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Par Tasneem Azim-Khan, CFA

Au moment de la rédaction, le nombre de cas de COVID-19 dans le monde dépassait deux millions. La nature inédite de cette crise, ses répercussions sur les vies humaines et l’inconnu dans lequel elle plonge l’économie et le marché peuvent être inquiétants. Du point de vue de la médecine et de l’économie, le manque de préparation des pays à une éventuelle pandémie mondiale est indiscutable. Or, malgré l’incertitude qui semble insurmontable, nous savons que cette situation, comme toute chose, aura une fin.

La question n’est donc pas de savoir si elle finira un jour, mais bien quand. La réponse à cette dernière question dépend grandement du succès de la distanciation physique à l’échelle mondiale pour contenir la propagation et permettre aux systèmes de santé du monde de traiter les personnes gravement atteintes. Un autre facteur important est la mise au point de traitements médicamenteux et de vaccins, et à ce chapitre, les perspectives sont prometteuses. Plus précisément, les organisations de soins de santé, les laboratoires de recherche et les scientifiques du monde entier n’ont actuellement qu’un objectif : trouver un traitement et un vaccin contre la COVID-19. La vitesse à laquelle les ressources ont été mobilisées pour faire avancer la recherche sur un traitement, l’importance de la coordination et de la collaboration entre professionnels de la santé et l’échange d’information entre les États relèvent du jamais-vu. Lorsque ces lignes ont été écrites, 614 essais cliniques sur des traitements contre la COVID-19 et 78 programmes de mise au point de vaccins étaient en cours.

Le présent article est un tour d’horizon des médicaments et des vaccins actuellement à l’étude. Notons que le but de cet article n’est pas de recommander l’achat de titres des sociétés dont un produit est en phase d’essai clinique. Le but est plutôt de faire connaître les résultats importants de la recherche sur la COVID-19 qui, selon nous, justifient un peu d’optimisme malgré la vague constante de mauvaises nouvelles. Dans les annexes, nous avons inclus quelques exemples de coordination internationale à l’échelle du secteur des soins de santé.

Traitements versus vaccins : le sprint versus le marathon

Il est important de distinguer entre « traitements » et « vaccins ». Les traitements, ou médicaments, sont administrés aux personnes qui sont déjà malades, et les traitements faisant l’objet d’un essai thérapeutique sont administrés aux personnes qui sont déjà très malades. L’effet souhaité des médicaments est de retarder ou de traiter l’infection et de soulager les personnes infectées.

Les vaccins, eux, sont administrés de façon proactive aux personnes en bonne santé pour stimuler leur système immunitaire de sorte qu’il produise des anticorps qui les protégeront en cas d’exposition au virus. Un médicament contre la COVID-19 serait donc administré à des milliers de patients très malades, alors qu’un vaccin serait administré à des centaines de millions (sinon des milliards) de personnes en bonne santé aux quatre coins du globe. Un vaccin doit être sûr et efficace pour être lancé sur le marché mondial. Il n’existe aucun moyen de se soustraire à ces exigences.

Les vaccins font partie des plus grandes réalisations du domaine de la santé publique, mais leur histoire n’est pas sans controverses. À la fin des années 1960, des bébés et des tout-petits qui avaient été vaccinés contre le virus respiratoire syncytial ont eu des effets indésirables graves, dont une forte fièvre, une respiration sifflante et une pneumonie, lorsqu’ils ont été exposés au virus de type sauvage.

La mise au point d’un nouveau vaccin comportera toujours des risques. Plus on prendra des raccourcis importants, moins le vaccin sera sûr. Selon le scénario le plus optimiste des experts et des articles scientifiques, un vaccin aura été mis au point dans un an.

Or, en plus d’accélérer le processus scientifique, il faut accélérer le processus de fabrication. Les chaînes d’approvisionnement doivent donc être équipées pour produire une grande quantité de vaccins. Par ailleurs, un vaccin n’est efficace que s’il est accepté du public. Autrement dit, un vaccin ne peut maîtriser une éclosion que si suffisamment de personnes le reçoivent et si l’immunité collective est atteinte. Même si la vaccination était obligatoire, le respect d’une telle mesure, particulièrement dans le contexte d’une crise de santé publique, ne va pas de soi. N’oublions pas qu’une part considérable de la société croit fermement que les vaccins sont inutiles, voire nocifs. Cela étant dit, le temps d’arrêt imposé au monde entier par la COVID-19 entraînera peut-être un changement de point de vue.

Quelques vaccins actuellement à l’étude :

Malgré la complexité de la mise au point d’un vaccin et le temps nécessaire à la réalisation d’une telle entreprise, plus de 75 vaccins sont actuellement en phase précoce de mise au point. Voici quelques exemples.

  • Moderna (MRNA) : Ce programme de mise au point de vaccin est probablement celui qui a reçu le plus d’attention. MRNA, une société de biotechnologie qui met au point des vaccins et des traitements, a déjà commencé à administrer un vaccin expérimental contre la COVID-19 à des patients. Tout récemment, Anthony Fauci, directeur du National Institute of Allergy and Infectious Diseases, a affirmé que la mise au point du vaccin était sur la bonne voie. Le protocole des essais cliniques exige que le vaccin soit administré en trois doses à des volontaires humains. Les deux premières doses ont été testées, et la troisième, une dose forte, sera testée pour déterminer si elle provoque des effets indésirables. Selon la société, même si le processus de mise au point du vaccin a été accéléré et même si son utilisation est approuvée, il ne pourra être offert à grande échelle que dans 12 à 18 mois.
  • Johnson & Johnson (JNJ) : La plus grande société pharmaceutique du monde a été l’une des premières à annoncer le lancement de son programme de mise au point d’un vaccin contre la COVID-19. JNJ affirme que son vaccin pourrait être utilisé pour la vaccination d’urgence dès le début de l’an prochain et que sa fabrication est amorcée. L’entreprise prévoit commencer les essais chez l’humain d’ici septembre. JNJ a l’intention d’offrir son vaccin « à prix abordable » pour la vaccination d’urgence en cas de pandémie. La société travaille à la mise au point d’un vaccin depuis janvier en partenariat avec la Biomedical Advanced Research and Development Authority (BARDA), une division du département de la Santé et des Services sociaux des États-Unis. Les membres du partenariat se sont engagés à verser un milliard de dollars pour la mise au point d’un vaccin.
  • Pfizer (PFE) et BioNTech (BNTX) : BNTX est une société de biotechnologie allemande spécialisée en vaccins. À la mi-mars, PFE a annoncé la signature d’une lettre d’intention avec BNTX concernant la mise au point et la distribution conjointes d’un vaccin anti-coronavirus visant à prévenir l’infection par la COVID-19. Ce nouveau partenariat reprend les fondements d’une entente de 2018 relative à la mise au point conjointe d’un vaccin contre la grippe. La nouvelle entente couvre la mise au point et la commercialisation conjointes (hors Chine) visant à accélérer la création du vaccin de BNTX contre la COVID-19. Les essais commenceront à la fin du mois d’avril aux États-Unis et en Europe. Les partenaires ont également annoncé leur projet d’expansion de la capacité de fabrication pour permettre la production de millions de doses de vaccin en 2020 et faire passer la production à des centaines de millions de doses en 2021.
  • Sanofi (SNY) : SNY collabore avec Translate Bio (TBIO) à la mise au point d’un vaccin contre la COVID-19. L’objectif est de commencer les essais sur le vaccin d’ici la fin de l’année et d’obtenir son homologation d’ici le second semestre de l’an prochain. Parallèlement, SNY a annoncé en février qu’elle collaborait avec la BARDA à la mise au point d’un autre type de vaccin contre la maladie.
  • Vaccin antituberculeux et COVID-19 : Une étude préliminaire dont le compte rendu a été publié sur medRxiv, site Web réservé aux données de recherches médicales non publiées, a révélé l’existence d’une corrélation entre les pays où la vaccination contre le bacille de Calmette et Guérin (BCG, ou tuberculose) est exigée et ceux où le nombre de cas confirmés de COVID-19 et le nombre de décès des suites de cette maladie sont inférieurs. Bien qu’une corrélation ne constitue pas une relation de cause à effet, des médecins d’au moins six pays mènent actuellement des essais sur l’administration du vaccin BCG auprès de professionnels de la santé et de personnes âgées pour déterminer s’il offre une certaine protection contre la nouvelle maladie à coronavirus. L’essai a été amorcé quand on a constaté que certains pays, dont le Japon et la Corée du Sud, qui ont adopté une politique de vaccination universelle au moyen du vaccin BCG, ont mieux réussi que les autres à maîtriser la maladie sans avoir recours au confinement national. Les principaux acteurs du segment des vaccins BCG comprennent Merck (MRK) et SNY.

Comme il a été mentionné plus haut, même si une liste exhaustive de vaccins était mise à l’essai, il faudrait quand même au moins un an pour qu’un des candidats soit offert à grande échelle. Un an peut sembler extrêmement long dans le contexte du confinement national et des consignes strictes sur la distanciation physique. Il est toutefois possible qu’un traitement soit mis au point avant un vaccin et que ce traitement puisse soulager les symptômes des personnes gravement atteintes, voire guérir la maladie.

Quelques médicaments actuellement à l’étude :

Voici quelques-uns des médicaments contre la COVID-19 qui sont actuellement à l’étude. Cette liste n’est absolument pas exhaustive.

  • Le remdesivir, de Gilead (GILD) : À l’origine, ce médicament a été mis au point pour traiter la maladie à virus Ebola au cours de l’éclosion de 2014 à 2016. Bien que d’autres médicaments aient ultimement été utilisés, l’OMS a affirmé que le remdesivir était le candidat le plus prometteur pour traiter la maladie d’ici l’obtention d’un vaccin. Bien que la Chine ait récemment abandonné son projet d’essai en raison du faible nombre d’inscriptions découlant du ralentissement de la propagation du virus dans la région, les essais se poursuivent aux États-Unis. Gilead devrait avoir recueilli les premières données de son essai sur l’administration de ce médicament à des patients gravement atteints à la fin du mois d’avril, et les données d’un essai mené chez des patients présentant des symptômes d’intensité modérée, d’ici le mois de mai. En outre, des rapports de la BBC révèlent que le gouvernement du Royaume-Uni a permis l’accélération des programmes d’essai. Deux essais seront menés au Royaume-Uni : un chez des patients qui présentent des symptômes d’intensité modérée, et l’autre chez des patients gravement malades. Dans le cadre d’études sur les cultures de cellules de souris et d’humains, cet antiviral s’est révélé prometteur pour ce qui est d’inhiber les virus qui causent le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) et le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (SRMO), des coronavirus tout comme le virus à l’origine de la COVID-19.
  • Hydroxychloroquine et chloroquine (produites par Mylan [MYL], Teva [TEVA], Novartis [NVS] et Sanofi) : Le 29 mars, la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis a émis une autorisation visant l’administration aux cas graves de COVID-19 de l’hydroxychloroquine et de la chloroquine, médicaments utilisés depuis des décennies pour traiter la malaria. La FDA a autorisé le don de ces médicaments à la réserve nationale stratégique pour qu’ils puissent être distribués et prescrits par des médecins à des adolescents et des adultes hospitalisés en raison de la COVID-19, au besoin, en l’absence d’essai clinique auquel ces patients pourraient participer. L’organisme a déjà permis à l’État de New York de tester l’administration de ces médicaments à des patients gravement atteints. Certains hôpitaux l’ont même ajouté à leur protocole de traitement. Les scientifiques notent toutefois le manque de données sur l’efficacité de ces médicaments dans le traitement de l’infection par un coronavirus et craignent que les patients qui en ont besoin pour traiter d’autres maladies graves en soient privés. Les premières données tirées d’une étude menée à l’Université de Wuhan ont révélé que l’utilisation de l’hydroxychloroquine réduisait la durée de la toux, de la fièvre et de la pneumonie. De plus, la maladie semblait moins susceptible d’évoluer vers un état grave chez les patients qui recevaient ce médicament, comparativement à ceux du groupe témoin qui ne le recevaient pas. Les auteurs du compte rendu de cette étude affirment que ce médicament est prometteur, mais qu’il faut plus de recherches pour préciser son mode d’action dans le traitement de la maladie à coronavirus et déterminer la meilleure façon de l’utiliser. En revanche, dans le cadre d’une étude récemment menée en France, des médecins se sont penchés sur les dossiers médicaux de 181 patients atteints de la COVID-19 qui ont eu une pneumonie et qui ont dû recevoir de l’oxygène d’appoint. Près de la moitié de ces patients avaient pris de l’hydroxychloroquine au cours des 48 heures suivant leur admission à l’hôpital ; l’autre moitié n’avait pas reçu ce médicament. Le suivi des patients par les médecins n’a pas révélé de différence statistiquement significative entre les deux groupes pour ce qui est du nombre de décès et de la probabilité de l’admission à l’unité des soins intensifs. Cette étude a également soulevé des préoccupations importantes relatives à l’innocuité du médicament. Par exemple, huit patients qui ont reçu le médicament ont présenté un rythme cardiaque anormal et ont dû arrêter de le prendre. Dans le même ordre d’idées, des médecins en Suède et au Brésil ont émis des avertissements concernant des effets indésirables semblables associés à l’utilisation de la chloroquine.
  • Kaletra, d’AbbVie (ABBV) : Ce médicament est en fait un traitement associatif, c’est-à-dire qu’il est composé de deux médicaments : le lopinavir et le ritonavir. Il est produit par AbbVie pour le traitement de l’infection par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH). À la mi-mars, par suite d’un essai clinique mené auprès de 199 patients, les chercheurs ont conclu à l’échec de ce médicament sur toute la ligne. Il n’a permis ni d’atténuer les symptômes cliniques ni de prolonger la vie des patients hospitalisés gravement atteints de la COVID-19. Quoi qu’il en soit, ce médicament pourrait être efficace s’il est instauré dès l’apparition des symptômes, avant que l’atteinte devienne grave. Chez les patients qui avaient reçu Kaletra plus tôt que les autres, la mortalité était moins élevée. Selon un article publié dans le Financial Times, ABBV, qui souhaite ardemment faire entrer Kaletra dans la course au traitement, renonce aux droits internationaux conférés par le brevet de toutes les préparations de ce traitement contre l’infection par le VIH dont l’efficacité dans le traitement des cas graves de COVID-19 est actuellement à l’étude dans le cadre de plusieurs essais. Cette décision a été prise suivant l’annonce de la pénurie de plusieurs médicaments à l’étude dans le traitement de la COVID-19.
  • Actemra : Ce médicament produit par Roche (RHHBY) a déjà été approuvé en Chine pour le traitement des patients atteints de la COVID-19 chez qui des lésions pulmonaires graves sont apparues. Actemra est principalement utilisé pour le traitement de la polyarthrite rhumatoïde, mais la FDA a récemment approuvé son administration dans le cadre d’un essai de phase 3 (l’essai COVACTA) chez des patients gravement atteints de la COVID-19 qui ont été hospitalisés en raison d’une pneumonie. Roche s’est également engagée à fournir 10 000 fioles d’Actemra à la réserve nationale stratégique des États-Unis en vue d’une utilisation future.
  • Sarilumab : Ce médicament, également connu sous le nom de marque Kevzara, a été approuvé par la FDA en 2017 pour le traitement de la polyarthrite rhumatoïde. Le sarilumab a été mis au point conjointement par Sanofi et Regeneron (REGN). Il s’agit d’un anticorps qui peut favoriser la suppression de la réponse immunitaire dont les effets sont si désastreux chez les patients atteints de la COVID-19. Ces sociétés ont amorcé un essai de phase 2/3 en Italie, en Espagne, en Allemagne, en France, au Japon, au Canada et en Russie. SNY et REGN évaluent actuellement l’efficacité de ce médicament chez les patients gravement atteints qui sont hospitalisés. SNY dirige les essais menés à l’extérieur des États-Unis, et REGN gère ceux qui sont menés aux États-Unis. Environ 300 patients devraient être inscrits aux essais menés en Europe, selon les données de la société.
  • Avigan : Également désigné par son nom générique, favirpiravir, Avigan est produit au Japon par une filiale de Fujifilm. La société a entrepris des essais cliniques de phase 3 pour évaluer l’efficacité de ce médicament antigrippal dans le traitement des patients atteints de la COVID-19, suivant l’obtention de résultats prometteurs en Chine. Les résultats des essais menés en Chine suggèrent qu’Avigan pourrait jouer un rôle dans la réduction du temps de guérison des patients infectés par la nouvelle maladie à coronavirus. L’essai sera mené auprès de 100 patients jusqu’à la fin du mois de juin, selon la société. Fujifilm procède à l’expansion de la capacité de fabrication à son usine de Toyoma pour accélérer la production d’Avigan. En outre, la société a créé des partenariats stratégiques avec des entreprises japonaises et étrangères afin de s’approvisionner en matières premières pour produire le médicament. Grâce à cette expansion, Fujifilm vise la production d’une quantité suffisante de médicaments pour 100 000 traitements au moyen d’Avigan dès juillet – 3,5 fois la production du mois de mars – et une quantité suffisante de médicaments pour 300 000 traitements d’ici septembre. Selon la société, le gouvernement japonais aura droit à une quantité suffisante de médicaments pour deux millions de traitements pour sa réserve nationale stratégique. La discussion avec les gouvernements d’autres pays est en cours pour augmenter l’approvisionnement.

Un essai clinique est un projet colossal. La patience est de mise étant donné le temps nécessaire à l’inscription des patients, au déroulement de l’essai et à l’interprétation des résultats. Fait important, les essais qui ont le plus de poids sont ceux qui sont menés auprès d’une population de taille considérable et qui peuvent donner des résultats statistiquement significatifs. Il est important de noter que des traitements efficaces contre la maladie à virus Ebola ont été découverts après la réalisation d’essais cliniques de 2014 à 2015 dans des pays pauvres, ravagés par des conflits et dépourvus d’infrastructures de santé dignes de ce nom. Bien que l’épidémie de maladie à virus Ebola ne se soit pas transformée en pandémie, les ressources et les infrastructures sanitaires et technologiques du monde sont beaucoup plus pointues aujourd’hui qu’elles ne l’étaient il y a six ans.

Il va sans dire que face aux tragédies quotidiennes et au flux incessant de mauvaises nouvelles, il est difficile de garder le cap sur l’avenir au lieu de sombrer dans le présent. Nous sommes cependant rassurés par l’ardeur dont font preuve les organisations de soins de santé du monde entier dans leur recherche d’un traitement, d’un vaccin, ou des deux, et par l’hypercollaboration et la coordination inédites auxquelles nous assistons à l’heure actuelle. Pour cette raison, nous choisissons de faire preuve d’un optimisme prudent tout en gardant nos distances, bien entendu.


Annexe I : Essai SOLIDARITY

L’essai multinational SOLIDARITY, qui porte bien son nom, visera à évaluer quatre traitements possibles contre la COVID-19. L’objectif des chercheurs de cet essai coordonné par l’OMS est d’inscrire des milliers de patients partout dans le monde. Les pays participants sont l’Argentine, Bahreïn, le Brésil, le Canada, la France, l’Allemagne, l’Indonésie, l’Iran, la Norvège, le Pérou, le Qatar, l’Afrique du Sud, l’Espagne, la Suisse et la Thaïlande.

Étant donné qu’aucun vaccin ne verra le jour avant au moins un an, le but de l’essai SOLIDARITY est de trouver le plus vite possible des traitements contre la COVID-19 pour réduire les conséquences de la maladie. Si l’essai est une réussite, les médecins du monde auront finalement accès à des données probantes qui leur permettront de choisir les médicaments qui conviennent, et surtout d’exclure ceux qui ne conviennent pas, pour traiter les patients ayant des symptômes graves de la COVID-19.

Après l’éclosion de la maladie à virus Ebola en Afrique de l’Ouest en 2014, l’OMS a été critiquée pour le temps qu’elle a mis à agir. Aussi a-t-elle créé le « projet R&D » pour que le monde soit mieux préparé en cas d’éclosion future. L’objectif du projet R&D est d’accélérer la mise au point de médicaments et de vaccins en cas d’éclosions graves et soudaines, comme celle de la COVID-19.

Sur les 614 essais cliniques en cours, plusieurs sont de petite envergure et visent à évaluer un nombre aléatoire d’agents différents (anticorps ou vaccins). Certains essais ont eu des conséquences négatives inattendues. Par exemple, une étude de très petite envergure (24 patients) menée par des médecins français sur l’efficacité possible de l’hydroxychloroquine en association avec l’azithromycine (un antibiotique) chez les patients ayant des symptômes graves de COVID-19 a été citée dans un gazouillis de la Maison-Blanche portant à croire que ce médicament allait changer la donne. De nombreux scientifiques ont toutefois relevé des lacunes dans la méthodologie de cette étude. Par suite de ce gazouillis, une fièvre d’achat, des pénuries de médicaments et même des décès attribuables à l’automédication à la chloroquine – un médicament semblable à l’hydroxychloroquine, mais plus toxique que celui-ci – se sont généralisés. Une dose inadéquate peut causer un coma, des crises épileptiques et même être fatale. Les pénuries ont des conséquences pour les patients atteints de la COVID-19 chez qui ce traitement pourrait être envisagé, mais également chez les patients atteints d’autres maladies dont la chloroquine est un des principaux traitements (p. ex., le lupus et la polyarthrite rhumatoïde).

Les essais comme SOLIDARITY sont essentiels puisqu’ils sont menés auprès d’une population nombreuse, ce qui permet d’en tirer des conclusions statistiquement significatives. Les données tirées de cet essai seront recueillies et transmises à l’OMS, où elles seront regroupées avec d’autres données recueillies à l’échelle mondiale, puis interprétées. L’essai est conçu de telle sorte qu’il est possible d’y ajouter des médicaments en cas de nouveaux candidats prometteurs. La durée de l’essai dépendra ultimement du degré d’efficacité (ou d’inefficacité) des traitements à l’étude et du nombre de patients inscrits.

Annexe II : COVID-19 Therapeutics Accelerator

Un consortium de sociétés du domaine des sciences de la vie a annoncé son intention de collaborer à la mise au point et à la fabrication de vaccins et de traitements contre la COVID-19 et de tests diagnostics en réponse à la pandémie de la nouvelle maladie à coronavirus. Ce consortium, appelé « COVID-19 Therapeutics Accelerator », a été créé récemment par la Bill and Melinda Gates Foundation en collaboration avec Wellcome (œuvre de bienfaisance dans le domaine de la recherche dont le siège social se trouve à Londres, au Royaume-Uni) et MasterCard. L’objectif est de réunir les ressources et les connaissances mondiales pour accélérer les activités de recherche et développement dans la lutte contre la pandémie. Le consortium travaille en tandem avec l’OMS, des gouvernements nationaux, des secteurs d’affaires et des organisations pour offrir des résultats de bout en bout, de la phase de mise au point des médicaments jusqu’à l’intensification des procédés de fabrication, en veillant à ce que les produits soient accessibles et abordables pour les personnes dont les ressources sont limitées.

Les fondateurs ont injecté 125 millions de dollars dans le fonds. Tout récemment, la Chan Zuckerberg Initiative, fondation philanthropique établie par la Dre Priscilla Chan et son époux, Mark Zuckerberg, cofondateur de Facebook, a fait un don de 25 millions de dollars au consortium Therapeutics Accelerator.

Les sociétés pharmaceutiques participantes comprennent Eli Lilly (LLY), GlaxoSmithKline (GSK), Johnson & Johnson, Merck, Novartis, Pfizer et Sanofi.


Déclarations exigées

Ressources pour les recherches

Déclaration sur les analystes qui ne sont pas américains : Tasneem Azim-Khan, une employée de RBC Dominion valeurs mobilières Inc., société étrangère affiliée de RBC Wealth Management – États-Unis, a participé à la préparation de cette publication. Cette personne n’est ni inscrite ni qualifiée en tant qu’analyste de recherche auprès de l’organisme américain Financial Industry Regulatory Authority (« FINRA ») et, comme elle n’est pas associée à RBC Gestion de patrimoine, elle pourrait ne pas être assujettie au règlement 2241 de la FINRA régissant les communications avec les entreprises visées, les apparitions publiques et les opérations sur valeurs mobilières dans les comptes des analystes de recherche.