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18 février 2021

Thomas Garretson, CFA
Premier stratégiste, Portefeuilles
Stratégies des titres à revenu fixe
Services-conseils en gestion de portefeuille – États-Unis

Par Thomas Garretson, CFA

Le marché n’avait pas connu une période d’accroissement des taux depuis longtemps. Le taux de l’obligation du Trésor américain à dix ans, qui sert de référence, a franchi la barre du 1,30 % cette semaine (le taux le plus élevé depuis la même période l’an dernier), soit une hausse marquée depuis le creux de 0,51 % en août dernier. Dans ce contexte, les investisseurs évaluent la menace pour les actions des États‑Unis, dont de nombreux indices avoisinent des sommets records.

À quoi sont dus les mouvements des taux obligataires ? Jusqu’à présent, ils sont presque entièrement attribuables à la réévaluation des attentes d’inflation du marché dans le contexte des projections de croissance à la hausse. Alors que le taux de l’obligation du Trésor à dix ans est maintenant supérieur de 0,78 % à son point le plus bas, les prévisions du marché pour le taux d’inflation sur dix ans ont augmenté d’environ 0,61 % au cours de la même période. De toute évidence, des craintes d’inflation persistent, mais nous croyons que le marché a entièrement pris en compte la majeure partie des pressions inflationnistes à court terme. À preuve, le procès‑verbal de la réunion de la Réserve fédérale publié cette semaine citait les risques d’inflation cette année, mais à long terme, la plupart des responsables des politiques considèrent toujours que le risque d’inflation est orienté à la baisse.

Comme le montre le graphique, nous croyons que les taux reviennent rapidement vers les niveaux d’avant la pandémie dans un contexte d’optimisme grandissant quant aux perspectives et à la remise en marche de l’économie. Toutefois, après de fortes augmentations, les taux des titres du Trésor restent généralement cantonnés dans des fourchettes relativement étroites. Le sondage réalisé par Bloomberg auprès des analystes en février indique une révision à la hausse marquée des prévisions du taux de l’obligation à dix ans, mais les répondants entrevoient encore un taux inférieur à 2 % jusqu’au milieu de 2023.

Le taux des obligations du Trésor augmentera, mais le plafond restera bas
Le graphique indique le taux de l’obligation du Trésor à dix ans depuis 2012.

Le graphique indique le taux de l’obligation du Trésor à dix ans depuis 2012. Avant la pandémie de 2020, il s’est établi la plupart du temps au-dessus de 1,50 %. Comme les marchés constatent que la situation se normalise de plus en plus, le taux des obligations du Trésor devrait aussi revenir vers la normale. Les prévisionnistes croient maintenant qu’il atteindra 2 % d’ici 2023.


Taux de l’obligation du Trésor à 10 ans
Évolution prévue du taux de l’obligation du Trésor à 10 ans

Plancher avant la pandémie

Sources : RBC Gestion de patrimoine, Bloomberg, sondage sur les prévisions générales Bloomberg pour février ; données prises en compte jusqu’au 18 février 2021

À notre avis, le prochain seuil critique pour l’obligation à dix ans est de 1,50 %. Ce pourcentage a effectivement été le plancher des taux lors des dix dernières années. Nous partageons le point de vue de ceux qui croient que, par la suite, le taux de l’obligation à dix ans aura du mal à dépasser 2 % avant que la Réserve fédérale en soit à un stade avancé de son prochain cycle de hausse de taux. Selon nous, ce moment ne surviendra pas avant quelques années. Sur un horizon de 12 à 24 mois, nous croyons que le taux des obligations à dix ans se maintiendra entre 1,50 % et 2 %.

Pas de panique

Alors que les taux des obligations gagnent du terrain, la menace possible pour les valorisations boursières fait les manchettes. Essentiellement, puisque le cours d’une action est simplement la valeur actualisée des flux de trésorerie futurs de l’entreprise, l’actualisation de ces flux de trésorerie à des taux plus élevés devrait entraîner une baisse du cours des actions et des évaluations. Toutefois, l’élément clé est le niveau des taux par rapport à la croissance. Tant que les taux ne devancent pas trop les bénéfices des sociétés et la croissance économique, l’incidence nette devrait être généralement neutre.

Dans le graphique du haut, nous tentons de démontrer cette dynamique, car l’évolution des taux des obligations du Trésor tend à suivre la trajectoire des bénéfices des sociétés, plus particulièrement depuis quelque temps. En effet, l’accroissement des taux reflète la hausse marquée des estimations de bénéfices pour les sociétés membres du S&P 500.

Le taux des obligations du Trésor et les bénéfices des sociétés ont tendance à évoluer de concert
Le graphique montre la hausse des taux des obligations du Trésor au cours des six derniers mois.

Le graphique révèle que la hausse des taux des obligations du Trésor au cours des six derniers mois a coïncidé avec une augmentation des bénéfices estimatifs des sociétés qui a gonflé les évaluations boursières. Étant donné que ces deux mouvements se produisent dans un contexte d’amélioration de la croissance, la hausse des taux des obligations du Trésor ne devrait pas suffire à elle seule à faire baisser le cours des actions.


Estimations de bénéfices pour le S&P 500

Taux de l’obligation du Trésor à 10 ans

Sources : RBC Gestion de patrimoine, estimations de Bloomberg ; montre les changements sur des périodes mobiles de six mois ; données prises en compte jusqu’au 18 février 2021

Le graphique montre également que la hausse des taux et des estimations de bénéfices reflète actuellement une amélioration des perspectives de croissance. Selon nous, ce facteur l’emportera sur les risques liés à la progression des taux pour les marchés au début d’une reprise économique. Comme nous estimons aussi que les taux des obligations du Trésor finiront probablement par rester ancrés près de niveaux historiquement bas, nous en concluons que le scénario selon lequel la hausse des taux fera baisser le cours des actions ne tient pas la route.

Suivre le rythme tant bien que mal

Pour en revenir aux marchés des titres à revenu fixe, la marée montante des taux des obligations du Trésor n’a pas soulevé tous les bateaux. Bien que les taux des obligations du Trésor aient bondi de près de 80 points de base depuis le mois d’août, le rendement en revenu moyen de l’indice des obligations de sociétés de catégorie investissement Bloomberg Barclays est essentiellement inchangé à tout juste 1,93 %. Le taux des obligations municipales a en fait reculé à des creux records au cours des derniers mois, le rendement en revenu moyen de l’indice d’obligations municipales Bloomberg Barclays étant passé de près de 1,50 % l’automne dernier à tout juste 0,95 % à l’heure actuelle. Il va sans dire qu’en dépit de la hausse des taux des obligations du Trésor américain, il s’agit d’un contexte difficile pour les investisseurs en quête de revenu.

Les courbes des taux aux États‑Unis : suivre le rythme de l’inflation
Le graphique montre la courbe de rendement de divers segments de titres à revenu fixe américains de 1 an à 30 ans.

Le graphique montre la courbe de rendement de divers segments de titres à revenu fixe américains de 1 an à 30 ans par rapport à la cible d’inflation de 2 % de la Réserve fédérale. La plupart d’entre eux offrent des taux largement inférieurs à ce pourcentage.


Sociétés notées BB

Sociétés de catégorie investissement

Municipalités

Trésor

Inflation moyenne de 2 %

Sources : RBC Gestion de patrimoine, Bloomberg ; la courbe des obligations municipales présente le rendement imposable équivalent dans l’hypothèse d’un taux d’imposition de 40 % ; données prises en compte jusqu’au 18 février 2021

Compte tenu des attentes quant à la hausse de l’inflation, ce contexte est d’autant plus ardu pour les investisseurs qui cherchent des stratégies leur permettant, à tout le moins, de suivre le rythme. À notre avis, les attentes selon lesquelles la Réserve fédérale maintiendra les taux à 0 % pendant un certain nombre d’années expliquent pourquoi les taux à court terme restent à des niveaux historiquement bas. Les courbes des taux étant maintenant les plus accentuées depuis 2016, les investisseurs peuvent obtenir un rendement en revenu supérieur en prolongeant les échéances. Nous privilégions une approche à volets extrêmes, soit un amalgame de titres de courte durée à réinvestir dans la mesure où les taux augmentent, et des placements à échéance éloignée afin de réduire le manque à gagner. Enfin, nous continuons d’augmenter le revenu des portefeuilles en investissant dans le segment des actions privilégiées, qui, selon nous, demeurera bien soutenu.


Cet article a été initialement publié dans Perspectives mondiales hebdomadaires avec le titre « Avoir ce qu'il faut. »

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