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Étant donné qu’on compte quelque 86 000 organismes de bienfaisance enregistrés au Canada et vu l’existence de plusieurs méthodes pour donner et de plusieurs types de dons, les options offertes aux Canadiens en matière de bienfaisance ne manquent pas.1 Et peu importe où, par quels moyens ou combien d’individus donnent, la majorité des Canadiens ont des valeurs caritatives et donnent d’une façon ou d’une autre. En fait, un sondage d’opinion publique a révélé que 82 pour cent des Canadiens étaient d’avis que les organismes de bienfaisance étaient importants et un sondage administré en 2018 par Ipsos a également conclu que sept Canadiens sur dix avaient effectué un don à un organisme de bienfaisance au cours de la dernière année.2,3

D’un point de vue financier, cela se traduit, selon les données de Statistique Canada de 2017, par un total de dons de 9,6 milliards $ déclarés par les contribuables canadiens dans leur déclaration de revenus, comparativement aux 8,9 milliards $ déclarés en 2016. Mais curieusement, alors que le montant total des dons s’est accru au cours de l’année, le nombre de donateurs a légèrement diminué, une tendance observée depuis 2011.4 Des conclusions similaires sont aussi tirées de la publication The Giving Report (2018). Celle-ci révèle que même si le Canada a connu une croissance démographique annuelle de 2006 à 2016, et même si les Canadiens ont donné un montant total plus élevé durant cette période, les gens en moyenne donnent de moins en moins, si l’on se fie aux déclarations de revenus des contribuables. Des statistiques comme celles-ci peuvent aussi indiquer que moins de donateurs réclament leurs dons sur leurs déclarations de revenus ou que leurs dons se font de façons différentes.5

Tendances en matière de dons de bienfaisance

Les Canadiens tendent généralement à être plus spontanés dans leurs dons, la majorité d’entre eux effectuent leurs dons en réponse à une sollicitation (par exemple, qu’il s’agisse d’une campagne postale ou en ligne ou d’un appel à la générosité des citoyens suite à une tragédie ou une catastrophe naturelle). Les Canadiens donnent aussi en appui à un événement, une activité ou une cause (comme la participation à un dîner de bienfaisance, une contribution à la mémoire de quelqu’un, un don au travail ou par l’entremise de solliciteurs dans des endroits publics).6 La saison des Fêtes connaît aussi un pic en matière de dons, quelque 30 pour cent des dons étant effectués chaque année en décembre.7

Et lorsqu’il s’agit du « qui » des donateurs d’un point de vue démographique, les personnes âgées de 65 et plus représentent le segment de donateurs le plus important avec plus de 40 pour cent du total des dons effectués, et également le montant moyen de dons le plus élevé de 2 500 $, comparativement à la moyenne nationale d’un peu plus de 750 $.8

Une des tendances les plus marquées dans le secteur caritatif canadien au cours des dernières années est la migration croissante aux dons en ligne, et ce, particulièrement chez les plus jeunes générations. De toutes les méthodes de dons, les Canadiens milléniaux et ceux de la génération X (nés respectivement entre 1980 et 1993 et entre 1960 et 1979) préfèrent donner de manière moins traditionnelle (comme les dons en ligne) et sont plus enclins à participer à un sociofinancement.9 Les dons en ligne sont aussi plus présents grâce à la prolifération de différents canaux comme les sites Internet de consommateurs ou de magasinage, qui comportent un volet de sollicitation de dons ou d’options comme un don faisant suite à un achat, et les sites Internet de sociofinancement, qui gagnent en popularité.

Les médias sociaux sont aussi un autre moteur important des tendances en matière de dons en ligne. C’est un environnement facile et rapide pour recueillir des appuis et entrer en communication avec des personnes qui pourraient partager les mêmes croyances et engagements envers une cause. Lorsqu’il s’agit de dons par l’entremise de médias sociaux, selon un récent sondage Ipsos, environ deux Canadiens sur dix ont fait un don à un organisme de bienfaisance en réponse à une demande reçue sur leur compte de médias sociaux, et ici encore, ce sont les plus jeunes générations qui sont les plus enclines à faire ce type de dons.10

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Il est également important de reconnaître l’impact de la demande croissante de dons émanant du sociofinancement et des médias sociaux sur certains organismes de bienfaisance traditionnels, étant donné que plusieurs dons que ces organismes auraient autrement reçus sont maintenant dirigés vers ces nouveaux types de sources (qui pourraient ne pas être des organismes de bienfaisance admissibles).

Qu’est-ce que le sociofinancement ?

Il s’agit d’une pratique consistant à financer un projet, une initiative ou un besoin en recueillant des fonds d’un grand nombre de personnes, et ce, typiquement en ligne. Rappelez-vous toutefois qu’à moins de faire un don à une campagne de sociofinancement commanditée par un organisme de bienfaisance enregistré au Canada, que vous ne pourrez recevoir un reçu d’impôt pour don de bienfaisance. Aussi, étant donné la structure du sociofinancement, il n’y a généralement aucune obligation de rendre compte de l’utilisation ou de la façon dont les fonds sont utilisés ou sont rapportés au donateur.

Où se concentrent les dons des Canadiens ?

Chez les Canadiens, les cinq domaines ou causes qui attirent le plus de dons sont les services sociaux, la santé, les causes d’intérêt public, la religion et l’éducation. The Giving Report (2018) souligne qu’en ce qui concerne les endroits où les Canadiens font des dons, la divergence est de mise, ces cinq premières catégories ont reçu chacune plus de 19 pour cent du nombre de dons. Alors que les cinq dernières catégories reçoivent chacune moins de 10 pour cent (le total excède 100 pour cent étant donné principalement que certains dons peuvent référer à plus d’une catégorie, p. ex. un don pour l’éducation en santé).11

La recherche révèle aussi que les donateurs tendent à diriger leurs dons vers diverses causes, trois quarts des donateurs faisant un don à plus d’une cause, alors que presque un quart appuie de quatre à cinq organismes de bienfaisance.12 Bien que plusieurs puissent considérer qu’il s’agit d’une façon efficace d’appuyer plusieurs organismes ou causes qu’ils ont à cœur, on pourrait aussi se questionner à savoir si une telle approche ne dilue pas l’impact que leurs dons pourraient avoir.

Les motivations pour donner

Lorsqu’on approfondit le « pourquoi » des dons, les principales motivations des Canadiens comprennent la compassion envers ceux et celles qui sont dans le besoin, l’engagement personnel envers une cause, le désir de contribuer à la collectivité ou le fait d’être personnellement touché par une cause.13

En général, faire un don, dans toutes ses formes, est quelque chose qui procure un sens d’accomplissement chez la plupart des Canadiens ou qui les aide, eux et leur famille, à faire une différence en contribuant à des causes qu’ils ont à cœur.

Peu importe où vous et votre famille vous situez en termes de tendances, de niveaux ou de types de dons, le « pourquoi » est un aspect important sur lequel vous devriez vous pencher. En effet, réfléchir à ses motivations et ses intentions potentielles philanthropiques pourra vous aider à mieux définir vos croyances et vos valeurs. Celles-ci pourront alors être intégrées dans des formes plus structurées de dons, vous permettant ainsi de solidifier vos valeurs et de faire une différence encore plus importante au gré du temps.

Développement d’une approche plus signifiante

Si vous avez des intentions philanthropiques ou si vous êtes intéressé à trouver des façons de concrétiser vos intentions et de créer un impact durable, une approche plus structurée pourrait s’avérer plus avantageuse à plusieurs égards, selon vos buts et objectifs.

D’abord, il est important de comprendre certaines des principales différences entre les dons de bienfaisance et la philanthropie, puis de déterminer un juste équilibre quant à votre approche aux dons. En effet, alors que les dons de bienfaisance sont de nature plus immédiate et réactive, la philanthropie est une approche plus structurée et ciblée. La philanthropie implique le développement d’une vision à long terme pour ses dons et vous permet ainsi qu’à votre famille d’être plus proactifs avec vos dons. De plus, le fait de structurer vos dons vous permettra d’organiser et de planifier la manière et le moment où vous effectuerez vos dons, vous procurant ainsi les moyens de faire en sorte qu’ils reflètent mieux vos valeurs et de vous assurer de laisser un héritage durable, si vous y attachiez beaucoup d’importance.

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Options pour les dons de bienfaisance

Dans le cadre d’une approche philanthropique, plusieurs options seront à considérer, dont donner directement à un organisme de bienfaisance (au moyen d’espèces, de titres, possiblement de dons autres qu’en espèces et voire même de polices d’assurance-vie) ou indirectement par l’entremise d’une fondation privée ou publique, par exemple. Des dons peuvent aussi être intégrés dans votre planification successorale et dans le transfert patrimonial à la prochaine génération. Cela pourra se faire directement par le biais d’une donation de bienfaisance dans votre testament, incluant une planification de patrimoine en faisant un don à un fonds à vocation orientée par le donateur ou à une fondation privée. Le recours à une fondation pourra aussi permettre à la prochaine génération de s’impliquer et de poursuivre votre héritage suite à votre décès. Autant au plan personnel que familial, le tout se résume à trouver le juste équilibre et la bonne approche qui correspondent à vos objectifs philanthropiques.

Note: lorsqu’il s’agit du type et du moment de la stratégie de dons que vous voulez poursuivre, il est important de consulter votre conseiller fiscal qualifié afin de vous assurer que les restrictions, les impôts ainsi que les avantages et désavantages potentiels sont convenablement pris en compte.

Définir votre profil philanthropique

Au moment de déterminer si une approche structurée aux dons pourrait être une initiative que vous aimeriez poursuivre ou de décider comment vous aimeriez poursuivre cette voie, il serait important de prendre le temps de bien réfléchir à vos dons actuels et à vos objectifs à cet égard. Ce faisant, questionnez-vous sur vos motivations personnelles et familiales par rapport aux dons, maintenant et dans le futur, de même que sur le temps et l’implication que vous voulez consacrer à vos activités philanthropiques. Selon votre situation personnelle et la dynamique au sein de votre famille, vous voudrez peut-être aussi discuter avec les membres de votre famille afin d’établir des objectifs et des paramètres initiaux. Il est également essentiel de consulter vos conseillers afin de bien planifier et mettre en place toute stratégie en la matière.

Au fur et à mesure que vous vous engagerez dans ce processus, rappelez-vous que la philanthropie est un concept propre à chaque individu et chaque famille, et qu’il s’agit d’un parcours qui pourra emprunter des voies différentes au gré de vos objectifs changeants dans le temps.

Pour plus d’information sur les dons de bienfaisance et la philanthropie, veuillez prendre connaissance de l’article du numéro du printemps 2018 de Perspectives intitulé « Créer un impact positif dans la collectivité ».

Dans le cadre de votre exploration et planification philanthropiques, le Guide des dons de bienfaisance de Imagine Canada pourra s’avérer une ressources des plus utiles à consulter.

Références :
  1. IMAGINE CANADA. Organismes de bienfaisance & sans but lucratif du Canada, [Infographie sur le site Web de Imagine Canada], [En ligne]. http://www.imaginecanada.ca/sites/default/files/infographie_secteur_imaginecanada2018.pdf (Consulté le 21 mars 2019).
  2. IMAGINE CANADA. Le Guide des dons de bienfaisance, 2017, [En ligne]. http://www.imaginecanada.ca/fr/guide-des-dons (Consulté le 28 mars 2019).
  3. IPSOS. More Canadians Giving, and in Different Ways, to Charity, [Sondage du 18 février 2018], [En ligne]. https://www.ipsos.com/en-ca/news-polls/AFP-2018-What-Canadian-Donors-Want [Anglais] (Consulté le 21 mars 2019).
  4. LE QUOTIDIEN, STATISTIQUE CANADA. Dons de charité, 2017. [En ligne], 8 février 2019. https://www150.statcan.gc.ca/n1/daily-quotidien/190208/dq190208c-fra.htm (Consulté le 28 mars 2019).
  5. CANADON. Le rapport sur les dons, 2018, [En ligne]. https://www.canadahelps.org/fr/le-rapport-sur-les-dons/ (Consulté le 28 mars 2019).
  6. FONDATION RIDEAU HALL ET IMAGINE CANADA. Trente ans de don au Canada. 2018, [En ligne]. https://www.rhf-frh.ca/fr/nos-programmes/generosite/trente-ans-de-don-au-canada/ (Consulté le 28 mars 2019).
  7. CANADON. Le rapport sur les dons, 2018, [En ligne]. https://www.canadahelps.org/fr/le-rapport-sur-les-dons/ (Consulté le 28 mars 2019).
  8. LE QUOTIDIEN, STATISTIQUE CANADA. Dons de charité, 2017. [En ligne], 8 février 2019. https://www150.statcan.gc.ca/n1/daily-quotidien/190208/dq190208c-fra.htm (Consulté le 28 mars 2019).
    IPSOS FEBRUARY 18, 2018 SURVEY. More Canadians Giving, and in Different Ways, to Charity, [En ligne].
  9. Ibid.
  10. Ibid
    https://www.ipsos.com/en-ca/news-polls/AFP-2018-What-Canadian-Donors-Want [Anglais] (Consulté le 21 mars 2019).
  11. CANADON. Le rapport sur les dons, 2018, [En ligne]. https://www.canadahelps.org/fr/le-rapport-sur-les-dons/ (Consulté le 28 mars 2019).
  12. IPSOS. More Canadians Giving, and in Different Ways, to Charity, [Sondage du 18 février 2018], [En ligne]. https://www.ipsos.com/en-ca/news-polls/AFP-2018-What-Canadian-Donors-Want [Anglais] (Consulté le 21 mars 2019).
  13. FONDATION RIDEAU HALL ET IMAGINE CANADA. Trente ans de dons au Canada. 2018, [En ligne]. https://www.rhf-frh.ca/fr/nos-programmes/generosite/trente-ans-de-don-au-canada/ (Consulté le 28 mars 2019).