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Opinion éclairée – Épisode 19 : Stu Morrow

Édition spéciale : le point de vue de M. Morrow sur la récente volatilité des marchés

L’émission Opinion éclairée, animée par Stu Morrow, stratégiste en chef, Placements, RBC PH&N Services-conseils en placements, est une série d’enregistrements audio visant à tenir les clients informés des opinions éclairées des chefs de file et spécialistes de la principale société de gestion de patrimoine la plus importante du Canada.

Hôte de l‘épisode : Stu Morrow : Stratégiste en chef, Placements, RBC PH&N Services-conseils en placements

Dans cet épisode spécial de la série Opinion éclairée, M. Morrow nous présente son point de vue et nous donne des conseils au sujet de la récente flambée de volatilité sur les marchés. Il nous livre également sa vision sur les principaux thèmes qui préoccupent les investisseurs aujourd’hui.

Transcription

Dans cet épisode, j’aborde la toute récente flambée de la volatilité des marchés, celle-ci faisant suite à une période haussière qui s’est avérée extraordinaire. À RBC PH&N Services-conseils en placements, nous adoptons toujours une approche de placement cohérente à long terme, et puisque notre entreprise est axée sur la clientèle, nous tenons à rassurer et à informer les clients en leur donnant un juste point de vue sur cette récente évolution des marchés.

J’aimerais commencer par quelques questions. La première qui se pose: qu’est-ce qui motive la récente volatilité des marchés? Lorsque les marchés sont sous tension, il est important d’adopter une vue d’ensemble. Tout d’abord, mentionnons que les actions mondiales ont inscrit de solides gains depuis2020, et qu’elles ont poursuivi sur leur lancée en2021. En fait, les actions mondiales ont attiré en 2021 des entrées de fonds égales à toutes les entrées cumulatives au cours des 19années précédentes.

Le marché a été propulsé par une bonne dose d’optimisme à propos de l’économie et des bénéfices des entreprises, mais aussi par les politiques monétaires extraordinaires des banques centrales. Ce contexte a rendu les titres à revenu fixe moins attrayants que les actions et a provoqué une forte hausse des placements à risque.

Pa conséquent, les segments des marchés comme les actions de sociétés américaines à grande capitalisation ont vu leurs valorisations haussées au-delà de leur juste valeur, ce qui les a rendues plus vulnérables à l’intensification de la volatilité. Cette situation fâcheuse a en fait commencé avec des actions comme celles de Zoom, Netflix, Peloton, Lululemon et d’autres titres de ce secteur qui ont connu une forte demande résultant de l’avènement du télétravail, tandis que les valorisations devenaient excessives.

L’année a commencé en réalité par un recul du marché obligataire causé par un début de resserrement des conditions financières, bien que ces conditions demeurent en grande partie accommodantes. Des nouvelles de la Réserve fédérale américaine ont montré une propension à accélérer le retrait de la politique monétaire accommodante plus vite que le marché ne s’y attendait peut-être, à la suite d’une hausse de l’inflation plus forte que prévu.

De plus, l’offre d’obligations est plutôt abondante en 2022, ce qui fait augmenter l’offre et accentue la pression à la vente sur les positions obligataires existantes. Cette situation exerce une pression à la hausse sur les taux obligataires.

Récemment, l’inquiétude a gagné les marchés face à l’incertitude et à l’aggravation des tensions entre la Russie et l’Ukraine, ce qui a enclenché une période d’aversion pour le risque sur le marché. Comme nous le savons, les marchés d’actions et d’obligations n’aiment pas l’incertitude, et ils peuvent avoir tendance à surestimer le risque de baisse lorsqu’il est question d’événements futurs. Toute désescalade sur la scène géopolitique favorisera alors certainement un retour à la prise de risque et aux actions.

En un mot, comme l’aversion au risque a régné sur les marchés en ce début d’année, nous avons sûrement vécu l’essentiel des pressions à la vente, qui se sont répercutées sur les valorisations élevées de titres de croissance moins rentables comme ceux du Nasdaq-100 et de certains segments du S&P 500. Les actions canadiennes se sont cependant mieux tirées d’affaire jusqu’à maintenant que leurs homologues américaines.

La deuxième question qui se pose est la suivante: la situation est-elle à ce point grave ou en train de le devenir? D’abord, je tiens à dire que personne ne peut répondre à cette question avec certitude, mais que nous ne pensons pas que tel soit le cas.

Premièrement, quand la volatilité s’intensifie et que les actions sont en chute, nous regardons souvent les marchés du crédit pour voir si des signes permettent de confirmer que la situation pourrait s’aggraver et que, par exemple, elle présente un risque accru de récession. Et jusqu’à maintenant, alors que les écarts de crédit-l’une des principales mesures du risque-sont un peu plus élevés en ce début d’année, ils sont loin des niveaux précédents, ce qui porte à croire qu’un recul des actions est encore à venir.

On nous a demandé si cette correction boursière aux États-Unis était motivée par un durcissement de la politique de la Réserve fédérale, et advenant le cas, ce que les perspectives laissaient présager à moyen terme pour les actions. Nous avons observé les quatre derniers cycles de resserrement monétaire aux États-Unis, où le taux moyen des fonds fédéraux ou le taux d’intérêt à court terme a augmenté de 300points de base ou de 3% par rapport aux creux. Et, au cours de ces quatre cycles de resserrement, qui ont débuté en 1985 et comprennent la période la plus récente se terminant en 2020, le rendement global moyen du S&P 500 s’établit à plus de 90%, avec une fourchette de gains allant de 45% à 225%, ce qui s’est vu durant la période allant de 1993 à 2000.

Pour ce qui est de l’inflation, nous continuons de croire qu’elle plafonnera bientôt, ou qu’elle a déjà atteint un sommet, ce qui nous porte à croire que la récente liquidation n’annonce pas le début d’une situation plus grave. Alors que les interruptions dans la chaîne logistique se poursuivent, nous voyons des signes d’amélioration progressive de la capacité de traitement. Certains tarifs de fret principaux ont diminué, les retards de conteneurs semblent légèrement à la baisse et la production automobile a commencé à redémarrer tout récemment.

Les dépenses en immobilisations ont augmenté, ce qui devrait entraîner d’autres hausses de la productivité et une baisse des mesures de l’inflation. Et il y a peu de temps, nous avons même constaté un ralentissement de la demande de biens de consommation dans les statistiques sur les ventes au détail, ce qui aura pour effet de ralentir le rythme de variation des hausses de prix ou de l’inflation. En résumé, étant donné que l’inflation s’atténuera, nous prévoyons un retrait moins brusque des mesures de relance monétaire à l’approche de l’été.

Alors, pour en revenir à la question concernant la gravité de la situation, je tiens à souligner que les corrections du marché boursier du type de celle que nous avons vue ou expérimentée jusqu’à maintenant en 2022 sont chose commune. Jusqu’à ce mois-ci, le S&P 500 a connu une période de 451jours de négociation sans subir une correction de 10%, qui correspond à peu près à notre situation actuelle, et le temps écoulé entre les corrections est environ le même maintenant que par le passé. Au cours de la dernière décennie, l’indice S&P 500 a subi dix corrections d’au moins 10%. Cet épisode ne nous a donc pas surpris sur ce point, pas plus qu’il ne nous cause de terribles inquiétudes en ce moment.

En plus d’attirer l’attention sur le fait que des corrections de 10% sont plus communes que ce qu’on peut penser, il importe aussi de mettre en évidence les occasions qui accompagnent les corrections, et qui sont fort attrayantes après des liquidations. Alors, quand vous retournez voir les données historiques et que vous remontez aussi loin que possible, soit en 1929, vous constatez que les rendements des actions dans les 12mois suivant une chute de 20% ont été de 21%. Les données historiques nous montrent aussi qu’en réalité, les rendements subséquents sur un an continuent d’augmenter lorsque les liquidations sont plus intenses. Par exemple, les liquidations causant une baisse de 55% ou plus ont entraîné en moyenne un rendement boursier de 63% l’année suivante.

Ainsi, les rendements antérieurs ne sont peut-être pas garants des rendements futurs, mais nous voyons qu’ils offrent effectivement un grand éclairage. Il faut voir que la volatilité ne se résume pas au risque, qu’elle représente aussi une occasion pour les investisseurs à long terme de profiter d’une situation qui en oblige certains à vendre à bas prix.

La troisième question qui se pose est la suivante: depuis le début de l’année, certaines circonstances ont-elles changé notre point de vue sur la répartition de l’actif? Nos perspectives demeurent inchangées en ce moment, et je dirais que nous avons prévu une volatilité intense cette année. Après une vente à profit d’actions survenue vers la fin de l’année, nous continuons de recommander une modeste surpondération en actions dans les portefeuilles équilibrés traditionnels.

Selon des données fondamentales, nous voyons encore les conditions économiques sous-jacentes s’améliorer, et les bénéfices des entreprises tiennent bon, malgré les inquiétudes concernant la hausse des coûts des intrants et la diminution des marges en découlant. Il est encore tôt en ce début de quatrième trimestre d’annonce de bénéfices, mais nous prévoyons que les marges resteront stables grâce à l’amélioration de la productivité et à des prix surpassant l’augmentation des salaires.

Nous prévoyons une intensification de la volatilité, alors que les taux d’intérêt s’éloigneront des alentours de zéro pour monter à des niveaux reflétant des politiques moins accommodantes.

Je crois qu’il est important de noter que, comme toujours, les principes de la diversification de portefeuilles sur lesquels nous nous appuyons sont éprouvés, non seulement en ce qui concerne les catégories d’actif, mais aussi pour les régions, les devises et les stratégies de placement, et qu’il faut maintenir ses placements. Rappelez-vous qu’il y aura toujours des raisons de vendre, peut-être comme il y en a eu ce mois-ci, ce dont nous avons parlé dans notre article sur les perspectives pour 2022. L’article incluait un graphique très instructif sur ce sujet. Donc, si vous ne l’avez pas encore lu, faites-en la demande. Nous serons heureux de vous procurer une copie de cet article et de répondre à toute question que vous pourriez vous poser.

Le dernier point sur la répartition de l’actif est que l’anticipation du marché nous paraît pour le moins extrêmement difficile, et que par conséquent, nous conseillons une approche plus systématique pour rééquilibrer les portefeuilles après les liquidations.

Nous savons que l’ajout d’actions après un repli n’est pas une pilule facile à avaler. Toutefois, comme nous l’avons mentionné, les perspectives de rendement s’améliorent de toute évidence en période de recul des marchés. Le choix d’une stratégie d’achats périodiques par sommes fixes pour entrer sur le marché dans de tels contextes élimine à la fois la crainte de procéder trop tôt à des achats et la crainte de manquer la reprise subséquente.

Et la dernière question, qu’on nous pose souvent: que surveillerez-vous sans cesse cette année ou pendant ces événements? J’aimerais attirer votre attention sur certains points. D’abord, nous observerons les propos de la Banque du Canada et de la Réserve fédérale des États-Unis, qui se sont réunies cette semaine.

Quelle que soit la nature des politiques de resserrement adoptées pour le futur, nous voyons que les forces structurelles exerçant des pressions à la baisse sur le taux des obligations demeureront bien en place. On compte parmi ces forces la démographie, la lourdeur de la dette publique, les inégalités de revenus et de richesse ainsi qu’un nombre important d’acheteurs moins soucieux des prix, comme les banques centrales, les caisses de retraite et les sociétés d’assurance, les banques et les fonds de placement.

Au cours des prochaines semaines, nous surveillerons l’humeur des entreprises pendant la présente période de publication des bénéfices. Il s’agit d’une évaluation majeure éclairant les perspectives des entreprises pour les coûts, et par le fait même, pour les marges et les flux de trésorerie disponibles. Cette vue influence les prévisions de croissance des analystes, et donc aussi les attentes en matière de rendement à court terme des actions.

Au cours des semaines et des mois qui suivront, ainsi que je l’ai mentionné plus tôt, les écarts de crédit et la courbe de rendement seront tous deux surveillés afin de mesurer leurs répercussions sur les marchés d’actions et d’obligations.

Et finalement, sur le plan géopolitique, de nombreux articles ont traité de l’escalade des tensions entre la Russie et l’Ukraine, de la possibilité bien présente d’un conflit que je ne sous-estimerais pas, mais sur laquelle je n’insisterai pas outre mesure.

Avec optimisme, on peut envisager que certains facteurs s’opposeront peut-être à une invasion par la Russie dans une période rapprochée. Si on se reporte en2014, M.Poutine n’a pas ordonné l’invasion de l’Ukraine avant que les Jeux olympiques d’hiver aient pris fin. Les Jeux olympiques d’hiver qui se tiendront à Beijing commenceront dans une semaine, et le ministère des Affaires étrangères de la Chine a déjà demandé à tous les pays de respecter la Trêve olympique adoptée par l’ONU, allant de sept jours avant le début des Jeux Olympiques jusqu’à sept jours après la fin des Jeux Paralympiques. Cette résolution a été adoptée en décembre2021 avec l’accord de la Russie.

Il est clair que la Chine veut éliminer toute distraction d’ici le 20mars afin que toute l’attention soit dirigée sur l’événement grandiose qu’elle tiendra. La Russie peut évidemment changer d’idée. Je ne pense pas que cela se produise, mais je poserais ouvertement la question: pourquoi M.Poutine, qui est à proprement parler un dirigeant à vie, embêterait-il la Chine alors qu’il peut sans doute facilement envahir l’Ukraine plus tard ou l’hiver prochain? Et à bien y penser, il en coûterait trop à la Russie d’agir en ce moment, alors que le pays subit déjà des sanctions pour ce qui s’est passé en Crimée.

Certes, nous garderons à l’œil la menace d’un conflit auquel prendraient part plusieurs pays, mais nous avons remarqué que, dans le passé, ces épisodes de fortes tensions disparaissent souvent aussi vite qu’ils sont apparus. Mais nous resterons à l’affût de tensions persistantes, surtout lorsque le marché du pétrole est au premier plan, car elles pourraient nuire à la croissance future.

Ainsi se termine cet épisode du balado. Je tiens à vous remercier, chers clients, pour la confiance que vous nous accordez quant à la gestion de votre patrimoine. Vous pouvez vous attendre à la publication régulière de mises à jour comme celle-ci, qui suivront le fil des événements se déroulant dans les semaines et les mois à venir. Entre-temps, nous vous invitons à communiquer avec votre gestionnaire de portefeuille pour toute question ou préoccupation que vous pourriez avoir. Au revoir!

Déclaration

Cet épisode d’Opinions éclairées a été enregistré le 25 janvier 2022. 

Note sur les références des indices

Indice S&P 500

L’indice S&P 500 est composé de 500 sociétés représentant divers secteurs d’activités de l’économie américaine. L’indice est pondéré en fonction de la capitalisation boursière, de façon à ce que les plus grandes sociétés constituent la majeure partie de l’indice, par rapport aux petites sociétés. L’indice vise à mesurer la performance économique générale des États-Unis en se fondant sur les fluctuations de la valeur marchande globale des plus grandes sociétés américaines.

Indice NASDAQ-100

L’indice NASDAQ-100 est un indice boursier américain composé de 102 titres de capitaux propres émis par 100 des plus importantes sociétés non financières inscrites au NASDAQ. Cet indice est pondéré en fonction de la capitalisation boursière. Les pondérations des titres de l’indice sont établies selon leurs capitalisations boursières, et certaines règles visent à limiter l’influence des principales composantes.

Stuart Morrow est stratégiste en chef, Placements, RBC Phillips, Hager & North Services-conseils en placements inc. (RBC PH&N SCP). Les opinions exprimées par Stuart Morrow et ses invités lors de la baladodiffusion sont les leurs et ne reflètent pas l’avis de RBC PH&N SCP et de ses sociétés affiliées. 

Cette baladodiffusion est offerte à titre indicatif seulement et ne devrait pas être le fondement de décisions de placement. Elle ne constitue ni une offre de vente ni la sollicitation d’une offre d’achat de titres. Les renseignements fournis dans cette baladodiffusion ne sont pas des conseils relatifs aux placements, fiscaux ou juridiques. Nous invitons les particuliers à s’adresser à un conseiller fiscal et à un conseiller juridique compétents avant de prendre des décisions fondées sur les renseignements qui y sont fournis. Ni RBC PH&N SCP ni l’une ou l’autre de ses sociétés affiliées ni toute autre personne n’acceptent en aucun cas la responsabilité de toute perte directe ou indirecte découlant de toute utilisation des données contenues dans cette baladodiffusion. Les clients de RBC PH&N SCP peuvent conserver des positions dans les titres dont il est question dans cette baladodiffusion.

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