RBC
Mobile RBC

RBC Gestion de patriomoine

GRATUIT – Dans Google Play OBTENIR – Dans l'App Store

Installer

Partager

24 mars 2022

Par Joseph Wu, CFA

Malgré le pessimisme grandissant, les prévisions pour l’économie mondiale et les bénéfices des sociétés demeurent plutôt encourageantes. Les analystes interrogés par Bloomberg ont abaissé leurs estimations pour la croissance du PIB réel mondial en 2022 à 4 % (contre 4,3 % en février). Ce rythme reste supérieur au taux moyen de 3,7 % réalisé de 2010 à 2019 et devrait, à notre avis, créer des conditions économiques fondamentalement propices à l’expansion des bénéfices.

La faiblesse des actions observée depuis le début de 2022 s’explique en grande partie par un ajustement à la baisse des valorisations. Selon les estimations de Bloomberg, les bénéfices prévisionnels sur 12 mois pour l’indice MSCI Monde tous les pays sont en moyenne légèrement plus élevés aujourd’hui qu’au début de l’année. En revanche, le multiple que les investisseurs sont prêts à payer pour en profiter a diminué, puisqu’ils exigent une prime de risque plus forte afin de compenser les risques accrus pesant sur la croissance. Étant donné que les bénéfices devraient poursuivre leur ascension, la correction a eu pour effet d’améliorer considérablement les valorisations, comme le montre le graphique de droite.

Les valorisations prennent en compte certains obstacles à court terme

Ratios cours/bénéfices prévisionnels et moyennes à long terme

Ratios cours/bénéfices prévisionnels et moyennes à long terme

Le graphique linéaire montre les ratios cours-bénéfice prévisionnel de l’indice S&P 500, de l’indice composé TSX, de l’indice MSCI Europe et de l’indice MSCI Marchés émergents par rapport à leur moyenne à long terme respective depuis 2015. Les ratios de valorisations ont nettement baissé depuis le début de 2022. À l’heure actuelle, le S&P 500 est encore au-dessus de sa moyenne à long terme, tandis que les autres indices se situent à des niveaux inférieurs ou conformes aux moyennes à long terme.


S&P 500

MSCI Europe

Indice composé TSX

MSCI ME

Sources : RBC Gestion de patrimoine, Bloomberg ; données prises en compte jusqu’au 23 mars 2022

L’indice S&P 500, qui présente un ratio cours/bénéfice prévisionnel sur 12 mois de 19,2x, semble encore surévalué, mais pas autant qu’il y a quelques mois. Les valorisations boursières au Canada, en Europe et dans les pays émergents sont maintenant inférieures ou à peu près conformes à leurs

moyennes à long terme. Même si les prévisions de bénéfices baissaient légèrement au cours des prochains mois, les risques accrus à court terme semblent s’être un peu éloignés

Conflit, marchandises et leçon d’histoire

Le fait que le conflit entre la Russie et l’Ukraine pourrait se terminer de nombreuses façons, aussi bien par la conclusion rapide d’un cessez‑le‑feu que par plusieurs années de combats, suscite l’inquiétude. Toutefois, les négociateurs ont récemment indiqué qu’une solution diplomatique restait possible. Portés par cet optimisme, les marchés ont décollé de leurs derniers creux.

Les prix des marchandises, qui ont augmenté de près de 30 % depuis le début de l’année selon l’indice Bloomberg, sont un facteur à surveiller de près, car ils se répercutent sur tous les aspects de l’économie. Tant que les marchés ne verront pas de signes clairs d’apaisement des tensions géopolitiques, nous pensons que les prix des marchandises demeureront élevés et volatils, surtout dans le secteur énergétique.

Les chocs géopolitiques causent toujours des perturbations à court terme, mais l’histoire nous apprend que les répercussions des grands conflits militaires sur les marchés s’estompent rapidement. Néanmoins, le processus de paix, qui permettrait aux marchés de recentrer leur attention sur les déterminants fondamentaux, sera sans doute parsemé d’écueils susceptibles de provoquer d’autres épisodes de volatilité.

La politique monétaire et les problèmes de l’offre

Au début de l’année, le problème le plus pressant pour les grandes banques centrales, en particulier la Réserve fédérale américaine (Fed), était de pouvoir resserrer la politique monétaire, afin de juguler l’inflation, sans miner gravement la croissance. Cet équilibre délicat est devenu encore plus difficile à atteindre depuis que la flambée des prix des marchandises et la tourmente géopolitique menacent l’activité économique. Rappelons cependant que les marchés s’attendent déjà à ce que la Fed opère un resserrement musclé, en prenant en compte sept nouvelles hausses des taux d’intérêt d’ici la fin de 2022.

Reste à savoir si un nombre aussi important sera effectivement nécessaire. Une bonne partie des pressions inflationnistes actuelles sont attribuables à l’offre. Or, la politique monétaire a peu d’effet sur des facteurs tels que l’approvisionnement en pétrole, les pénuries de ressources et l’engorgement des chaînes logistiques. De récents signes d’amélioration dans les chaînes logistiques indiquent par ailleurs que l’inflation pourrait fléchir au cours des prochains trimestres, réduisant ainsi les pressions exercées sur la Fed. De plus, étant donné que les conditions financières se sont nettement resserrées ces derniers mois, comme le montre le graphique de droite, les banques centrales peuvent maintenant souffler un peu.

Le resserrement des conditions financières allège la tâche de la Fed

Indice des conditions financières aux États‑Unis Goldman Sachs

Indice des conditions financières aux États‑Unis Goldman Sachs

Le graphique linéaire illustre l’évolution depuis 2015 de l’indice des conditions financières aux États-Unis Goldman Sachs. L’indice est une mesure générale des conditions financières aux États-Unis qui tient compte du taux d’intérêt sans risque, du taux de change, des valorisations boursières et des écarts de crédit. Une hausse de l’indice signale un resserrement des conditions financières. Le dernier relevé est de 98, alors qu’il se situait à 96,9 au début de novembre 2021.

Une tendance baissière indique l'assouplissement des conditions financières ; une tendance haussière indique le resserrement des conditions financières.

Sources : RBC Gestion de patrimoine, Bloomberg ; données prises en compte jusqu’au 23 mars 2022

Du côté de l’économie américaine, nous sommes d’avis que les assises demeurent solides. Les prévisions des dépenses de consommation restent prometteuses, grâce à l’excellente situation financière des ménages, favorisée par l’épargne accumulée durant la pandémie, les gains de valeur nette et l’effervescence du marché de l’emploi. La demande des entreprises devrait également avoir un effet positif selon nous, puisqu’elles comptent augmenter leurs investissements et reconstituer leurs stocks afin de répondre à la demande des consommateurs.

Certains risques doivent être surveillés de près. À cet égard, mentionnons que la courbe de taux des principaux effets du Trésor américain s’aplatit rapidement et que les anticipations inflationnistes à long terme ont récemment gagné du terrain. Néanmoins, nous continuons de penser qu’une récession est relativement peu probable aux États‑Unis au cours des 12 prochains mois.

Garder le cap en adoptant une structure défensive

Nous demeurons optimistes quant aux actions et aux titres de créance de sociétés, puisque nous sommes d’avis que l’expansion économique se poursuivra et que les bénéfices des sociétés augmenteront sans doute au cours des prochains trimestres. Les valorisations tiennent déjà compte de certains risques à court terme. Cependant, nous redoutons de prochains épisodes de volatilité, tant que les investisseurs ne seront pas rassurés à propos des perspectives relatives à l’inflation, à la politique monétaire et au conflit entre la Russie et l’Ukraine. Il paraît donc judicieux de renforcer modérément les caractéristiques défensives des portefeuilles au vu des solides données fondamentales et des risques croissants.

Comme l’appréciation du capital sera probablement plus difficile à obtenir dans ces conditions, les sociétés qui versent des dividendes et les sociétés de qualité supérieure – c’est‑à‑dire capables d’accroître les rachats d’actions, moins endettées et affichant des bénéfices plus stables que la moyenne – peuvent selon nous contribuer à atténuer les effets de la volatilité des marchés. La durée de la guerre en Ukraine et les dégâts qu’elle causera étant impossibles à prévoir, les titres liés aux marchandises et aux ressources pourraient constituer des facteurs de diversification à court terme.

En ce qui concerne les titres à revenu fixe, rehausser la qualité en tirant parti de la forte augmentation des rendements en revenu des obligations d’État, qui intègrent maintenant des prévisions de hausses de taux importantes, pourrait renforcer la résilience des portefeuilles.


Au Québec, les services de planification financière sont fournis par RBC Gestion de patrimoine Services Financiers. qui est autorisé comme une société de services financiers dans cette province. Dans le reste du Canada, les services de planification financière sont disponibles à travers RBC Dominion valeurs mobilières.