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3 février 2022

Kelly Bogdanova
Vice-présidente et analyste de portefeuille
Services-conseils en gestion de portefeuille – États-Unis

L’indice S&P 500 amorce un redressement timide, après un recul de 12 % sur une base intrajournalière en janvier.

Les participants aux marchés semblent peu à peu accepter que le cycle de hausse des taux de la Réserve fédérale (Fed) soit plus rapide que prévu et composer avec l’incertitude qui en découle.

Fait important, comme les résultats du quatrième trimestre de 2021 présentés jusqu’à maintenant sont généralement positifs, les estimations des bénéfices pour 2022 risquent peu d’être revues à la baisse, du moins pendant la période de publication en cours.

Après avoir atteint son niveau le plus bas au cours de la séance du 24 janvier, le S&P 500 a repris de la vigueur et affiche un recul de « seulement » 6,1 % pour l’année.

L’analyse du repli, notamment des actions ayant enregistré les pires rendements (les titres de croissance dans les secteurs de la consommation discrétionnaire et ceux liés à la technologie) et de celles qui s’en sont le mieux tirées (les titres de valeur, surtout ceux liés à l’énergie et dans une moindre mesure ceux des secteurs de la finance, de la consommation de base et des services publics), révèle qu’il a eu des conséquences positives. Le très grave problème des valorisations est devenu moins inquiétant. En effet, les valorisations du marché ont baissé là où il fallait, c’est‑à‑dire dans le segment des actions les plus chères. À notre avis, c’est une bonne chose.

La pression retombe

La valorisation globale du S&P 500 a commencé à être excessive peu après que l’indice eut entamé sa remontée à la suite du creux causé par la COVID‑19 au printemps 2020. Pourtant, le ratio cours/bénéfice (C/B) a un peu fléchi en 2021, puisque la croissance des bénéfices estimée et réelle a largement éclipsé la progression des cours de l’indice. Le ratio a reculé davantage lors du repli de janvier 2022, comme le montre le graphique à la page 1.

La valorisation du marché a fléchi en 2021 et reculé davantage lors du dernier repli

Ratio cours/bénéfice du S&P 500 en fonction des estimations générales des bénéfices sur 12 mois

Ratio cours/bénéfice du S&P 500 en fonction des estimations générales des bénéfices sur 12 mois.

Le graphique linéaire montre que le ratio cours-bénéfice du S&P 500 a baissé en 2021, passant de 22,6x à 21,4x à la fin de l’année, alors que la croissance des bénéfices a surpassé la progression des cours. Le déclin des valorisations s’est accentué en janvier 2022 ; le ratio est tombé à 19,8x dans le sillage du repli du marché.

Sources : RBC Gestion de patrimoine, estimations de Bloomberg ; données prises en compte jusqu’au 3 février 2022

Les cours demeurent toutefois assez élevés à 19,8x les bénéfices moyens prévus pour les 12 prochains mois. Or, la moyenne à long terme, soit depuis 1990, est de 16,2x et la moyenne pour la période d’extrême faiblesse des taux d’intérêt, soit les cinq dernières années, est de 18,6x. (C’est l’une des raisons pour lesquelles nous recommandons aux investisseurs de bien examiner la répartition des actions dans leur portefeuille afin que les marchés étrangers, moins chers que celui des États‑Unis, soient adéquatement représentés.)

Ce n’est toutefois pas l’ensemble du marché américain qui est aussi dispendieux ; certaines actions sont surévaluées par rapport à d’autres. Les valorisations excessives se trouvent surtout dans le segment des sociétés à grande capitalisation, représenté par les indices S&P 500 et Russell 1000. Environ 20 % des actions de ces indices affichent des valorisations très élevées et la plupart d’entre elles sont des titres de croissance.

Heureusement, ce sont les actions dont les valorisations étaient les plus fortes qui ont le plus reculé – et de loin – durant le dernier repli. Au sein du S&P 500, les actions présentant des ratios C/B bas ont cédé seulement 2 % en janvier, alors que les actions présentant des ratios C/B élevés ont subi une correction de 13,6 %. On note aussi de grandes divergences parmi les titres liés à la technologie. Ainsi, dans le secteur de la technologie de l’information et les secteurs connexes, les actions dont les ratios C/B étaient bas ont perdu 5,4 %, alors que les actions dont les ratios C/B étaient élevés ont dégringolé de 19 %, comme le montre le graphique en haut de la page.

La liquidation s’est avérée plus prononcée pour les actions présentant des ratios C/B élevés

Évolution des cours en janvier 2022 des actions présentant un ratio C/B faible et de celles présentant un ratio C/B élevé

Évolution des cours en janvier 2022 des actions présentant un ratio C/B faible et de celles présentant un ratio C/B élevé

Le graphique à barres montre que pendant la liquidation survenue en janvier 2022 sur le marché américain, les actions qui présentaient un ratio cours-bénéfice (C/B) élevé ont chuté de façon beaucoup plus prononcée que les actions présentant un ratio C/B bas. Parmi les actions du S&P 500, celles dont le ratio C/B était faible ont cédé 2,0 % en janvier, tandis que celles dont le ratio C/B était élevé ont perdu 13,6 %. Parmi les actions liées à la technologie, les titres à faible ratio C/B ont chuté de 5,4 % et les titres à fort ratio C/B ont dégringolé de 19,0 %.


C/B bas

C/B élevé

* La catégorie « TECH+ » englobe les actions du secteur de la technologie de l’information et des secteurs connexes du S&P 500.

Sources : Correspondant national de recherche, Refinitiv et FactSet

Qui plus est, Lori Calvasina, chef, Stratégie sur actions américaines, RBC Capital Markets, LLC, souligne que la valorisation des actions les plus chères du Russell 1000 a considérablement reculé durant la dernière correction, comparativement aux actions les moins chères, pour renouer avec le niveau observé avant la pandémie. C’est également bon signe.

Nous pensons que les actions aux ratios C/B les plus élevés ne sont pas encore tirées d’affaire. Les valorisations pourraient encore baisser alors que le marché doit composer avec l’incertitude suscitée par la politique de la Fed, l’inflation et la croissance de l’économie et des bénéfices.

Certes, on ne détermine pas ses placements en actions en se fondant uniquement sur les valorisations, puisque le ratio C/B du marché peut demeurer élevé ou bas pendant bien plus longtemps qu’on le jugerait justifié. Cependant, le fait que les actions américaines les plus chères sont tombées à des niveaux raisonnables est une bonne nouvelle. Nous estimons que ce changement appuie notre recommandation globale de conserver une surpondération modérée en actions. Il y aura sans doute d’autres cahots cette année, mais nous nous attendons à ce que les marchés boursiers finissent par se ressaisir, de sorte que les principaux indices pourront atteindre de nouveaux sommets.

La valorisation des actions les plus chères a considérablement reculé en janvier 2022 (ligne du haut), comparativement aux actions les moins chères, pour frôler le niveau observé avant la pandémie

Comparaison des quintiles du C/B médian des titres de sociétés américaines à grande capitalisation. Comparaison entre le quintile 1 (la catégorie la plus chère) et les quintiles 2 à 5 (le quintile 5 étant la catégorie la moins chère)*

Comparaison des quintiles du C/B médian des titres de sociétés américaines à grande capitalisation. Comparaison entre le quintile 1 (la catégorie la plus chère) et les quintiles 2 à 5 (le quintile 5 étant la catégorie la moins chère).

Avant la pandémie

Q1 c. Q2

Q1 c. Q3

Q1 c. Q4

Q1 c. Q5

Le graphique linéaire illustre les valorisations relatives de différents segments du marché boursier américain, de janvier 1990 à janvier 2022, selon le ratio cours-bénéfice de l’indice Russell 1000 des sociétés à grande capitalisation. L’indice est divisé en quintiles ; le premier quintile est comparé aux quatre autres, de sorte qu’il y a quatre courbes de valorisations relatives. Les quatre courbes commencent à de bas niveaux en 1990. Elles suivent une tendance haussière modérée pendant dix ans, avant de grimper en flèche en 2000. Puis, elles retombent sensiblement jusqu’en 2003. Les courbes restent ensuite à peu près stables jusqu’en 2015, année où elles recommencent à monter, prenant de la vitesse en 2018 pour atteindre un sommet assez élevé en 2020 (quoique moins élevé qu’en 2000). Au début de 2021, les courbes amorcent un repli, mais se redressent à la fin de l’année. Lors du recul des actions de janvier 2022, elles redescendent légèrement. Ce qu’il faut retenir de ce graphique c’est qu’en janvier 2022, l’écart de valorisation entre les actions les plus chères (quintile 1) et les actions les moins chères (quintile 5) est revenu près du niveau où il se situait juste avant le début de la pandémie de COVID-19.

* Les données sont fondées sur les prévisions moyennes du bénéfice par action (BPA) pour 2023 (hors BPA négatif).

Sources : Stratégie sur actions américaines RBC, S&P Capital IQ/ClariFI, estimations de CIQ, Bloomberg. L’univers des sociétés à grande capitalisation est représenté par l’indice Russell 1000. Les quintiles sont fonction du C/B de l’exercice 2, hors BPA négatif. Le C/B médian de l’exercice 2 est utilisé pour chaque quintile. Données à la fin de janvier 2022


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Kelly Bogdanova

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