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Le monde du travail est en mutation au Canada — et partout à travers le monde. Si vous faisiez partie de la population active canadienne depuis un certain temps déjà, les chances sont excellentes que vous avez été témoin de changements remarquables dans la nature et les modalités de travail au cours des années. Aussi, selon l’industrie ou le type de travail, ces perturbations ont pu être plus prononcées au cours de la dernière décennie en particulier, du fait des changements démographiques et des avancées rapides au plan technologique.

Du seul point de vue de leur poids démographique, la génération du millénaire (les personnes nées entre 1980 et 1993 approximativement) sont devenus la génération la plus nombreuse au sein de la population active en 2014, selon Statistique Canada. Depuis, la représentation des travailleurs de ce groupe d’âge n’a cessé d’augmenter d’année en année.1,2 Bien que cette évolution importante de la population soit un des facteurs clés des transformations observées dans le marché du travail du Canada (à l’instar des fluctuations économiques), les avancées aux plans de la technologie et de l’automatisation ont été — et continuent d’être —les principaux vecteurs de changement, en créant des impacts sans précédent, non seulement sur les types et le nombre d’emplois existants, mais plus encore sur les compétences nécessaires pour assumer ces rôles.

Le rythme récent et actuel des progrès technologiques et numériques ne laisse entrevoir aucun signe d’essoufflement, et la voie à venir pourrait en être une de perturbations importantes du marché du travail au Canada. Plusieurs en viennent à se demander comment on pourrait mieux préparer les générations plus jeunes pour faire face à ces perturbations et comment mieux outiller les enfants, les adolescents et les jeunes adultes avec les compétences nécessaires pour le futur du travail.

Comprendre les transformations du marché du travail

Selon des prévisions publiées par Emploi et Développement social Canada (EDSC), il est estimé qu’environ 2,4 millions nouveaux emplois seront créés entre 2018 et 2021.3 Bien qu’il s’agisse, au plan holistique, d’un chiffre prometteur, il importe d’analyser davantage en profondeur et d’examiner les répercussions qu’entraîneront les avancées technologiques et numériques de même que les changements socioéconomiques sur ces emplois et sur les compétences qui seront alors nécessaires.

Pour en arriver à une meilleure compréhension de ces aspects et afin de déterminer comment on pourrait mieux aider les plus jeunes générations alors qu’elles s’apprêtent à occuper les emplois de demain, RBC a récemment mené un des projets de compilation de données sur la population active les plus ambitieux au Canada pour en produire un rapport des plus révélateurs, Humains recherchés – Facteurs de réussite pour les jeunes Canadiens à l’ère des grandes perturbations. Dans le cadre de ce projet ayant nécessité une année entière, des chercheurs ont discuté avec des étudiants, des jeunes travailleurs, des éducateurs, des responsables de politiques publiques et des employeurs de tous les secteurs au pays. Ils ont aussi procédé à des évaluations approfondies de plus de 300 emplois et 20 000 compétences ainsi que des 2,4 millions d’emplois à pourvoir au cours des années à venir, afin de déterminer les répercussions que pourront avoir la technologie et d’autres facteurs de perturbation et les solutions qui pourraient exister.

Les impacts de l’automatisation

Une des principales conclusions mises en évidence dans le rapport Humains recherchés est qu’au cours de la prochaine décennie, la moitié des emplois feront l’objet de perturbations à divers degrés à cause de la technologie et de l’automatisation, certains emplois faisant face à des changements importants ou nécessitant de nouvelles aptitudes alors que d’autres seront tout simplement éliminés.

Bien que, depuis un certain temps déjà, la technologie a eu des répercussions sur certaines tâches et comment elles sont effectuées — songez au secteur de la fabrication et au travail sur une chaîne de montage, par exemple — les avancées technologiques et la mise en œuvre de l’intelligence artificielle créent des changements majeurs dans tous les secteurs et toutes les industries, et ce, à un degré jamais vu auparavant et pour lesquels plusieurs ne sont tout simplement pas préparés.

L’accélération de ces changements fait aussi en sorte qu’il est difficile de prédire le profil émergent des emplois au cours des décennies à venir. Dans le cadre du rapport Humains recherchés, des conclusions suggèrent qu’étant donné cette imprévisibilité, les exigences des emplois devront être revues et réévaluées, de même que la manière dont les étudiants se préparent pour leurs années actives. En d’autres mots, plutôt que des aptitudes et une formation traditionnelles axées sur des emplois spécifiques, l’emphase devra porter sur le développement d’aptitudes humaines, plus particulièrement sur l’esprit critique, la communication, la collaboration, la perspicacité sociale, la résolution de problèmes et la prise de décision. Les cadres éducatifs et de la formation à l’emploi privilégiant une structure davantage axée sur les aptitudes, les jeunes seront ainsi davantage en mesure de transiter avec succès d’un secteur à l’autre et d’une carrière à l’autre au fur et à mesure que les besoins, la technologie et les exigences des emplois le nécessiteront.

L’éducation, les facteurs spécifiques aux emplois et le développement de compétences

Lorsqu’il s’agit de la relation entre éducation et travail, les statistiques démontrent que le niveau de scolarisation joue un rôle important pour ce qui est d’obtenir un emploi dans le futur. En effet, le taux d’emploi pour les personnes âgées de 25 à 44 ans et détenant un diplôme postsecondaire ou universitaire avoisinant les 90 pour cent (le taux d’emploi pour les diplômés du secondaire étant d’un peu moins de 75 pour cent). 4

En même temps, il est aussi important de reconnaître que dans un marché du travail en transformation, plusieurs jeunes éprouvent de plus en plus de difficultés à se trouver un emploi gratifiant, et ce, peu importe leur niveau de scolarisation. De tous les groupes d’âge, le taux de chômage demeure le plus élevé chez les 15 à 24 ans, et les statistiques indiquent aussi que plusieurs des diplômés d’aujourd’hui sont sous-employés. 5 En fait, selon Statistique Canada un quart des diplômés du postsecondaire se retrouvent dans des emplois pour lesquels ils sont surqualifiés et ils prévoient que 15 pour cent des diplômés récents accepteront un travail dans le secteur du commerce de détail ou dans la restauration, des emplois qui ne représentent que 8 pour cent du marché du travail et qui sont plus enclins à subir l’automatisation. 6

Selon les données du rapport, il existe des aptitudes de base communes à de nombreux emplois (même dans des champs différents). En transitant vers des apprentissages et une formation davantage axés sur les aptitudes, il va sans dire que les plus jeunes et ceux qui viennent d’entreprendre leur carrière seront mieux outillés pour assumer une kyrielle plus étendue de rôles et jouiront de plus de flexibilité dans leur trajectoire d’emploi, et ce, peu importe le profil du marché du travail.

Ce qui importe donc est de trouver des façons afin de s’assurer que les étudiants et les jeunes auront accès aux outils et ressources qui leur seront nécessaires de la part des systèmes d’éducation, des organisations commerciales et des programmes gouvernementaux, afin de s’adapter et de se préparer adéquatement à cette ère nouvelle.

Points de vue des générations plus jeunes

Au début de 2018, le gouvernement du Canada a lancé un dialogue national, dans le cadre d’une initiative de consultation auprès de plus de 10 000 jeunes Canadiens, afin de commencer à développer la première politique jeunesse nationale. Les commentaires et les conclusions tirées de ces consultations ont fait l’objet d’un rapport intitulé Ce que nous avons entendu, et il en ressort que l’éducation et l’emploi sont deux des principales priorités des jeunes partout au Canada. Le rapport mentionne aussi que « Les participants ont exprimé une bonne dose d’inquiétude et de pessimisme quant à l’étendue des perspectives économiques qui s’offrent aux jeunes. D’un point de vue quantitatif, ils sont préoccupés par le nombre d’emplois disponibles pour eux. La qualité des emplois est également un sujet de préoccupation, de nombreux participants ayant évoqué des difficultés – actuelles ou anticipées – à couvrir des dépenses comme le loyer ou le remboursement des prêts d’études, tout en travaillant dans le cadre de l’“économie à la demande” précaire et en croissance au Canada. » (L’« économie à la demande » est un marché du travail caractérisé par la prévalence de contrats à court terme ou de travail à la pige par opposition à des emplois permanents.)

Ce rapport mentionne aussi que « Certains participants sont d’avis que les étudiants profiteraient d’un “alignement” plus étroit des programmes d’études sur les besoins du marché du travail, par exemple grâce à des possibilités accrues d’apprentissage par l’expérience (enseignement coopératif, stages, programmes d’apprentissage, placements en milieu de travail, programmes d’emploi d’été, mentorat d’entrepreneuriat et d’affaires) ». 7

Renseignez-vous davantage sur le rapport Ce que nous avons entendu et la politique jeunesse du gouvernement du Canada.

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Se préparer activement au futur du travail

Pour appuyer et outiller les plus jeunes en vue de ce monde du travail en mutation, plusieurs institutions d’enseignement canadiennes ont commencé à combler les lacunes pressenties en offrant, par exemple, des opportunités d’apprentissage intégrant un enseignement coopératif et des stages en milieu de travail. Certaines cherchent également à innover dans les programmes qui sont présentement disponibles. Toutefois, comme le résume le rapport Humains recherchés, il y a encore beaucoup à faire pour aider les étudiants à se préparer adéquatement à une économie basée sur les aptitudes et à bien comprendre ces aptitudes et comment celles-ci pourront s’appliquer dans le monde du travail de demain.

Le gouvernement du Canada a aussi récemment lancé Compétences futures, une initiative accompagnée d’un investissement de 225 millions $ sur quatre ans et de 75 millions $ par la suite afin d’accomplir les mandats suivants :

  • d’examiner les grandes tendances qui auront une incidence sur l’économie, à l’échelle nationale et régionale, et sur les travailleurs;
  • de cerner les compétences émergentes qui sont recherchées aujourd’hui et qui le seront à l’avenir;
  • d’élaborer, de mettre à l’essai et d’évaluer des approches novatrices d’acquisition de compétences;
  • de communiquer les résultats et les pratiques exemplaires aux secteurs public, privé et à but non lucratif, pour favoriser l’adoption à grande échelle d’approches novatrices partout au Canada 8

Ce plan comporte également un Conseil des compétences futures et un Centre des compétences futures, et il a été annoncé tout récemment en février de cette année que l’Université Ryerson de Toronto, Ontario, avait été choisie afin de mener des projets pour cette initiative.

Pour en apprendre davantage sur Compétences futures.

Lancement d’Objectif avenir RBC

Consciente du besoin de libérer et de stimuler le potentiel des jeunes Canadiens à un moment de changements rapides, RBC a initié en 2017 son engagement le plus important depuis toujours en matière d’enjeux sociaux avec Objectif avenir RBC, un investissement de 500 millions $ sur 10 ans visant à préparer les jeunes pour les emplois de demain.

Objectif avenir RBC a pour but d’aider les jeunes Canadiens à combler trois lacunes importantes qui les pénalisent : le manque d’expérience, le manque d’aptitudes pertinentes et le manque de réseaux professionnels. Pour y arriver, Objectif avenir RBC recherche activement des partenariats avec des sociétés et des organisations en plus de collaborer avec le gouvernement et des institutions d’enseignement afin de faciliter l’accès à des expériences d’apprentissage fondées sur l’intégration au marché du travail, de développer des compétences polyvalentes chez les jeunes et de les aider à accroître leurs réseaux.

En tant qu’organisation, RBC est résolue à contribuer à la réussite de ses clients et à la prospérité des collectivités. Objectif avenir RBC est une autre manifestation de sa raison d’être et crée une occasion de réaliser un changement important et positif en travaillant en collaboration avec des jeunes et des partenaires qui veulent améliorer leur sort.

Pour plus d’information sur Objectif avenir RBC.

Agir

Chez les étudiants et les jeunes Canadiens, la question de conscientisation est tellement importante, et c’est là que les parents, grands-parents et autres proches peuvent jouer un rôle crucial. Si votre famille comptait des membres plus jeunes, songez à prendre des mesures proactives afin de les aider à identifier quelles ressources et quelles aides sont disponibles pour effectuer des recherches sur les types de programmes éducatifs ou programmes d’apprentissage intégrés au milieu du travail existent pour les carrières qui pourraient les intéresser, ou encore sur les opportunités d’apprentissage à l’échelle internationale susceptibles de les aider à se doter d’aptitudes concurrentielles au plan mondial.

Apprenez-en davantage sur la gamme de services et d’initiatives destinés aux jeunes Canadiens, incluant des opportunités d’apprentissage, la formation pour le travail, la recherche d’emploi, la gestion financière et comment contribuer à votre collectivité.

Aux niveaux local, régional et national, le Canada foisonne de bons exemples d’étapes cruciales prises dans la bonne direction. On doit maintenant s’assurer que ces efforts se poursuivent à un rythme suffisamment rapide et que le besoin d’éducation et de développement de carrières est satisfait, de façon à ce que les jeunes Canadiens se dotent des compétences et de la flexibilité nécessaires pour naviguer avec succès dans un milieu du travail en profonde et rapide mutation, et ce, maintenant et dans le futur.

Références :
  1. CANADIAN BUSINESS. Millennials are now the biggest generation in the Canadian workforce, [En ligne]. https://www.canadianbusiness.com/innovation/the-millennial-majority-workforce/ [Anglais] (Consulté le 11 mars 2019).
  2. STATISTIQUE CANADA. Caractéristiques de la population active selon le sexe et le groupe d'âge détaillé, données annuelles (x 1 000), [En ligne].
    https://www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/fr/tv.action?pid=1410001801&request_locale=fr (Consulté le 11 mars 2019).
  3. EMPLOI ET DÉVELOPPEMENT SOCIAL CANADA. Telle que validée par Emploi et Développement social Canada, une citation provenant du rapport Humains recherchés de RBC Banque Royale, 2018. [En ligne]. https://www.canada.ca/fr/emploi-developpement-social.html (Consulté le 11 mars 2019).
  4. STATISTIQUE CANADA. Caractéristiques de la population active selon le niveau de scolarité atteint, données mensuelles non désaisonnalisées, [En ligne]. https://www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/fr/tv.action?pid=1410001901&pickMembers%5B0%5D=1.1&pickMembers%5B1%5D=2.10&pickMembers%5B2%5D=4.1&pickMembers%5B3%5D=5.4&request_locale=fr (Consulté le 11 mars 2019).
  5. STATISTIQUE CANADA. À la recherche d'un emploi au Canada, 2017, Date de diffusion : 11 mai 2018. [En ligne]. https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/11-627-m/11-627-m2018015-fra.htm (Consulté le 11 mars 2019).
  6. RBC BANQUE ROYALE. Humains recherchés : Facteurs de réussite pour les jeunes Canadiens à l’ère des grandes perturbations, 2018, [En ligne].
    https://decouverte.rbcbanqueroyale.com/humains-recherches-facteurs-de-reussite-pour-les-jeunes-canadiens-lere-des-grandes-perturbations/ (Consulté le 11 mars 2019).
  7. GOUVERNEMENT DU CANADA. Élaborer une politique jeunesse pour le Canada - Ce que nous avons entendu, [En ligne]. https://www.canada.ca/fr/jeunesse/organisation/transparence/ce-que-nous-avons-entendu.html (Consulté le 11 mars 2019).
  8. GOUVERNEMENT DU CANADA. Compétences futures, [En ligne] https://www.canada.ca/fr/emploi-developpement-social/programmes/competences-futures.html (Consulté le 11 mars 2019).