Businesswoman check data in smartphone and tablet

Les marchés boursiers du monde entier ont atteint la limite supérieure de leurs dernières fourchettes, et l’indice S&P 500 est très près d’un nouveau sommet historique. Les actions ont gagné du terrain en raison des progrès réalisés vers un mini-accord commercial entre les États-Unis et la Chine, du dénouement en vue de la crise du Brexit et du début satisfaisant de la période de publication des résultats du troisième trimestre.

Nous nous attendons d’ailleurs à ce que la période de publication apporte d’autres surprises positives. Toutefois, les perspectives du trimestre et de la croissance des bénéfices pour 2019 et 2020 demeurent moroses. L’économie américaine et les autres économies du monde ont selon nous plus de défis à relever, notamment sur le plan des échanges commerciaux.

Tant que la croissance des bénéfices des sociétés et d’autres indicateurs économiques demeurera modeste, nous sommes à l’aise avec une pondération neutre des actions dans les portefeuilles.

Les estimations de 2020 semblent encore trop élevées, et celles de 2019 pourraient être trop basses
Les prévisions générales de croissance du bénéfice par action du S&P 500 de mai 2018 à aujourd’hui
tepid growth chart 1

Estimation consensuelle pour 2020

Estimation consensuelle pour 2019

Prévisions de RBC Marchés des Capitaux : 165 $ pour 2019 et 174 $ pour 2020

Sources : RBC Gestion de patrimoine, système I/B/E/S de Refinitiv ; données hebdomadaires du 1er mai 2018 au 17 octobre 2019

Pas de récession imminente

Tout s’est bien déroulé jusqu’à présent durant les premières phases de la période de publication des résultats du troisième trimestre aux États-Unis.

Certaines grandes banques, comme JPMorgan Chase, Bank of America, U.S. Bancorp et Citigroup, ont inscrit de bons rendements trimestriels. De notre point de vue, si l’économie se trouvait véritablement au bord d’une récession, JPMorgan n’aurait pas pu dégager une forte croissance dans presque tous les segments, et son chef de la direction n’aurait pas affirmé que le consommateur « demeure très solide ».

UnitedHealth Group, l’une des cibles privilégiées par les politiciens qui prônent le « régime Medicare pour tous », a fortement surpassé les prévisions générales et revu à la hausse ses prévisions pour 2019. Johnson & Johnson a connu de fortes ventes dans ses principaux segments.

Ces résultats, et d’autres aussi, ont fait passer les prévisions consensuelles de croissance des bénéfices au troisième trimestre de l’indice S&P 500 de 3,2 % au début de la période de publication des résultats à 2,9 %, selon les données du système I/B/E/S de Refinitiv. La croissance des revenus au troisième trimestre s’établit à 3,2 % sur 12 mois, soit le taux le plus bas en trois ans.

Près de 83 % des entreprises ayant publié leurs résultats jusqu’à présent ont dépassé les prévisions générales des bénéfices.

Prévisions de revenus – risque de baisse
Croissance des revenus du S&P 500 (sur 12 mois) – données réelles en gris ; estimation consensuelle en bleu
tepid growth chart 2

Si 2020 est marquée par une croissance du PIB inférieureà la moyenne, les estimations consensuelles des revenus sont probablement trop élevées.

Sources : RBC Gestion de patrimoine, système I/B/E/S de Refinitiv ; données au 17 octobre 2019

Quels sont les facteurs qui plombent la croissance des bénéfices ?

À notre avis, à mesure que d’autres bénéfices supérieurs aux attentes sont annoncés, la croissance des bénéfices au troisième trimestre reviendra en territoire positif, mais à peine. Trois facteurs importants restreignent en effet les profits :

  • Le secteur de l’énergie pèse lourd. La diminution de 19 % sur 12 mois des prix du pétrole brut durant le trimestre a donné lieu à des conditions d’exploitation difficiles. Nous nous attendons à ce que le secteur de l’énergie réduise de deux points de pourcentage la croissance des bénéfices du S&P 500, et ce, même s’il ne représente que 4,3 % de l’indice. Il s’agit d’un revirement par rapport à l’année dernière, où le secteur avait ajouté quatre points de pourcentage aux profits de l’indice S&P 500.
  • Les marges du secteur technologique sont au ralenti. En raison de l’arrivée à maturité d’entreprises importantes, de la loi des grands nombres et des cycles de produits, notre correspondant national de recherche s’attend à une contraction des marges de certaines entreprises de technologie à grande capitalisation. À notre avis, cette situation n’est pas alarmante et ne marque pas un point d’inflexion important. Elle reflète simplement le cycle de vie naturel de l’industrie. La croissance des bénéfices du secteur technologique devrait demeurer robuste.
  • Et toujours la même rengaine. La croissance économique anémique à l’échelle mondiale et les zones de faiblesse dans les économies nationales sont également des facteurs. Nous nous attendons à des résultats inférieurs aux prévisions de la part de certaines sociétés cycliques de renom exposées aux marchés étrangers dans les secteurs des produits industriels et des matières, et même dans le secteur des technologies. Certains détaillants nationaux pourraient également trébucher. Et ce serait bien normal dans un contexte économique imparfait. Certains de ces facteurs qui nuisent à la croissance des bénéfices découlent du différend commercial entre les États-Unis et la Chine ; d’autres facteurs sont plutôt attribuables à des problèmes économiques structuraux en Europe et en Chine. Même si le mini-accord commercial entre les États-Unis et la Chine est conclu comme prévu, les contrecoups de crise commerciale seront toujours ressentis puisque les tarifs douaniers seront toujours en vigueur.

Perspectives de bénéfices des sociétés : sous le signe de la morosité

RBC Marchés des Capitaux prévoit une croissance des bénéfices du S&P 500 d’à peine 2,0 % sur 12 mois, ce qui correspond à 165 $ par action. Les prévisions consensuelles sont inférieures à ce niveau, soit 163 $ par action.

Pour 2020, les perspectives modestes de RBC Marchés des Capitaux prévoient un bénéfice par action de 174 $ (croissance de 5,5 % sur 12 mois), ce qui est bien en deçà des prévisions consensuelles de 181 $. Nous trouvons du réconfort dans le fait que les investisseurs institutionnels font largement fi des prévisions consensuelles optimistes et qu’ils s’attendent à des bénéfices d’au moins quelques dollars sous les 181 $ en 2020.

À notre avis, les estimations consensuelles de 2020 en matière de revenus et de bénéfices devraient encore diminuer durant la période de publication des résultats du troisième trimestre, à mesure que les équipes de direction annoncent les prévisions pour l’année à venir ; cette tendance devrait se poursuivre au cours des prochains mois, durant les conférences des secteurs et pendant la période de publication des résultats du quatrième trimestre.

Dans l’hypothèse où les économies nationales et mondiales demeurent fermes, nous pensons que même une croissance faible des bénéfices permettra aux États-Unis et à d’autres marchés boursiers importants de progresser légèrement.


Déclarations exigées

Ressources pour les recherches