RBC
Mobile RBC

RBC Gestion de patriomoine

GRATUIT – Dans Google Play OBTENIR – Dans l'App Store

Installer

Partager

Perspectives mondiales : Jusqu’à tout récemment et pendant des mois, le marché est systématiquement allé de l’avant. Quelles sont vos prévisions pour l’année qui commence ?

Lori Calvasina : Nous croyons que 2020 se déroulera sous le signe de la modération, de la turbulence et du changement pour les marchés boursiers américains. À notre avis, le risque de repli à court terme est très élevé, principalement à cause des valorisations excessives et des positions résultant de l’exubérance des investisseurs institutionnels.

Cela dit, le S&P 500 connaît rarement des années baissières, sauf en cas de craintes à propos de la croissance, de récession ou d’éclatement d’une bulle sur les marchés financiers. Ces scénarios demeurent peu probables et, de ce fait, 2020 devrait être une autre année haussière, sauf qu’elle offrira des rendements plus volatils et plus près de la moyenne à long terme.

Notre cible pour le S&P 500 à la fin de 2020 est de 3 460, ce qui représente un gain de 7,1 % pour l’année complète. Cette cible repose sur l’hypothèse d’une légère expansion des marges bénéficiaires, d’une croissance des revenus de quelque 4 % et d’une croissance des bénéfices de 6 % (174 $ par action) par rapport à 2019. À notre avis, les rachats d’actions et les dividendes continueront de soutenir les actions américaines cette année.

Un indicateur de la confiance des marchés
Position acheteur nette notionnelle pour les contrats à terme des gestionnaires d’actifs sur le S&P 500 (USD)
Position acheteur nette notionnelle pour les contrats à terme des gestionnaires d’actifs sur le S&P 500
    (USD) chart

L’exubérance récente des investisseurs institutionnels qui transparaît dans leurs positions rend les marchés boursiers vulnérables aux mauvaises nouvelles.

Sources : Stratégie sur actions américaines, RBC Marchés des Capitaux, Bureau des contrats à terme RBC, Commodity Futures Trading Commission ; données prises en compte jusqu’au 21 janvier 2020

Quels seraient les catalyseurs potentiels d’un repli boursier ?

Les investisseurs pourraient se rendre compte que la croissance économique des États-Unis est susceptible de ralentir. De plus, les prévisions de bénéfices des sociétés risquent de diminuer.

Nous croyons que toute intensification des craintes liées au coronavirus pourrait accroître la volatilité des marchés boursiers américains à court terme, car le léger regain d’optimisme des entreprises observé au lendemain de l’accord commercial de phase un avec la Chine pourrait alors ne plus être justifié. Le problème le plus important tient au fait que les investisseurs pourraient remettre en question (du moins temporairement) l’élan d’espoir qui a propulsé les cours des actions américaines depuis l’automne. Cet élan était motivé par les attentes d’amélioration des conditions économiques mondiales.

En outre, les marchés pourraient pâtir de nouvelles tensions d’ordre géopolitique, par exemple entre les États-Unis et l’Iran, ou de rebondissements dans le conflit commercial avec la Chine à l’aube des négociations sur l’accord de phase deux. Nous doutons que l’accord de phase un soit assez complet pour restaurer la confiance des entreprises, qui a été grandement ébranlée.

Les élections aux États-Unis pourraient elles aussi faire dérailler les marchés. À notre avis, les investisseurs institutionnels sont devenus trop confiants : ils présument que les résultats des élections primaires et générales seront nécessairement bons pour les marchés. La saison des primaires du Parti démocrate, qui débute par les caucus de l’Iowa le 3 février et qui se termine essentiellement à la fin de mars, pourrait déstabiliser les marchés boursiers.

Pourquoi soutenez-vous que les valorisations du S&P 500 posent des difficultés ?

Compte tenu des baisses de taux d’intérêt de la Fed, les valorisations du S&P 500 ont bondi en 2019 et, à la fin de l’année, le ratio cours-bénéfice prévisionnel avait atteint un sommet de 19,8x (d’après les estimations générales pour les deux exercices suivants). Pour 2020, nous n’anticipons ni une expansion importante des ratios cours-bénéfice ni de nouvelles baisses de taux. De plus, nous ne parlerions pas d’assouplissement quantitatif pour décrire la gestion actuelle du bilan de la Fed. Par conséquent, nous sommes d’avis que les gains boursiers seront moins élevés en 2020.

Selon le modèle combiné de RBC Marchés des Capitaux, la valorisation du S&P 500 serait élevée
Selon le modèle combiné de RBC Marchés des Capitaux, la valorisation du S&P 500 serait élevée< chart

Rendements prévisionnels du S&P 500 dans 12 mois (à droite)

Cote Z du S&P 500 selon le modèle combiné (à gauche)

La valeur de notre modèle combiné a atteint son sommet pour le présent cycle haussier et se rapproche du sommet atteint en 1999.

Nota : Le modèle combiné a recours à 34 mesures différentes, dont différentes moutures des ratios cours-bénéfice, cours-valeur comptable et cours-flux de trésorerie.

Sources : Stratégie sur actions américaines, RBC Marchés des Capitaux, estimations de S&P Capital IQ/Clarifi, estimations de Refinitiv I/B/E/S ; données prises en compte jusqu’au 24 janvier 2020

Pour évaluer l’indice S&P 500, nous privilégions tout particulièrement le « modèle combiné ». Il consiste à résumer la valorisation de l’indice selon 34 mesures différentes, dont différentes moutures des ratios cours-bénéfice, cours-valeur comptable et cours-flux de trésorerie. Selon ce modèle, la valorisation du S&P 500 est très élevée par rapport à sa moyenne à long terme. De plus, ce type de valorisation s’accompagne généralement d’une croissance des marchés boursiers nulle ou inférieure à 5 % dans les 12 mois suivants.

Les valorisations élevées du S&P 500 nous portent encore plus à croire que les cours des actions américaines tiennent déjà compte des avantages éventuels de l’accord commercial de phase un avec la Chine. Les marchés en avaient fait autant au quatrième trimestre de 2017, alors que les baisses d’impôt des sociétés n’entraient en vigueur qu’en janvier 2018.

Comme les rendements s’annoncent moindres aux États-Unis, trouve-t-on des occasions plus intéressantes ailleurs ?

Nous commençons à voir des possibilités dans d’autres marchés. Cette situation s’explique principalement par la valorisation, les tendances économiques et la politique de la Fed. Le marché américain demeure surévalué par rapport à ceux de la plupart des autres régions importantes. Les bonnes surprises diminuent dans les données économiques intérieures, mais recommencent à faire leur apparition en Europe et en Chine. En règle générale, lorsque la Fed est en mode assouplissement, les marchés boursiers américains surclassent le reste du monde. Selon nos économistes, la banque centrale marquera une pause en 2020 en raison de la résilience de l’économie, de l’accalmie dans la guerre commerciale avec la Chine et des élections présidentielles. Les marchés boursiers américains perdraient alors un avantage qui les plaçait en tête de peloton.

Depuis la crise financière mondiale, le rendement des États-Unis par rapport aux autres marchés est vaguement lié à celui des actions américaines de croissance (p. ex., du secteur de la technologie) plutôt que de valeur (p. ex., des secteurs de la finance et des produits industriels). Les autres marchés boursiers sont moins centrés sur les secteurs de croissance et sont plutôt axés sur la valeur. Si le récent virage vers les actions américaines de valeur persistait, les marchés boursiers des autres pays pourraient dépasser l’indice S&P 500.

Les fonds d’actions américaines ont enregistré des flux négatifs récemment, contrairement aux fonds d’actions européennes, japonaises et chinoises. Au terme de nombreuses rencontres avec des investisseurs institutionnels, nous avons l’impression que les investisseurs mondiaux sont maintenant plus enclins à transférer leurs actifs des États-Unis vers d’autres pays qu’ils l’étaient depuis quelque temps.

Tendances de répartition régionale des fonds d’actions mondiales à grande capitalisation (pourcentage des actifs)
Tendances de répartition régionale des fonds d’actions mondiales à grande capitalisation (pourcentage des actifs) chart

Amérique du Nord

Grande Europe

Grande Asie

Les pondérations allouées à l’Amérique du Nord ont monté en flèche, alors que les positions en Europe et en Asie ont diminué, mais ces tendances pourraient commencer à s’inverser.

Sources : Stratégie sur actions américaines, RBC Marchés des Capitaux, Morningstar ; données prises en compte jusqu’au troisième trimestre de 2019

Dans quels secteurs des États-Unis voyez-vous les possibilités les plus intéressantes ?

Nous continuons de privilégier les secteurs de la finance et des produits industriels. Ils sont nettement sous-évalués par rapport à l’indice S&P 500 et en règle générale, ils enregistrent des rendements supérieurs lorsque la composante Nouvelles commandes de l’indice ISM manufacturier monte et que les actions de valeur dépassent les actions de croissance. Les flux des fonds négociés en bourse se sont récemment stabilisés dans ces secteurs.

Nous surpondérons également les services publics en guise de « police d’assurance » contre les épisodes de volatilité. Ce secteur est exposé à un faible risque politique lié aux élections présidentielles et tend à faire belle figure lorsque la composante Nouvelles commandes de l’indice ISM manufacturier recule. Il offrirait donc une certaine protection si les données économiques étaient décevantes. Il ne s’agit pas de notre scénario de base, quoiqu’il ne soit pas impossible compte tenu du stade avancé du cycle économique. Le secteur des services publics ne semble plus surévalué par rapport au S&P 500.

Merci de nous avoir donné vos impressions.

Lori Calvasina est première directrice générale et chef, Stratégie sur actions américaines de RBC Marchés des Capitaux, SARL. Son travail porte principalement sur l’établissement des positions dans les marchés boursiers américains en fonction de la taille, du style, des secteurs et du choix des actions. Elle a été stratégiste en actions dans de grandes banques d’investissement pendant près d’une vingtaine d’années. De plus, elle est souvent invitée par des médias financiers tels que CNBC et Bloomberg à transmettre sa connaissance des marchés boursiers américains.


Lori Calvasina est première directrice générale et chef, Stratégie sur actions américaines de RBC Marchés des Capitaux, SARL. Son travail porte principalement sur l’établissement des positions dans les marchés boursiers américains en fonction de la taille, du style, des secteurs et du choix des actions. Elle a été stratégiste en actions dans de grandes banques d’investissement pendant près d’une vingtaine d’années. De plus, elle est souvent invitée par des médias financiers tels que CNBC et Bloomberg à transmettre sa connaissance des marchés boursiers américains.

Au Québec, les services de planification financière sont fournis par RBC Gestion de patrimoine Services Financiers. qui est autorisé comme une société de services financiers dans cette province. Dans le reste du Canada, les services de planification financière sont disponibles à travers RBC Dominion valeurs mobilières.


Nous voulons discuter de votre avenir financier.