième référendum ainsi qu’à la mise en place de politiques de gauche.

Pour l’instant, tenant compte des valorisations intéressantes par rapport à cette incertitude, nous optons pour une pondération neutre dans les actions du Royaume-Uni, et pour une approche équilibrée en ce qui concerne les actions nationales et internationales.

Asie hors Japon et Japon – Pondération neutre/Surpondération

William Pau, Hong Kong

Les actions chinoises pourraient connaître une autre année riche en rebondissements en 2020, et les participants au marché chercheront des indices pour déterminer si le pays saura atténuer les risques de baisse. Beijing pourrait continuer d’appuyer l’économie au moyen des mesures suivantes : 1) réduction du ratio de réserves obligatoires, 2) baisse de taxes, 3) diminution des taux d’emprunt, 4) prise en pension de titres, 5) stimulation des secteurs les plus à risque et 6) accent sur les projets d’infrastructure. Les décideurs tenteront probablement d’éviter une baisse trop importante du taux de base des nouveaux prêts aux sociétés, puisque selon nous une trop longue prolongation du crédit pourrait exposer le secteur financier à des risques systémiques. En ce qui a trait à l’impasse des pourparlers commerciaux, il est possible qu’un accord complet ne soit conclu qu’à l’approche de l’élection présidentielle aux États-Unis.

La trajectoire de l’indice Hang Seng dépend largement de ce qui suit : 1) l’évolution des négociations commerciales et 2) la fin de l’agitation à Hong Kong. La ville est tombée en récession technique et les prochaines statistiques pourraient faire ressortir une décélération continue de son économie. Malgré la morosité, toute atténuation des tensions politiques pourrait créer des occasions, étant donné que le Hang Seng affiche un ratio cours-valeur comptable de seulement 1,19x et un ratio cours-bénéfices prévisionnels peu exigeant de 10,3x. Enfin, et surtout, le marché des PAPE de Hong Kong reprend de la vigueur et la tendance pourrait se poursuivre.

Concernant le Japon, nous prévoyons une croissance économique modeste en 2020 du fait de la hausse de la taxe à la consommation appliquée en octobre 2019. La politique monétaire devrait demeurer accommodante. Le gouvernement dispose de mesures de stimulation budgétaire additionnelles au cas où le recul de la consommation privée serait plus sérieux que ce que prévoient les économistes. Malgré les prévisions générales indiquant une bonne croissance des bénéfices en 2020, le Japon demeure l’un des marchés développés les plus sous-évalués. Nous continuons de recommander une surpondération pour les investisseurs ayant un horizon de placement d’au moins 12 mois.

Devises

Blaine Karbonik, CFA, Londres

Prévisions de 2020
Devises Valeurs
Indice du dollar américain 97,34
EUR/USD 1,12
USD/CAD 1,33
GBP/USD 1,30
USD/JPY 109

Sources : RBC Marchés des Capitaux, Bloomberg

Dollar américain – Toujours plus haut. Malgré le ton conciliant de la Fed, le dollar américain a continué de s’apprécier en 2019, porté par la demande accrue de valeurs refuges découlant des tensions commerciales et la résilience qu’affiche l’économie face au ralentissement de la croissance mondiale. Selon nous, même s’il est possible que la croissance économique des États-Unis ralentisse en 2020, tant que cela ne compromet pas le scénario d’expansion économique global, le dollar sera toujours soutenu.

Euro – Des problèmes croissants. La faiblesse de l’euro en 2019 découle du ralentissement de l’activité économique, qui continue d’être décevante. Après avoir offert un programme complet de mesures de relance, la Banque centrale européenne devrait maintenir le statu quo durant la majorité de 2020, limitant ainsi la pression baissière sur l’euro. Toutefois, les perspectives de croissance incertaines ne semblent pas indiquer un redressement important de l’euro pour l’instant. Par conséquent, nos perspectives demeurent neutres.

Dollar canadien – La diminution du soutien. Pour la première fois depuis 2015, la Banque du Canada a laissé entendre qu’elle pourrait adopter des mesures d’assouplissement, ce qui témoigne des préoccupations à l’égard du commerce et du ralentissement de la croissance mondiale. Cela pourrait entraîner une baisse de taux, mais le marché n’en montre rien encore. En l’absence du soutien qu’offre une dynamique de taux positifs, le dollar canadien pourrait se déprécier légèrement.

Livre sterling – Brexit ? La livre est toujours en deçà de son niveau préréférendaire et est à la merci des rebondissements du Brexit, tant en ce qui a trait à la sortie du Royaume-Uni de l’UE qu’à la relation commerciale future entre les deux parties. D’ailleurs, les modalités de cette relation n’ont pas encore été négociées. Compte tenu des multiples résultats possibles, de la dynamique économique faible et du statu quo temporaire de la Banque d’Angleterre, nous conservons une pondération neutre.

Yen – Perspective mondiale. Les inquiétudes à l’égard du ralentissement de l’économie mondiale ont poussé la Banque du Japon à adopter une orientation conciliante, et elle maintiendra sans doute sa politique extrêmement souple en 2020. Toutefois, des facteurs externes pourraient avoir une grande influence sur le yen. En effet, la demande des investisseurs japonais pour les actifs mondiaux non couverts à rendement élevé pourrait limiter les gains découlant de la demande de valeurs refuges.

Marchandises

Richard Tan, CFA, Toronto

Prévisions de 2020
Marchandises Valeurs
Pétrole (WTI, $/baril) 58 $
Gaz naturel ($/MBTU) 2,45 $
Cuivre ($/lb) 3,00 $
Or ($/once) 1 500 $
Soja ($/boisseau) 9,13 $
Blé ($/boisseau) 4,73 $

Sources : Prévisions de RBC Marchés des Capitaux (pétrole, gaz naturel, cuivre et or), prévisions générales de Bloomberg (soja et blé)

WTI – Fourchette étroite. Malgré les sursauts journaliers de 2019, RBC Marchés des Capitaux s’attend à ce que le baril de pétrole brut WTI se négocie entre 50 $ et 60 $ dans les 12 à 18 prochains mois, le prix étant limité par l’offre mondiale excédentaire et le ralentissement de la croissance de la demande. La réglementation de 2020 de l’Organisation maritime internationale doit entrer en vigueur au début janvier. Elle vise à réduire les émissions de sulfure dans l’eau de plus de 80 %.

Gaz naturel – Accumulation de stocks. La demande d’énergie propre continue d’offrir un contexte favorable au gaz naturel à long terme. Nous croyons toutefois que la hausse à court terme sera limitée par une accumulation de stocks supérieure à la moyenne. RBC Marchés des Capitaux prévoit que la production surpassera la demande jusqu’en 2021. En outre, la croissance de la demande pourrait être léthargique si l’économie chinoise ralentit encore davantage.

Cuivre – Surplus. Selon nous, l’incertitude liée au conflit commercial entre les États-Unis et la Chine et le ralentissement de l’activité manufacturière mondiale empêchent une reprise importante éventuelle du cuivre. Nous croyons aussi que les mesures monétaires et budgétaires de la Chine sont plus susceptibles de stabiliser la demande que de déclencher une nouvelle phase de croissance. Les données fondamentales liées à l’offre et à la demande laissent entrevoir un surplus jusqu’en 2021.

Or – Consolidation. L’or a gagné du terrain en 2019, les banques centrales ayant assoupli davantage leur politique monétaire. Nous prévoyons qu’elles seront désormais moins accommodantes. Le Brexit et la fin du conflit commercial entre les États-Unis et la Chine, ainsi que le moment où ces événements auront lieu, devraient avoir une influence importante sur l’or en 2020. La procédure de mise en accusation du président américain et le goût du risque des investisseurs pourraient aussi jouer un rôle.

Soja – Phase un. Le prix du soja est volatil depuis le début du conflit entre les États-Unis et la Chine au milieu de 2018. Le marché prévoit un accord commercial de « phase un », dans le cadre duquel la Chine reprendrait ses achats de produits agricoles américains. Les exportations américaines demeurent en deçà de leur niveau d’avant le conflit commercial, mais pourraient augmenter au début de 2020.

Blé – Sommet record. Le département américain de l’Agriculture a abaissé ses prévisions quant à la production mondiale pour 2019 et 2020 en raison de mauvaises conditions météorologiques et d’une baisse de la consommation. Les stocks finaux dans le monde ont atteint un sommet record de 288 millions de tonnes en octobre 2019, dont environ la moitié sont stockées en Chine.


Déclarations exigées

Ressources pour les recherches

Déclaration sur les analystes qui ne sont pas américains : Jim Allworth, Mark Bayko, Christopher Girdler, Patrick McAllister, Mikhial Pasic et Richard Tan, des employés de RBC Dominion valeurs mobilières Inc., société étrangère affiliée de RBC Gestion de patrimoine – États‑Unis ; Frédérique Carrier, Blaine Karbonik et Alastair Whitfield, des employés de RBC Europe Limited, société étrangère affiliée de RBC Gestion de patrimoine – États‑Unis ; William Pau, un employé de RBC Investment Services (Asia) Limited ; Chun-Him Tam, un employé de la succursale de Singapour de Banque Royale du Canada ; et Eric Lascelles, un employé de RBC Gestion mondiale d’actifs Inc., société affiliée de RBC Gestion de patrimoine – États‑Unis, ont participé à la préparation de la présente publication. Ces personnes ne sont ni inscrites ni qualifiées en tant qu’analystes de recherche auprès de l’organisme américain Financial Industry Regulatory Authority (« FINRA ») et, comme elles ne sont pas associées à RBC Gestion de patrimoine, elles pourraient ne pas être assujetties au règlement 2241 du FINRA régissant les communications avec les entreprises visées, les apparitions publiques et les opérations sur valeurs mobilières dans les comptes des analystes de recherche.