Les marchés boursiers mondiaux sont confrontés à la volatilité engendrée par les élections de mi-mandat et à l’incertitude liée au conflit iranien, mais l’évitement de la récession appuie des perspectives optimistes à long terme.
11 mars 2026
Par Jim Allworth, stratégiste, Placements – RBC Dominion valeurs mobilières
De la fin octobre jusqu’au début du conflit en Iran, la plupart des grands marchés boursiers en Europe, au Japon, au Royaume-Uni et au Canada ont suivi une trajectoire haussière marquée, atteignant successivement de nouveaux records historiques. En revanche, l’indice S&P 500 a à peine progressé au cours de la même période. Toutefois, depuis l’entrée dans le tableau de l’Iran, les marchés américains et canadiens ont relativement peu reculé, tandis que les économies fortement tributaires des importations de pétrole et de gaz, comme le Japon, une grande partie de l’Asie et l’Europe, ont subi des replis plus importants.
La trajectoire future de tous les marchés dépend largement de l’issue de l’intervention américaine en Iran. Un cessez-le-feu et une reprise du trafic pétrolier pourraient ramener l’attention des investisseurs sur les perspectives économiques aux États-Unis, au Canada et dans d’autres pays développés. Toutefois, si la campagne de bombardements actuelle risquait de déboucher sur un engagement majeur et pluriannuel des forces américaines dans un conflit avec l’Iran, nous pensons qu’il pourrait en résulter une forte déstabilisation des marchés financiers – potentiellement comparable au recul prolongé des marchés boursiers observé lors de la première guerre du Golfe – avec des répercussions significatives sur le marché du pétrole brut.
Même si nous estimons que le marché boursier américain pourrait vraisemblablement entreprendre une correction déstabilisante, entraînant les autres marchés boursiers mondiaux avec lui, nous ne nous attendons pas à ce que l’économie américaine en soit la cause. À notre avis, l’effet positif des baisses de taux totales de 175 points de base (pb) décrétées par la Réserve fédérale américaine (Fed) au cours des 17 derniers mois continuera de jouer un rôle stimulant pendant encore quelques mois, tout comme les 50 milliards de dollars américains remboursements d’impôts supplémentaires attendus ce printemps. Par ailleurs, les grandes et petites entreprises prévoient embaucher davantage, augmenter les salaires et accroître leurs dépenses en immobilisations.
Pour l’instant, l’incertitude politique s’atténue, la situation relative aux droits de douane semblant s’être largement stabilisée à la suite de la décision de la Cour suprême, et l’on peut espérer que cette tendance se poursuivra après les élections de mi-mandat. L’estimation consensuelle de la croissance du PIB des États-Unis se situe actuellement confortablement au sein de la fourchette de 2 % à 3 %, un rythme de croissance économique qui s’est habituellement traduit par des rendements légèrement supérieurs à 10 % pour l’indice S&P 500.
La hausse des prix de l’essence constitue la principale menace pour ces perspectives favorables du PIB, surtout si elle ne s’atténue pas rapidement. La moitié inférieure des ménages américains, déjà aux prises avec la hausse des prix des denrées alimentaires et des services publics, avait déjà du mal à joindre les deux bouts avant le conflit en Iran.
Historiquement, les années d’élections de mi-mandat n’ont pas toujours été les périodes les plus propices au rendement du marché boursier américain. Au cours des 23 années de mi-mandat écoulées depuis 1934, les marchés ont connu un repli notable, soit une baisse moyenne de plus de 20 % entre le sommet et le creux, suivie généralement d’un solide rebond qui a mené à de nouveaux sommets.
Dans l’ensemble, nous serions plus préoccupés par la perspective d’un ralentissement du marché dans les mois à venir si l’économie américaine semblait se diriger vers une récession. Toutefois, l’assouplissement des conditions monétaires, la stabilité des perspectives d’emploi, les subventions continues prévues par le One Big Beautiful Bill Act (OBBBA) et les plans de dépenses en immobilisations solides laissent penser qu’il est peu probable qu’un repli économique important se produise au cours de l’année à venir.
L’économie canadienne est confrontée à bon nombre des mêmes défis que celle des États-Unis, mais aussi à d’autres, à savoir l’incertitude liée au commerce et aux droits de douane, la flambée des prix de l’essence, la chute des prix de l’immobilier et le fardeau persistant des renouvellements hypothécaires à des taux qui pèsent sur les budgets des ménages. En revanche, les taux d’intérêt sont nettement plus bas au Canada, car notre déficit budgétaire est loin d’atteindre le seuil critique et notre situation financière est sans doute plus viable. Le gouvernement est donc en mesure d’apporter un soutien budgétaire et politique à long terme au développement de projets majeurs, dont certains devraient être amorcés en 2027.
Nous pensons que la Fed et la Banque du Canada feront abstraction de l’inflation provoquée par la perturbation des livraisons de pétrole brut pendant au moins quelques mois.
Le marché obligataire suit sa propre logique, mais les taux des obligations d’État et de sociétés n’ont augmenté que modérément à la suite de l’éclatement des hostilités au Moyen-Orient. Cela dit, nous prévoyons une hausse des taux obligataires et un creusement des écarts de rendement entre les titres de créance de moindre qualité et ceux de première qualité tant que le trafic de pétroliers dans le golfe Persique restera limité. Si cette situation venait à changer, les taux élevés attendus pourraient offrir une occasion d’allonger la durée des obligations en portefeuille.
Nous prévoyons actuellement que les marchés boursiers atteindront de nouveaux sommets dans le courant de l’année. Toutefois, il semble de plus en plus probable que le conflit en Iran nécessite un engagement militaire américain d’une certaine durée, et malheureusement, la tendance selon laquelle des corrections boursières surviennent généralement lors des années d’élections de mi-mandat aux États-Unis laisse croire que les marchés pourraient subir un recul prolongé avant d’entreprendre une remontée future pour les principaux indices.
Pour notre part, nous pensons que les portefeuilles devraient conserver des placements en actions égaux, mais non supérieurs à la pondération cible à long terme des investisseurs.
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