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Du Bureau du chef de la direction

Facteurs d’anxiété et lueurs d’espoir

Les États-Unis sont sens dessus dessous par les temps qui courent, et il ne s’agit pas seulement du climat politique. La semaine dernière, le temps était frais et pluvieux à Los Angeles tandis que la côte est jouissait de conditions qui auraient été normales en Californie.

Ces perturbations semblaient de circonstance pour la tenue de la conférence mondiale annuelle du Milken Institute, qui attire plus de 4 000 personnes : investisseurs, gestionnaires de fonds, dirigeants d’entreprise et dirigeants gouvernementaux de partout dans le monde.

Les marchés ont donné aux participants une impression plutôt positive concernant 2018 et la période s’étendant un peu au-delà. Le sentiment général : l’économie américaine se porte mieux, la santé de l’économie mondiale semble bonne, les risques géopolitiques sont gérables, et la Chine et Washington – malgré le théâtre politique – trouveront un terrain d’entente. De plus, nous voyons tellement d’innovation – dans le transport, l’alimentation, l’énergie, et même dans le secteur spatial – que nous pourrions connaître d’autres décennies de progrès de la condition humaine.

Mais malgré tout le soleil économique qui a lui sur Milken, de nombreuses préoccupations pointent à l’horizon, dont les nuages d’orage liés à la dette, des vents contraires freinant les échanges commerciaux, ainsi que la crainte que le soleil se couche sur la démocratie dans une bonne partie du monde.

Voici quelques constats qui sont ressortis.

1. L’opinion de M. Trump : les sanctions fonctionnent

Wilbur Ross et Steve Mnuchin se sont arrêtés à la conférence avant de se rendre à Beijing pour se mesurer aux Chinois sur la question du commerce international. Leur message : le discours musclé est efficace. Selon eux, les sanctions font reculer les « États voyous » et les partenaires commerciaux inconstants. Et ils continueront d’utiliser des tactiques de négociation inspirées de « l’art de conclure des affaires » du président américain. Selon M. Ross, M. Trump aime trouver ce que l’autre partie a à perdre, et si c’est plus que ce que les États-Unis ont à perdre, il intensifie la pression. La mission commerciale est revenue de Chine durant le week-end sans grands résultats à montrer pour ses efforts, ce qui semble refléter les attentes qu’avait M. Ross. L’administration désire que les Américains adoptent une position catégorique consistant à exiger une restructuration des échanges commerciaux mondiaux. Une telle entreprise pourrait nécessiter une capacité de résister aux conflits commerciaux similaire à celle dont doit faire preuve un pays en guerre. « Comment peut-on espérer créer des changements si l’on ne prend pas certains risques et qu’on n’accepte pas de souffrir un peu ? », a lancé M. Ross lors de la conférence du Milken Institute. La stratégie semble imprévisible, mais Tony Blair a livré l’une des évaluations les plus justes de l’approche de M. Trump lorsqu’il a déclaré : « Parfois, l’imprévisibilité peut devenir une stratégie. »

2. L’opinion de la Chine : la démocratie ne fonctionne pas

Les participants à la conférence du Milken Institute pensaient à une époque que la classe moyenne chinoise (forte de 450 millions de personnes et en expansion rapide) exigerait une certaine forme de démocratie, et que le reste du monde en développement suivrait l’exemple. Nous assistons peut-être à un scénario différent. Le régime mis en place par M. Xi Jinping dépasse en rigueur tout ce qu’avait connu la Chine depuis des années. Et il ne semble pas y avoir eu beaucoup de résistance dans la population. Ce fait retient l’attention de nombreux législateurs – des Philippines à la Malaisie, en passant par la Hongrie et le Brésil. L’ancien commandant militaire américain David Petraeus a été succinct dans son évaluation : « L’autre système se débrouille plutôt bien. L’Occident doit s’organiser. » Peter Mandelson, ancien ministre du cabinet britannique et aujourd’hui président de la firme Global Counsel, a déclaré qu’en observant les pays occidentaux, il a le sentiment que « l’ordre libéral international » a cessé d’être l’influence dominante. « Notre public croit seulement en l’un de ces mots – et ce n’est ni le mot libéral ni le mot international. »

3. En Chine, on craint une impasse juridique

Le modèle de capitalisme autoritaire qui prend forme en Chine pourrait mettre l’Occident au défi sur au moins trois fronts commerciaux : les droits de propriété intellectuelle, le droit des contrats et les mécanismes de contrôle des mouvements de capitaux. Au chapitre des droits de propriété intellectuelle, l’administration de M. Trump exige que la Chine mette en place des réformes de façon à protéger les sociétés technologiques américaines, mais rien ne laisse entrevoir une évolution sur ce plan. Carlos Gutierrez, le dirigeant d’entreprise qui a été secrétaire au Commerce dans le gouvernement de George W. Bush, a indiqué que la Chine entendait devenir un chef de file mondial en matière de technologie d’ici la fin de la prochaine décennie – et que ce désir l’emportait de loin sur tout intérêt de sa part pour un ordre commercial orchestré par les États-Unis. « Nous ne ferons pas de la Chine un pays similaire aux États-Unis », a dit M. Gutierrez. Une affaire type à cet égard est en train de prendre forme dans le cadre de la colossale initiative chinoise « Une ceinture, une route », qui est censée viser 68 pays et 60 % du PIB mondial projeté. Comment les pays membres – ainsi que les entreprises et investisseurs participants – régleront-ils les différends qui surgiront relativement aux ententes contractuelles ou aux droits de propriété ? Si la Chine réussit à faire d’« Une ceinture, une route » la plus imposante initiative commerciale de l’histoire, elle pourrait devoir créer son propre système de droit commercial adapté tant à ses besoins qu’à ceux du reste du monde.

4. Aux États-Unis, on craint une impasse politique

Si les États-Unis ont déjà été le phare du monde, Washington fait tout ce qui est en son pouvoir pour en atténuer l’éclat. Le fossé entre les deux partis semble s’élargir, et ce mouvement devrait se poursuivre tout au long des élections de mi-mandat. Le sondeur républicain Frank Luntz a déclaré aux participants : « Il n’y a pas de quoi être fiers du climat politique qui règne aux États-Unis. » Selon lui, les démocrates ont une « bonne chance » de reprendre le contrôle du Congrès, et les dommages causés au processus budgétaire américain pourraient être durables. Le Parti républicain essaie de faire adopter une loi pour rendre les réductions d’impôt permanentes avant l’été. De leur côté, les démocrates ne manifestent aucune intention de faire des concessions sur les questions budgétaires, et particulièrement sur les dépenses obligatoires. Et donc il devient encore plus difficile de sortir de l’impasse. On prévoit que la part du budget fédéral consacrée à ce qu’on appelle les droits sociaux (entitlements) passera de 2,5 à 4,2 billions de dollars US entre 2017 et 2027, ce qui aggravera le déséquilibre budgétaire. Dans dix ans, la dette de Washington pourrait atteindre 27 billions de dollars US. Maya MacGuineas, partisane d’un budget équilibré, a déclaré qu’un nouveau Congrès devrait envisager des options très dures, comme le relèvement de l’âge auquel les retraités ont droit aux avantages offerts par le gouvernement. Mais elle se demande s’il y aura un jour assez de collaboration entre les deux partis pour que s’opèrent des changements durables.

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5. Et dans les villes, partout, on se préoccupe de l’impasse sur le climat

Al Gore a réussi à s’extirper de la congestion légendaire de Los Angeles pour venir présenter ses diapositives sur les changements climatiques à la conférence du Milken Institute. Les désastres à commenter ne manquent pas – allant des vagues de chaleur records en Irak et au Pakistan aux températures au-dessus de zéro enregistrées au pôle Nord en février, en passant par une saison des incendies ayant duré, en Californie, 105 jours de plus que dans les années 1970. M. Gore se concentre à l’heure actuelle sur ce qu’il décrit comme la multiplication par quatre, depuis 1980, du nombre de « bombes de précipitations » – de violentes averses de pluie, de neige et de grésil causant des dommages dans le monde entier, et particulièrement dans les villes. Cette situation est l’une des raisons pour lesquelles des villes des États-Unis – voulant que leur pays respecte les engagements pris à Paris peu importe ce qu’en pense M. Trump – sont devenues des chefs de file de la lutte contre les changements climatiques. Soixante-sept villes ont signé la charte de Chicago sur le climat, s’engageant à collaborer en vue du respect des engagements pris à Paris par l’administration de Barack Obama. La charge est menée par le maire de Los Angeles, Eric Garcetti, un candidat potentiel à l’investiture démocrate en 2020. M. Garcetti est venu à la conférence du Milken Institute pour accueillir les participants et présenter M. Gore. Los Angeles a réduit considérablement ses émissions, qui sont de 20 % inférieures au niveau observé en 1990. La ville a donc fait plus de la moitié du chemin relativement à l’objectif qu’elle s’est fixé pour 2025. Et son économie est en croissance. L’emploi dans le secteur californien de l’énergie de pointe a progressé de 18 % en 2015, soit six fois le rythme de la croissance de l’emploi dans l’ensemble de l’État.

6. Dans une économie fondée sur l’énergie, des enjeux sont soulevés relativement à l’essence

La forte augmentation des prix mondiaux de l’essence observée récemment témoigne de la robustesse de l’économie mondiale et d’un manque de nouvelles sources d’énergie. Les États-Unis sont le seul pays à afficher une augmentation importante de la production, mais celle-ci sera loin de suffire pour remplacer la perte prévue de 15 millions de barils de production quotidienne dans les cinq prochaines années. Les contraintes s’exerçant sur l’offre vont s’intensifier si l’agitation se poursuit au Vénézuéla et si les États-Unis exigent des sanctions contre l’Iran. Au chapitre de la demande, BP prévoit que le nombre de kilomètres parcourus dans le monde par des véhicules automobiles doublera d’ici 2040. « Il est difficile d’entrevoir un sommet de la demande au cours des 30 prochaines années », a déclaré Joshua Harris, cofondateur d’Apollo Asset Management. Les véhicules électriques viendront-ils à la rescousse ? Selon les projections les plus optimistes, le parc mondial de véhicules électriques comptera un milliard de véhicules en 2040 (contre 2 millions à l’heure actuelle). Et même selon un tel scénario, le monde pourrait avoir encore besoin d’autant de véhicules à essence qu’il en compte aujourd’hui. Si l’on ajoute le transport maritime, aérien et par rail, ainsi que le camionnage, on doit s’attendre à ce que la consommation mondiale de carbone soit difficile à réduire. La production d’énergies renouvelables ne s’accroît pas assez rapidement pour remplacer les combustibles fossiles, même en tenant compte de la diminution prévue de l’utilisation du charbon, lequel est en train d’être remplacé par le gaz naturel dans les pays en développement. En d’autres termes, nous aurons des énergies dont les émissions de carbone seront plus faibles, mais pas nulles.

7. Dans une économie numérique, des enjeux sont soulevés relativement à la main-d’œuvre

À Los Angeles ou dans toute autre ville des États-Unis, il est impossible de traverser la rue sans se heurter à la crise des compétences. Sans un apport plus grand de l’immigration, les États-Unis se doivent de restructurer en profondeur leur système d’éducation afin d’être en mesure de compenser les départs à la retraite des baby-boomers et le déplacement rapide de la demande de talent. Malheureusement, seulement 35 % des jeunes adultes américains (âgés de moins de 35 ans) détiennent un diplôme universitaire. Chuck Schumer, le leader de la minorité démocrate au Sénat, a parlé d’une grave pénurie de soudeurs dans le nord de l’État de New York – en précisant que la cause n’est pas l’insuffisance du nombre de personnes désireuses d’occuper les postes offerts. Les soudeurs de demain auront besoin de nouvelles compétences, et notamment de connaissances en algèbre et dans l’utilisation de technologies numériques. C’est l’une des raisons pour lesquelles il existe 6,5 millions d’emplois non comblés aux États-Unis. Mike McNamara, chef de la direction de Flex Manufacturing, a parlé des téléphones cellulaires, qui comportent à l’heure actuelle 3 000 composants alors qu’ils n’en comportaient que 800 il y a à peine quelques années. Ni une machine ni un humain ne peuvent, à eux seuls, fabriquer un téléphone, a-t-il dit, ajoutant que cette situation ne changera pas, car les appareils électroniques deviennent de plus en plus complexes. Si le défi est clair, les solutions ne le sont pas. Seulement 11 % des chefs de la direction américains croient que le système d’éducation pourra répondre à ces besoins en évolution. M. Schumer est d’avis que les entreprises doivent jouer un rôle plus important dans l’éducation, particulièrement en matière d’apprentissage continu. Selon lui, si nous ne prenons pas les mesures appropriées, nous devons nous attendre à ce que le populisme continue de gagner du terrain – peut-être parmi tous ces soudeurs sans emploi.

8. Siri, appelez le département de la Justice

Même si les préoccupations concernant les géants technologiques ne datent pas d’hier, le thème abordé lors de la conférence du Milken Institute a été la puissance de ces géants en matière de technologie vocale, et le fait que les autorités de réglementation ne savent pas quelle attitude adopter. Dans un contexte où la recherche textuelle cède la place à la recherche vocale ou sémantique, les résultats obtenus pourraient être très différents. Quand vous faites une recherche en tapant un mot dans Google et que vous obtenez des pages de résultats, vous regardez sans doute au moins les cinq ou six premiers résultats. Mais si vous posez la même question à Alexa ou à Siri, vous n’obtiendrez peut-être qu’une seule réponse. Les annonceurs peuvent-ils influencer les préférences d’Alexa ? Ou l’algorithme aura-t-il des préférences que nous ignorons et qui profiteront à Amazon ? « Ils contrôlent le jeu tout en faisant partie des joueurs », a souligné Sally Hubbard, spécialiste de la réglementation antitrust au sein de la firme The Capitol Forum. Selon Makan Delrahim, qui est porte-parole du département de la Justice des États-Unis pour les questions liées à la technologie, Washington hésite encore à s’attaquer à des firmes uniquement en raison de leur taille ou de leur comportement prédateur potentiel. Le gouvernement n’agit qu’en cas d’infraction à la loi pouvant être prouvée, a-t-il indiqué. En matière de technologie vocale, nous n’avons pas encore d’indications claires que les consommateurs ont été lésés, mais le débat s’annonce.

9. Alexa, envoyez plus de fraises

La production agricole a connu un essor durant la « révolution chimique » des années 1940, et de nouveau durant la « révolution génétique » dans les années 1980. Les scientifiques s’emploient maintenant à amorcer une « révolution moléculaire », non pas pour accroître la production, mais pour réduire le gaspillage. Entre un tiers et la moitié de tout ce qui est produit par l’agriculture est jeté, en bonne partie à cause de la détérioration des aliments. Apeel, l’une des entreprises en démarrage du secteur de l’alimentation qui ont fait des présentations à la conférence du Milken Institute, désire modifier les molécules de la peau des avocats, des fraises et des bananes afin de doubler ou de tripler leur durée de conservation. Une telle percée pourrait transformer radicalement le transport des produits alimentaires, car on aurait moins besoin de maintenir la chaîne du froid ou de recourir à un coûteux transport par air. Plenty, une autre société innovatrice qui retient l’attention dans le secteur alimentaire, fait des expériences d’agriculture verticale – de climats contrôlés, en fait – de façon à reproduire un climat méditerranéen dans un espace intérieur restreint. Et les progrès en cours ne visent pas seulement des gains d’efficacité. Selon Tina Sharkey, de Brandless, les milléniaux accordent, de plus en plus, davantage d’importance aux procédés associés à des produits qu’aux produits eux-mêmes. « Le système des marques ne fonctionne plus, a-t-elle dit. Les milléniaux ne veulent pas simplement acheter les mêmes marques que leurs parents. Ils entendent donner à leur vie un sens et une direction. »

10. L’Afrique, la prochaine frontière

D’ici 2050, il naîtra deux milliards de personnes en Afrique. Et plus du tiers des habitants du globe âgés de moins de 18 ans vivront alors sur ce continent. Jim Yong Kim, président de la Banque mondiale, considère que cette croissance représente l’une des plus importantes occasions technologiques de la planète, ainsi qu’un immense potentiel commercial. Même si la taille de l’économie de l’Afrique peut se comparer aujourd’hui à celle de la France, la région se situe au deuxième rang mondial au chapitre de la croissance économique, avec un taux de croissance annuel de 4,3 %. Déjà, le continent met en place des innovations dans la production d’énergie hors réseau (au Kenya) et le transport des produits sanguins par drone (au Rwanda). M. Kim est venu à la conférence du Milken Institute pour annoncer le lancement d’un fonds pour le développement misant sur les technologies novatrices (Disruptive Technologies for Development Fund) afin de générer des investissements et des initiatives axés sur le déploiement de telles innovations à l’échelle de l’Afrique. Selon M. Kim, les investisseurs institutionnels, qui, partout dans le monde, peinent à maintenir leurs rendements, pourraient voir d’un bon œil les perspectives de rentabilité à long terme de l’innovation en Afrique. Il désire aussi que les gouvernements africains saisissent l’occasion qu’offre la technologie pour aider le continent à faire un « bond » d’une génération en matière de développement. L’objectif : mettre un terme à la pauvreté d’ici 2030.

11. L’espace, la dernière frontière

Comptez sur Wilbur Ross pour terminer son allocution sur une note que les participants n’oublieront pas. Venu à la conférence pour parler de guerres commerciales, le secrétaire au Commerce de 80 ans est reparti en laissant un message sur l’exploration spatiale. M. Ross a expliqué que si M. Trump a inclus le dossier spatial dans son portefeuille, c’est pour s’assurer que les États-Unis ne perdraient pas, aux mains de la Chine et de la Russie, la nouvelle course à l’espace qui est en train de prendre forme. Contrairement à ce qui s’est passé lors de la course à l’espace précédente, le prochain projet lunaire des États-Unis sera dirigé par le secteur privé, avec le soutien de Washington. Il s’est créé l’an dernier quelque 1 500 entreprises dans le secteur spatial, a indiqué M. Ross, qui s’est dit particulièrement fasciné par les projets visant à faire de la Lune une gigantesque station de ravitaillement. Ainsi, des engins spatiaux pourraient y faire le plein de carburant (fabriqué à partir des dépôts d’hydrogène et d’oxygène existant sur la Lune) avant de poursuivre leur route vers Mars et au-delà. Si M. Ross n’a pas dit comment il résoudrait les conflits commerciaux sur Mars, il a toutefois prononcé l’une des phrases les plus remarquées de la semaine : « Certains dans les médias pensent que le gouvernement est perdu dans l’espace, et donc il n’est que naturel que nous voulions le commercialiser. »