Mécanismes d’adaptation à la volatilité des marchés boursiers

Analyse
Perspectives

Compte tenu des fluctuations erratiques des marchés boursiers dernièrement, il est important de se souvenir que la volatilité est normale. Nous examinons comment les investisseurs devraient envisager la répartition du portefeuille afin qu’il puisse servir d’ancrage en période de volatilité extrême.

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2 avril 2026

Kelly Bogdanova
Vice-présidente et analyste de portefeuille
Services-conseils en gestion de portefeuille – États-Unis

Lorsque des événements externes frappent le marché boursier et alimentent l’incertitude ou la peur, comme la crise actuelle au Moyen-Orient, la volatilité évolue habituellement dans les deux sens, à la baisse comme à la hausse.

L’indice S&P 500 a reculé de 7,8 % entre le 28 février, moment où les frappes des États-Unis et d’Israël contre l’Iran ont commencé, et le 30 mars. Les actions du reste du monde, mesurées par l’indice MSCI Monde tous pays hors États-Unis, ont lâché 11,2 % au cours de la même période.

Puis, compte tenu de certains signes verbaux indiquant que les États-Unis entrevoient une bretelle de sortie, les marchés boursiers ont fait volte-face, chacun de ces indices ayant bondi d’environ 3,7 % au total mardi et mercredi de cette semaine.

Nous pensons qu’il pourrait y avoir d’autres rebondissements de la crise au Moyen-Orient à court terme, ainsi qu’une volatilité accrue des marchés boursiers, obligataires et de l’énergie.

Nous recommandons aux investisseurs à long terme de prendre une grande respiration et de compter jusqu’à 100, pour ainsi dire, avant de prendre des décisions importantes en matière de répartition de l’actif et sectorielle.

Dans l’ordre des choses

Règle générale en ce qui a trait aux placements en actions : les replis et les corrections sont plus courants qu’on ne pourrait le penser.

  • Dans l’ère moderne, depuis 1980, l’indice S&P 500 a connu 25 baisses d’au moins 10 % du sommet au creux à un moment donné au cours de l’année, comme le montrent les données en jaune du graphique. La baisse moyenne a été de 14 %.
  • Néanmoins, depuis 1980, l’indice S&P 500 s’est négocié en hausse pour l’ensemble de l’année pendant 35 des 46 années, comme en témoignent les barres bleues du graphique. Pendant 28 de ces années, les gains ont été d’au moins 10 %.
  • Il n’y a eu qu’une seule fois où le marché a enregistré des rendements négatifs au cours d’années civiles consécutives, soit en 2000, 2001 et 2002.
  • Au cours de cette longue période de 1980 à 2025, l’indice S&P 500 est passé du niveau de 108 à 6 845. Cette situation s’est produite malgré le fait que la période visée comprenait six récessions, quatre épisodes distincts d’inflation à la consommation supérieure à 5 %, des erreurs politiques de Washington et de la Réserve fédérale, des guerres et d’autres événements externes plutôt éprouvants qui ont frappé le marché.

Les replis et les corrections sont normaux

Rendement de l’indice S&P 500 et baisses maximales par année (baisse annuelle maximale moyenne : 14 %)

Rendement de l’indice S&P 500 et baisses maximales par année
  • Rendement des cours par année civile (%)
  • Baisse maximale du sommet au creux chaque année (%)

Sources : RBC Gestion mondiale d’actifs, RBC Gestion de patrimoine, Bloomberg; données sur le rendement des cours (dividendes exclus)

Le graphique montre les rendements des cours par année civile et les baisses annuelles maximales du sommet au creux pour l’indice S&P 500 de 1980 à 2025, en pourcentage. Des baisses ont eu lieu toutes les années indiquées, que le rendement annuel ait été positif ou négatif. La baisse annuelle maximale moyenne était de 14 %. En 2025, le marché a produit un rendement total de 16 %, malgré une chute maximale de 19 %.

Chaque repli ou correction a ses propres catalyseurs, que cet événement soit modéré, important ou moyen, et qu’il soit marqué ou qu’il se déroule à un rythme plus lent.

Il suffit de se souvenir des quatre corrections les plus notables de ce siècle, lorsque les catalyseurs étaient plutôt différents et que les durées différaient :

  • la panique suscitée par les tarifs douaniers extrêmement élevés en avril 2025;
  • le délestage lié à la pandémie mondiale de COVID-19 en 2020;
  • la crise financière mondiale et la crise du logement aux États-Unis de 2008 à 2009; et
  • l’éclatement de la bulle technologique aux États-Unis de 2000 à 2002.

Toutefois, certaines tendances ont été associées à des interventions militaires et à d’autres risques géopolitiques dont il convient de tenir compte aujourd’hui.

Lors de 20 de ces événements depuis la Seconde Guerre mondiale, l’indice S&P 500 a reculé de 6 % en moyenne, du moment où le marché a été initialement touché au creux. Dans 19 de ces 20 cas, le marché n’a pris en moyenne que 28 jours pour revenir au niveau d’avant ces interventions militaires et événements géopolitiques.

Toutefois, il y a eu des anomalies. Lorsque des mesures militaires ont entraîné des contraintes d’offre de pétrole au Moyen-Orient en 1973 et en 1990, l’indice S&P 500 a reculé davantage, d’environ 16 % chaque épisode, et les corrections ont duré plus longtemps que celles associées à d’autres événements militaires.

Revenir à l’essentiel

Pour les investisseurs qui ont été secoués par la récente volatilité ou par les circonstances et les risques particuliers associés à la crise au Moyen-Orient, nous pensons que le moment est bon pour soupeser ce qui suit :

  • Votre répartition stratégique générale de l’actif à long terme correspond-elle à votre horizon de placement, à votre stade de vie, à votre tolérance au risque, à vos objectifs financiers et à d’autres facteurs? Autrement dit, la répartition cible des actions, des obligations et des liquidités (et des autres catégories d’actif pertinentes) est-elle appropriée? Nous constatons souvent que les tensions associées aux fluctuations extrêmes des marchés s’expliquent en partie par le fait que cette répartition stratégique à long terme ne correspond pas à la tolérance au risque, au stade de la vie ou à un autre facteur personnel.
  • Votre répartition actuelle est-elle à peu près conforme à votre répartition stratégique à long terme? Sinon, y a-t-il une bonne raison à cela?
  • Est-ce que la répartition des actions américaines par rapport aux actions non américaines dans votre portefeuille correspond à vos objectifs financiers à long terme? Les actions américaines ont inscrit des rendements quelque peu supérieurs pendant cette correction, et nous pensons que cette situation pourrait se poursuivre si la crise au Moyen-Orient persiste. Cette situation s’explique en grande partie par le fait qu’un certain nombre d’économies européennes et asiatiques (à l’exclusion de la Chine) dépendent beaucoup plus des importations de pétrole brut et de gaz naturel et semblent donc plus vulnérables aux chocs de l’offre énergétique. Toutefois, si la crise se règle bientôt ou les expéditions de pétroliers en provenance du détroit d’Hormuz grimpent fortement, les marchés boursiers européen et asiatique pourraient reprendre le dessus, comme ils l’ont fait l’an dernier, surtout compte tenu de leurs valorisations inférieures à celles des États-Unis.
  • Les types de placements en actions de votre portefeuille correspondent-ils à vos objectifs financiers généraux? Autrement dit, la proportion d’actions à dividende, d’actions de croissance, et d’actions de valeur, ainsi que la répartition sectorielle, s’arriment-elles à vos objectifs?

Si vous n’êtes pas certain de certaines des questions ci-dessus, nous vous recommandons fortement de communiquer avec votre conseiller de RBC.

La répartition stratégique de l’actif à long terme d’un portefeuille entre les actions, les obligations et les liquidités, ainsi que la répartition des sous-catégories d’actif sous-jacentes, sont mises en place pour des périodes comme celle-ci. Elles se veulent un point d’ancrage en période de volatilité extrême.

Nous pensons que les marchés financiers continueront d’être volatils au cours des semaines et des mois à venir. Il est important que votre stratégie de placement à long terme soit bien définie et que vos répartitions de l’actif y correspondent.

Pour en savoir plus sur les actions et les titres à revenu fixe dans le contexte de la crise au Moyen-Orient, y compris les perspectives entourant les marchés régionaux, les marchandises et les devises, consultez le récent rapport Perspectives mondiales d’avril. 


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