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18 août 2022

Kelly Bogdanova
Vice-présidente et analyste de portefeuille
Services-conseils en gestion de portefeuille – États-Unis

Par Kelly Bogdanova

Le vieux cliché des marasmes estivaux où le marché boursier tourne ordinairement au ralenti tandis que les investisseurs institutionnels et particuliers partent en vacances pour se détendre s’est dissipé. Dernièrement, le marché américain était loin d’être ennuyeux.

Après le creux atteint par l’indice S&P 500 le 16 juin, clôturant par une baisse de 23,1 % depuis le début de l’année, le marché s’est sensiblement redressé, en rattrapant une bonne partie du terrain perdu. Mercredi, l’indice S&P 500 a clôturé la séance par une baisse de « seulement » 10,3 %.

L’indice S&P 500 a rebondi depuis le creux de la mi-juin (variation en CA, en %)

Variation quotidienne en pourcentage de l’indice S&P 500 du 1er janvier 2022 au 25 juillet 2022

Le graphique linéaire indique la variation quotidienne en pourcentage de l’indice S&P 500 du 1er janvier 2022 au 25 juillet 2022, comparativement à son niveau du 31 décembre 2021. Le sommet record établi par l’indice le 3 janvier a été suivi d’un repli jusqu’à la fin de janvier, compte tenu des préoccupations générées par l’inflation et les hausses de taux d’intérêt de la part de la Réserve fédérale. Le 11 février, le marché a commencé à prendre en compte le risque lié au conflit entre la Russie et l’Ukraine, et a cédé 5,6 % entre cette date et le 8 mars, lorsqu’il a atteint son creux. Dans l’ensemble, le 8 mars, le marché avait reculé de 13,1 % en cumul annuel. Il a ensuite rebondi et en date du 18 mars, il avait dépassé son niveau du 11 février, annulant toutes les pertes découlant de l’opération militaire. Entre avril et la mi-juin, le marché a enregistré son recul le plus marqué jusqu’à présent cette année, atteignant un creux le 16 juin, en baisse de 23,1 % en cumul annuel. Depuis, il a regagné une partie du terrain perdu. Au 17 août, le S&P 500 avait perdu 10,3 % en cumul annuel.

  1. 3 janv. : sommet record
  2. Inflation, craintes de resserrement de la Fed
  3. Risques liés à l’Ukraine et à la Russie
  4. Préoccupations liées à la hausse des taux, à l’économie et aux bénéfices
  5. 16 juin : -23,1 % CUM
  6. Remontée des actions alors que l’inflation ralentit, la Fed suscite moins de craintes et les bénéfices du T2 sont bons
  7. 17 août : -10,3 % CUM

Sources : RBC Gestion de patrimoine, Bloomberg ; données quotidiennes prises en compte jusqu’au 17 août 2022

Les évolutions qui ont propulsé le marché...

  • Une inflation apprivoisée et les perspectives d’un nouveau recul. Oui, il reste définitivement beaucoup de pain sur la planche pour maîtriser l’inflation, et ceci pourrait prendre du temps, mais avec le recul de l’inflation globale mesurée par les prix à la consommation de 9,1 % en juin à 8,5 % en juillet, les données évoluent enfin dans le bon sens. Les diminutions des prix du pétrole, de l’essence et d’autres marchandises intervenues en août devraient aider à faire avancer le processus.
  • Une Réserve fédérale vigilante et tributaire des données. Les représentants ont déclaré qu’ils étaient déterminés à faire le nécessaire pour lutter contre l’inflation. Ils ont également souligné qu’ils seront attentifs aux nouvelles données économiques et ajusteront leur politique monétaire en conséquence. L’attitude combinée de vigilance par rapport à l’inflation et de souplesse a adouci les craintes des intervenants du marché qui pensaient que la Réserve fédérale irait trop loin en haussant les taux beaucoup plus que nécessaire.
  • Les résultats du deuxième trimestre ne sont pas simplement « mieux qu’on le craignait », mais mieux que prévu. Les revenus et les bénéfices des sociétés de l’indice S&P 500 ont affiché une bonne tenue dans l’ensemble. De nombreuses entreprises doivent composer avec l’inflation et les déséquilibres économiques. À présent, plus de 90 % des sociétés de l’indice S&P 500 ont publié leurs résultats, et la croissance des bénéfices enregistre un rythme de 9,7 % sur un an. Ceci se démarque notablement des prévisions générales des analystes de Wall Street de 5,5 % au début de la période de publication des bénéfices.
  • Les indicateurs économiques ne ralentissent pas tous rapidement. Au deuxième trimestre, le PIB s’est révélé résolument négatif pour le second trimestre d’affilée, et certaines données depuis lors ont été assez faibles (secteur manufacturier de la région de New York, mises en chantier et optimisme des petites entreprises), mais l’économie ne s’est pas fait mettre au tapis. Le très important secteur des services démesuré continue son expansion à un bon rythme, les ventes au détail tiennent relativement bon à l’échelle nationale, et l’emploi reste ferme.

Au fur et à mesure que ces faits positifs ont été absorbés, la tendance sur le marché boursier a commencé à s’inverser.

Rendement depuis le creux du 16 juin 2022

Rendements de quatre indices clés des États-Unis et des secteurs du S&P 500 entre le creux atteint le 16 juin 2022 et le 17 août 2022

Le graphique linéaire dénote les rendements de quatre indices clés des États-Unis et des secteurs du S&P 500 entre le creux atteint le 16 juin 2022 et le 17 août 2022. Les indices Nasdaq, Russell 2000, S&P 500 et Dow Jones des valeurs industrielles ont rapporté respectivement 21,5 %, 20,5 %, 16,6 % et 13,5 %. Les rendements des secteurs du S&P 500 ont été les suivants : consommation discrétionnaire 27,9 %, technologie de l’information 21,9 %, services publics 18,8 %, SPI 17,6 %, produits industriels 16,6 %, finance 15,8 %, consommation de base 11,9 %, soins de santé 11,3 %, services de télécommunications 10,8 %, matières 7,7 %, énergie 0,0 %.

* L’indice Russell 2000 est un indice d’actions de sociétés à petite capitalisation.

Sources : RBC Gestion de patrimoine, Bloomberg ; données quotidiennes prises en compte jusqu’au 17 août 2022

Les indices et les secteurs les plus à la traîne au cours des six premiers mois de l’année se sont le plus redressés depuis le creux atteint par le marché à la mi-juin. Les actions de sociétés à petite capitalisation (Russell 2000), et les secteurs de la consommation discrétionnaire et de la technologie au sein de l’indice S&P 500 ont été particulièrement vigoureux.

À l’inverse, le secteur de l’énergie a affiché le pire rendement depuis le creux de juin, à cause de la nette diminution des prix du pétrole. Ce secteur était de loin le plus solide auparavant.

Depuis le début de l’année, le secteur de l’énergie a toujours une bonne longueur d’avance (+39,3 %) tandis que les services de communication sont le plus à la traîne (-25,0 %).

Des renforts sont-ils attendus sur le marché ?

Nous pensons qu’il existe des raisons de croire que le marché pourra trouver un soutien à court terme.

Au cours de la période de publication des résultats du deuxième trimestre, il y a eu de nombreuses annonces de rachat d’actions, lesquelles viennent s’ajouter aux plans annoncés précédemment par d’autres sociétés.

Selon les rapports de nos fournisseurs de services de recherche, certains investisseurs institutionnels craignent de rater une occasion de reprise, et pourraient donc prendre plus de risques au cours des prochaines semaines.

Certains indicateurs techniques envoient des signaux favorables. Depuis la Seconde Guerre mondiale, lorsque l’indice S&P 500 a récupéré 50 % de ses pertes en période de marché baissier (comme c’était le cas récemment), le marché n’a pas poursuivi ultérieurement sa descente pour atteindre un nouveau creux pendant le cycle, selon les recherches de CFRA.

Selon des données remontant jusqu’au début des années 1900, une étude du prestataire de services de recherche Fundstrat a démontré qu’après l’atteinte d’un seuil de remontée de 50 %, le marché avait poursuivi sa reprise pendant les douze prochains mois dans 86 % des occasions, avec un gain moyen de 13 %.

Restons vigilants

Ces signaux favorables sont encourageants, mais selon nous, ce n’est pas le moment de relâcher notre vigilance.

La lutte contre l’inflation n’a pas encore été remportée. En supposant que les prix à la consommation continuent de se replier cette année et l’année prochaine, comme l’anticipent les économistes de RBC, on ne connaît toujours pas l’ampleur de la diminution. Nous doutons que l’inflation attribuable aux salaires soit déjà terminée, et les tensions inflationnistes dans certains segments de l’économie pourraient persister. Nous pensons que les tendances des prix dans les composantes de l’indice des prix à la consommation autres que celles des produits de base seront déterminantes dans le parcours de l’inflation.

Les données économiques semblent vulnérables à un autre ralentissement et une récession formelle et généralisée n’est pas à exclure. Lorsque la Réserve fédérale rehausse les taux d’intérêt, il se passe ordinairement plusieurs mois avant que les coûts d’emprunt plus élevés ne commencent à miner l’activité économique. Dernièrement, le plus grand indicateur de notre feuille de pointage en matière de récession s’est détérioré.

Les estimations de l’indice S&P 500 pour 2023 ont légèrement diminué pendant la période de publication des bénéfices du deuxième trimestre. Elles pourraient continuer de diminuer au fur et à mesure que les répercussions des hausses de taux précédentes et futures commencent à s’intégrer – la question étant « de combien? »

Nous pensons que la majeure partie de la liquidation boursière et des risques sur le marché sont probablement chose du passé, tant que la Réserve fédérale se retient de freiner à bloc, et que l’inflation ne reste pas à des niveaux élevés pendant une période prolongée.


Au Québec, les services de planification financière sont fournis par RBC Gestion de patrimoine Services Financiers. qui est autorisé comme une société de services financiers dans cette province. Dans le reste du Canada, les services de planification financière sont disponibles à travers RBC Dominion valeurs mobilières.


Kelly Bogdanova

Vice-présidente et analyste de portefeuille
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