Le marché boursier américain affronte des difficultés de tout bord, mais continue de se redresser. À première vue, le marché peut sembler déconnecté de la réalité. Toutefois, les bénéfices des sociétés ont été le principal stabilisateur.
21 mai 2026
Kelly Bogdanova Vice-présidente et analyste de portefeuilleServices-conseils en gestion de portefeuille – États-Unis
Quiconque se concentre sur la récente remontée du marché boursier américain sans porter attention aux autres manchettes pourrait penser que tout va bien dans le monde.
L’indice S&P 500 a bondi de 17 % depuis son creux de la fin mars pendant la guerre en Iran et a pris 8,6 % depuis le début de l’année jusqu’au 20 mai.
Cette remontée impressionnante s’est concrétisée malgré une avalanche de défis :
Le marché boursier vit-il sur une autre planète?
De notre point de vue, le marché repose, comme d’habitude, sur les bénéfices des sociétés. C’est pourquoi il a surmonté les difficultés jusqu’à présent :
* Représente le panier thématique d’IA de l’indice S&P 500 de Bloomberg Intelligence, composé principalement de titres des secteurs de la technologie de l’information et des services de communications, ainsi que de certains titres d’autres secteurs.
Sources : RBC Gestion de patrimoine, Bloomberg; données jusqu’au 15 mai 2026
Le graphique compare la variation sur 12 mois des prévisions consensuelles de croissance des bénéfices des actions liées à l’IA de l’indice S&P 500 selon le panier thématique d’IA de Bloomberg, l’indice S&P 500 dans son ensemble et l’indice S&P 500 excluant les actions liées à l’IA, du 9 janvier au 15 mai 2026. L’indicateur des actions de l’IA a commencé à 23,6 % et a augmenté de façon constante pour s’établir à 28,2 % le 24 avril. Par la suite, il a bondi pour terminer à 65,9 % le 15 mai. L’indicateur de l’indice S&P 500 a commencé à 11,9 %, puis a légèrement reculé, puis a progressé quelque peu pour s’établir à 13,7 % le 24 avril. Par la suite, il a bondi pour terminer à 27,5 % le 15 mai. L’indice S&P 500 excluant les actions de l’IA a commencé à 8,1 %, puis a atteint un creux de 6,0 % le 6 mars, avant de rebondir à 8,8 % le 24 avril. Il a par la suite dépassé les 12 % pour s’établir à 14,4 % le 15 mai.
Lorsque les actions de l’IA sont exclues des données de l’indice S&P 500, le taux de croissance des bénéfices semble à première vue beaucoup moins impressionnant, à 14,4 % sur 12 mois.
Les investisseurs doivent toutefois garder à l’esprit que ce taux de croissance des bénéfices de titres non liés à l’IA est supérieur au niveau moyen à long terme de l’indice S&P 500. Il est plutôt élevé sur une base historique, si l’on exclut le segment du marché qui croît le plus rapidement à tout moment, surtout en dehors des rebonds post-récession.
Au premier trimestre, sept des onze secteurs sont en voie d’accroître leurs bénéfices à des taux de plus de 10 %, y compris les matières, à 44 %, et la finance, à près de 23 % sur 12 mois.
Le taux de croissance global des bénéfices de 27,6 % de l’indice S&P 500 au premier trimestre est également impressionnant par rapport à la plupart des années depuis 2014. Il s’agit du taux de croissance le plus élevé en dehors de la période très inhabituelle qui a suivi la pandémie de COVID-19, qui a fait suite à une forte et abrupte récession des bénéfices et de l’économie et qui a inclus des paquets d’aide budgétaire sans précédent.
Sources : RBC Gestion de patrimoine, Bloomberg; les données du premier trimestre de 2026 sont préliminaires jusqu’au 20 mai 2026 et seront finalisées à la fin de la période de publication des résultats
Le graphique montre la croissance sur 12 mois des bénéfices de l’indice S&P 500 du premier trimestre de 2014 au premier trimestre de 2026. Il a débuté le premier trimestre de 2014 à 5,4 % et a atteint un sommet de 10,3 % au trimestre suivant. Il a ensuite diminué de façon constante pour atteindre -6,7 % au premier trimestre de 2016. Il a par la suite commencé à grimper, atteignant 25,4 % au troisième trimestre de 2018. Il a ensuite reculé, atteignant un creux pendant toute la période de -31,1 % au deuxième trimestre de 2020, soit pendant la récession des bénéfices liée à la COVID-19. Il a commencé à s’améliorer, puis a bondi considérablement, atteignant 96,1 % au deuxième trimestre de 2021, pendant le rebond des bénéfices qui a suivi la pandémie de COVID-19. Il s’agit du plus haut niveau pour l’ensemble de la période. Il s’est par la suite replié et est devenu négatif au quatrième trimestre de 2022, puis a atteint un creux de -5,8 % au deuxième trimestre de 2023. Il est depuis en territoire positif, se situant la plupart du temps entre 4,5 % et 13,2 %, mais il a bondi à 27,6 % au plus récent premier trimestre de 2026.
Tant que la croissance des bénéfices de l’indice S&P 500 peut augmenter à un rythme respectable au cours des 12 prochains mois ou plus, nous pensons que le marché haussier peut persister, malgré certaines turbulences en cours de route.
Par le passé, une forte relation entre la croissance des bénéfices et les rendements boursiers s’est établie.
Lorsque la croissance des bénéfices augmente au cours d’un certain nombre de trimestres ou d’années, le marché boursier a tendance à demeurer élevé ou à grimper. À l’inverse, lorsque la croissance des bénéfices diminue en période de faiblesse économique ou de récession, le marché a tendance à fluctuer ou à reculer.
Les prévisions consensuelles tablent actuellement sur une croissance des bénéfices dans les deux chiffres au cours de chacun des six prochains trimestres, en raison de l’essor des infrastructures d’IA dans un contexte non récessionniste. À ce stade-ci, Services économiques RBC prévoit une croissance du PIB des États-Unis de 2,1 % en 2026 et de 1,9 % en 2027.
Selon nous, les risques liés à ce scénario s’articulent principalement autour du Moyen-Orient :
Même si les perspectives consensuelles de croissance des bénéfices nous semblent intéressantes, la probabilité que le nombre de passages dans le détroit d’Hormuz demeure comprimé pendant des mois supplémentaires est trop grande pour être ignorée. Nous continuerions de détenir les actions américaines selon une pondération égale, mais pas supérieure, à celle du marché.
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