RBC
Mobile RBC

RBC Gestion de patriomoine

GRATUIT – Dans Google Play OBTENIR – Dans l'App Store

Installer

Partager

5 décembre 2022

Par Kelly Bogdanova et Thomas Garretson, CFA

Les marchés américains pourraient changer de cap plus rapidement, et autrement, que les investisseurs ne le croient. Même si l’économie plonge en récession en 2023, si l’on se fie au passé, le marché boursier amorcerait probablement un nouveau cycle haussier avant la fin de la récession. En ce qui concerne les titres à revenu fixe, nous pensons que la période permettant de faire fructifier des avoirs a maintenant débuté, mais elle pourrait s’avérer plus courte que prévu. À notre avis, il est temps de ramener les différents actifs en portefeuille aux niveaux stratégiques à long terme recommandés.

Actions américaines

Nous ne sommes pas encore là, mais nous nous rapprochons

« Sommes-nous bientôt arrivés ? » C’est la question classique, qui revient souvent lors de longs voyages en voiture, qu’avait posée notre Comité des placements américains en juin 2022. À ce moment-là, nous avions constaté la présence de cônes orange le long de la route et la nécessité d’obtenir davantage de données économiques pour avoir une meilleure visibilité. Quelques mois plus tard, notre réponse est maintenant : « Nous ne sommes pas encore là, mais nous nous rapprochons ».

Premièrement, l’indice S&P 500 a très rarement connu des années consécutives de rendements négatifs. Cela ne s’est produit que deux fois depuis la Seconde Guerre mondiale. Le marché a déjà absorbé des chocs importants, notamment l’un des cycles de resserrement les plus rapides et les plus importants de l’histoire de la Fed. D’une part, nous pensons que la Fed ralentira le rythme des hausses de taux, peut-être dès la réunion de décembre 2022. Et d’autre part, nous croyons que le cycle de relèvement des taux devrait prendre fin en 2023.

Il n’y a eu que deux périodes de rendements négatifs consécutifs des actions américaines depuis la Seconde Guerre mondiale

Rendements annuels du S&P 500 de 1945 à 2022 (excluant les dividendes)

Rendements annuels du S&P 500 de 1945 à 2022

Le graphique à colonnes présente les rendements annuels (excluant les dividendes) du S&P 500 de 1945 à 2022. Le rendement pour 2022 correspond aux données préliminaires en date du 21 novembre. Parmi les 78 années visées, 55 ont produit des rendements positifs, 22 ont produit des rendements négatifs et une a produit un rendement nul (0,0 %). Le marché a affiché des rendements annuels négatifs consécutifs à seulement deux reprises (1973-1974 et 2000-2002).

Sources : RBC Gestion de patrimoine ; Bloomberg ; 2022 représente les données préliminaires en cumul annuel au 21 novembre 2022.

Deuxièmement, les perspectives des bénéfices des sociétés sont « moins mauvaises » que lors des périodes de crise économique précédentes. Si les bénéfices du S&P 500 en 2023 restaient au même point qu’en 2022, à environ 220 $ l’action (un scénario que nous jugeons possible), la plupart des investisseurs institutionnels pousseraient probablement un soupir de soulagement. Même si une récession se matérialisait et entraînait de plus fortes révisions à la baisse des prévisions générales des bénéfices, nous pensons que les dépenses des ménages résisteraient relativement mieux que lors des replis économiques récents. Les bilans des ménages semblent plus robustes, grâce aux solides tendances de l’emploi et aux niveaux d’épargne élevés au début de cette période.

Troisièmement, la confiance sur les marchés boursiers pourrait bénéficier d’une baisse de l’inflation en 2023. Les tendances des prix des marchandises et des biens sont déjà orientées dans cette direction.

Mais ne vous méprenez pas : nous ne sommes pas naïfs quant aux perspectives du marché pour 2023. Il y a des raisons de rester vigilant. L’économie risque encore de plonger en récession. Si les bénéfices de l’indice S&P 500 s’établissaient près de 220 $ l’action ou moins, cette croissance inférieure à la moyenne laisserait peu de place à une augmentation des ratios cours/bénéfice et les marges bénéficiaires pourraient subir des pressions. Et même si nous prévoyons que l’inflation diminuera, il reste à savoir à quel rythme et dans quelle mesure. Ces facteurs peuvent influer sur les valorisations du marché. En général, une inflation et des taux d’intérêt élevés à moyen terme se traduisent par une baisse des valorisations boursières, et vice versa.

Selon nous, l’objectif le plus important pour les investisseurs est de passer en revue leurs portefeuilles et de ramener les pondérations aux niveaux stratégiques à long terme recommandés. Les pondérations s’écartent inévitablement des cibles durant les corrections, et des données du secteur témoignent d’une importante accumulation de liquidités dans les portefeuilles. Tenter d’anticiper le marché nous semble être un exercice périlleux. Aucune cloche ne sonne au début d’un nouveau cycle haussier. Le fait de manquer les jours où la progression est la plus forte peut nuire aux rendements à long terme, et de tels redressements surviennent souvent de façon imprévisible avant que tous les obstacles ne soient éliminés.

Le fait de manquer les meilleurs jours de bourse peut avoir des conséquences négatives pour les portefeuilles

Valeur en dollar d’un placement de 10 000 $ dans l’indice S&P 500, de novembre 2002 à novembre 2022 (incluant les dividendes)

Rendements hypothétiques d’un placement de 10 000 $ dans l’indice S&P 500 selon quatre scénarios différents

Le graphique à barres compare les rendements hypothétiques d’un placement de 10 000 $ dans l’indice S&P 500 (incluant les dividendes) au cours des 20 dernières années, selon quatre scénarios différents. Si l’investisseur avait conservé son placement, celui-ci vaudrait 65 924 $ (rendement annualisé de 9,9 %). S’il avait manqué les 10 meilleurs jours de bourse survenus pendant la période de 20 ans, son placement vaudrait 30 283 $ (rendement annualisé de 5,7 %). S’il avait manqué les 20 meilleurs jours de bourse, son placement vaudrait 18 202 $ (rendement annualisé de 3,0 %). S’il avait manqué les 30 meilleurs jours de bourse, son placement vaudrait 11 966 $ (rendement annualisé de 0,9 %).

Sources : RBC Gestion de patrimoine, FactSet ; données prises en compte jusqu’au 21 novembre 2022

Une fois les pondérations rétablies, il conviendra de surveiller les occasions à mesure que le portrait de l’économie, des taux d’intérêt et des bénéfices se précisera.

À l’heure actuelle, nous privilégions les segments des sociétés à petite et à moyenne capitalisation du marché boursier américain. Leurs valorisations sont relativement peu élevées par rapport aux sociétés à grande capitalisation et à leurs propres moyennes historiques. Ce facteur devrait offrir une protection, alors que le rajustement des estimations des bénéfices se poursuivra. Lorsque l’économie américaine traverse des périodes difficiles, ces segments plus sensibles à l’économie mènent souvent le bal au début du marché haussier suivant.

Dans le segment des sociétés à grande capitalisation du S&P 500, nous continuons de privilégier le secteur de l’énergie. Les prévisions générales visant les bénéfices résistent mieux que dans la plupart des secteurs. Il est peu probable que le resserrement de l’offre de produits énergétiques soit entièrement résolu à court ou à moyen terme, après de nombreuses années de dépenses d’investissement insuffisantes. Ce contexte devrait soutenir les prix des marchandises et les bénéfices des sociétés d’énergie dans une plus grande mesure que lors des périodes habituelles de ralentissement économique.

Titres américains à revenu fixe

Début du troisième acte de la Réserve fédérale à venir en 2023

Un double mandat. En 2021, la Fed s’est concentrée sur le premier volet de son double mandat conféré par le Congrès, à savoir le retour du marché du travail américain au « plein emploi », qu’elle estime depuis longtemps s’établir à environ 4,0 %. Le chômage a chuté à 3,9 % en décembre 2021 et est resté égal ou même inférieur à la cible depuis. En 2022, la Fed a tourné toute son attention vers le deuxième volet de son mandat, soit le rétablissement de la « stabilité des prix » au sein de l’économie, définie comme une hausse annuelle des prix de 2 % en moyenne au cours de tout cycle économique donné. Même si l’inflation prendra du temps pour y parvenir, les mesures musclées de la Fed en 2022 ont jeté les bases d’un retour à la cible en temps opportun, selon nous.

La stabilité financière au centre des préoccupations. Dans ce contexte, la Fed devrait se concentrer en 2023 sur son troisième mandat « officieux » : veiller à la stabilité financière. Étant donné l’intensité historique du resserrement monétaire opéré par la Fed et de nombreuses autres banques centrales mondiales, les décideurs devront probablement adopter une approche beaucoup plus prudente, et porter une attention accrue aux vulnérabilités financières nationales et mondiales qui pourraient découler de la hausse des taux d’intérêt, en particulier de la vigueur du dollar. Ainsi, la Fed pourrait bientôt mettre de côté l’outil contondant des hausses de taux et recourir à des mesures macroprudentielles plus précises qui aident à assurer la solidité du système financier ainsi que la liquidité au sein de celui-ci.

Sommet des taux d’intérêt prévu au début de 2023. Nous prévoyons que la hausse probable des taux de 50 points de base par la Fed lors de la réunion des 13 et 14 décembre fera passer les taux à court terme dans une fourchette de 4,25 % à 4,50 % et marquera la dernière des hausses de taux massives. À notre avis, tout nouveau relèvement des taux en 2023 devrait se poursuivre par tranches de 25 points de base, à condition que les nouvelles données le justifient, sans dépasser 5,00 % d’ici le premier trimestre de 2023. Puis, lorsque les effets des hausses de taux amorcées en mars 2022 commenceront à peser sensiblement sur l’activité économique d’ici le milieu de 2023, étant donné leur décalage généralement présumé de 12 à 18 mois, nous prévoyons que la Fed décrétera une série de modestes baisses de taux au deuxième semestre de l’année, s’efforçant alors d’orchestrer un semblant d’atterrissage en douceur de l’économie.

Baisse attendue des taux obligataires. Les marchés étant tournés vers l’avenir, ils tablent peut-être déjà sur un tel scénario. De fait, la faiblesse récente des données sur les prix à la consommation et à la production a fait reculer sensiblement les taux des obligations du Trésor par rapport aux sommets de cette année. Nous croyons que la forte progression des taux observée dans le secteur des titres à revenu fixe en 2022 fera place à un mouvement inverse en 2023. Ainsi, selon les prévisions de RBC Marchés des Capitaux, le taux des obligations du Trésor américain de référence à dix ans pourrait reculer à moins de 3,5 % d’ici la fin de l’année, par rapport aux niveaux actuels de près de 4,0 %.

Les taux des obligations américaines ont atteint 5 %, soit le double de la moyenne récente

Indice Bloomberg US Bond Aggregate

Le graphique linéaire montre le rendement en revenu moyen des obligations de catégorie investissement aux États-Unis, représentées par l’indice Bloomberg US Bond Aggregate, chaque mois de 1992 à octobre 2022, ainsi que la moyenne sur des périodes mobiles de cinq ans. Aux États-Unis, le rendement en revenu moyen des obligations de catégorie investissement a atteint 5 % en octobre 2022, soit le plus haut niveau depuis 2008 et plus du double de la moyenne sur cinq ans, qui est de 2,4 %.

  • Taux de l’indice Bloomberg US Aggregate Bond
  • Moyenne mobile sur cinq ans

Nota : L’indice Bloomberg US Aggregate Bond comprend des obligations de sociétés et d’État de catégorie investissement.

Sources : RBC Gestion de patrimoine, Bloomberg

Tirer profit des taux obligataires élevés. Au bout du compte, la période pendant laquelle les investisseurs en titres à revenu fixe peuvent faire fructifier des avoirs a maintenant débuté, mais elle pourrait s’avérer plus courte que prévu. D'après les indices obligataires de Bloomberg au 22 novembre, les obligations du Trésor rapportaient 4,2 %, les obligations de sociétés de catégorie investissement, 5,4 % et les obligations municipales exonérées d'impôt, 3,7 %. Si les taux offerts s’amenuisaient en 2023, comme nous le prévoyons de façon générale, le risque de réinvestissement des titres à court terme pourrait croître. Nous continuons de privilégier une stratégie qui tire parti des taux historiquement élevés des obligations à moyen et à long terme pour maintenir les revenus, et qui pourrait également profiter d’une appréciation du capital si les prix des obligations venaient à croître (et les taux à baisser) en raison des risques de récession en 2023 et de la possibilité, par conséquent, que la Fed réduise les taux.

Cliquez ici pour consulter le rapport Perspectives mondiales 2023


Au Québec, les services de planification financière sont fournis par RBC Gestion de patrimoine Services Financiers. qui est autorisé comme une société de services financiers dans cette province. Dans le reste du Canada, les services de planification financière sont disponibles à travers RBC Dominion valeurs mobilières.