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19 janvier 2023

Kelly Bogdanova
Vice-présidente et analyste de portefeuille
Services-conseils en gestion de portefeuille – États-Unis

Les principaux marchés boursiers ont commencé l’année sur une note positive dans un contexte marqué par la baisse de l’inflation et la conviction que le cycle de hausse des taux des grandes banques centrales touche à sa fin. Les marchés ont aussi été soutenus par des données économiques meilleures que prévu.

Aux États-Unis, les indices des sociétés à petite et à moyenne capitalisation ont surpassé les indices des sociétés à grande capitalisation. En cumul annuel jusqu’au 18 janvier, l’indice des sociétés à petite capitalisation S&P 600 et l’indice des sociétés à moyenne capitalisation S&P 400 ont gagné respectivement 5,0 % et 4,6 %. Pour la même période, l’indice S&P 500 des sociétés à grande capitalisation a progressé de 2,3 %.

Nous estimons que les titres de sociétés à petite et à moyenne capitalisation pourraient dégager un rendement supérieur à celui des titres de sociétés à grande capitalisation cette année, et qu’ils devraient donc faire l’objet d’une surpondération dans le volet des actions américaines. Lori Calvasina, cheffe, Stratégie sur actions américaines, RBC Capital Markets, LLC, recommande aussi d’investir dans les sociétés à petite capitalisation en 2023, ce segment étant celui qui lui inspire la plus grande confiance.

Voici six caractéristiques qui, à notre avis, rendent les titres des sociétés à petite et à moyenne capitalisation attrayants.

Valorisations absolues inférieures à la moyenne : selon les données de Bloomberg, le ratio cours-bénéfice prévisionnel de l’indice des sociétés à petite capitalisation S&P 600 est de 14,1 x, soit bien en deçà des moyennes de 20,8 x sur 10 ans et de 19,6 x sur 20 ans. Le ratio cours-flux de trésorerie disponibles de l’indice est également inférieur à la moyenne historique. L’indice des sociétés à moyenne capitalisation S&P 400 semble également sous-évalué, son ratio étant de 14,4 x comparativement aux moyennes de 19,0 x sur 10 ans et de 18,1 x sur 20 ans. De son côté, l’indice S&P 500 se négocie selon un ratio de 17,5 x, ce qui est supérieur à la moyenne sur 20 ans de 16,8 x.

Valorisations relatives faibles : lorsqu’on compare les valorisations avec celles du S&P 500, les ratios cours-bénéfice (C/B) des titres de sociétés à petite et à moyenne capitalisation se situent près de leur plus bas niveau depuis la bulle technologique, selon les prévisions générales des bénéfices. En fait, ces ratios sont nettement inférieurs à la moyenne sur une base relative. Voilà l’une des principales raisons pour lesquelles nous recommandons de privilégier les sociétés présentant une capitalisation moins grande. Par le passé, de tels écarts de valorisation ont coïncidé avec un rendement supérieur des sociétés à petite et à moyenne capitalisation.

Comparativement aux sociétés à grande capitalisation, les valorisations des indices des sociétés à petite et à moyenne capitalisation sont près de leurs niveaux les plus bas en 20 ans

Ratio cours-bénéfice de l’indice des sociétés à petite capitalisation S&P 600 par rapport au S&P 500 (ratios C/B SML/SPX)

Ratio cours-bénéfice de l’indice des sociétés à petite capitalisation S&P 600 par rapport au S&P 500

Le graphique linéaire montre l’évolution depuis janvier 2003 du ratio cours-bénéfice de l’indice des sociétés à petite capitalisation S&P 600 sur celui du S&P 500. Pour cette période, la moyenne est de 1,18. De 2003 à 2009, les valorisations des titres de sociétés à petite capitalisation sont généralement restées sous la moyenne. De 2009 à 2016, les valorisations des titres de sociétés à petite capitalisation ont généralement dépassé la moyenne. Depuis 2018, les valorisations des titres de sociétés à petite capitalisation sont principalement demeurées inférieures à la moyenne, à l’exception d’une forte hausse durant la crise liée à la COVID-19 en 2020. Depuis le milieu de 2021, les valorisations des titres de sociétés à petite capitalisation se sont maintenues bien en deçà de la moyenne et se situent actuellement à 0,82, près de leur niveau le plus bas en 20 ans.

Ratio cours-bénéfice de l’indice des sociétés à moyenne capitalisation S&P 400 par rapport au S&P 500 (ratios C/B MID/SPX)

Ratio cours-bénéfice de l’indice des sociétés à moyenne capitalisation S&P 400 par rapport au S&P 500

Le graphique linéaire montre l’évolution depuis janvier 2003 du ratio cours-bénéfice de l’indice des sociétés à moyenne capitalisation S&P 400 sur celui du S&P 500. Pour cette période, la moyenne est de 1,09. De 2003 à 2005, les valorisations des titres de sociétés à moyenne capitalisation sont généralement restées sous la moyenne. De 2005 à 2009, les valorisations des titres de sociétés à moyenne capitalisation sont passées au-dessus et en dessous de la moyenne à différents moments De 2009 à 2017, les valorisations des titres de sociétés à moyenne capitalisation ont été le plus souvent supérieures à la moyenne. À partir de 2018, les valorisations des titres de sociétés à moyenne capitalisation sont principalement restées sous la moyenne. Depuis le milieu de 2021, les valorisations des titres de sociétés à moyenne capitalisation se sont maintenues bien en deçà de la moyenne et se situent actuellement à 0,82, près de leur niveau le plus bas en 20 ans.

Sources : RBC Gestion de patrimoine, Bloomberg ; données en fin du mois, à l’exception du dernier relevé en date du 18 janvier 2023

De meilleures perspectives de bénéfices : les prévisions générales de croissance des bénéfices pour l’ensemble des principaux indices suivent encore une tendance baissière qui se maintiendra vraisemblablement pendant au moins un autre trimestre ; l’ampleur des révisions à la baisse dépendra du dynamisme global de l’économie. Une telle situation est normale lorsque la croissance du PIB est faible et que l’économie manque de vigueur ou ralentit.

Bien que le processus de révision à la baisse des prévisions de bénéfices soit déjà bien avancé pour tous les segments de capitalisation, nous croyons que les cours des indices des sociétés à petite et à moyenne capitalisation tiennent déjà compte de toute réduction additionnelle des estimations dans une plus grande mesure que le S&P 500.

De plus, depuis juin 2022, les tendances en matière de révision des prévisions de bénéfices pour l’indice Russell 2000 des sociétés à petite capitalisation ont été plus favorables que celles du S&P 500. La croissance des bénéfices au sein des indices des sociétés à petite capitalisation pourrait surpasser celle du S&P 500 en 2023.

L’éventualité d’une récession est déjà prise en compte : Mme Calvasina croit que les titres de sociétés à petite capitalisation reflètent déjà une possible récession. Selon son analyse des corrélations entre les tendances économiques et les indices boursiers, elle estime que les actions de sociétés à petite capitalisation tiennent non seulement compte d’un repli de la fabrication depuis l’été dernier (ce repli a commencé en novembre), mais aussi, depuis un certain temps, d’une hausse des demandes d’assurance-chômage qui caractérise habituellement une récession (cette hausse ne s’est pas encore matérialisée).

Des remontées plus marquées au début des marchés haussiers : nous ne savons pas encore si les creux des indices atteints en 2022 seront les plus bas du présent cycle baissier. Nous croyons que cela dépendra en grande partie des tendances économiques (atterrissage brutal ou en douceur) et de la politique monétaire (possibilité de resserrement excessif de la Réserve fédérale). La situation devrait se préciser au cours des prochains mois.

Quoi qu’il en soit, lorsque l’économie américaine traverse des périodes difficiles, les titres des sociétés à petite et à moyenne capitalisation dominent généralement lors des premières étapes du marché haussier subséquent. Ainsi, les actions de sociétés à petite capitalisation ont historiquement affiché des rendements inférieurs au début des récessions, avant de dégager des rendements supérieurs vers le milieu des récessions. Mme Calvasina souligne que ces redressements ont souvent coïncidé avec une hausse du taux de chômage, qui se produit généralement lorsqu’il ne fait plus aucun doute que les pressions récessionnistes ont pris racine.

Avantages de la diversification : il est évident que les placements dans des sociétés à petite et à moyenne capitalisation contribuent à la diversification sur le plan de la capitalisation boursière. Cela dit, ils procurent deux autres avantages importants en matière de diversification :

  • Les indices des sociétés à petite et à moyenne capitalisation sont moins tributaires d’un petit nombre d’actions. Les dix principaux titres du S&P 500 représentent pas moins de 24,4 % de cet indice, tandis que les dix principaux titres des indices de sociétés à petite capitalisation S&P 600 et des sociétés à moyenne capitalisation S&P 400 ne représentent respectivement que 5,7 % et 6,1 % de ces indices.
  • De plus, la part des différents secteurs varie considérablement selon les segments de capitalisation. La technologie de l’information occupe une place prépondérante dans le S&P 500, tandis que les secteurs des produits industriels, de la finance et de la consommation discrétionnaire sont plus largement représentés dans les indices des sociétés à petite et à moyenne capitalisation, comme l’illustre le tableau.

D’après nous, ces six caractéristiques justifient la surpondération des sociétés américaines à petite et à moyenne capitalisation dans le volet des actions américaines en 2023, car elles accroissent la probabilité que ces segments du marché dégagent des rendements supérieurs.

La part des secteurs et d’autres caractéristiques diffèrent considérablement selon les segments de capitalisation boursière

Indice S&P 500 (grande cap.) Indice S&P 400 (moyenne cap.) Indice S&P 600 (petite cap.)
Pondérations sectorielles
Serv. de communications 7,3 % 2,1 % 1,9 %
Cons. discrétionnaire 9,8 % 14,0 % 12,6 %
Consommation de base 7,2 % 4,0 % 5,2 %
Énergie 5,2 % 3,9 % 4,6 %
Finance 11,7 % 15,2 % 18,3 %
Soins de santé 15,8 % 10,2 % 11,2 %
Produits industriels 8,7 % 19,8 % 17,2 %
Techn. de l’information 25,7 % 12,1 % 12,9 %
Matières 2,7 % 6,5 % 5,6 %
Immobilier 2,7 % 8,1 % 7,9 %
Services publics 3,2 % 4,1 % 2,6 %
Caractéristiques de l’indice
Nombre de titres 503 401 601
Cap. boursière la plus importante (M$ US) 2 066 941,77 $ 14 950,13 $ 6 282,48 $
Capitalisation moyenne (M$ US) 67 159,80 $ 5 474,83 $ 1 574,10 $
Capitalisation médiane (M$ US) 29 391,14 $ 5 162,85 $ 1 333,16 $
Pondération du titre le plus important 6,1 % 0,7 % 0,7 %
Pondération des 10 titres les plus importants 24,4 % 6,1 % 5,7 %

Source : Indices S&P et Dow Jones ; données en date du 31 décembre 2022


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Kelly Bogdanova

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