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20 octobre 2022

Kelly Bogdanova
Vice-présidente et analyste de portefeuille
Services-conseils en gestion de portefeuille – États-Unis

Depuis deux mois, l’inflation persistante, le fort relèvement des taux de la Réserve fédérale (Fed) (qui n’est d’ailleurs pas terminé), la nouvelle hausse des taux des titres du Trésor, l’intensification des craintes de récession et la baisse des estimations des bénéfices des sociétés secouent le marché boursier américain. Au Royaume-Uni, l’instabilité a également été préjudiciable au marché dernièrement.

Il n’est pas étonnant que l’indice S&P 500 ait atteint un nouveau creux dans le cycle actuel du marché baissier. Il affiche maintenant un recul de 25 % du début de l’année au 12 octobre.

Le S&P 500 éprouve encore des difficultés

Il subit les pressions qu’exercent l’inflation persistante ainsi que les craintes engendrées par les hausses de taux de la Fed, l’économie et la croissance des bénéfices

Variation quotidienne en pourcentage de l’indice S&P 500 entre le 31 décembre 2021 et le 19 octobre 2022

Le graphique linéaire indique la variation quotidienne en pourcentage de l’indice S&P 500 entre le 31 décembre 2021 et le 19 octobre 2022. Après avoir culminé à un point historique le 3 janvier, l’indice a cédé du terrain jusqu’à la mi-mars. Le S&P 500 était alors en baisse de 12,4 % en cumul annuel. Le marché a ensuite entrepris une remontée qui a effacé la majeure partie de ses pertes. Toutefois, les ventes massives ayant eu lieu d’avril à la mi-juin se sont traduites par un creux le 16 juin et une baisse cumulative annuelle de 23,1 %. Par la suite, le marché a rebondi au point de reprendre environ la moitié du terrain perdu. À la mi-août, il a renoué avec sa tendance baissière, étant donné que l’inflation, les hausses de taux de la Fed et les contraintes économiques ont recommencé à se faire sentir. Le S&P 500 a atteint son pire niveau de l’année le 12 octobre, date à laquelle il accusait une baisse de 25 %. Le marché remonte peu à peu depuis.

  • 3 janvier : Sommet record
  • 12 octobre : -25 % CUM

Valeur de 0 au 31 décembre 2021

Sources : RBC Gestion de patrimoine, Bloomberg ; données quotidiennes prises en compte jusqu’au 19 octobre 2022

Les participants aux marchés continuent de se tenir au fait de toutes ces questions, mais ils se concentrent surtout sur les perspectives des bénéfices des sociétés du S&P 500, étant donnée l’arrivée de la période de publication des résultats du troisième trimestre.

Nous pensons que le marché a déjà pris en compte une part importante du pessimisme que suscitent les bénéfices, mais l’incertitude qu’engendrent les profits pour 2023 pourrait accroître la volatilité au cours des prochains mois, compte tenu de la multitude de résultats possibles.

Jusqu’ici, tout va (passablement) bien

Les bénéfices déclarés pour le troisième trimestre se sont avérés satisfaisants jusqu’à présent, surtout pour les grandes banques et les sociétés de placement. De bons résultats ont aussi été annoncés dans les secteurs de la consommation de base et de la défense.

Nous n’en sommes toutefois encore qu’au début. Nous nous attendons à des soubresauts et à des déceptions dans divers secteurs, étant donné les avertissements entendus à propos des résultats de sociétés de renom avant le début de la période de publication des résultats. Cette situation est normale compte tenu des difficultés économiques.

L’ampleur des annonces de bénéfices surpassant les prévisions au troisième trimestre accuse un retard sur les moyennes historiques, ce qui n’est pas étonnant non plus du fait des problèmes économiques. Les sociétés ayant publié leurs résultats représentent près de 20 % de la capitalisation boursière du S&P 500. Leurs bénéfices dépassent les prévisions générales de 2,5 %, niveau inférieur à la moyenne de 5,2 % observée avant la COVID. Les revenus dépassent les attentes de 1,1 %, ce qui est légèrement plus élevé qu’avant la pandémie.

Selon les données du système I/B/E/S de Refinitiv, les prévisions générales du troisième trimestre annoncent une croissance de 3,1 % des bénéfices des sociétés du S&P 500 d’une année sur l’autre. Tout compte fait, ce nombre pourrait augmenter d’un ou deux points de pourcentage même si l’ampleur des dépassements de bénéfices demeurait faible pour les sociétés n’ayant pas encore publié leurs résultats.

Les prévisions générales relatives à 2022 pour le S&P 500 nous semblent maintenant plus réalistes. Elles sont passées de 229 $ par action au début de juillet à 222 $ par action. L’estimation de 216 $ de RBC Marchés des Capitaux est plus basse, mais nous pensons que les bénéfices pour l’année complète se situeront dans cet intervalle.

D’abord, les mauvaises nouvelles

Nous sommes surtout préoccupés par le niveau apparemment trop élevé des prévisions générales pour 2023, même si elles ont glissé de 251 $ par action au début de juillet à 239 $.

Nous pensons que ces prévisions sont irréalistes en raison de l’accentuation des problèmes économiques engendrés par l’inflation soutenue, les hausses de taux de la Fed et l’augmentation des coûts d’emprunt (p. ex. bond à 7,2 % pour l’hypothèque à taux fixe de 30 ans). À notre avis, ces facteurs exerceront assurément des pressions sur les bénéfices des sociétés du S&P 500. En cas de récession généralisée, ce qui semble de plus en plus probable selon nos indicateurs économiques , les pressions exercées sur les bénéfices pourraient s’avérer importantes.

RBC Marchés des Capitaux prévoit des bénéfices de 208 $ par action en 2023 pour le S&P 500, ce qui est bien inférieur aux estimations générales de 239 $. Ce résultat se traduirait par une croissance nulle des bénéfices de 2021 à 2023, comme le montre le graphique.

Les estimations des bénéfices de RBC sont plus prudentes, surtout pour 2023

Bénéfices par action (BPA) des sociétés du S&P 500 – Données réelles et estimations

 Bénéfices par action (BPA) des sociétés du S&P 500

Le graphique à colonnes montre les bénéfices annuels historiques et estimés du S&P 500 par action. En 2021, le S&P 500 a généré des bénéfices de 208 $ par action. Les prévisions générales pour 2022 sont de 222 $ par action, et celles de RBC Marchés des Capitaux, de 216 $ par action. Les prévisions générales pour 2023 sont de 239 $ l’action, et celles de RBC, de 208 $.

  • Estimations générales
  • Estimation de RBC Marchés des Capitaux

Sources : Système I/B/E/S de Refinitiv, Stratégie sur actions américaines, RBC Marchés des Capitaux ; données en date du 19 octobre 2022

Les estimations des bénéfices de RBC tiennent compte d’une activité économique faible et stagnante au quatrième trimestre de l’année en cours et au premier trimestre de la prochaine année, mais elles ne reposent pas sur l’hypothèse d’une récession généralisée. Advenant une récession, les estimations de RBC pour 2023 seraient susceptibles d’être abaissées.

Autour des 11 périodes de récession survenues depuis les années 1950, les bénéfices des sociétés du S&P 500 ont reculé en moyenne de 23,6 % du mois de l’atteinte d’un sommet au mois marqué d’un creux, selon RBC Gestion mondiale d’actifs. Fait intéressant, durant les quatre périodes associées à des chocs inflationnistes, le recul moyen des bénéfices a été moindre et s’est établi à 17,7 %.

Ensuite, les bonnes nouvelles

Heureusement, nous ne pensons pas que la plupart des investisseurs institutionnels (gestionnaires de fonds communs de placement, de fonds de couverture et de régimes de retraite) s’attendent à ce que les bénéfices des sociétés du S&P 500 atteignent 239 $ par action l’année prochaine. En fait, nous considérons que cette prévision du groupe d’analystes sectoriels de Wall Street est désuète, et même très désuète.

Il en est ainsi parce que très peu d’équipes de direction ont communiqué des prévisions de bénéfices pour toute l’année 2023. Donc, les nombreux analystes sectoriels établissant collectivement les prévisions générales n’ont pris aucun risque quant à leurs estimations des bénéfices pour la prochaine année. Une part importante des équipes de direction fera probablement des prévisions durant la période de publication des résultats du quatrième trimestre, soit en janvier ou en février 2023.

Nous pensons que les grands investisseurs institutionnels sont conscients de la situation, et le marché tient donc probablement déjà compte de bénéfices se situant entre les prévisions générales ambitieuses et les prévisions de RBC Marchés des Capitaux pour 2023.

Ce n’est pas tout

Si le passé est garant de l’avenir, les investisseurs n’auront sans doute pas à attendre l’ajustement des estimations générales des bénéfices de 2023 à leur niveau le plus bas pour voir le marché amorcer une reprise durable, ce qui est encore mieux. Lori Calvasina, cheffe, Stratégie sur actions américaines, RBC Capital Markets, LLC, souligne que le S&P 500 a tendance à atteindre un creux de trois à six mois avant la fin d’un cycle de révision à la baisse des bénéfices.

Mme Calvasina a écrit ceci : « Nous ne nous demandons pas si la révision à la baisse des estimations pour 2023 s’avérera suffisante d’ici un mois ou deux. Nous nous demandons plutôt si les baisses seront suffisantes pour permettre une dernière épuration durant la prochaine période de publication des résultats, lorsque les sociétés précisent habituellement davantage leurs perspectives pour l’année à venir, incitant ainsi l’ensemble des analystes orientés vendeur à faire des ajustements plus importants. »

Dans l’intervalle, la volatilité – haussière ou baissière – persistera sans doute. Nous continuons de recommander une pondération neutre pour les actions américaines. Les bénéfices et l’économie demeurent vulnérables, mais le marché a déjà pris en compte beaucoup de mauvaises nouvelles.


Au Québec, les services de planification financière sont fournis par RBC Gestion de patrimoine Services Financiers. qui est autorisé comme une société de services financiers dans cette province. Dans le reste du Canada, les services de planification financière sont disponibles à travers RBC Dominion valeurs mobilières.


Kelly Bogdanova

Vice-présidente et analyste de portefeuille
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