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Opinion éclairée – pisode 26 : Au nord du 49e parallèle

Examen approfondi de l’état et des perspectives des marchés canadiens

 

L’émission Opinion éclairée, animée par Stu Morrow, stratégiste en chef, Placements, RBC PH&N Services-conseils en placements, est une série d’enregistrements audio visant à tenir les clients informés des opinions éclairées des chefs de file et spécialistes de la principale société de gestion de patrimoine la plus importante du Canada.

Hôtes de l‘épisode : Irene Fernando & Sarah Neilson : Vice-présidentes et premières gestionnaires de portefeuille, RBC Gestion mondiale d’actifs Inc. (RBC GMA)

Dans cet épisode d’Opinion éclairée, Stu Morrow accueille Irene Fernando et Sarah Neilson, vice-présidentes et premières gestionnaires de portefeuille, RBC Gestion mondiale d’actifs Inc. (RBC GMA). Ces spécialistes des marchés boursiers canadiens discutent des défis et des occasions concernant les actions canadiennes. Elles donnent de précieux points de vue sur les conséquences de la flambée des prix des marchandises pour le secteur de l’énergie au pays. Elles nous font également part de leur vision sur la hausse des taux d’intérêt ainsi que de son incidence sur l’économie dans son ensemble et le secteur financier canadien.

Mme Fernando s’est jointe à RBC GMA en 2007. Elle a progressivement grimpé les échelons d’année en année : après avoir exercé les fonctions d’analyste en recherche, elle a été promue gestionnaire associée de portefeuille, puis première gestionnaire de portefeuille. Mme Neilson est entrée dans notre société en 2004. Comme Mme Fernando, elle a progressé au sein de la hiérarchie à RBC GMA. Elle dirige également l’intégration des critères ESG dans le processus de placement de l’équipe Actions nord-américaines de RBC GMA. Mesdames Fernando et Neilson gèrent conjointement le Fonds de valeur d’actions canadiennes PH&N et le Fonds de revenu mensuel RBC, qui représentent environ dix milliards de dollars d’actifs sous gestion.

Transcription

Stu Morrow:

Bienvenue à Opinion éclairée.

Nous enregistrons cet épisode le 17 mai, et je suis sûr que la plupart d’entre vous conviendraient que jusqu’à présent, 2022 n’a pas été tendre avec nous, les investisseurs. Les rendements des obligations et des actions reflètent les craintes de récession, alors que la politique monétaire passe de l’assouplissement au resserrement dans le cadre d’une lutte contre l’inflation, ce qui complique les perspectives d’inflation en raison de la hausse des prix des marchandises, attribuable à un certain nombre de déséquilibres de la demande et de l’offre.

Néanmoins, malgré les préoccupations liées à la récession, les actions canadiennes se démarquent depuis le début de l’année. Ce succès est attribuable à la forte proportion de sociétés de services financiers, qui profiteront probablement de la hausse des taux d’intérêt, et de sociétés du secteur de l’énergie et des matières qui bénéficient des prix des marchandises plus élevés.

Mais que pourrait-on attendre des actions canadiennes à partir de maintenant, en ce qui concerne les sociétés de l’énergie et des services financiers ? Pour vous parler des facteurs qui contribuent au rendement relatif positif des actions canadiennes et réfléchir aux perspectives de ce marché, j’ai à mes côtés deux invitées spéciales de l’équipe Actions nord-américaines de RBC Gestion mondiale d’actifs.

Ma première invitée est Irene Fernando, vice-présidente et première gestionnaire de portefeuille. Après avoir rejoint RBC en 2007, Irene a progressé au sein de RBC Gestion mondiale d’actifs au fil des ans, d’abord comme analyste en recherche, puis gestionnaire de portefeuille associée, jusqu’à devenir première gestionnaire de portefeuille.

Notre seconde invitée est Sarah Neilson, vice-présidente et première gestionnaire de portefeuille. Sarah est entrée dans notre société en 2004. De même qu’Irène, elle a occupé des fonctions de plus en plus élevées à RBC Gestion mondiale d’actifs. Sarah aide également l’équipe à intégrer les facteurs ESG à son processus de placement. De plus, Irene et Sarah gèrent conjointement le Fonds de valeur d’actions canadiennes PH&N et le Fonds de revenu mensuel RBC, qui représentent environ 10 milliards de dollars d’actifs gérés.

Toutes deux sont considérées comme des expertes du marché boursier canadien et siègent au Comité des placements de la société. Irene et Sarah, bienvenue à Opinion éclairée.

Sarah Neilson:

Merci de nous avoir invitées.

Stu Morrow:

Sarah, peut-être commencerons-nous avec vous. Je l’ai en quelque sorte mentionné dans mon entrée en matière, mais les sociétés énergétiques canadiennes ont bénéficié de l’augmentation des prix pétroliers mondiaux. Que pensez-vous des actions canadiennes de l’énergie, présentes dans vos portefeuilles aujourd’hui ?

Sarah Neilson:

Oui. Excellente question, Stu. Et je pourrais revenir un peu en arrière et vous parler de quelques faits saillants macroéconomiques.

Comme vous l’avez souligné, les prix du pétrole sont très solides depuis le début de l’année. Alors que nous nous sommes remis de la pandémie, la demande de transport, les utilisations industrielles ont presque rattrapé leurs niveaux de 2019, ces niveaux d’avant la pandémie.

Au début de l’année, les approvisionnements en pétrole ont eu du mal à répondre à la demande, après le coup de frein donné aux investissements et à la croissance de la production. Et c’est en partie dû aux prix bas que nous observons, mais aussi aux préoccupations liées aux enjeux ESG et à la pression des investisseurs qui demandent une moindre croissance des investissements, et les investisseurs veulent vraiment récupérer leurs capitaux placés dans les sociétés de l’énergie. Et donc ils ont arrêté de dépenser.

Et l’invasion de l’Ukraine par la Russie a encore plus fragilisé cet équilibre fondamental de l’offre. La Russie est l’un des premiers exportateurs de pétrole brut et de gaz naturel, et les sanctions ont diminué sa capacité à approvisionner les marchés mondiaux. Et le problème s’aggrave en ce moment. Par conséquent, le prix du pétrole brut s’est rehaussé de plus de 50 % depuis le début de l’année. Je crois que nous sommes près de 115 $ le baril ce matin.

Et les prix du gaz naturel ont aussi monté en flèche. Les stocks mondiaux sont bas. La demande a été forte pour pouvoir produire de l’énergie, en particulier en Europe. Une quantité de plus en plus grande de gaz naturel liquéfié, principalement en provenance d’Amérique du Nord, depuis le golfe du Mexique aux États-Unis, a été acheminée vers l’Europe, ce qui a soutenu les prix du gaz en Amérique du Nord, plus que jamais auparavant.

Ce solide environnement dans le secteur des marchandises a fait grimper les prix des actions pour les sociétés qui produisent cette énergie. Je crois que nous sommes à plus de 55 % depuis le début de l’année. Et cela a été très bénéfique pour les profits. Avant même la pandémie, les producteurs d’énergie avaient abaissé leurs coûts. Le marché était alors un peu tendu, difficile pour les producteurs d’énergie. Ils avaient réduit leurs dépenses en immobilisations.

Et ils ont donc été en mesure de répercuter jusqu’aux bénéfices les prix des marchandises plus élevés que nous avons vus cette année. Un paramètre auquel nous prêtons souvent attention est le flux de trésorerie disponible, c’est-à-dire les liquidités qui subsistent après qu’une société d’énergie a engagé des dépenses pour maintenir son niveau de production. De plus, à l’issue de la flambée des prix du pétrole et du gaz naturel au Canada, d’importants flux de trésorerie disponibles ont été générés dans le secteur énergétique canadien.

Et compte tenu de l’apathie des investissements et de la croissance, en partie parce que les investisseurs n’ont pas voulu voir de croissance pour les combustibles fossiles au cours des dernières années, et en raison de la faible capacité des pipelines, ces liquidités sont utilisées pour réduire la dette des bilans à un niveau jamais vu. Aux prix que nous voyons aujourd’hui, le secteur pourrait se trouver complètement désendetté d’ici un an ou deux, selon les sociétés. Et au-delà de cette échéance, les liquidités excédentaires seront retournées aux actionnaires par voie d’augmentation des dividendes, de dividendes spéciaux et de rachats d’actions.

Ainsi, bien que les prix des actions se soient vraiment appréciés, de concert avec ceux des marchandises, les investisseurs profitent toujours de rendements globaux croissants, en tenant compte des dividendes et du nombre d’actions plus bas. Cela dit, les valorisations du secteur sont restées à des niveaux historiquement bas. Les investisseurs semblent peu disposés à payer les prix élevés actuels.

Et c’est logique, s’agissant de marchés très dynamiques. Il y a beaucoup d’incertitude, surtout avec les prix du pétrole et du gaz naturel à des niveaux qui anéantissent généralement la demande. Et il y a l’éventualité d’une augmentation de l’offre, qui pourrait encore exercer une pression à la baisse sur les prix.

Cela dit, nous restons optimistes à l’égard du secteur, tant que les sociétés demeurent disciplinées. Nous sommes cependant circonspects à propos d’une telle décision d’augmenter la production, compte tenu de l’inflation élevée en ce moment. Nous pourrions voir une certaine érosion des rendements dans le secteur. Les vastes sables bitumineux canadiens attirent toutefois notre attention. Ils nous paraissent attrayants dans ce contexte, avec des coûts d’entretien gérables, comme je l’ai dit, ce capital nécessaire pour avoir une production stable, et ils ont des réserves pour longtemps. Ce secteur n’a donc pas un énorme besoin d’acquérir plus de réserves. Plus précisément, les activités de raffinage des sociétés devraient générer des bénéfices considérables à court terme, ce qui aidera à compenser la montée des coûts d’exploitation que nous observons dans le Bassin. Nous sommes donc toujours optimistes à l’égard du secteur. De même que le secteur des services, il semble bien placé pour obtenir des rendements et des marges plus élevés, car l’activité commence à se redresser en vue de la prochaine vague de dépenses.

Stu Morrow:

Excellent, Sarah. Merci. Et vous avez parlé de cette discipline des dépenses en immobilisations. Peut-être aimerions-nous connaître votre opinion sur les efforts de décarbonation et les exigences futures en matière de dépenses en immobilisations, ainsi que vos réflexions sur la question de savoir si cela pourrait constituer une sorte d’obstacle, je suppose, pour le secteur.

Sarah Neilson:

Oui. Nous avons passé beaucoup de temps à essayer de comprendre comment les sociétés canadiennes procéderont à la décarbonation de leur portefeuille, et quelles dépenses seront nécessaires pour y parvenir.

Au cours des deux dernières années, les grandes sociétés canadiennes de sables bitumineux ont formé un groupe de collaboration appelé Initiative pour des sables bitumineux carboneutres. Et cela a vraiment fait progresser leurs efforts de décarbonation dans l’Ouest canadien. Elles ont mis en évidence un certain nombre de voies pour réduire leur empreinte carbone, étant donné que la capture du carbone est au centre des préoccupations à court terme, et elles consacrent leurs ressources au développement de cette technologie et à la négociation de politiques favorables au secteur.

Je pense que le montant des dépenses nécessaires à la capture du carbone, estimé à 50 à 70 milliards de dollars pour la prochaine décennie, ou disons, pour les deux prochaines décennies, a été évoqué. Cela dit, le gouvernement canadien a récemment annoncé qu’il appuierait les dépenses de capture du carbone engagées dans le secteur, au moyen d’un crédit d’impôt à l’investissement qui couvre près de 50 % de ces dépenses. C’est donc une grande victoire pour le secteur et pour les efforts de décarbonation au Canada..

Le secteur cherche donc à obtenir un meilleur soutien politique, et a commencé à soumettre des demandes d’approbation réglementaire. Mais il est peu probable que les dépenses nécessaires à ces projets soient engagées à court terme. Je pense qu’elles seront réalisées dans les deux ou trois prochaines années. Et les crédits d’impôt aideront à faire en sorte que ces dépenses ne constituent pas un obstacle, mais soient au contraire favorables aux valorisations, potentiellement, car nous pouvons voir un cheminement vers la production de pétrole à faible émission de carbone dans l’Ouest canadien.

Stu Morrow:

Merci, Sarah. Très intéressant.

Continuons avec une autre de nos parties préférées dans le secteur canadien des placements, Irène, à savoir les sociétés financières canadiennes. Nous travaillons dans une banque, mais compte tenu du poids important des banques dans le TSX, nous aimerions écouter vos réflexions sur les perspectives des banques canadiennes. Par-dessus tout, la plupart de nos clients s’intéressent probablement aux perspectives du marché hypothécaire, et à celles du marché du logement, bien sûr, comme tout le monde en parle. Et puis, je pense, l’exposition aux taux d’intérêt, par la même occasion.

Irene Fernando:

Merci, Stu, et merci de nous avoir invitées toutes les deux à votre webémission.

En ce qui concerne les banques, comme vous l’avez dit, elles représentent une part très importante du TSX, donc Sarah et moi leur prêtons une attention toute particulière. De façon générale, nous sommes dans un contexte de hausse des taux où les banques centrales, tant au Canada qu’aux États-Unis, relèvent les taux des fonds fédéraux.

Et si vous prenez du recul et pensez bien sûr que c’est positif pour les banques, quelle en est la raison ? Eh bien, les banques peuvent maintenant facturer des prix plus élevés pour des prêts identiques à ceux qu’elles ont en circulation, puisque les taux ont augmenté. De façon générale, cela devrait contribuer à une croissance des revenus plus rapide et plus solide. Donc les revenus seraient plus robustes.

Mais comme ce n’est jamais aussi simple, le marché commence à reporter son attention sur d’autres choses. Au cours des 12 derniers mois, nous n’avons pas eu d’inquiétude à propos de la liquidité ou de l’expérience crédit des banques, et la croissance des dépenses s’est montrée très, très lente. Donc ces choses sont en train de changer.

Ainsi, la semaine prochaine, les banques canadiennes commenceront à publier leurs bénéfices trimestriels, et nous attendons des équipes de direction qu’elles nous indiquent en quoi les hausses de taux influeront sur leurs perspectives de croissance des prêts. Nous savons qu’elles dispenseront de bons prêts ce trimestre, mais je crois que l’attention est en train de se reporter sur les perspectives des 12 prochains mois.

Pour ma part, je pense que nous assisterons à une croissance plus lente des prêts. C’est donc le premier point, un contrepoids par rapport aux taux plus élevés. Donc, oui, vous pouvez facturer des taux plus élevés, mais vos prêts pourraient croître un peu plus lentement.

Deuxièmement, parlons de l’expérience crédit. Le crédit est l’une des données les plus importantes dans un modèle bancaire. Et l’abondance de liquidités, l’aide du gouvernement en période de COVID-19 ont vraiment aidé les consommateurs et les entreprises, et nous n’avons pas vraiment vu de récession en matière de crédit. Mais ce que nous commençons à constater aujourd’hui, c’est un peu d’incertitude qui se répand.

Nous commençons à voir des pointages de la FICO en baisse, et nous observons les niveaux de défaillance. Et nous n’avons pas encore vu de problème réel. Mais encore une fois, quand nous pensons à un marché boursier, nous essayons toujours de regarder vers l’avenir. Nous essayons donc de prédire comment évoluera l’expérience crédit au cours des 12 prochains mois. Et encore une fois, nous sommes à des niveaux si bas aujourd’hui, honnêtement, que nous ne pouvons que remonter. Nous verrons donc un peu plus de pertes à l’avenir. C’est donc le deuxième contrepoids à l’augmentation de la croissance des revenus dont j’ai parlé, avec l’impact des taux.

Et le troisième contrepoids est celui des tensions inflationnistes que chaque entreprise connaît aujourd’hui, et les banques ne font pas exception. Nous avons vu quelques banques, déjà, qui ont déclaré il y a environ deux semaines qu’elles augmenteraient les salaires d’au moins 3 %, et elles offrent plus d’avantages. Ce que je dis, c’est qu’il leur sera un peu plus difficile de répercuter ce revenu positif, lié aux taux en hausse, jusqu’aux bénéfices, car elles subiront le contrepoids d’une plus faible croissance des prêts, le contrepoids d’une possible augmentation des pertes sur prêt, et elles devront gérer leurs dépenses, et la croissance des dépenses devrait être un peu plus élevée.

Donc, pour résumer, les 12 derniers mois ont été excellents pour les banques sur le plan des bénéfices. Nous avons constaté des révisions à la hausse des bénéfices. Et je pense que les 12 prochains mois seront un peu plus difficiles. Nous établissons des scénarios en introduisant des scénarios de récession pour comprendre l’incidence d’un stress réel dans le système, ce que nous n’avions pas fait depuis un certain temps. C’est un peu la situation, en résumé.

Et du côté du logement, je veux dire que c’est dans l’esprit de tout le monde. N’est-ce pas ? C’est dans tous les journaux. Mais je me pose la question, si j’en reviens aux banques, de ce que cela signifie pour les banques. Est-ce que oui, nous devons nous préoccuper du ralentissement sur le marché du logement ? C’est certain. Mais à notre avis, il y a encore beaucoup de liquidités dans le système.

Les Canadiens disposent de dépôts historiquement élevés. Et bien que ces dépôts ne soient pas en croissance, ce qui veut dire que nous ne collectons pas plus d’argent, il y a suffisamment de réserves pour absorber un scénario de stress. Et cela ne signifie pas que tout le monde dispose de réserves, mais en moyenne pour l’ensemble de la banque, je pense qu’elle sera en mesure de surmonter un ralentissement du marché du logement, sans pertes importantes.

Voici donc notre hypothèse de base, à partir de laquelle nous travaillons. Bien sûr, dans les scénarios de récession, nous pensons à un niveau de stress considérable en matière de pertes sur prêt, et à des effets, évidemment, plus graves. Nous pourrions voir une baisse de 20 % des bénéfices des banques, si les pertes augmentaient de façon significative.

Mais une chose à laquelle je voulais que les auditeurs prêtent attention, c’est évidemment toute la discussion sur la perte d’abordabilité. Mais je pense que le risque de refinancement est quelque chose de très important, et nous le surveillons de très près.

Laissez-moi vous donner un exemple. Vous avez contracté un prêt hypothécaire en 2017 et le taux hypothécaire était en moyenne de 2,9 %. Si vous refinancez aujourd’hui, le taux hypothécaire fixe à cinq ans sera au-dessus de 4,25 %. Si vous avez de la chance, vous obtenez 4,25 %, peut-être 4,5 %. C’est une différence significative pour n’importe quel flux de trésorerie domestique. Cela dépend évidemment de votre solde d’emprunt hypothécaire, mais c’est quelque chose dont nous avons absolument besoin de parler et que nous devons comprendre.

Et pour les deux prochaines années, ces échéances se situent près de 130 pb, soit 1,3 % à 1,5 % au-dessus des prêts hypothécaires arrivant à échéance. Mais à mesure que nous avancerons dans 2025 et 2026, l’écart entre le taux hypothécaire et le taux hypothécaire en place deviendra beaucoup plus grand.

Je pense que nous avons encore un peu de marge de manœuvre avant d’arriver à ce stade, mais c’est un peu ce que nous prévoyons pour le logement.

Stu Morrow:

Excellent, Irene. Je suis sûr que tout le monde a cette idée en tête, et au vu du risque de refinancement, je me félicite d’avoir bloqué un taux fixe l’an dernier.

Irene Fernando:

Bien joué.

Stu Morrow:

C’est probablement la meilleure idée de ma vie, mais gardons cela entre nous.

Irene Fernando:

Si je pouvais résumer, je dirais peut-être que toutes ces préoccupations que j’ai partagées avec les auditeurs, je pense qu’une grande partie se reflète déjà dans les valorisations. Les banques canadiennes ne se négocient pas cher. En fait, les banques canadiennes ont fait un peu mieux que le marché. Nous nous négocions donc à 10 fois les bénéfices de 2023, ce qui est historiquement inférieur à la moyenne, environ 10 % de moins que la moyenne.

Donc, en tant qu’investisseur, vous direz eh bien, ça s’annonce plutôt mal. Mais je pense que cela se reflète dans une certaine mesure dans les valorisations bancaires actuelles. Et je pense que notre hypothèse de base se traduit au mieux par un rendement de 2 % à 4 % plus les dividendes dans un avenir prévisible.

Stu Morrow:

Encore respectable. Comme vous l’avez dit, le marché est toujours tourné vers l’avenir. C’est donc un bon point, estimer que cela s’est déjà reflété, à un moment donné, dans les prix actuels. N’est-ce pas ?

Irene Fernando:

Oui.

Stu Morrow:

Oui. C’est une bonne transition, Irène, pour passer à une question que j’ai pour vous deux. Sarah, peut-être que je commencerai par vous.

Nous nous en sommes rendu compte au cours de nos recherches, et aussi en voyant vos recherches, mais il y a cette différence de valorisation entre le marché boursier canadien et celui des États-Unis, avec bien sûr de grandes différences entre les secteurs et les expositions ; nous avons aujourd’hui parlé des deux plus grands. Dans le secteur des services financiers et de l’énergie au Canada, les pondérations sont très différentes de celles de certains indices boursiers américains.

Mais pouvez-vous parler de cette sous-évaluation historique des actions aujourd’hui, et des effets potentiels sur le marché boursier canadien pour la prochaine année ou un peu au-delà ?

Sarah Neilson:

Je vais commencer. J’aimerais simplement rappeler comment nous voyons le panorama des bénéfices pour le TSX. Comme vous l’avez dit, Stu, le TSX a maintenant une pondération de 50 % dans les secteurs de l’énergie et de la finance. L’énergie représente maintenant près de 20 % du TSX, alors que dans le S&P 500, je crois qu’elle est toujours en dessous de 4 %. Cela a donc une incidence de taille sur les prévisions de bénéfices.

Et cette évolution dont j’ai parlé plus tôt, une augmentation de 50 % dans les prix sous-jacents, dont une grande partie s’est répercutée sur les bénéfices, s’est vraiment traduite par un massif redressement des bénéfices. Par conséquent, nous avons déjà enregistré de fortes révisions à la hausse des bénéfices au Canada au cours des six derniers mois. Et encore le mois dernier, j’ai vu des bénéfices rehaussés de 8 % de plus.

Nous prévoyons donc une croissance de plus de 15 % en 2022 au Canada, ce qui est supérieur aux attentes des autres marchés. Et je pense qu’une certaine hausse des prix des marchandises pourrait encore se répercuter dans les bénéfices futurs, si nous restons aux niveaux que nous observons aujourd’hui.

Bien sûr, cela représente aussi un risque, et pourrait expliquer pourquoi les valorisations se situent à leur niveau actuel, mais nous pensons que ces prix sont très attrayants de ce point de vue.

Je vais laisser Irene parler de la dynamique des valorisations.

Irene Fernando:

Excellent.

Alors, regardons le rendement relatif. Le TSX a reculé de 5 % au cours de l’année, tandis que le S&P 500 a reculé de 16 %. C’est une différence significative. Le TSX se distingue sur les marchés mondiaux comme l’un des marchés les plus solides cette année. Selon Sarah, une grande partie de ce succès est attribuable à des révisions positives de bénéfices dans des secteurs comme l’énergie et les matières.

Alors à l’avenir, que pensons-nous des valorisations ? Habituellement, le plan de match est le suivant en ce qui concerne les valorisations. Ce ne sont pas les bénéfices qui influencent les valorisations, mais la liquidité du système et le niveau des taux. Donc si nous sommes dans un cycle de resserrement monétaire, personne n’attend une augmentation des valorisations du marché boursier dans un proche avenir.

Je pense que le marché a anticipé ce cycle de resserrement et ce repli de la liquidité sur les marchés où les valorisations ont fortement reculé par rapport à l’an dernier. Par exemple, le TSX se négocie actuellement à 13 fois les bénéfices prévisionnels, alors que sur le marché américain, ce multiple a atteint 17 pour l’indice S&P 500. C’est bien en deçà des niveaux que nous avons vus l’an dernier à la même époque. Il s’agit d’une correction de plus de 20 % des valorisations.

Donc l’écart entre les deux multiples est égal à 4 aujourd’hui. Au cours des derniers mois, nous avons en réalité connu une sous-évaluation plus importante, avec un écart de 5, et nous constatons que cette différence s’est légèrement réduite, car le S&P/TSX se maintient bien mieux que le marché américain.

Alors, comment résumer tout ça ? Étant donné que le TSX se négocie à un multiple de 13, ce qui est nettement inférieur à la moyenne de 15 environ, nous croyons qu’avec une révision des bénéfices légèrement plus modeste, les perspectives du TSX sont plutôt limitées pour les 12 prochains mois. Compte tenu du risque croissant de récession, il est peu probable que le multiple augmente au cours des 12 prochains mois. Encore une fois, ce n’est pas une si mauvaise position, si nous comparons à d’autres marchés mondiaux.

Stu Morrow:

Merci, Irène et Sarah. Très intéressant. J’ai beaucoup appris sur l’attrait du marché canadien, par rapport à celui des États-Unis.

Merci à toutes les deux d’avoir participé à ce balado. Ce fut un plaisir de vous voir, du moins virtuellement. J’espère vous voir bientôt au bureau cet été.

Sarah Neilson:

Stu, merci beaucoup.

Irene Fernando:

Merci beaucoup.

Stu Morrow:

Et à nos auditeurs, merci d’avoir écouté ce balado. Si vous avez des questions sur ce que vous avez entendu aujourd’hui ou sur votre portefeuille en général, n’hésitez pas à communiquer avec votre équipe de gestionnaires de portefeuille pour en savoir plus.

Prenez soin de vous, et à bientôt.

L’épisode 26 de la baladodiffusion Opinion éclairée a été enregistré le 17 mai 2022.

Stuart Morrow est stratégiste en chef, Placements, RBC Phillips, Hager & North Services-conseils en placements inc. (RBC PH&N SCP). Les opinions exprimées par Stuart Morrow et ses invités lors de la baladodiffusion sont les leurs et ne reflètent pas l’avis de RBC PH&N SCP et de ses sociétés affiliées, y compris RBC Gestion mondiale d’actifs Inc. (RBC GMA).

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