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Les turbulences ressenties sur le marché boursier en mai et à la fin de l’été semblent n’être qu’un souvenir lointain. Le temps et surtout les gains guérissent toutes les blessures. Ce qui ressort désormais de l’année 2019, c’est le solide redressement observé depuis le début d’octobre et les rendements supérieurs à la moyenne enregistrés par la plupart des marchés boursiers depuis le début de l’année, en particulier aux États‑Unis.

Selon nous, le redressement de l’indice S&P 500 cette année est essentiellement attribuable à trois facteurs.

Une année remarquable pour les actions
Rendements de l’indice depuis le début de l’année 2019, dividendes non compris
Rendements de l’indice depuis le début de l’année 2019, dividendes non compris chart

Sources : RBC Gestion de patrimoine, Bloomberg ; données prises en compte jusqu’au 18 décembre 2019 ; données en monnaies locales

Baisses de taux de la Fed : suffisantes et au bon moment – Alors que les risques de récession et ceux liés aux guerres commerciales augmentaient, la Réserve fédérale américaine (Fed) a effectué trois baisses de taux de 25 points de base chacune. Ces baisses, qui étaient en quelque sorte une police d’assurance pour l’économie, ont prolongé le plus long cycle d’expansion jamais enregistré et, ce faisant, ont dynamisé le marché boursier. En 2019, une fois de plus, le dicton selon lequel il ne faut pas aller à contre‑courant de la politique de la Fed est resté valable.

Perspectives quant à la poursuite de la croissance économique – Selon nous, la vigueur des dépenses de consommation aux États‑Unis est cruciale à cet égard. Le taux de chômage se situe à un creux de 50 ans, les salaires affichent une solide croissance et les travailleurs ont la possibilité de changer d’emploi. Tous ces éléments laissent prévoir une hausse des dépenses de consommation aux États‑Unis en 2020 – une économie dont environ 70 % de l’activité est liée aux dépenses des ménages. Il ne faut pas perdre de vue que tout cela devrait se produire au sein de la plus importante économie de la planète. En effet, les tendances liées à la consommation aux États‑Unis ont une influence sur l’économie mondiale.

Apaisement des tensions commerciales entre les États‑Unis et la Chine – Les signaux favorables émis par Washington et Beijing ont contribué à dynamiser le marché au cours des deux derniers mois, et l’annonce récente d’un accord commercial de « phase 1 » a été bien accueillie par les marchés mondiaux. Nous croyons que les marchés ont déjà largement pris en compte ces bonnes nouvelles, mais il reste que cet accord vient éclaircir les perspectives commerciales pour 2020.

La solide performance du marché en 2019 a été accompagnée par une croissance quasiment nulle des bénéfices, dans un contexte où la valorisation de l’indice S&P 500 a été supérieure à la moyenne pendant la plus grande partie de l’année.

La faiblesse de la croissance des bénéfices peut s’expliquer par l’augmentation spectaculaire (23 %) des bénéfices de l’indice S&P 500 en 2018 par rapport à l’année précédente ; les baisses d’impôt des sociétés ont représenté quelque huit points de pourcentage de la hausse totale. Il est rare qu’une croissance aussi robuste se produise à cette étape avancée du cycle d’expansion, et elle représente un obstacle important pour cette année.

En ce qui concerne les valorisations supérieures à la moyenne du marché, nous croyons que les taux d’intérêt peu élevés les rendent plus tolérables. Dans le passé, les investisseurs ont accepté de payer davantage pour chaque dollar de bénéfice, lorsque les taux et l’inflation étaient bas. L’indice S&P 500 se négocie actuellement à 18,4 fois la prévision de RBC Marchés des Capitaux concernant les bénéfices en 2020, à savoir 174 $ par action, comparativement à une moyenne à long terme de 16,2 fois. Si cette valorisation élevée ne nous préoccupe toujours pas de manière excessive, elle est toutefois moins susceptible d’augmenter en 2020, et nous reconnaissons que les valorisations du marché américain sont exagérées par rapport à celles d’autres marchés développés.

RBC prévoit une croissance modérée des bénéfices aux États‑Unis
Estimation du BPA annuel de l’indice S&P 500
S&P 500 annual EPS estimates chart

Prévisions générales

RBC Marchés des Capitaux

* À notre avis, ces prévisions générales sont beaucoup trop élevées, comme c'est souvent le cas quand les analystes font des prévisions sur deux ans. Il ne faut donc pas les prendre pour argent comptant.

Sources : RBC Gestion de patrimoine, RBC Marchés des Capitaux, système I/B/E/S de Refinitiv ; données au 18 décembre 2019

Les défis que nous réserve 2020

Nos perspectives pour la prochaine année sont optimistes ; nous nous attendons à de nouveaux sommets et à des rendements modérés pour l’indice S&P 500. Une grande prudence s’impose toutefois, puisque la fin de cycle pose des défis particuliers pour l’économie et le marché boursier. Nos perspectives sont énoncées clairement dans ce rapport complet et dans le sommaire.

Gardons en tête quelques éléments supplémentaires à l’approche de la nouvelle année, particulièrement en ce qui concerne le marché boursier américain.

Il convient de mettre de côté les angoisses et les préjugés politiques au moment de faire des placements – Les médias grand public et non traditionnels de chaque extrémité du spectre idéologique ont tendance à amplifier l’importance des élections présidentielles américaines. Certes, l’occupant du Bureau ovale exerce une grande influence et peut favoriser ou entraver la progression de l’économie du pays ainsi que son orientation globale, mais bien d’autres facteurs déterminent aussi les rendements des catégories d’actifs américains. La performance du marché financier est bien plus tributaire de l’état du cycle économique, des bénéfices des sociétés et de la politique monétaire que des mesures prises par la Maison‑Blanche et le Capitole. En fait, la Fed a plus d’influence sur les récessions et les reprises que le président, selon nous. Nous recommandons donc aux investisseurs de ne pas laisser le tapage de la couverture des élections de 2020 entraver la saine gestion de leur portefeuille.

Les querelles commerciales pourraient encore créer de la volatilité – Maintenant que l’accord sino‑américain de phase 1 et l’ALENA 2.0 (ACEUM) sont sur le point d’être ratifiés, d’autres enjeux relatifs au commerce et à des sanctions sont susceptibles de perturber les marchés boursiers par moment en 2020. L’accord commercial entre le Royaume‑Uni et l’Union européenne (UE) lié au Brexit pourrait être le plus difficile à conclure. À cet égard, les tensions et les incertitudes commerciales peuvent avoir des répercussions sur la croissance de la région et, par conséquent, sur l’économie mondiale. Les échanges commerciaux et les relations commerciales entre les États‑Unis et la Chine pourraient raviver les tensions. Il y a aussi des questions commerciales non résolues entre les États‑Unis et l’UE en ce qui concerne les secteurs automobile et aéronautique, et entre les États‑Unis et le Japon, aussi relativement au secteur automobile. Enfin, et surtout, il y a la paralysie qui guette l’organe d’appel de l’Organisation mondiale du commerce. Les querelles commerciales sont au cœur du programme du président Donald Trump, et il serait surprenant que celui‑ci calme ses ardeurs à l’approche des élections de novembre 2020.

Méfiez‑vous de la complaisance – Le problème, lorsque le cycle économique se prolonge et que la hausse du marché boursier perdure, c’est que la complaisance a tendance à s’installer. Nous invitons les investisseurs à demeurer vigilants. La dernière phase du cycle économique apporte souvent son lot de problèmes pour l’économie et les marchés financiers, en particulier les marchés boursiers, au moment où l’on s’y attend le moins.


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