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Carmela Guerriero s’est rapidement fait inculquer la règle des 20 % liée aux finances.

Plus jeune, ses parents l’ont encouragée à déposer 20 % de chacun de ses chèques de paie dans un compte qui lui servirait à épargner et à investir pour l’avenir.

« J’ai dû mettre ce régime d’épargne automatique en place dès l’obtention de mon premier emploi, indique Mme Guerriero. J’ai appris les avantages de la composition dès mon jeune âge et je suis extrêmement reconnaissante que l’on m’ait transmis ce savoir. »

Mme Guerriero, qui agit maintenant à titre de vice-présidente régionale, RBC Gestion de patrimoine – Trust Royal – Québec, aide d’autres jeunes femmes et familles à se renseigner sur l’épargne, les dépenses et l’investissement pour l’avenir.

Elle indique qu’il est particulièrement important pour les femmes d’obtenir des conseils, car leurs besoins de placement peuvent grandement différer de ceux des hommes, surtout en raison de leurs rôles changeants dans la société.

Les femmes montrent non seulement une meilleure espérance de vie que les hommes (par conséquent leur épargne-retraite doit durer plus longtemps), mais un nombre croissant d’entre elles deviennent aussi le principal ou l’unique soutien de famille à l’heure actuelle.

Un nombre grandissant de femmes obtiennent un diplôme d’études collégiales ou universitaires et de plus en plus d’entre elles fondent une entreprise par rapport aux années précédentes. Chaque réalisation est assortie de besoins en planification financière qui lui sont propres. Les mères ou les grand-mères de ces femmes avaient peut-être aussi des besoins différents à la même étape de leur vie il y a de cela bien des années.

Bon nombre de femmes se marient également plus tard, si toutefois elles se marient. Elles doivent donc subvenir elles-mêmes à leurs besoins financiers et non compter sur un conjoint pour partager les dépenses.

Selon Mme Guerriero, trop peu de femmes établissent un plan visant à accroître et à protéger leur patrimoine, et ce, malgré l’existence de ces nouvelles réalités financières contemporaines.

« Si les femmes considèrent qu’il est important d’avoir une carrière, une famille et une retraite confortable, elles doivent rencontrer un conseiller de confiance et définir les prochaines mesures à prendre, indique-t-elle. Elles doivent amorcer ce processus dès leur jeune âge. Plus elles commencent tôt, mieux c’est. »

Par où commencer ?

Quand une femme vient la voir pour la première fois, Abby Kassar lui donne en général un conseil bien connu, mais trop peu souvent suivi.

« Ce n’est pas votre salaire qui compte, mais bien la façon dont vous le gérez », affirme Mme Kassar, vice-présidente, Services de planification, Clientèle fortunée, RBC Gestion de patrimoine.

Il s’agit d’un sage conseil pour toute jeune femme – ou tout jeune homme – qui cherche à acquérir de saines habitudes financières.

« Si elles apprennent tôt de bons comportements en matière de gestion de trésorerie, elles bénéficieront d’assises solides lorsque leur vie se complexifiera plus tard », soutient Mme Kassar.

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Selon Mme Kassar, les femmes excellent dans la planification. Elles pourraient toutefois être intimidées — comme certains hommes — par la quantité astronomique de renseignements financiers disponibles, en particulier si leur carrière touche divers domaines.

« Il importe que les femmes comprennent bien les actifs qu’elles détiennent et qu’elles prévoient recevoir. Elles doivent également travailler avec des conseillers de confiance qui peuvent leur offrir les ressources requises pour acquérir des connaissances financières », soutient Mme Kassar.

Cette compréhension porte sur l’épargne et l’investissement, mais aussi sur les produits d’assurance vie, maladie et prestations du vivant ainsi que sur l’établissement d’un plan successoral pour protéger leur avenir financier et celui de leurs êtres chers. Les jeunes ont particulièrement tendance à reporter la souscription de polices d’assurance ou encore la rédaction de leur testament, car ils croient qu’ils n’en auront pas besoin avant bien longtemps.

Selon Mme Kassar, « la plupart des jeunes ne se préoccupent pas de ces aspects, qui revêtent de l’importance dès l’âge adulte ».

Commencez tôt et faites le bilan de votre situation financière en cours de route

Leanne Kaufman, chef, Trust Royal, RBC Gestion de patrimoine, s’est intéressée tôt aux services bancaires.

Mme Kaufman se rappelle avoir joué, étant enfant, avec les anciens chéquiers de ses parents.

« Je faisais semblant de gérer ma propre entreprise. Je tirais des chèques à mon nom et je demandais à mes parents de les signer », se remémore-t-elle en riant.

Même si c’était pour rire, cet apprentissage précoce de la tenue de livres et de l’équilibrage de chéquier a suscité chez Mme Kaufman un vif intérêt pour l’épargne et les dépenses.

« La frugalité était au centre de tout. Mes parents ont grandi dans un contexte où rien n’était gaspillé », affirme-t-elle.

Ses parents ont également veillé à ce qu’elle commence à épargner tôt. Ils lui ont notamment fait établir, dès ses 18 ans, un régime enregistré d’épargne-retraite (REER) à l’aide des gains découlant de ses emplois à temps partiel.

Il peut être capital d’épargner et d’investir tôt pour assurer sa réussite financière à long terme, mais Mme Kaufman insiste sur l’importance de revoir votre plan financier chaque fois qu’un changement survient dans votre vie.

« Vous ne pouvez pas établir votre plan, puis ne plus y toucher pour l’éternité, indique Mme Kaufman.

« Il survient dans la vie des événements qui vous obligent à réévaluer votre plan, notamment un changement de carrière, un mariage ou encore l’arrivée d’un enfant.

Il peut aussi s’agir du cas d’une femme qui divorce et qui doit s’ajuster au coût plus élevé associé au fait de vivre seule. Elle devra s’assurer que son plan de gestion de patrimoine lui procure le revenu nécessaire au maintien de son mode de vie.

De plus en plus de femmes choisissent de vivre seules à différentes étapes de leur vie, sans ressentir le besoin de se fier à un conjoint pour obtenir du soutien financier.

« Il existe de nos jours beaucoup plus de moyens pour une femme de devenir indépendante », souligne Mme Kaufman.

Elle dit qu’une équipe formée d’un bon planificateur financier, d’un comptable, d’un avocat et d’autres professionnels en gestion de patrimoine peut aider les femmes à accroître et à protéger leur épargne-retraite en veillant à garder le cap sur leurs objectifs si leur situation change.

Susannah Musselman, vice-présidente, Spécialistes de la planification financière, Services de gestion de patrimoine RBC, affirme regretter de ne pas avoir épargné davantage quand elle était plus jeune. Elle aurait pu bénéficier d’un coussin financier plus important lorsqu’elle a cessé de travailler pour avoir des enfants.

« Je conseillerais aux jeunes femmes d’aujourd’hui de cotiser le plus d’argent possible dans un REER, indique Mme Musselman. Ce régime peut se révéler un outil très efficace, pas seulement à la retraite, mais aussi tout au long de votre vie. Vous pouvez y emprunter des fonds pour effectuer des versements hypothécaires ou encore pour contribuer au Régime d’encouragement à l’éducation permanente, qui vise à payer les frais liés à des études ou une formation à temps plein pour votre conjoint ou pour vous-même. Il constitue un excellent fonds d’urgence », soutient-elle.

Mme Musselman recommande souvent aux femmes de diversifier leurs placements en vue d’accroître leur épargne-retraite.

« Il importe de comprendre le rôle que jouent divers types de placement dans une stratégie globale, indique-t-elle. Vous voulez vous assurer qu’ils vous procurent un revenu net d’impôt suffisant pour que vous n’épuisiez pas les fonds de votre vivant. »

Vous devez naturellement, en cours de route, mettre davantage d’argent de côté dans des instruments de placement fiscalement avantageux comme un REER ou un compte d’épargne libre d’impôt.

Cela signifie aussi que vous devez vivre selon vos moyens.

Mme Musselman a indiqué que de nombreux clients pour qui elle avait établi le budget étaient surpris de leur taux de dépenses.

« Dès que vous savez où va votre argent, vous pouvez ensuite prendre des décisions plus éclairées quant à son utilisation », affirme-t-elle.

Réservez une part pour les dons de bienfaisance

De nombreuses femmes veulent aussi tirer parti de leur patrimoine pour redonner aux autres. Selon des données de Statistique Canada, les femmes sont plus susceptibles que les hommes d’effectuer des dons de bienfaisance, en particulier à des organismes religieux ou à des causes liées aux soins de santé.

Mme Guerriero apprend à sa jeune fille à montrer plus de générosité et elle lui inculque l’importance d’épargner tôt.

Elle a donné à sa fille trois bocaux dans lesquels cette dernière doit répartir son argent de poche chaque semaine ; un bocal pour l’épargne, un pour les dépenses et l’autre pour les dons de bienfaisance.

« Ma fille décide la part de son argent de poche qui va dans chaque bocal, mais elle doit en mettre dans les trois », dit Mme Guerriero.

Mme Guerriero est reconnaissante pour les connaissances liées à l’argent qu’elle a acquises lorsqu’elle était une jeune femme. Elle espère que sa fille prônera plus tard les mêmes valeurs qu’elle en matière d’épargne, de dépenses et de partage de patrimoine.