woman exercising in page

La vie au Canada est non seulement belle, mais elle s’allonge aussi. Grâce aux progrès de la médecine et à une plus grande prise de conscience d’un mode de vie sain, la moyenne de l’espérance de vie d’un Canadien né en 2013 est de 82 ans, comparativement à 77 ans en 1990 et à 69 ans en 1951, selon un rapport du Bureau de l’actuaire en chef du Canada.

Bien qu’il s’agisse manifestement d’une bonne nouvelle, la soi-disant « augmentation de la longévité » qui s’installe dans les pays développés exerce une pression sur les systèmes financiers et les économies, et les gens cherchent à savoir comment épargner, vivre et transférer leur patrimoine sur un plus grand nombre d’années de vie.

Le fait de pouvoir vivre plus longtemps signifie qu’il vous faut mettre plus de fonds de côté en prévision de vos années de retraite ; cela pourrait faire reporter le moment du transfert de votre patrimoine à la prochaine génération de votre vivant et modifier le montant que vous souhaitez transférer. La succession d’une personne âgée de 75 ans faisant l’objet d’un transfert sera probablement plus importante que si la durée de vie de la personne se prolonge à 100 ans ou plus. Cela est d’autant plus vrai que les frais liés aux soins de santé, notamment les coûts liés aux soins de longue durée ou aux soins à domicile, ont tendance à augmenter lorsque les gens sont à des étapes plus avancées de leur vie.

« Les gens doivent connaître les types de transfert de patrimoine qu’ils mettent en place de leur vivant »,” dit Leanne Kaufman, chef, Successions et fiducies RBC, RBC Gestion de patrimoine.

« Une personne qui, tôt trop, fait don d’une bonne partie de son patrimoine pourrait, malgré ses bonnes intentions, ne pas disposer de suffisamment de fonds pour prendre soin d’elle-même, surtout si elle finit par se retrouver dans un établissement de soins de longue durée. Elle pourrait manquer d’argent. »

Pensez d’abord à vous

Cela peut sembler égoïste pour certains et difficile à réaliser pour plusieurs, mais en matière de planification successorale, les gens doivent d’abord penser à eux-mêmes, explique Mme Deborah Jacobs, avocate, journaliste et auteur du livre Estate Planning Smarts.

« Vous devriez répondre à vos propres besoins financiers avant de songer à faire don de votre argent à d’autres », dit-elle. « Aucun de nous ne sait combien de temps il ou elle vivra ». Nous devons donc établir notre budget comme si nous vivrons jusqu’au moment que prévoit notre espérance de vie. »

Contacter un conseiller expérimenté
Vous n'avez pas de conseiller RBC et vous souhaitez en trouver un ? Laissez nous vous connecter avec l'un d'eux.

Les personnes retraitées devraient aussi se sentir en droit de vivre jusqu’à un âge avancé, dit Mme Jacobs.

« Les gens gagnent durement leur argent et veulent en profiter. Nous voulons bien évidemment laisser un patrimoine à nos enfants, mais je pense qu’il est important de ne pas non plus se couper l’herbe sous les pieds, » ajoute-t-elle.

Les personnes retraitées doivent aussi se protéger contre les imprévus, en tenant notamment compte des fluctuations inévitables du marché boursier et du contexte persistant des bas taux d’intérêt. La récente volatilité des marchés mondiaux, combinée aux bas taux d’intérêt, a réduit les rendements des retraités qui pensent vivre du produit de leurs portefeuilles de placement.

Mme Jacobs indique que les conditions boursières actuelles mettent en exergue l’importance de mettre suffisamment d’argent de côté pour pouvoir vivre confortablement, en particulier sur le court et le moyen terme, avant d’en donner. 

Elle ajoute que « même un portefeuille diversifié peut ne pas être fiable, ce qui laisse à bien d’entre nous un certain degré d’incertitude. » Elle recommande aux retraités de conserver les actifs desquels ils auront besoin de tirer un revenu au cours des cinq prochaines années pour « réduire leur niveau d’anxiété » à la retraite et surmonter les difficultés économiques.

Dons de votre vivant

Mme Jacobs indique que lorsque vient le moment de donner des actifs, plusieurs parents choisissent d’aider leurs enfants à assumer les coûts de logement (mise de fonds pour l’achat d’une maison, éducation des enfants ou des petits-enfants), ou encore d’offrir une aide financière en période de crise (perte d’un emploi ou d’un conjoint).

« Les gens tendent à être plus généreux de ces façons », ajoute-t-elle.

D’autres choisissent aussi d’aider les enfants qui se retrouvent coincés dans ce qu’on appelle la « génération sandwich » qui fait référence aux gens qui prennent à la fois soin de jeunes enfants et de parents vieillissants.

« De nombreuses raisons expliquent pourquoi des personnes voudraient, de leur vivant, transférer des actifs à leurs enfants ou à une autre génération » dit Mme Kaufman de RBC, faisant référence à plusieurs des personnes qui se fient aux fiducies pour distribuer leur richesse de leur vivant et après leur décès.

« Les fiducies sont un excellent moyen de distribuer un patrimoine. Elles peuvent être prescriptives ou permissives, accordant à vos fiduciaires le niveau de discrétion souhaité, » ajoute-t-elle.

« Elles peuvent, à l’étape de leur élaboration, être constituées de façon à être très personnalisées et à offrir une grande souplesse. » Elle avertit cependant que les fiducies deviennent pas mal moins flexibles une fois qu’elles sont mises en place. « Ainsi donc, à moins de contenir des dispositions modifiables, les clients doivent savoir que les fiduciaires peuvent très difficilement œuvrer en dehors des modalités établies », indique-t-elle.

Douglas Gray, coauteur du livre The Canadian Guide to Will and Estate Planning, présente diverses stratégies pouvant aider les retraités à faire durer plus longtemps leurs économies. Ces stratégies incluent différents types de fiducies et de produits d’assurance. « Il existe tant de différentes stratégies à considérer », dit M. Gray. « L’essentiel est de connaître les options qui s’offrent à vous et d’utiliser judicieusement votre argent pour qu’il dure le long de votre vie ... sans oublier que vous pouvez le dépenser comme bon vous semble. »

Avoir une vue d’ensemble

Pour faire durer leur patrimoine, Mme Kaufman recommande aux personnes retraitées de consulter un professionnel pouvant les conseiller sur la meilleure façon de distribuer leurs actifs grâce à une analyse de l’ensemble de la répartition de leurs actifs et de leurs objectifs. « Un conseiller peut aider une personne qui effectue un don de son vivant à voir si elle ne met pas en péril sa santé financière, surtout, si elle a une bonne espérance de vie », indique Mme Kaufman.

Elle recommande aussi d’établir une procuration pour permettre à une autre personne désignée de gérer les fonds, advenant l’inaptitude du propriétaire des fonds à assumer la gestion de ses fonds. La procuration devrait être accordée à une personne fiable qui vit à proximité et peut minimiser d’éventuels conflits familiaux. Si aucun ami ou membre de la famille correspondant à ce profil ne peut agir en votre nom, vous pourriez vouloir désigner un professionnel indépendant comme mandataire en cas d’inaptitude.

Il est aussi important de revoir régulièrement votre testament et les bénéficiaires désignés pour tenir compte des changements importants dans votre vie, comme la naissance d’autres petits-enfants, un divorce ou un remariage, ou encore la perte d’un membre de la famille. « Vous devez revoir votre plan successoral lorsque survient un changement important dans votre vie », indique Mme Kaufman.

C’est la meilleure façon de vous assurer que les actifs durement acquis sont à l’abri et accessibles aux personnes qui en auraient besoin à l’avenir.