Situé dans le centre de la Colombie-Britannique, le village de Hagwilget se trouve à près de 100 mètres au-dessus de l’endroit où l’on a fait exploser, il y a longtemps, un rocher dans la rivière Bulkley. Durant des générations, le rocher s’est tenu là où les eaux se resserraient pour former un bassin où le saumon frétillait en abondance. Les habitants des régions intérieure et côtière s’y retrouvaient pour pêcher, commercer et discuter.

En 1959, le ministère des Pêches a fait exploser plusieurs blocs rocheux dans la rivière pour accroître la circulation du saumon vers les zones de pêche commerciale. « Tout était disparu. Il ne restait plus rien. Plus de travail, plus de poisson, rien. Cet événement nous a porté un coup terrible. Nous avions perdu notre identité », indique Peggy Underhill, aînée et conseillère municipale du village de Hagwilget.

Cinquante ans plus tard, après deux décennies de batailles juridiques en vue de recevoir une compensation pour la destruction, le gouvernement fédéral est arrivé à un règlement avec le village de Hagwilget. Le produit du règlement serait investi dans une fiducie visant à financer les projets et les objectifs de la collectivité.

« J’étais folle de joie quand nous sommes parvenus à un règlement, se souvient Dora Wilson, chef du village de Hagwilget. Nous avons ensuite commencé à rédiger l’acte de fiducie. Nous avions une foule de projets pour le village et j’ai dit que cet argent nous servirait à les réaliser. »

RBC Gestion de patrimoine et son équipe Patrimoine Autochtone passeraient bientôt à l’action pour collaborer avec les fiduciaires du village lors des premières discussions avec le conseil d’Hagwilget ainsi que lors de la constitution de leur fiducie.

Fort de plus de 25 années d’expérience en prestation de services aux collectivités autochtones, ce groupe de professionnels chevronnés des fiducies se consacre exclusivement aux relations avec les représentants clés des collectivités qu’il dessert, y compris les cofiduciaires, le chef et le conseil, afin de les aider à relever les défis que peut poser l’administration des fiducies. Au début des années 1990, RBC a été la première société de fiducie à mettre sur pied une équipe Patrimoine autochtone, vouée à offrir aux collectivités les outils nécessaires pour planifier leur avenir.

« Chaque acte de fiducie est unique, déclare Gordon Larin, vice‑président régional, Patrimoine Autochtone, à RBC Gestion de patrimoine.

Dans cette structure, le capital est protégé et tout revenu qui en découle peut servir à financer les projets de la collectivité »

Leanne Kaufman, chef, RBC Gestion de patrimoine – Successions et fiducies, déclare que la formation constitue un volet essentiel du travail du groupe à l’étape de la constitution d’une fiducie pour la collectivité.

« On nous demande souvent d’aider à expliquer de façon plus détaillée le fonctionnement de la fiducie au chef et au conseil, aux cofiduciaires ou aux membres de la collectivité. Dans le cadre de notre proposition de valeur, nous nous rendrons dans les collectivités, expliquerons à leurs membres les utilisations possibles du revenu et du capital ainsi que le rendement du placement, et ferons le point avec eux sur ces questions. Nous devons continuellement offrir de la formation. »

M. Larin compare aujourd’hui la fiducie du village de Hagwilget au rocher explosé qui a permis de protéger la collectivité et de lui assurer un revenu constant.

« La fiducie ne remplacera jamais entièrement le rocher, mais elle doit bénéficier de la même protection et être préservée de la même façon que devait l’être le rocher. »

La fiducie finance maintenant des projets ponctuels et permanents qui ont été approuvés par la collectivité, car ils transformeront le village et auront une incidence positive sur la vie de ses habitants : restauration et reconstruction de l’église et du centre culturel, qui sont inutilisés ; offre de séances de formation et de cours de langue et de conservation de la culture ; mise à niveau de la plomberie ; approvisionnement en poisson et construction de nouveaux fumoirs ; obtention de prestations d’assurance maladie complémentaire.

« L’atmosphère du village a changé, indique Mme Wilson. J’ai toujours gardé espoir, mais nous savons maintenant que la situation est positive. »