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10 novembre 2022

Par Joseph Wu, CFA

Alors que l’économie suscite un pessimisme croissant, il vaut la peine de prendre du recul et d’examiner les volets susceptibles de nous réserver d’agréables surprises. Premièrement, les perspectives d’un ralentissement de l’inflation dans les prochains mois nous semblent raisonnablement bonnes, étant donné le récent repli des cours des marchandises qui, par le passé, ont été étroitement liés aux pressions exercées sur les prix (voir le graphique). D’autres indicateurs généralement associés à l’inflation, soit les pressions dans les chaînes logistiques mondiales, la composante des prix payés des indices des directeurs d’achats (PMI) et le coût du transport, laissent également présager une décélération de l’inflation des biens à court terme.

Le fléchissement des prix des ressources devrait mener à une baisse de l’inflation

Indice des prix à la consommation aux États-Unis et dans les grandes économies développées

Le graphique linéaire montre l’évolution d’une année sur l’autre depuis 2010 de l’indice des prix à la consommation aux États-Unis et dans les grandes économies développées comparativement aux variations d’une année sur l’autre des prix des marchandises. Bien que l’inflation demeure forte, la nette décélération de la progression des prix des marchandises d’une année sur l’autre indique que l’IPC amorcera probablement un déclin au cours des prochains mois.

  • Indice des prix à la consommation aux États-Unis (var. sur 12 mois, g.)
  • Indice des prix à la consommation des principales économies développées (var. sur 12 mois, g.)
  • Indice Bloomberg des marchandises (var. sur 12 mois, dr.)

Sources : RBC Gestion de patrimoine, Bloomberg ; données mensuelles prises en compte jusqu’au 31 octobre 2022.

Par ailleurs, bien que l’inflation élevée persiste et que les coûts d’emprunt montent, les dépenses des ménages ont bien résisté. La croissance robuste des salaires et les nombreux emplois vacants font ressortir la vigueur continue du marché du travail. Ces éléments combinés à l’épargne encore considérable dont disposent les ménages nous portent à croire que les dépenses de consommation, une composante essentielle de l’économie américaine puisqu’elles représentent près de 70 % du produit intérieur brut (PIB), pourraient demeurer bien soutenues au cours des prochains trimestres.

Enfin, les élections de mi-mandat aux États-Unis étant passées, l’incertitude qui tempérait peut-être l’appétit pour le risque depuis quelques mois est sans doute dissipée. Au moment d’écrire ces lignes, le résultat des élections n’est pas entièrement connu. Étant donné les recomptages et les seconds tours, il pourrait s’écouler plusieurs jours, voire plusieurs semaines, avant de savoir à qui reviendra la balance du pouvoir au Congrès. Toutefois, d’après les premiers résultats, le scénario d’une « impasse », c’est-à-dire la coexistence d’un président démocrate et d’un Congrès à tout le moins divisé, demeure possible. Comme nous l’avions indiqué en septembre, depuis 1932, les actions font belle figure dans l’année suivant les élections de mi-mandat, le rendement moyen de l’indice S&P 500 s’établissant à 16,3 %. Les données sur les rendements historiques autour des élections de mi-mandat brossent un tableau relativement optimiste. Cependant, nous croyons que les investisseurs devraient se concentrer sur les facteurs fondamentaux, comme les conditions économiques, les bénéfices et la politique monétaire, qui influencent davantage les tendances des marchés boursiers à moyen et long terme.

Les prévisions des bénéfices devront être revues à la baisse pour tenir compte de la détérioration des conditions économiques

Prévisions générales du BPA sur 12 mois (1er janv. 2022 = 100)

Évolution des estimations du BPA prévisionnel sur 12 mois

Le graphique linéaire montre l’évolution des estimations du BPA prévisionnel sur 12 mois pour l’indice MSCI Monde tous les pays, l’indice S&P 500 l’indice STOXX Europe 500 et l’indice composé TSX. Les prévisions de bénéfices ont fait preuve de résilience cette année, malgré le ralentissement de l’économie mondiale. Les prévisions du BPA sont actuellement égales ou supérieures à ce qu’elles étaient en début d’année. Étant donné que les prévisions de croissance du PIB pour 2023 et 2024 dans les principales économies ont été substantiellement abaissées au cours des derniers trimestres, les prévisions de bénéfices devront probablement être aussi revues à la baisse pour tenir compte de la réalité économique.

  • Indice MSCI Monde tous les pays
  • S&P 500
  • Indice STOXX Europe 600
  • Indice composé S&P/TSX

Sources : RBC Gestion de patrimoine, Bloomberg ; données hebdomadaires prises en compte jusqu’au 4 novembre 2022.

Mais les perspectives demeurent sombres

D’après nous, les perspectives de l’économie mondiale et, par conséquent, des bénéfices des sociétés demeurent moroses, étant donné que les risques sont largement orientés à la baisse. Cette évaluation pessimiste découle en partie des réflexions visant à déterminer si les principaux facteurs qui ont plombé l’économie et les marchés financiers, à savoir l’inflation et le resserrement opéré par les banques centrales, sont maîtrisés ou se sont stabilisés au point d’inspirer suffisamment confiance pour qu’on puisse conclure que le pire est passé.

Nous nous approchons peut-être de ce tournant, mais la principale préoccupation demeure que l’inflation n’a toujours pas donné de signe tangible de plafonnement. L’inflation des biens a peut-être commencé à redescendre des niveaux très élevés observés au cours des deux dernières années. Par contre, nous croyons qu’il pourrait être plus ardu de maîtriser les hausses plus persistantes des prix des services et du logement, de sorte que le resserrement monétaire nécessaire pourrait s’avérer plus important que celui prévu actuellement par les marchés.

La Réserve fédérale (Fed) et les autres banques centrales doivent jouer les équilibristes entre le risque que l’inflation s’enracine et la possibilité d’un ralentissement marqué de l’économie, mais leurs mandats se concentrent actuellement sur la maîtrise de l’inflation. Si la Fed a clairement indiqué qu’elle pourrait ralentir le rythme des hausses de taux « dès la prochaine réunion », prévue en décembre, les décideurs ont réitéré que la trajectoire des taux d’intérêt resterait orientée à la hausse au cours des prochains trimestres.

À moins que l’inflation fléchisse plus rapidement que prévu au cours des prochains mois, la Fed décrétera d’autres hausses de taux qui accentueront le resserrement des conditions financières et freineront ainsi davantage l’activité économique. Dans ce contexte, les prévisions générales des bénéfices des sociétés nous paraissent encore trop optimistes. Elles devront probablement être revues à la baisse, afin de refléter les abaissements substantiels des prévisions de croissance du PIB pour 2024 pour l’ensemble des grandes économies ainsi que la nette décélération des indices PMI mondiaux.

Risques et occasions

Compte tenu de tous les aspects de l’incertitude économique, nous sommes d’avis que les investisseurs devraient conserver une approche légèrement défensive pour la composition des portefeuilles. Étant donné le resserrement monétaire coordonné à l’échelle mondiale et la tourmente géopolitique qui perdure, beaucoup d’indicateurs avancés mondiaux que nous surveillons conservent une tendance défavorable.

Pour les actions, l’incertitude entourant l’économie, les taux d’intérêt et l’inflation fait en sorte que l’éventail des résultats possibles à court terme est exceptionnellement large. Nous estimons que les cours des actions sont plus attrayants actuellement après les déclins enregistrés depuis le début de l’année. Cependant, l’attention pourrait se tourner vers l’affaiblissement des données fondamentales. En effet, les révisions à la baisse des prévisions générales des bénéfices cette année ont été limitées malgré le ralentissement de l’économie, laissant entrevoir des risques de baisse.

Parallèlement, nous croyons que le profil risque-rendement des titres à revenu fixe s’est considérablement amélioré. Presque tous les secteurs du marché obligataire ont inscrit des rendements négatifs en 2022 du fait de la hausse des taux plus rapide que d’ordinaire cette année. Mais il y a un aspect positif, selon nous : les taux obligataires étant beaucoup plus élevés, les attentes en matière de rendement se sont fortement améliorées pour l’avenir. En plus de rehausser le potentiel de rendement, nous croyons que le niveau de départ beaucoup plus haut des rendements en revenu procure aux obligations un coussin relativement plus important contre les prochaines hausses de taux.

La valeur relative favorise maintenant les titres à revenu fixe

Niveau actuel du ratio bénéfice prévisionnel/cours

Le graphique à barres montre le niveau actuel du ratio bénéfice prévisionnel/cours de l’indice MSCI Monde tous les pays et de l’indice S&P 500, ainsi que le niveau actuel du pire rendement de l’indice des titres de sociétés américaines Bloomberg, de l’indice global mondial des titres de crédit Bloomberg, de l’indice des obligations de sociétés américaines à rendement élevé Bloomberg, de l’indice des obligations mondiales de sociétés à rendement élevé Bloomblerg, comparativement aux niveaux d’il y a un an et aux moyennes depuis 2002. Sur le plan des rendements en revenus, l’avantage des actions sur les obligations de société a sensiblement diminué au cours de l’année écoulée.

  • Il y a un an
  • Actuellement
  • Moyenne depuis 2002

Nota : Le ratio bénéfice/cours est l’inverse du ratio cours/bénéfice prévisionnel. Le rendement en revenu des obligations renvoie au pire rendement de l’indice des titres de sociétés américaines Bloomberg, de l’indice global des titres de crédit Bloomberg, de l’indice des titres à rendement élevé de sociétés américaines Bloomberg et de l’indice des titres à rendement élevé de sociétés mondiales Bloomberg.

Sources : RBC Gestion de patrimoine, Bloomberg ; données hebdomadaires prises en compte jusqu’au 4 novembre 2022.

Bien que nous soyons conscients des obstacles économiques grandissants, les rendements en revenu globaux beaucoup plus élevés des titres à revenu fixe, qui semblent avoir connu une réévaluation ajustée au risque plus prononcée que les actions, nous portent à croire qu’il est encore temps d’accroître la part du budget de risque des portefeuilles attribuée aux obligations.


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