hands holding tablet on counter in empty room

Les préoccupations à l’égard de la propagation de la COVID-19 (maladie à coronavirus) sont de plus en plus importantes. Des économistes et stratèges de RBC, de même que le Comité des Services-conseils en gestion mondiale de portefeuille, font part de leurs points de vue sur quelques aspects déterminants de la période éprouvante que nous vivons.


Actions mondiales : Incertitude généralisée

1 avril 2020

Par Jim Allworth et Kelly Bogdanova

En raison de l’incertitude grandissante quant à la trajectoire future de la pandémie et de l’économie, nous recommandons maintenant une sous-pondération des actions.

Lire l’article en entier.

Retour au début


Analyse de la réaction de la Fed face à la COVID-19

1 avril 2020

Par Thomas Garretson, CFA

La Fed a élargi son programme d’achat d’actifs pour y inclure les obligations de sociétés et de municipalités. La question qui se pose est la suivante : les investisseurs devraient-ils faire de même ?

Lire l’article en entier.

Retour au début


Les États-Unis prennent des mesures de stimulation pour atténuer le choc causé par l’épidémie

26 mars 2020

Par Kelly Bogdanova

Washington déploie les grands moyens. Nous examinons les bénéficiaires de l’aide financière et l’incidence des mesures sur l’économie.

Lire l’article en entier.

Retour au début


Revue des marchés : Réflexion de la réalité

24 mars 2020

Par Kelly Bogdanova, Mikhial Pasic et Patrick McAllister

À mesure que le virus se propage en Amérique du Nord et étend ses ramifications en Europe, le grand nombre de victimes de la COVID‑19 et ses répercussions négatives sur l’économie et les marchés financiers continuent de s’accroître. Par conséquent, la liquidation des marchés boursiers mondiaux s’est poursuivie et la plongée de l’indice S&P 500 a atteint, à son pire moment, 34 % par rapport au sommet historique enregistré il y a un peu plus d’un mois. Bien que les principales banques centrales aient pris des mesures rapides et énergiques, des tensions se sont encore manifestées sur le marché des titres à revenu fixe. À notre avis, les marchés financiers continueront probablement de fluctuer rapidement à court terme, tant à la hausse qu’à la baisse.

En raison de l’assombrissement de la situation économique et des répercussions négatives connexes sur les bénéfices de sociétés, l’économiste en chef et la stratégiste en chef, Actions américaines, de RBC ont encore revu leurs prévisions à la baisse. Vous trouverez ci‑après leurs récentes réflexions sur la crise et la trajectoire potentielle avant l’amorce d’une reprise, de même que celles du Comité des Services‑conseils en gestion mondiale de portefeuille.

La récession serait profonde, mais…

Eric Lascelles, économiste en chef, RBC Gestion mondiale d’actifs Inc., pense désormais qu’une récession profonde (mais potentiellement courte) touchera les États‑Unis, le Canada et l’Europe, où les activités quotidiennes sont presque tombées au point mort.

Les neuf scénarios évalués par M. Lascelles à propos du repli de l’économie américaine causé par le coronavirus – allant de faibles répercussions sur la croissance à de profondes répercussions, en passant par des répercussions moyennes – se sont tous détériorés récemment lorsque les autorités ont mis en place des mesures préventives contraignantes visant à stopper la propagation du virus et à protéger la population.

  • Selon M. Lascelles, le scénario le plus probable à ce point‑ci est une contraction de l’économie américaine d’une ampleur et d’une durée moyennes. Dans ce cas, la baisse du PIB des États‑Unis pourrait atteindre 15 % pendant une courte période. En raison du caractère jusqu’ici rapide et intense de la crise sanitaire, M. Lascelles s’attend à ce que les répercussions se fassent principalement sentir au deuxième trimestre, ce qui pourrait donner lieu à la plus importante baisse trimestrielle de l’histoire des États‑Unis. Selon M. Lascelles : « Les mauvaises nouvelles en la matière commencent déjà à s’accumuler. Aux États‑Unis, les demandes de prestations d’assurance‑chômage par région sont presque dix fois supérieures à la normale. Les statistiques sont également à la hausse au Canada. »
  • Au moment de la publication des données économiques en avril et en mai et, au cours de la même période, des résultats des sociétés pour le premier trimestre, les répercussions globales du virus devraient se révéler plus clairement aux États‑Unis et dans les autres grandes économies. Heureusement, les marchés financiers ont déjà commencé à les anticiper dans l’établissement des cours. À notre avis, les principaux marchés boursiers ont rapidement chuté de plus de 30 % parce que les investisseurs s’attendent notamment à ce que le virus porte un dur coup au PIB. Il reste à voir si la détérioration à venir de l’économie et des bénéfices est pleinement prise en compte par les marchés boursiers, compte tenu des nombreuses incertitudes persistantes et de la complexité de la modélisation de ce choc sanitaire exogène. La publication des données d’avril et de mai révélera sans contredit des surprises.
  • Si la propagation du virus décroît durant l’été et que l’économie des États‑Unis commence à se stabiliser avant de se rétablir vers la fin de l’année (le scénario le plus probable selon M. Lascelles), le recul du PIB sur l’ensemble de l’année serait loin d’avoir l’ampleur observée au deuxième trimestre, mais demeurerait tout de même notable. M. Lascelles prévoit que le repli du PIB des États‑Unis sera de 2,8 % en 2020, alors qu’il s’attendait précédemment, au moment où la propagation du virus n’était pas aussi fulgurante en Amérique du Nord et en Europe, à ce que le recul soit faible. Pour mettre cette valeur en contexte, un recul annuel de 2,8 % (y compris une forte baisse subie au deuxième trimestre) serait un peu plus marqué que celui observé en 2009, lors de la crise financière mondiale. Il s’agirait alors de la baisse annuelle la plus importante enregistrée aux États‑Unis depuis 1946. 
  • Il ajoute ce qui suit : « L’Europe et le Canada souffriront peut‑être un peu plus que les États‑Unis en raison de la gravité de la maladie en Europe et du choc additionnel que provoque la faiblesse des prix du pétrole au Canada. »

… la reprise pourrait être plus rapide et plus forte

Le choc causé par le coronavirus est un événement à ce point exceptionnel que le déroulement de la récession et de la reprise pourrait se révéler tout aussi exceptionnel.

  • Eric Lascelles écrit : « Heureusement, le creux [de la récession] ne devrait pas durer particulièrement longtemps. Autre aspect positif, les décideurs politiques ont maintenant adopté des mesures de stimulation monétaire et budgétaire d’une ampleur vraiment remarquable. Ces interventions sont essentielles pour empêcher qu’une perturbation temporaire et artificielle de l’offre ne cède le pas à une perturbation durable de la demande. »
  • La Réserve fédérale (Fed) a fait à peu près tout ce qu’il est possible d’imaginer pour affronter cette crise, notamment une injection massive de liquidités dans les marchés du crédit. Soulignons que son aide est arrivée beaucoup plus rapidement que lors de la crise financière mondiale, à un point tel que le plus grand détracteur en chef de la Fed, le président Donald Trump, n’a pu que saluer les décisions qui ont été prises. D’autres banques centrales majeures ont elles aussi intensifié leurs efforts.
  • Des mesures budgétaires ont été adoptées presque aussi vite par les gouvernements du Royaume‑Uni et du Canada, ou sont en voie de l’être sur le territoire continental européen. Bien que certains dénoncent le fait que des personnes à Washington tardent à faire adopter un plan de relance à hauteur de 2 billions de dollars, il faut reconnaître que les autorités réagissent beaucoup plus tôt que durant la crise financière. Nous croyons que les mesures budgétaires et monétaires atténueront les effets de la contraction économique mondiale et stimuleront la reprise.
  • Eric Lascelles affirme également que les économies pourraient se remettre sur pied plus rapidement, étant donné que le coup porté à la main‑d’œuvre et à la demande de produits est largement attribuable aux consignes du gouvernement incitant les gens à rester à la maison et à faire du télétravail, qui ont été instaurées à des fins de santé publique et qui pourraient être vite annulées lorsque le virus régressera. Il ajoute : « Tout compte fait, notre prévision préliminaire de croissance du PIB pour 2021 tient pour acquis que la reprise serait assez vive. » En outre, dit‑il, « nous supposons que la reprise sera plus rapide que d’habitude. À peine un mois après le redémarrage de l’économie chinoise, celle‑ci tourne déjà peut‑être à 80 % de son rythme normal ».

Une ombre plane sur les bénéfices

La probabilité désormais bien palpable d’une récession en 2020 est la principale raison pour laquelle Lori Calvasina, chef, Stratégie sur actions américaines de RBC Marchés des Capitaux, SARL, a encore abaissé sa prévision de bénéfices aux États‑Unis.

  • Selon Mme Calvasina, les bénéfices des sociétés de l’indice S&P 500 reculeront à 139 $ par action, ce qui est beaucoup plus bas que sa prévision précédente de 165 $. Cette nouvelle estimation correspond à un recul de 15 % en glissement annuel, comparativement au niveau de 163 $ atteint en 2019, selon FactSet. Elle prend en compte la diminution des bénéfices enregistrée au cours des trois récessions précédentes depuis 1991. Ces reculs ont tous été attribuables à des circonstances très différentes, mais selon Mme Calvasina ils peuvent ensemble servir de guide.
  • D’ici le milieu de l’année, un nombre de plus en plus grand d’investisseurs institutionnels relégueront aux oubliettes le creux des bénéfices en 2020 pour se concentrer sur le rebond éventuel des profits en 2021. Pour l’instant, Mme Calvasina table sur des bénéfices de 158 $ par action en 2021, soit près de 14 % de plus que sa prévision pour 2020. Ce calcul suppose que la reprise de l’économie commencera au quatrième trimestre de 2020 et qu’elle se poursuivra en 2021. Il intègre aussi une expansion modérée des marges d’exploitation.
  • À court terme, le marché reste toutefois confronté au coronavirus et à ce qui devrait être une pénible période de publication des résultats du premier trimestre. Selon Mme Calvasina, les investisseurs boursiers doivent avoir une meilleure idée de la progression de la maladie et du plan d’attaque du gouvernement contre le virus, ainsi que de la politique budgétaire s’y rapportant, afin d’obtenir des précisions et un regain de confiance en ce qui concerne la trajectoire de l’économie. Par ailleurs, avant de se stabiliser, le marché boursier a généralement besoin à tout le moins de mieux percevoir les perspectives de bénéfices.

Actions canadiennes : le virus et les marchés pétroliers font doublement mal

  • Les marchés canadiens des actions ont fait piètre figure par rapport à leurs références américaines, la chute prononcée des prix du pétrole brut a aggravé les incertitudes découlant du virus. Le ratio cours‑bénéfice prévisionnel de l’indice composé S&P/TSX est maintenant de quelque 11,5x, contre 15,1x en début d’année et une moyenne à long terme de 15,5x. Même si les évaluations sur le marché semblent intéressantes, nous nous attendons à ce que les prévisions de bénéfices demeurent instables et que le risque de baisse soit considérable. Par conséquent, les investisseurs devraient continuer à privilégier les titres de qualité dans leurs portefeuilles d’actions canadiennes et résister à la tentation d’investir dans des sociétés dont les cours sont extrêmement bas, mais dont les perspectives sont à l’avenant.
  • Au Canada, la surreprésentation de certains secteurs (la finance et l’énergie représentant plus de 40 % de l’indice de référence) engendre des défis particuliers. Comme on peut difficilement savoir comment évolueront l’épidémie de COVID‑19 et la guerre mondiale des prix du pétrole, nous sommes conscients du risque que les perturbations de l’activité économique durent plus longtemps et nuisent plus durablement à l’économie canadienne que ce que les marchés prévoient actuellement. Nous suggérons aux investisseurs de se tourner vers les marchés étrangers pour accéder à des secteurs sous‑représentés au pays.
  • Pour les sociétés du secteur de l’énergie, la priorité numéro un est actuellement la préservation du bilan. Nous constatons déjà que leurs projets de dépenses en immobilisations ont diminué d’environ 30 % et que bon nombre d’entre elles ont réduit leurs dividendes. Si la faiblesse des prix de l’énergie persiste longtemps, même les sociétés les plus importantes et bien pourvues en capitaux pourraient n’avoir d’autre choix que de réévaluer leurs politiques de versement de dividendes.
  • À l’instar de l’économie canadienne dans son ensemble, les banques doivent composer avec deux chocs, l’un provoqué par la COVID‑19 et l’autre par la faiblesse prononcée des prix de l’énergie. L’exposition directe au risque découlant des emprunts du secteur pétrolier et gazier demeure raisonnable, mais, à notre avis, la préoccupation la plus importante pour les banques est le potentiel de faiblesse généralisée du crédit qui pourrait accompagner un repli économique aussi long que profond. Les banques sont bien capitalisées et, de ce fait, leurs dividendes devraient rester durables dans une foule de scénarios économiques. Par conséquent, les rendements en dividendes sont en apparence intéressants. Toutefois, les détenteurs de titres de banques doivent être enclins à encaisser la volatilité que nous anticipons dans cette période d’incertitude et avoir les reins assez solides pour le faire.
  • Le gouvernement canadien a annoncé un programme d’aide de 82 milliards de dollars canadiens, qui s’ajoute aux mesures d’assouplissement monétaire de la Banque du Canada. Ce programme prévoit 27 milliards de dollars canadiens en aide directe, plus 55 milliards sous forme de reports d’impôt. Les Services économiques RBC font remarquer que les initiatives directes représentent 1,2 % du PIB, ce qui est bien peu par rapport aux ambitieux programmes de dépenses annoncés par d’autres pays développés. Par conséquent, les Services économiques RBC s’attendent à des annonces de mesures plus musclées au cours des prochaines semaines.

Trouver de la valeur dans les marchés du crédit

Les marchés du crédit sont tout aussi agités, sinon plus, que les marchés des actions.

  • Les taux des principaux indices américains d’obligations à rendement élevé et de catégorie investissement ont presque doublé au cours des dernières semaines et s’établissent respectivement à environ 11 % et 5 % aujourd’hui. Cette situation découle à la fois de facteurs fondamentaux et techniques, qui exercent une pression haussière sur les taux des obligations de sociétés.
  • De nombreuses sociétés ont tenté de mobiliser des capitaux en prévision d’une baisse de leurs flux de trésorerie. Or, les acheteurs potentiels voient eux aussi leur capital diminuer, puisque la semaine dernière, les investisseurs ont retiré environ 36 milliards de dollars de fonds d’obligations de sociétés de catégorie investissement. Il s’agit du retrait le plus important au cours d’une même semaine, représentant environ le quadruple du record précédent.
  • Malgré ces sorties d’argent, les émissions d’obligations de sociétés depuis le 17 mars s’élèvent à près de 75 milliards de dollars. Elles proviennent pour la plupart des sociétés emprunteuses les plus solvables, qui ont dû toutefois offrir une généreuse rémunération en raison du déséquilibre susmentionné entre l’offre et la demande.
  • Le 23 mars, la Réserve fédérale a annoncé qu’elle lançait de nouveaux programmes de rachats illimités d’obligations, ce qui a permis de stabiliser les coûts de financement. La paire de facilités destinées aux marchés primaires et secondaires est ce qui convient le mieux au marché des obligations de sociétés dans ces programmes, qui consistent essentiellement à acheter des obligations de sociétés de catégorie investissement à court terme, ainsi que des parts de fonds négociés en bourse connexes.
  • Nous croyons qu’en raison de la réévaluation rapide du risque dans le marché des obligations de sociétés, le profil risque‑rendement à moyen et à long terme penche de nouveau en faveur des investisseurs. Le marché devient donc intéressant pour certains investisseurs axés sur la valeur. Quand ils sont évalués aux niveaux actuels, les titres de créance de sociétés ont surclassé par le passé les obligations d’État et ont généralement suivi le rythme des actions à la première étape d’une reprise.
  • Cette tendance peut également valoir pour le marché canadien des actions privilégiées, dont les prix ont atteint un nouveau plancher historique le 23 mars. Nous croyons que ce marché est baissier, mais qu’il ne s’est pas effondré pour autant : il existe encore des titres rapportant des taux supérieurs à 7 % dans une vaste gamme de structures. Les sociétés doivent continuer à alimenter ce flux de dividendes, à moins que les dividendes d’actions ordinaires soient réduits à néant. Notre objectif est de maintenir, voire d’augmenter, nos placements dans ce marché.

Signes de stabilisation

Alors que les marchés financiers continuent de traverser cette période difficile, Eric Lascelles surveillera de nombreux facteurs qui pourraient devenir des signes de stabilisation ou des étapes charnières. Les premiers points de la liste pourraient en théorie se concrétiser assez rapidement, tandis que les derniers mettront vraisemblablement plus de temps à se manifester.

  • Nouvelles améliorations sensibles des mesures de confinement, des contrôles frontaliers et du dépistage de la maladie
  • Annonce de nouvelles politiques de relance d’envergure des gouvernements
  • Diminution du nombre quotidien de nouveaux cas en Italie
  • Diminution du nombre quotidien de nouveaux cas aux États‑Unis
  • Diminution du nombre quotidien de décès
  • Diminution du nombre total de personnes malades
  • Mise au point d’un traitement curatif contre la COVID‑19
  • Fin des mises en quarantaine
  • Reprise de la croissance économique
  • Mise au point d’un vaccin

Retour au début


Les banques centrales se lancent dans la course contre le coronavirus

19 mars 2020

Par Thomas Garretson, CFA

La Réserve fédérale et les banques centrales du monde s’activent pour veiller au fonctionnement du système financier alors que l’activité économique risque de connaître un ralentissement.

Lire l’article en entier.

Retour au début


La stimulation budgétaire entend freiner les effets de l’épidémie

19 mars 2020

Par Frédérique Carrier

Nous examinons les « injections antivirales » de fonds publics, qui sont essentielles au renforcement des économies contre les menaces économiques en cours que pose le pathogène.

Lire l’article en entier.

Retour au début


Une crise de confiance

19 mars 2020

Par RBC Economics

Il est encore tôt, mais les indicateurs commencent à mettre au jour l’anxiété généralisée qui paralyse les consommateurs comme les entreprises. Selon nos calculs, l’indice de confiance des consommateurs canadiens du Conference Board a connu sa plus forte baisse mensuelle (environ 32 points) jamais enregistrée. À l’instar de nombreux autres pays, le Canada a pris des mesures énergiques pour contenir et ralentir la propagation de la COVID-19. Avec la mise en place de ces mesures nécessaires, on peut s’attendre à ce que la situation s’aggrave avant de s’améliorer ; la dégringolade de l’indice de confiance pourrait donc se poursuivre.

Cette chute se superpose au scénario général qu’on observait déjà sur les marchés financiers et de marchandises. Depuis le 20 février, l’indice des actions canadiennes de la Bourse de Toronto a chuté de 35 %, soit un peu plus que l’indice boursier mondial (30 %). Les prix du pétrole ont fait pire, car le secteur traverse une double crise ; l’une a trait à la confiance (faible demande) et l’autre, à l’offre excédentaire. Malgré les mesures de stimulation budgétaire et monétaire qui ont récemment été annoncées, des entreprises annoncent déjà des mises à pied. Cela n’est pas étonnant : selon le dernier sondage de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), les entreprises prévoient maintenant que leurs résultats reculeront au cours de la prochaine année. La manière dont les Canadiens réagiront à ce ralentissement dépendra largement du rythme auquel on verra poindre un certain retour à la normale. Mais pour l’instant, il est trop tôt pour dire quand ce moment surviendra.

Pour d’autres recherches économiques, consultez rbc.com/economie.

Retour au début


La Banque du Canada s’engage à faire le nécessaire pour maintenir le système sur les rails

18 mars 2020

Par Dawn Desjardins, VP et économiste, en chef adjoint, RBC Economics

Le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, n’a pas annoncé de nouvelle politique aujourd’hui. En revanche, il a énuméré toutes celles qui ont été mises en place pour soutenir le système financier et faire en sorte que les ménages et les entreprises aient accès au crédit. Le gouverneur a aussi répété que les mesures prises à ce jour ne constituent pas le dernier recours possible en ce qui a trait à la politique monétaire ; la Banque, affirme-t-il, est prête à prendre tous les moyens nécessaires pour maintenir le système financier à flot.

La Banque du Canada a réagi rapidement à la montée de la crise : elle a réduit le taux directeur de 100 pb depuis le 4 mars et annoncé une kyrielle d’initiatives. En ce qui concerne l’adoption de nouvelles mesures, la Banque a clairement fait savoir qu’elle avait d’autres leviers politiques dans sa boîte à outils. Parmi ceux-ci figurent notamment la diminution du taux de financement à un jour à sa valeur plancher de 0,25 % et l’application d’autres mesures non traditionnelles. Ces mesures se traduiraient notamment par des indications prospectives – un engagement à maintenir les mesures de relance en place jusqu’à ce que certaines conditions soient réunies – et par l’achat inconditionnel de titres d’État et d’obligations de sociétés. La Banque du Canada peut également offrir un financement à plus long terme aux banques pour des prêts octroyés à certains secteurs, et bien que l’établissement d’un taux d’intérêt négatif ne soit pas une option inenvisageable pour le Canada, les décideurs la considéreront tout de même en dernier recours. Le gouverneur a déclaré aujourd’hui que l’important, c’est que la portée des programmes soit modulable à la hausse ou à la baisse, au besoin.
La crise a eu des répercussions sur l’ensemble des actifs financiers : les actions ont reculé de 32 % par rapport à leur sommet du 20 février et les écarts de taux explosent. Cela signifie que les coûts de financement des banques ont augmenté et qu’une pression à la hausse s’exerce par le fait même sur les taux hypothécaires. Ce contexte est défavorable pour les ménages qui s’apprêtent à renégocier leur taux hypothécaire ou qui ont opté pour un taux variable. La semaine dernière, plusieurs programmes ont été annoncés pour aider à maintenir la circulation du crédit chez les consommateurs et les entreprises, dont l’achat de prêts hypothécaires auprès de prêteurs ; cette mesure permettra aux institutions financières d’accéder à davantage de fonds disponibles pour prêts. Le gouverneur a affirmé aujourd’hui que certains des programmes annoncés la semaine dernière ont été mis en œuvre et se sont déjà révélés efficaces pour resserrer les marges sur prêts hypothécaires.

Parallèlement aux mesures annoncées par l’État pour soutenir le secteur bancaire, le secteur privé s’affaire lui aussi à aider les ménages canadiens à traverser cette période difficile : les banques canadiennes offriront jusqu’à six mois de sursis sur les paiements hypothécaires à leurs clients touchés financièrement par la crise.

Pour d’autres recherches économiques, consultez rbc.com/economie.

Retour au début


Revue des marchés : Une situation exceptionnelle

17 mars 2020

Par Kelly Bogdanova, Patrick McAllister, et Mikhial Pasic

Au moment où les fermetures se multiplient en Amérique du Nord et en Europe pour ralentir la propagation rapide de la COVID‑19, une récession semble de plus en plus probable dans ces deux régions. Cette situation, conjuguée aux inquiétudes toujours nombreuses quant au bilan et à la durée de la maladie, a encore miné le marché boursier et perturbé des segments des marchés des titres à revenu fixe et des matières premières. L’indice S&P 500 a cédé près de 30 % depuis son sommet de la mi‑février, et d’autres marchés boursiers développés ont aussi fortement baissé.

Parallèlement, les gouvernements ne font pas qu’imposer des restrictions sans précédent pour contenir la propagation de la maladie. De concert avec les grandes banques centrales, ils instaurent aussi des mesures de relance énergiques dans le but d’atténuer les dommages économiques. Les économistes et stratèges de RBC, de même que le Comité des Services‑conseils en gestion mondiale de portefeuille, évaluent ci‑dessous la situation actuelle dans le présent contexte de crise fulgurante.

Potentiel de stimulation ?

Les marchés n’ont pas encore réagi favorablement aux politiques de relance annoncées ou prévues par les grandes banques centrales ou les gouvernements du G7. Ces institutions font‑elles fausse route ?

  • Tom Porcelli, économiste en chef, États‑Unis à RBC Marchés des Capitaux, SARL, soutient que la Réserve fédérale (Fed) n’a pas encore terminé la stimulation et que le gouvernement américain ne fait que commencer. Il écrit ce qui suit : « De plus, nous observons un manque d’appréciation de certaines politiques budgétaires déjà formulées. Il ne faudrait pas que les turbulences nous fassent oublier ce fait. L’aide aux petites entreprises est cruciale. Dans l’ensemble, nous restons d’avis que la majorité des autorités font essentiellement ce qu’il y a de mieux et que les politiques en place devraient entraîner le début du processus de rétablissement de la croissance au deuxième semestre [de l’année] dès que l’affreux recul à venir de la croissance [économique] sera derrière nous. »
  • M. Porcelli souligne également le caractère primordial d’un examen équilibré de l’activité économique sur le terrain. « Nous pensons qu’il existe une forte propension à faire une croix sur les secteurs de l’économie qui sont durement touchés par l’isolement, mais que peu de gens reconnaissent la possibilité de compensations découlant d’une hausse des dépenses consacrées aux biens et services consommés à la maison. La situation donne naturellement lieu à un pessimisme croissant et les pires scénarios deviennent les plus vraisemblables. Nous sous‑estimons peut‑être la capacité d’adaptation des entreprises. »

Réalités de la récession

Même si les autorités nous rassurent en paraissant disposées à faire tout le nécessaire dans le présent contexte de crise, nous ne sommes pas naïfs au regard des risques économiques. Le choc externe soudain donne de plus en plus l’impression que la pandémie du coronavirus pourrait devenir la première crise sanitaire responsable du déclenchement d’une récession dans des économies développées de l’ère moderne.

  • Étant donné le nombre considérable d’incertitudes persistantes associées à la propagation du virus, Eric Lascelles, économiste en chef, RBC Gestion mondiale d’actifs Inc., croit qu’il est prudent d’évaluer les risques en fonction de trois scénarios différents : positif, moyen et négatif. À l’heure actuelle, selon sa prévision de base, les choses se déroulent conformément au scénario « moyen », lequel est un peu plus pessimiste qu’il ne l’estimait auparavant. Ce scénario repose sur l’hypothèse d’un recul de 1 % à 2 % de la croissance du produit intérieur brut (PIB) dans les économies développées pour l’année. Il en résulterait une récession en Europe (où la croissance était faible même avant la crise), une croissance légèrement positive aux États‑Unis et une croissance à peu près nulle au Canada en 2020.
  • Selon lui, il est encore trop tôt pour observer des dommages économiques importants dans les pays développés, mais ce scénario « moyen » comporte un risque de baisse. M. Lascelles écrit ce qui suit : « Soulignons qu’il est maintenant fort probable que les États‑Unis et le Canada connaîtront des récessions techniques, car leur économie pourrait reculer pendant deux trimestres consécutifs. »
  • Il est plus difficile d’évaluer les risques de récession en raison de la nature exogène et rapide du choc causé par le coronavirus. Habituellement, nos indicateurs économiques avancés préférés permettent de déceler les faiblesses de l’économie et donnent une bonne idée du moment où une récession pourrait se produire, de six à douze mois à l’avance en général. Toutefois, dans le présent cas, les données traditionnelles s’avèrent moins utiles en raison du rythme rapide des événements, de sorte que même les meilleurs indicateurs avancés sont en décalage.

Conditions relatives au brut

L’effondrement du pétrole brut comporte d’autres risques pour les économies tributaires de l’énergie et les secteurs de l’énergie de tous les grands pays producteurs de pétrole.

  • En ce qui a trait à la guerre de prix opposant l’Arabie saoudite et la Russie, Michael Tran, stratège, Marchandises de RBC Marchés des Capitaux, SARL, pose la question primordiale : Quel pays bronchera le premier ? Ni l’un ni l’autre, car ce sera l’industrie américaine du pétrole de schiste à son avis.
  • Selon Michael Tran, le plan du président Donald Trump, qui consiste à remplir « à ras bord » les réserves stratégiques de pétrole, constitue une avancée favorable au marché pétrolier puisqu’il équivaut à soustraire 20 jours de l’offre excédentaire mondiale. Ce dernier fait toutefois une mise en garde : « À la limite, une telle politique est utile, mais elle est peu de chose quand on considère que le marché [pétrolier] sera affligé par le coronavirus pendant des mois ou que la guerre des prix devrait durer plusieurs trimestres à tout le moins. »
  • L’une des plus grandes difficultés du marché du pétrole brut à court terme diffère des chocs précédents. Cette difficulté découle du potentiel de chute marquée et soudaine de la demande d’essence, surtout aux États‑Unis, puisqu’il s’agit de loin du plus grand consommateur d’essence au monde. M. Tran donne l’exemple suivant pour mettre les choses en contexte : « La disparition de tous les véhicules en Chine aurait un effet moins important qu’une réduction de 30 % de la demande d’essence des États‑Unis. »

Effets de ressac sur les marchés obligataires

La volatilité des marchés n’a pas épargné le marché obligataire.

  • La détermination des prix s’est avérée très difficile pour les teneurs de marché en raison des variations considérables et fréquentes des taux des obligations d’État. Les activités de négociation des obligations du Trésor américain les plus échangées illustrent bien cette situation, puisque les courtiers ont signalé des écarts acheteur/vendeur environ dix fois plus importants que d’habitude.
  • Les conditions de négociation ont été encore plus difficiles sur le marché des obligations de sociétés, alors que ce type d’obligations a été une source populaire de fonds. De nombreuses sociétés n’ont donc pas profité de la récente baisse des taux des obligations d’État. Elles ont plutôt vu leur coût d’endettement remonter aux niveaux atteints au milieu de 2019.
  • Ces mauvaises conditions ont interrompu les activités du marché des nouvelles émissions, ce qui a incité les emprunteurs à consolider leurs liquidités là où ils le pouvaient. À cet égard, de nombreuses entreprises ont signalé une diminution des marges de crédit.

Actions canadiennes et huard

  • Après s’être moins bien comporté que d’autres indices dans le monde lors du récent plongeon des prix du pétrole, l’indice composé S&P/TSX présente un ratio cours‑bénéfice (C/B) prévisionnel de 11,4x, comparativement à 15,1x en début d’année et à sa moyenne à long terme de 14,5x. Les valorisations semblent plus intéressantes, mais nous recommandons aux investisseurs de rester sur la défensive, étant donné que les risques économiques et les perspectives des bénéfices se sont nettement orientés à la baisse.
  • Au Canada, la surreprésentation de certains secteurs (l’énergie et la finance représentant environ 45 % de l’indice de référence) engendre des défis particuliers. Comme on peut difficilement savoir comment évolueront l’épidémie de COVID‑19 et la guerre mondiale des prix du pétrole, nous sommes conscients du risque que les perturbations de l’activité économique durent plus longtemps et nuisent plus durablement à l’économie canadienne que ce que les marchés prévoient actuellement. À cette incertitude s’ajoutent nos craintes que les ménages canadiens ne soient pas prêts à faire face à un repli de l’économie, compte tenu de leurs niveaux d’endettement élevés et de leurs faibles taux d’épargne.
  • La stabilité des bilans deviendra vraisemblablement la grande priorité des sociétés et des investisseurs du secteur de l’énergie. De fait, ces dernières sont déjà en train de réduire leurs plans de production et leurs dépenses en immobilisations, tout en examinant de très près leurs versements de dividendes.
  • Le secteur bancaire reste le plus important au Canada. Il demeurera le centre d’attention tant que les investisseurs évalueront les répercussions des faibles taux d’intérêt, du ralentissement généralisé de l’activité économique, de la faiblesse des prix de l’énergie et de l’envergure ultime des pertes sur créances qui menacent les portefeuilles de prêts des banques. Même si le risque direct que présentent les secteurs du pétrole et du gaz est moins important qu’il y a cinq ans, les banques pourraient néanmoins devoir composer avec un affaiblissement plus généralisé du crédit si les perspectives économiques s’assombrissaient. Nous sommes rassurés par le fait que les banques canadiennes jouissent d’une excellente situation du capital leur permettant d’absorber ces pertes. En outre, les rendements en dividendes, qui vont de plus de 5 % à plus de 7 % offrent un certain soutien, et devraient se maintenir si des scénarios économiques plus catastrophiques que nos scénarios de base se concrétisent. Nous croyons malgré tout que les investisseurs qui misent sur ce secteur devront se montrer patients et être en mesure de tolérer le niveau de volatilité que nous anticipons pour la présente période de grande incertitude.
  • Le dollar canadien s’est fortement déprécié de concert avec le marché boursier, plus précisément à cause de la chute récente des prix de l’énergie. Il pourrait rester sous pression tant que les perspectives de l’économie canadienne, et celles du secteur énergétique en particulier, ne seront pas plus claires.

Pressions sur les profits

Les estimations relatives aux bénéfices des sociétés sur l’ensemble des principaux marchés boursiers font l’objet d’une révision générale. L’incertitude quant à la propagation et à la durée de la pandémie rend le processus encore plus difficile. Ici encore, l’analyse des scénarios se révèle utile.

  • Lori Calvasina, chef, Stratégie sur actions américaines, RBC Marchés des Capitaux, SARL, a récemment revu à la baisse ses prévisions de bénéfices pour l’indice S&P 500, les faisant passer de 174 $ à 165 $ par action. De telles prévisions supposent que la croissance du PIB aux États‑Unis sera négative au deuxième trimestre et que l’économie commencera à se stabiliser au troisième trimestre. Si ce scénario se concrétise, nous aurons évité une récession, puisque les contractions s’accompagnent habituellement d’au moins deux trimestres consécutifs de croissance négative.
  • Or, comme les risques économiques sont à la hausse aux États‑Unis, nous pensons qu’il est prudent d’envisager une récession. Dans une telle conjoncture, Mme Calvasina estime qu’il y aura d’autres répercussions considérables sur les bénéfices des sociétés. Ainsi, les bénéfices des sociétés du S&P 500 pourraient reculer à 149 $ par action en 2020, ce qui est beaucoup plus bas que l’estimation de 165 $ pour le cas où aucune récession ne se produit. Ce scénario, plus noir, représenterait un repli de la croissance des bénéfices de 8,6 % sur 12 mois par rapport aux 163 $ réalisés en 2019.
  • Généralement, les marchés boursiers n’attendent pas d’être frappés par une récession pour en tenir compte dans les cours. Nous sommes d’avis que les marchés boursiers des États‑Unis et des autres pays ont déjà commencé à tenir compte d’une récession. Selon nous, cela expliquerait notamment pourquoi les replis ont été aussi rapides et prononcés. L’indice S&P 500 est déjà en « zone de récession ». Les baisses moyennes et médianes de l’indice S&P 500 qui ont eu lieu au cours ou aux alentours des 12 périodes de récession qui ont marqué l’économie des États‑Unis depuis la fin des années 1930 se sont chiffrées à 32 % et à 24 % respectivement. Nous remarquons cependant des écarts importants entre ces 12 épisodes de récession, le repli le plus modeste s’élevant à seulement 14 % et le plus marqué (qui a eu lieu pendant les mois entourant la crise financière mondiale de 2008‑2009) atteignant 57 %. L’indice S&P 500 a perdu près de 30 % depuis le début de la crise du coronavirus par rapport à son niveau record. Selon Mme Calvasina, cette chute signifie que les marchés boursiers tiennent maintenant compte d’une récession.

La nuit avant l’aube

Les économistes et les stratégistes de RBC continuent de croire que la période difficile que traversent présentement de nombreux pays et marchés est un choc transitoire.

  • Nous sommes convaincus que certaines entreprises éprouveront de sérieuses difficultés pendant cette période, voire après. De fait, les signes de détresse dans les industries les plus durement frappées et les demandes d’aide gouvernementale commencent à s’accumuler. Nous croyons cependant que bon nombre d’industries commenceront à se relever et à reprendre leurs activités une fois que le pire de la pandémie sera passé et que certaines d’entre elles ouvriront la voie.
  • Comme M. Lascelles l’a si bien dit lors d’une récente conférence téléphonique, les investisseurs en actions achètent une part des bénéfices qu’une société réalisera dans le futur, et non seulement au cours des prochains mois ou même de la prochaine année. Les investisseurs à long terme misent sur un flux de bénéfices qui s’étend sur plusieurs années. À son avis, la présente pandémie ne causera pas de dommages permanents aux profits de la majorité des entreprises. Même la pandémie de grippe espagnole de 1918, qui a été beaucoup plus fatale, n’a pas eu de répercussions permanentes sur les bénéfices des entreprises.
  • À mesure que la situation entourant le virus et son impact économique se stabilisera, Mme Calvasina continuera à réévaluer les cibles qu’elle a fixées pour les bénéfices des sociétés américaines. Elle a écrit ce qui suit : « Pour l’instant, nous continuons de croire que la période la plus difficile pour les actions aura essentiellement lieu au début de l’année et que l’impact économique se fera sentir en grande partie au deuxième trimestre ou vers le milieu de l’année. Nous envisageons une reprise du marché lorsque les nouvelles concernant le coronavirus seront meilleures ou que l’attrait des cours boursiers sera plus évident. »
  • Nous estimons que les mesures de relance massives adoptées par les gouvernements et les banques centrales, sans oublier les mesures préventives prises par des millions de gens à l’échelle mondiale pour enrayer la propagation du coronavirus, peuvent atténuer considérablement l’impact de la pandémie sur l’économie.

Retour au début


Revue des marchés : L’étau de la volatilité se resserre

9 mars 2020

Par Kelly Bogdanova et Mark Bayko, CFA

Quelques perspectives prometteuses dans la crise du coronavirus

Les événements, tant favorables que défavorables, liés à la propagation du virus, se produisent rapidement.

  • En ce qui concerne les aspects favorables, Eric Lascelles, économiste en chef, RBC Gestion mondiale d’actifs Inc., estime qu’en Chine, l’amélioration est tout simplement remarquable. Le rythme des nouveaux cas d’infection a fortement ralenti, et puisque des dizaines de milliers de personnes ont été déclarées non porteuses du virus, le nombre de celles qui sont actuellement infectées est tombé sous la barre des 19 000 sur les quelque 81 000 personnes initialement atteintes. Selon M. Lascelles, « la Chine, qui représente 77 % des cas à l’échelle mondiale, a réussi à contenir la maladie et est en voie de relancer son économie. Voilà qui est certainement de bon augure pour le reste du monde ».
  • Il ajoute qu’il est « très encourageant de voir que la Corée du Sud semble aussi commencer à maîtriser l’épidémie. Après avoir atteint un plafond de plus de 800, le nombre de nouveaux cas par jour en Corée a maintenant fléchi à moins de 400 et diminue de façon constante ».
  • À l’extérieur de l’Asie, les taux d’infection s’accroissent, ce qui nous semble préoccupant. Les mesures d’isolement et les mises en quarantaine ont considérablement augmenté en Italie, ce qui devrait désormais contribuer à contrer la propagation du virus dans ce pays. Les taux d’infection pourraient toutefois continuer de progresser dans d’autres pays, y compris aux États‑Unis, en raison de l’amélioration des méthodes de divulgation et de dépistage. Il pourrait être nécessaire de resserrer les mesures de confinement en Amérique du Nord et en Europe afin que le taux d’infection dans ces régions commence à diminuer.

Appel à l’action pour la Fed

Les marchés des actions et du pétrole brut ont accaparé une large part des manchettes, mais le marché des titres à revenu fixe est celui qui a enregistré des variations historiques.

  • Le 9 mars, toute la courbe des taux des titres du Trésor américain, allant des bons à court terme aux obligations à 30 ans, se trouvait sous la barre de 1,0 %, étant donné que les investisseurs du monde entier se sont rués vers la sécurité relative des obligations américaines. Les taux des titres du Trésor à dix ans et à 30 ans sont descendus jusqu’à 0,3137 % et 0,6987 % respectivement au milieu de la séance de négociation. Le même jour, le taux des obligations d’État allemandes à dix ans a brièvement touché un creux de ‑0,907 %.
  • Compte tenu des bas niveaux atteints par les taux des titres du Trésor, Tom Porcelli, économiste en chef, États‑Unis à RBC Marchés des Capitaux, SARL, a déclaré que personne ne serait surpris si la Réserve fédérale (Fed) abaissait encore le taux des fonds fédéraux, le faisant passer à une fourchette de 0,00 % à 0,25 % après une diminution de 100 points de base. Même s’il croit qu’une telle baisse de taux n’aurait pratiquement aucune incidence sur l’économie dans un contexte de craintes liées au coronavirus, il juge que, si une baisse d’une telle ampleur permettait à la Fed de prouver qu’elle offre toute l’aide possible et d’accentuer la pression pour que le gouvernement fédéral intervienne en accroissant ses dépenses budgétaires, la Fed passera à l’action. Selon M. Porcelli, l’octroi de prêts‑relais aux sociétés et aux petites entreprises, qui pourraient être gérés par la Fed (par l’intermédiaire du système bancaire) et garantis par le Trésor, représenterait un bon début.
  • Le 9 mars, l’administration Trump a annoncé qu’elle rencontrerait les législateurs pour discuter d’une aide aux Américains financièrement éprouvés à cause des risques liés au coronavirus et aux entreprises durement touchées, y compris les petites entreprises. Cette nouvelle nous semble un pas dans la bonne direction.

Pleins feux sur le marché du crédit

Outre les mesures de relance budgétaire fort nécessaires et l’évolution des taux des obligations d’État, nous surveillons de près ce qui se passe sur le marché des obligations des sociétés.

  • Après des années marquées par une diminution tendancielle des taux des obligations de sociétés, diverses mesures des coûts d’emprunt ont rapidement grimpé au cours des derniers jours. Il s’agit d’un fait remarquable, étant donné que l’augmentation des coûts d’emprunt signifie que les investisseurs exigent une rémunération supérieure à celle offerte par les obligations d’État pour compenser les risques qu’ils prennent (primes de risque plus élevées), compte tenu du fait que les taux des titres d’État ont récemment reculé à des creux records.
  • Les sociétés dont le profil de crédit est peu solide et celles qui appartiennent à certains secteurs aux prises avec des problèmes particuliers, comme l’énergie et le divertissement, sont celles qui ont été touchées le plus durement jusqu’à présent. Cependant, il est possible que d’autres sociétés éprouvent pendant un long moment des difficultés à obtenir un financement à des conditions raisonnables. Une telle évolution pourrait avoir des conséquences importantes sur l’ensemble de l’économie et laisser supposer que les sociétés cherchant à refinancer leur dette qui arrive à échéance devront accepter des coûts d’emprunt plus élevés.

Pétrole : une longue lutte ?

Depuis le début de l’année, le marché du pétrole brut a subi une série de revers liés, directement ou indirectement, à l’épidémie de coronavirus. Cette situation contribue aux risques économiques dans de nombreux pays fortement tributaires du pétrole.

  • Premièrement, le prix du brut a baissé lorsque le coronavirus a intensifié les risques planant sur la croissance économique mondiale.
  • Deuxièmement, il a reculé davantage lorsque les propositions divergentes de l’Arabie saoudite – visant une nouvelle réduction de la production à cause des risques économiques liés au coronavirus – et de la Russie – visant à conserver les limites de production actuelles – n’ont pas obtenu de soutien lors de la récente réunion de l’OPEP+. En l’absence d’une prolongation ou d’une nouvelle entente, les limites de production actuelles cesseront d’être en vigueur le 31 mars.
  • Troisièmement, le prix du brut a reculé encore plus lorsque l’Arabie saoudite, en réaction à l’impasse lors de la réunion de l’OPEP+, a fortement baissé le prix du pétrole qu’elle produit en vue d’accroître sa part de marché, et a annoncé son intention d’accroître considérablement sa production. Cette décision a eu pour effet de faire plonger le prix du brut WTI d’environ 25 % le 9 mars, à 31,13 $ le baril. Il s’agit de sa plus forte baisse quotidienne en pourcentage depuis la guerre du Golfe de 1991. Pour sa part, le brut de Brent a reculé à 34,36 $ le baril. Au début de l’année, les prix de ces deux références pour le pétrole s’établissaient respectivement à 61,06 $ et à 66,00 $ le baril.
  • Ni les Saoudiens ni les Russes n’ont fermé la porte à une coopération, mais nos analystes sont sceptiques. Selon l’équipe des produits de base de RBC Marchés des Capitaux, les dirigeants de l’OPEP conservent l’espoir que l’effondrement des prix servira de catalyseur à une réconciliation des deux poids lourds du secteur pétrolier, mais le président Poutine pourrait ne pas baisser les bras si rapidement. L’équipe craint que cette lutte se prolonge, étant donné que la stratégie de la Russie semble cibler non seulement les sociétés américaines de pétrole de schiste, mais aussi la politique de sanctions coercitives que l’abondance d’énergie aux États‑Unis a permise.
  • Selon nos ressources de recherche, le prix d’équilibre du pétrole des pays membres de l’OPEP est supérieur à 50 $ le baril, ce qui porte à croire que les pays producteurs enregistreront un déficit budgétaire si les prix actuels du pétrole se maintiennent. Nous prévoyons que la plupart des producteurs pétroliers du monde devront réduire fortement leurs projets de production et de dépenses en immobilisations.

Actions canadiennes et huard

  • Sans surprise, le récent plongeon des prix du pétrole a durement touché le marché boursier canadien, qui s’est laissé distancer par les marchés mondiaux. Le ratio cours‑bénéfice prévisionnel des actions canadiennes, représentées par l’indice composé S&P/TSX, est tombé à 12,9x, contre 15,1x en début d’année et une moyenne à long terme de 15,5x. Bien que les valorisations soient plus intéressantes, nous recommandons aux investisseurs de rester sur la défensive, étant donné que les risques économiques et les perspectives des bénéfices se sont nettement orientés à la baisse.
  • Au Canada, la surreprésentation de certains secteurs (l’énergie et la finance forment 44 % du marché) engendre des défis particuliers. Comme on peut difficilement savoir comment évolueront l’épidémie de COVID‑19 et la guerre mondiale des prix du pétrole, nous sommes conscients du risque que les perturbations de l’activité économique durent plus longtemps et nuisent plus durablement à l’économie canadienne que ce que les marchés prévoient actuellement. Nous suggérons aux investisseurs de se tourner vers les marchés étrangers pour accéder à des secteurs sous‑représentés au pays.
  • La stabilité des bilans deviendra probablement la principale priorité des sociétés liées à l’énergie, et devrait aussi être celle des investisseurs qui les choisissent. Ces sociétés réduiront vraisemblablement leurs plans de production et leurs investissements ; certaines d’entre elles pourraient même se voir obligées de revoir leur politique sur les dividendes afin de renforcer leur bilan.
  • Le secteur bancaire reste le plus important au Canada. Il captera l’attention des investisseurs qui évalueront l’incidence de la faiblesse des taux d’intérêt, le recul éventuel de l’activité économique globale et la place que le secteur pétrolier et gazier occupe dans les portefeuilles de prêts. Bien que cette dernière semble raisonnable, les investisseurs doivent s’attendre à ce que les banques accroissent leurs provisions pour prêts douteux en prévision des pertes que pourrait provoquer une faiblesse prolongée des prix du pétrole. Nous sommes rassurés par le fait que les banques canadiennes jouissent d’une excellente situation du capital leur permettant d’absorber ces pertes. En outre, les rendements en dividendes, qui vont de plus de 4 % à 6 %, offrent un certain soutien, en particulier par rapport à des taux obligataires extrêmement bas. Toutefois, les investisseurs qui misent sur ce secteur devront se montrer patients et prêts à tolérer le niveau de volatilité que nous anticipons pour la présente période de grande incertitude.
  • Comme on pouvait s’y attendre, le dollar canadien a perdu du terrain de concert avec le marché boursier, plus précisément à cause de la chute récente des prix de l’énergie. Il pourrait rester sous pression tant que les perspectives de l’économie canadienne, et celles du secteur énergétique en particulier, ne seront pas plus claires.

Conclusion

La santé de l’économie américaine, plus particulièrement la question de savoir si une récession aura lieu ou non, joue un rôle déterminant dans les prévisions relatives aux marchés boursiers mondiaux.

  • Avant que les marchés financiers commencent à ressentir les effets de l’épidémie de coronavirus, on s’attendait à une croissance positive de l’économie mondiale et des bénéfices. À présent, des risques de baisse pèsent sur nos prévisions macroéconomiques, étant donné que l’épidémie et les difficultés connexes liées au pétrole brut devraient freiner l’activité. Reste à savoir combien de temps ces deux facteurs se manifesteront et quelle sera l’ampleur de leur incidence.
  • Dans l’immédiat, M. Lascelles croit que l’économie américaine pourrait connaître un trimestre de recul en raison des perturbations associées au coronavirus, mais qu’elle devrait parvenir à enregistrer une modeste croissance au cours des trimestres voisins, étant donné son taux de croissance naturel plus élevé. La récession serait ainsi évitée.
  • Si l’économie américaine n’entre pas en récession en 2020, nous pensons que, d’ici la fin de l’année, la plupart des marchés boursiers devraient progresser sensiblement par rapport à leurs niveaux de correction actuels. La probabilité d’une évolution économique défavorable est toutefois plus élevée qu’au début de l’année.
  • Au cours des jours et des semaines à venir, nous réévaluerons régulièrement notre position à l’égard des marchés d’actions et de titres à revenu fixe en fonction de l’évolution des risques.

Retour au début


Coup d’œil sur le marché des titres à revenu fixe : Les banques centrales ont-elles un vaccin ?

27 févr. 2020

Par Thomas Garretson, CFA

Comme c’est habituellement le cas dans la plupart des périodes de craintes et d’incertitude économiques, les marchés se tournent vers les banques centrales dans l’espoir qu’elles viendront à leur rescousse. Mais en ce qui concerne l’incertitude mondiale attribuable à l’épidémie de coronavirus, les marchés semblent plutôt se demander si les banques centrales sont même en mesure de faire quoi que ce soit.

Évidemment, lors d’événements de cette nature, le plus grand risque est que les consommateurs et les entreprises mettent un frein à leurs dépenses en raison de la conjoncture incertaine ; cela étant dit, si les deux secteurs hésitent à dépenser, à voyager et à emprunter, il est peu probable qu’une politique d’argent facile puisse être utile. Cela n’a toutefois pas empêché les marchés de prendre en compte de nouvelles mesures d’assouplissement de la part de plusieurs des principales banques centrales du monde.

Pour autant, cela ne veut pas dire que des baisses de taux d’intérêt seraient inutiles. Au-delà des baisses de taux, les changements d’orientation des politiques monétaires peuvent également contribuer à soutenir les marchés du fait qu’ils rassureront les investisseurs, ou qu’ils les porteront à croire que les banques centrales sont prêtes et disposées à agir. Et nous croyons qu’elles le seront.

Les deux premières semaines de mars pourraient toutefois s’avérer cruciales pour évaluer à la fois l’incidence du coronavirus et le temps de réaction des banques centrales. Les réunions des banques centrales des États-Unis, d’Europe et du Japon auront lieu au milieu du mois. Les marchés s’attendent à ce que la Fed soit la première de ces trois banques à annoncer une baisse de taux. Il ne reste plus qu’à déterminer si elle appliquera une réduction standard de 0,25 %, ou si elle prendra des mesures plus énergiques et décrétera une baisse de 0,50 %, ce qui ferait passer le taux des fonds fédéraux dans une fourchette situé entre 1,00 % et 1,25 %.

Plus encore, le marché s’attend à d’autres mesures d’assouplissement, et espère que le taux des fonds fédéraux s’établira à moins de 1 % d’ici la fin de l’année, selon les probabilités du marché. Nous estimons pour notre part que la Fed a dépassé le stade des « rajustements » de politiques. En effet, nous croyons que dans l’éventualité où elle réduirait les taux sous 1 %, elle les ramènerait simplement à la borne du zéro dans l’espoir de demeurer sur la bonne voie.

Aux États-Unis, les craintes entourant la croissance mondiale et les perspectives de baisse des taux ont fait chuter les taux des obligations du Trésor à de nouveaux planchers historiques ; ainsi, le rendement de l’obligation de référence du Trésor à 10 ans a reculé à 1,26 % à peine le 27 février. Nous estimons qu’il est possible que le rendement de l’obligation du Trésor américain à 10 ans passe sous la barre de 1 % au cours des semaines et des mois à venir. En Europe, la totalité de la courbe de rendement des obligations d’État allemandes se situe de nouveau en deçà de 0 %, faisant une fois de plus passer le stock mondial de titres de créance à taux négatif à 14 billions de dollars.

Selon nous, le casse-tête que représente l’épidémie de coronavirus trouve sa solution dans une combinaison de politiques monétaires et budgétaires. La Chine a déjà annoncé d’importantes mesures afin de soutenir les entreprises locales, et nous prévoyons que les gouvernements mondiaux interviendront pour lutter contre tout ralentissement économique éventuel, qui devrait, de l’avis de tous, être temporaire. Et bien qu’il soit peu probable que l’incertitude se dissipe à court terme, nous nous attendons à ce que les banques centrales et les gouvernements prennent les mesures qui s’imposent, puisque la situation nécessitera un effort concerté.

Retour au début


Coup d’œil sur le marché boursier : Sous pression

27 févr. 2020

Par Jim Allworth 

Il y a eu plusieurs motifs d’inquiétude au cours des dernières semaines, les principaux étant l’incidence du coronavirus et l’incertitude grandissante qui entoure la politique électorale aux États-Unis. Ni l’un ni l’autre de ces facteurs n’avait semblé intéresser les investisseurs durant les huit premières semaines de l’année, avant que le vent ne tourne brusquement. L’incertitude s’est accentuée et a fait plonger les marchés boursiers mondiaux.

Quel que soit son dénouement, la crise du virus aura déjà considérablement miné la croissance du PIB de la Chine au premier trimestre, et entraîné des répercussions à divers degrés dans le reste de l’Asie. Les conséquences en Amérique du Nord et en Europe devraient être bien moindres, selon nous, mais il impossible de les quantifier avec certitude pour le moment.

Lors de la publication des résultats du quatrième trimestre de 2019 en janvier et en février, la plupart des dirigeants ont indiqué qu’il était trop tôt pour se prononcer. Les commentaires pour le premier trimestre, qui paraîtront à compter de la mi-avril, devraient continuer de brosser un portrait flou, qui appelle à la prudence. Même si l’épidémie culmine, puis commence à s’atténuer d’ici le début de l’été, il faudra du temps avant que l’impact négatif de cette catastrophe sanitaire sur les ventes et les bénéfices apparaisse clairement.

Il est probable qu’auparavant, les gouvernements auront adopté d’autres mesures de relance budgétaire. En Chine, d’abord et avant tout, mais également au Japon, où la demande intérieure a fortement pâti de la hausse de la taxe de vente au quatrième trimestre, qui a été exacerbée par un ralentissement marqué en Chine. Au Royaume-Uni et en Europe, on projetait déjà une hausse des dépenses publiques pour compenser les préoccupations à l’égard du commerce, alors que la négociation de l’accord final sur le Brexit est en cours et que l’économie allemande continue de souffrir de la faiblesse des exportations vers la Chine. Il est probable que l’entrée en vigueur des mesures soit devancée et que celles-ci impliqueront des sommes plus élevées que ce qui avait d’abord été envisagé.

En Amérique du Nord, le Canada dispose d’une grande capacité budgétaire pour accroître les dépenses, tandis qu’aux États-Unis, les républicains et les démocrates chercheront à asseoir leur légitimité à titre d’option « favorable à l’économie » à l’approche d’une élection chaudement disputée cet automne.

En l’état actuel des choses, nous ne prévoyons pas de récession aux États-Unis ou au Canada en 2020. Toutefois, comme les taux de croissance du PIB frôlent 2 %, il n’est pas exclu qu’un trimestre se révèle finalement négatif. Il se pourrait également que les répercussions du coronavirus durent plus longtemps et perturbent plus profondément l’économie américaine, la faisant basculer en récession. Il ne s’agit pas de notre scénario de base, mais cette probabilité est certes beaucoup plus élevée maintenant qu’elle l’était au début de l’année.

On peut s’attendre à ce qu’un repli du PIB se traduise par des bénéfices de sociétés inférieurs aux prévisions. D’ailleurs, les estimations générales de bénéfices pour 2020 ont fléchi, passant d’un niveau démesurément optimiste de 187 $ par action pour le S&P 500 au début de l’an dernier à un creux de 175 $ récemment. Ce niveau reste supérieur à la prévision de longue date de Lori Calvasina, chef, Stratégie sur actions américaines, RBC Marchés des Capitaux, qui était de 174 $.

Selon Mme Calvasina, le virus pourrait retrancher 4 $ aux bénéfices par action, ce qui ferait reculer son estimation à 170 $. En cas de légère récession aux États-Unis, sa prévision baisserait à 167 $ par action. À l’évidence, les chiffres pourraient être encore plus bas. Nous nous attendons donc, à tout le moins, à ce que la conviction générale quant aux bénéfices à utiliser pour le calcul des ratios cours/bénéfice (C/B) prévisionnel fluctue au moins au cours du trimestre à venir, et probablement au-delà.

Pendant le repli important et déstabilisant des marchés boursiers à la fin de 2018, le ratio C/B prévisionnel du S&P 500 est passé d’un sommet dépassant les 18x en août à moins de 15x lors du creux de la veille de Noël. Toutefois, ce recul est survenu dans un contexte de hausse (prononcée) des taux obligataires. Cette année-là, le taux des obligations du Trésor à 10 ans est passé de 1,50 % en août à 1,90 % en décembre, et le taux des obligations de sociétés notées BBB a crû de 120 points de base sur l’ensemble de l’année pour s’établir à 4,70 %. Depuis ces sommets, le taux des titres du Trésor a atteint un nouveau creux record de 1,15 %, alors que le taux des obligations de sociétés notées BBB est tombé à 2,70 %.

La faiblesse et le recul des taux obligataires sont non seulement susceptibles de stimuler la croissance, mais soutiennent également les ratios C/B. En fin de compte, nous ne croyons pas que les contrecoups de la présente correction seront aussi importants que ceux subis en 2018. Mais nous pensons également qu’ils s’échelonneront sans doute sur des mois, vraisemblablement des trimestres. Selon nous, les dommages causés à l’ensemble des marchés boursiers mondiaux devraient être directement liés aux dégâts infligés à l’économie des États-Unis, en particulier.

Dans le numéro de février de Perspectives mondiales, nos dernières réflexions dans la section Actions mondiales étaient les suivantes : « ...les inquiétudes suscitées par l’épidémie du coronavirus tempéreront probablement l’enthousiasme des investisseurs pendant les prochains mois. En outre, la politique américaine provoquera sans doute des épisodes occasionnels de volatilité sur le marché entre le début des primaires en février et au moins la convention démocrate qui aura lieu à la mi-juillet ». Cette volatilité a fait reculer les cours des actions plus fortement et plus rapidement que ce à quoi nous nous attendions. Si l’économie américaine n’entre pas en récession en 2020, nous pensons qu’à la fin de l’année, la plupart des marchés boursiers auront sensiblement progressé par rapport à leurs niveaux actuels.

Retour au début


Couverture et perspectives précédentes concernant la COVID-19 :

Voici ce que les investisseurs doivent savoir sur la correction provoquée par le coronavirus

27 févr. 2020

Par Thomas Garretson, CFA

Après la semaine éprouvante qu’ont eue les actions, les marchés s’attendaient à ce que la Fed abaisse ses taux. Cependant, les taux des titres du Trésor, déjà faibles, n’ont cessé de chuter vers de nouveaux planchers records.

Lire l’article en entier.

Retour au début


Déclarations exigées

Ressources pour les recherches

Déclaration sur les analystes qui ne sont pas américains : Les personnes suivantes ont participé à la préparation de cette publication :

  • Jim Allworth, Mark Bayko, Patrick McAllister et Mikhial Pasic, employés de RBC Dominion Securities Inc., société étrangère affiliée de RBC Gestion de patrimoine - États-Unis
  • Eric Lascelles, employé de RBC Gestion mondiale d’actifs Inc., société étrangère affiliée de RBC Gestion de patrimoine - États-Unis

Ces personnes ne sont ni inscrites ni qualifiées en tant qu’analystes de recherche auprès de l’organisme américain Financial Industry Regulatory Authority (« FINRA ») et, comme elles ne sont pas associées à RBC Gestion de patrimoine, elles pourraient ne pas être assujetties au règlement 2241 de la FINRA régissant les communications avec les entreprises visées, les apparitions publiques et les opérations sur valeurs mobilières dans les comptes des analystes de recherche.