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Opinion éclairée – Épisode 21 : Rapport spécial sur l’invasion de l’Ukraine par la Russie

Des perspectives et des analyses opportunes sur l’incidence de l’invasion de l’Ukraine par la Russie

L’émission Opinion éclairée, animée par Stu Morrow, stratégiste en chef, Placements, RBC PH&N Services-conseils en placements, est une série d’enregistrements audio visant à tenir les clients informés des opinions éclairées des chefs de file et spécialistes de la principale société de gestion de patrimoine la plus importante du Canada.

Hôte de l‘épisode : Stu Morrow : Stratégiste en chef, Placements, RBC PH&N Services-conseils en placements

Dans cet épisode spécial d’Opinion éclairée, M. Morrow présente des perspectives et des analyses opportunes sur l’incidence de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, et donne des conseils sur la façon dont les investisseurs devraient réagir à la volatilité des marchés mondiaux qui en découle.

Transcription

Bonjour à tous. Merci de me rejoindre dans ce balado où je vais aborder les événements survenus en Ukraine le 24 février 2022. Je vais vous expliquer ce qui s’est passé ces derniers jours, et l’incidence sur les marchés jusqu’à maintenant. Pour mettre les choses en contexte, je rappellerai la façon dont les marchés ont réagi à ce type d’événements dans l’histoire. Et enfin, je conclurai sur l’approche que nous pensons adopter en matière de gestion du portefeuille.

Alors que savons-nous jusqu’à présent ? Le président russe Poutine a ordonné l’invasion de l’Ukraine, confirmant ainsi les avertissements des responsables américains sur l’imminence d’une telle opération. Les puissances occidentales sont sur le point d’imposer des sanctions plus sévères à Moscou, et envisagent de couper l’accès du pays aux marchés financiers internationaux. Le projet de gazoduc Nord Stream 2 a déjà été arrêté. La Maison-Blanche a insisté sur le fait qu’elle ne ciblerait pas le secteur énergétique russe, car cela ne ferait qu’exacerber les tensions qui perturbent l’approvisionnement en ce moment.

Dans notre dernier balado, nous avons suggéré que la Russie attendrait probablement la fin des Jeux olympiques d’hiver de Pékin pour envahir l’Ukraine, afin de ne pas faire de l’ombre à la Chine. Il n’est donc pas étonnant qu’un jour à peine après la clôture des Jeux olympiques d’hiver, Poutine ait fait entériner l’indépendance de deux régions séparatistes ukrainiennes par le Parlement russe.

Donc quelle est l’incidence sur les marchés financiers à ce jour ? Nous ne sommes qu’au début de ces événements, mais nous voyons déjà une aversion pour le risque se dessiner sur les marchés. Les cours des actions baissent tandis que ceux des obligations augmentent. Jusqu’à présent, les indices boursiers européens se replient fortement en début de matinée, mais cela était à prévoir compte tenu de la proximité du conflit. Les marchés obligataires ont la même réaction d’aversion pour le risque. Nous constatons un tassement des taux des obligations d’État en Allemagne, au Royaume-Uni et au Japon.

Les investisseurs se replient vers la sécurité des obligations du Trésor américain. Le taux des obligations américaines à 10 ans se trouve de nouveau en dessous de 1,85 % au moment où nous parlons, ce qui est nettement inférieur au taux de plus de 2 % enregistré en début d’année. Nous notons une vigueur du dollar américain. Et bien sûr, l’or s’est redressé à l’annonce de ces événements, dans le sillage de son excellent parcours depuis le début de l’année. Le pétrole brut est évidemment en forte hausse, et les marchés de l’énergie poursuivent sur leur trajectoire amorcée pendant la dernière partie de 2021.

Nous savons bien que les rendements historiques ne garantissent jamais les rendements futurs, mais comment les marchés financiers ont-ils réagi aux actes de guerre par le passé ? Étonnamment, l’histoire montre que le nombre de jours pendant lesquels le marché boursier américain s’inscrit en baisse à la suite d’actes de guerre est généralement assez faible.

Lors des 28 liquidations qui ont fait suite aux événements géopolitiques survenus depuis la Seconde Guerre mondiale, le S&P 500 a mis environ 3semaines pour tomber au plus bas et 3autres pour rebondir. La baisse médiane s’est établie à environ 5,7 % dans des situations similaires. Et cela n’exclut pas des baisses et des reprises plus longues ou plus courtes. Par exemple, lors de l’invasion irakienne du Koweït en août 1990, le marché boursier américain a reculé de 18 % pendant 51 jours puis il lui a fallu 138 jours pour regagner le terrain perdu. En remontant plus loin, lorsque le Japon a attaqué Pearl Harbor en décembre 1941, le marché boursier américain a cédé 8,2 % en 12 jours et il a mis 240 jours à se redresser. Si nous regardons la dernière invasion de la Crimée par la Russie en 2014, les marchés américains ont chuté pendant une journée seulement, d’un peu moins de 1 %, et ils se sont rétablis en deux jours à peine.

Bien sûr, ce conflit est unique à bien des égards. Compte tenu des risques d’inflation dont nous avons parlé, les conditions financières sont généralement plus serrées. Et tout porte à croire que les sanctions contre la Russie et les répercussions sur les prix de l’énergie pourraient placer les marchés sur une trajectoire jamais vue par le passé. Ou peut-être pas.

La hausse des prix des marchandises et d’importantes réformes budgétaires ont permis à la Russie de se constituer un confortable matelas financier, sous forme de réserves de change et de fonds souverains. Ses réserves internationales s’élèvent actuellement à environ 630 milliards de dollars américains, soit le niveau le plus haut jamais atteint. Et cela lui donne une certaine latitude pour résister aux sanctions occidentales et à une perte potentielle de recettes d’exportation.

Nous continuerons donc de suivre ces événements et leur incidence sur les marchés du crédit et les obligations du Trésor, en restant attentifs à tout signe de faiblesse en matière de crédit ou de liquidité.

Quelles sont les répercussions potentielles sur les politiques de resserrement des banques centrales dans le monde ? La situation nous ramène à qui semble être le principal facteur de risque sur les marchés, au moins depuis quelques mois. En outre, les chocs énergétiques stagflationnistes, et par conséquent l’accélération de l’inflation, la baisse des revenus réels et de l’activité réelle, et les risques de perturbations liées aux sanctions surviennent à un moment où les banques centrales tentent déjà de maîtriser la flambée inflationniste provoquée par la pandémie. Cela pourrait provoquer un choc dans les prix des marchandises, créer encore plus de tensions inflationnistes, et maintenir l’inflation à un niveau élevé dans le futur.

De plus, nous voyons monter une inquiétude à propos de la liquidité des marchés financiers, du fait que les conditions du crédit se sont resserrées au cours des derniers mois. Et je crois que c’est précisément ce que les responsables de la Fed et des autres banques centrales surveilleront, pour vérifier si les marchés monétaires et obligataires fonctionnent correctement malgré la volatilité et le risque accrus. Et si nous remontons dans l’histoire, nous savons que le risque lié à la liquidité prévaut sur le risque d’inflation. Toute menace pour la liquidité peut amener les banques centrales mondiales à se positionner rapidement en fonction d’un scénario de récession.

Je pense donc que le marché finira par se tranquilliser, à l’idée que la Fed et les autres banques centrales mondiales ne laisseront pas le risque de liquidité s’aggraver au milieu de cette crise. Dans les premiers rapports de presse, les représentants de la Banque centrale européenne et de la Banque du Japon ont pris acte de la situation en Ukraine et annoncé qu’ils chercheraient à soutenir les marchés au besoin. De plus, dans les jours et semaines à venir, les représentants de la Fed feront probablement des déclarations à la presse sur la politique monétaire et la liquidité dans le contexte de l’invasion en Ukraine.

Les investisseurs seront à l’affût d’une position accommodante de la Fed au cours des prochains jours, afin de calmer les marchés d’actions et obligations. Quoi qu’il en soit, le prochain événement attendu de tous est la réunion du Comité fédéral de l’open market prévue mi-mars, où la Fed devrait relever ses taux de 25 points de base au moins. Je pense que cette décision peut être tenue pour acquise. Les investisseurs attendent surtout des précisions à propos des plans ultérieurs de hausse des taux et de réduction du bilan, notamment le calendrier et l’ampleur des mesures prévues.

Compte tenu de tout cela, comment envisageons-nous la gestion du portefeuille ? Nous ne faisons pas de changements radicaux pour le moment. Premièrement, c’est trop tôt. Et puis comme nous l’avons dit, les événements géopolitiques ont rarement écarté les marchés de leur trajectoire pendant de très longues périodes par le passé.

Nous devons garder à l’esprit que nous sommes souvent nos pires ennemis. Penser à son portefeuille de placements sur un horizon de quelques jours n’a jamais été une stratégie saine pour construire de la richesse à long terme. Les recherches empiriques nous indiquent que l’investisseur moyen dégage généralement moins de rendement qu’un organisme de placement collectif moyen dans le temps. Cette contre-performance est habituellement due à notre propre comportement ou à celui des investisseurs.

À RBC PH&N Services-conseils en placements, nous croyons que nous préparer à ce qui vient est une meilleure stratégie que d’essayer de prédire l’avenir. Selon nous, investir à long terme plutôt que d’essayer d’anticiper le marché a toujours été une stratégie gagnante au fil du temps. Et c’est dans des moments comme celui-ci que nous réaffirmons les raisons pour lesquelles nous construisons des portefeuilles diversifiés pour nos clients et maintenons cette discipline en matière de gestion du risque.

À mesure de l’évolution de la situation en Ukraine, nous vous tiendrons au courant de nos dernières opinions et réflexions sur le marché. Comme toujours, si vous avez des questions ou des préoccupations au sujet de ce que vous avez entendu aujourd’hui ou à propos de votre portefeuille, vous pouvez communiquer avec votre conseiller en placement. Prenez soin de vous, et à très bientôt.

Déclaration

L’épisode 21 de la baladodiffusion Opinion éclairée a été enregistré le 24 février 2022 

Stuart Morrow est stratégiste en chef, Placements, RBC Phillips, Hager & North Services-conseils en placements inc. (RBC PH&N SCP).  Les opinions exprimées par Stuart Morrow sont les siennes et ne reflètent pas l’avis de RBC PH&N SCP et de ses sociétés affiliées. 

Cette baladodiffusion est offerte à titre indicatif seulement et ne devrait pas être le fondement de décisions de placement.  Elle ne constitue ni une offre de vente ni la sollicitation d’une offre d’achat de titres.  Les renseignements fournis dans cette baladodiffusion ne sont pas des conseils relatifs aux placements, fiscaux ou juridiques.  Nous invitons les particuliers à s’adresser à un conseiller fiscal et à un conseiller juridique compétents avant de prendre des décisions fondées sur les renseignements qui y sont fournis.  Ni RBC PH&N SCP ni l’une ou l’autre de ses sociétés affiliées ni toute autre personne n’acceptent en aucun cas la responsabilité de toute perte directe ou indirecte découlant de toute utilisation des données contenues dans cette baladodiffusion. Les clients de RBC PH&N SCP peuvent conserver des positions dans les titres dont il est question dans cette baladodiffusion.

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