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Par Kelly Bogdanova

Les investisseurs du monde entier considèrent de plus en plus les États‑Unis comme un « refuge », et ce n’est plus seulement en raison des titres du Trésor américain, comme cela a longtemps été le cas. Selon RBC Marchés des Capitaux, l’économie américaine présente maintenant les caractéristiques d’un « refuge », mais le plus important est que cet optimisme se propage aussi au marché boursier.

Du fait de l’apaisement des craintes relatives à la propagation du coronavirus (COVID‑19) à l’extérieur de la Chine, l’indice S&P 500 a atteint de nouveaux sommets dernièrement, mais nous croyons que la résilience de l’économie intérieure a contribué davantage au dynamisme du marché. Le S&P 500 a augmenté de 4,4 % jusqu’à présent cette année, alors que d’autres marchés ont cédé 0,3 % dans l’ensemble, selon les mesures de l’indice FTSE monde, hors États‑Unis.

Il est peu probable que cet optimisme – qu’il soit pleinement justifié ou non – s’estompe à court terme, étant donné l’expansion intérieure et la présence d’obstacles dans d’autres grandes économies.

À notre avis, cette situation devrait aider le marché boursier américain à produire à tout le moins des rendements modérés cette année, et ce, malgré la volatilité provoquée par les forces économiques mondiales ou par des facteurs temporaires, comme le coronavirus.

Un climat favorable

Les États‑Unis suscitent l’enthousiasme, même si l’on s’attend à ce que l’activité économique intérieure soit inférieure à celle de l’année précédente.

RBC Marchés des Capitaux prévoit une croissance du PIB de 2 % en 2020, ce qui est en deçà du taux de 2,3 % enregistré en 2019 et inférieur à la moyenne à long terme de 2,5 % depuis 1990. Les estimations consensuelles des économistes et les prévisions de la Banque mondiale sont plus modestes ; elles anticipent une croissance du PIB d’à peine 1,8 % cette année.

Les économistes anticipent une croissance inférieure à la moyenne
Prévisions de croissance du PIB réel des É.‑U. pour 2020 (sur 12 mois, en %)
Prévisions de croissance du PIB réel des É.‑U. pour 2020 (sur 12 mois, en %)

Sources : RBC Marchés des Capitaux, Bloomberg (prévisions générales), Banque mondiale, Fonds monétaire international

Toutefois, depuis l’accord commercial de phase un avec la Chine, la confiance des chefs d’entreprise à l’égard de l’économie, les prévisions de dépenses d’investissement et les intentions d’embauche se sont accrues. De plus, les secteurs qui avaient connu des difficultés l’année dernière, surtout le secteur manufacturier, se sont redressés.

Le cycle d’expansion en cours repose de manière disproportionnée sur les consommateurs américains, comme le montre le graphique, et nous pensons que ce sera toujours le cas en 2020. Les tendances de l’emploi et de la croissance des salaires demeurent saines.

La consommation a généré l’apport le plus important
Apport à la croissance du PIB réel des États‑Unis pendant l’actuel cycle d’expansion (en points de pourcentage)
Apport à la croissance du PIB réel des États‑Unis pendant l’actuel cycle d’expansion (en points de pourcentage)

Consommation individuelle (apport des consommateurs)

Investissement résidentiel

Investissement fixe non résidentiel

Obligations d’État

Exportations nettes

Sources : Bloomberg Intelligence, Bureau of Economic Analysis, RBC Gestion de patrimoine ; données trimestrielles prises en compte jusqu’au 31 déc. 2019

Refuge tout relatif

Selon nous, si les États‑Unis sont considérés comme étant un refuge, c’est en partie parce qu’il s’agit de la solution la moins mauvaise parmi d’autres grandes économies, qui sont elles exposées à des vents contraires.

La Chine devrait subir un ralentissement notable en raison de l’épidémie du coronavirus et des défis structuraux persistants. À la lumière des renseignements diffusés jusqu’à présent sur le virus, RBC Gestion mondiale d’actifs prévoit une croissance du PIB de 3 % en Chine au premier trimestre, comparativement au niveau habituel de 6 %. Selon ses prévisions, la croissance annuelle totale pour 2020 reculera à 5,6 %, soit une baisse par rapport à l’estimation précédente de 5,9 % et au taux de 6,1 % l’année dernière. Le gouvernement chinois semble résolu à stimuler l’économie et, à notre avis, il dispose des moyens pour le faire.

En Europe, l’économie s’est non seulement stabilisée, elle a même montré des signes de reprise dernièrement. Cela dit, selon toute vraisemblance, au mieux, elle se débrouillera tant bien que mal cette année. RBC Marchés des Capitaux prévoit une croissance misérable de 1,0 % pour la zone euro en 2020, comparativement à 1,2 % l’année dernière.

L’économie de l’Inde, qui est souvent plus importante qu’on le reconnaît, a également subi un recul. RBC Gestion mondiale d’actifs estime que la croissance du PIB devrait diminuer à 5,5 % en 2020 ; elle s’était établie à 6,1 % en 2019 et elle est de 7,2 % en moyenne depuis 2009.

Un climat trop favorable ?

Le « refuge » que semblent procurer les États‑Unis comporte toutefois un inconvénient.

Si cette perception a fait que les États‑Unis ont reçu des capitaux qui auraient peut‑être été investis ailleurs autrement, il faut cependant ajouter que les institutions qui investissent dans les actions américaines ont très fortement surpondéré leur position.

Selon RBC Marchés des Capitaux, une importante mesure indirecte des attitudes et du positionnement des investisseurs institutionnels a atteint son niveau le plus élevé depuis 2006 au moins. On en retrouve une indication plus précisément dans la position acheteur nette pour les contrats à terme des gestionnaires d’actifs sur le S&P. Cette mesure était élevée à la fin de 2019. Puis, en janvier, elle a bondi bien au‑delà des sommets des années précédentes.

Dans les faits, cela signifie que les investisseurs institutionnels favorisent davantage les actions américaines qu’ils ne le font habituellement. Une telle euphorie peut être un indicateur contraire du rendement du marché. Au mieux, dans un tel contexte, le marché est plus vulnérable en cas de mauvaises nouvelles.

Un système de soutien

Même si une baisse survient au cours des prochains mois, la bonne nouvelle, c’est qu’il existe une plus grande corrélation entre les tendances du PIB au fil du temps et le marché boursier américain qu’il n’en existe avec bien d’autres grands marchés.

Selon une étude de RBC Marchés des Capitaux, depuis 1990, la corrélation entre le rendement du S&P 500 et la croissance du PIB avoisine les 60 %, alors qu’elle est inférieure à 40 % pour les marchés européens.

La croissance économique continue ne garantit pas que le marché boursier américain évoluera au même rythme, mais nous croyons qu’elle mènera à des rendements modérés ou moyens en 2020, et ce, malgré une certaine volatilité.


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