Panorama de mi-année 2026 : Canada

Analyse
Perspectives

L’indice S&P/TSX atteint des niveaux records dans un contexte de tensions avec l’Iran et d’incertitude tarifaire. Une récession technique masque des signes encourageants dans l’économie canadienne.

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15 juin 2026

Par Matt Altro, CFA et Luis Castillo

Actions canadiennes

L’indice composé S&P/TSX a connu un premier semestre de 2026 volatile et a affiché un repli temporaire après le début du conflit en Iran. La résilience du marché a eu le dessus, car il a fallu moins de 30 jours pour effacer le repli de 9 %, puis l’indice a poursuivi sur sa lancée pour atteindre de nouveaux sommets au début de juin. Le marché canadien continue de faire face à des risques de volatilité persistants en raison de la perception selon laquelle l’IA pourrait causer des perturbations, des tensions au Moyen-Orient et de l’incertitude persistante entourant les droits de douane à l’approche de la renégociation de l’ACEUM, en juillet.

Le secteur de l’énergie s’est exceptionnellement bien comporté au deuxième trimestre de 2026. Alors que le conflit en Iran se poursuit, nous voyons deux types de répercussions : (1) si les prix du pétrole restent élevés, cela devrait augmenter considérablement les flux de trésorerie des producteurs de pétrole, générant d’excellents bénéfices et un rendement intéressant pour les actionnaires et (2) les perturbations de l’offre à l’origine du prix du pétrole brut West Texas Intermediate à trois chiffres pèsent sur le bien-être financier des consommateurs. Le premier type de répercussions contribue au rendement des actions du secteur pétrolier et gazier, tandis que le deuxième demeure un obstacle important que nous continuons de surveiller. Le pouvoir d’achat des consommateurs et les répercussions de la hausse des prix de l’énergie sur l’économie pourraient faire grimper l’inflation pendant plus longtemps, augmenter le risque que la Banque du Canada relève son taux directeur et freiner la croissance économique du pays.

L’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) fera l’objet de discussions le 1er juillet. L’incertitude concernant l’issue des discussions et les leviers de négociation que l’administration américaine pourrait utiliser ont jeté le flou sur l’ensemble du paysage tarifaire. Bien que Services économiques RBC soit d’avis que l’accord devrait demeurer globalement inchangé, la volatilité entourant les discussions est à notre avis un enjeu clé à surveiller.

Dans un contexte marqué par une actualité qui invite à la prudence, l’indice composé S&P/TSX a progressé depuis le début de l’année, soutenu par un optimisme croissant à l’égard de l’économie et par la bonne forme des bénéfices des sociétés. Par conséquent, nous demeurons prudemment optimistes à l’égard de l’ensemble des actions canadiennes pour le reste de 2026.

Titres à revenu fixe canadiens

Les récentes données macroéconomiques brossent un tableau contrasté de l’économie canadienne. Au premier trimestre, le PIB a enregistré un recul annualisé de 0,1 % sur trois mois, ce qui est nettement inférieur aux prévisions qui tablaient sur une croissance de 1,5 %. Il s’agit du deuxième trimestre consécutif durant lequel le PIB s’est replié, ce qui répond à la définition d’une récession technique. La production économique s’est contractée pendant trois des quatre derniers trimestres. Parallèlement, les données sous-jacentes du rapport sur le PIB ont présenté des signes plus encourageants. Le PIB par habitant a augmenté de 0,9 % au premier trimestre, la consommation des ménages a été solide et les premiers signes laissent entrevoir un rebond de la croissance en avril. Les données sur l’emploi au Canada ont été volatiles, la forte baisse de l’emploi en janvier et en février ayant été en partie compensée par une hausse inattendue de l’emploi en mai. L’inflation globale mesurée par l’IPC est élevée en raison de l’augmentation des prix de l’énergie, mais les récentes mesures de l’inflation de base, hors énergie, sont proches de la cible de 2 % de la Banque du Canada.

Malgré ces signaux contradictoires, le marché s’attend à une hausse du taux directeur de la Banque du Canada d’ici la fin de l’année. L’incertitude continue toutefois de peser sur l’économie du pays. Les tensions géopolitiques et l’incertitude persistante entourant les tarifs douaniers imposés par les États‑Unis, alors que la renégociation de l’Accord Canada–États‑Unis–Mexique (ACEUM) est en cours, présentent des risques pour la croissance canadienne, tandis que les prix élevés du pétrole augmentent l’inflation. Selon nous, la Banque du Canada devrait garder le statu quo au moins jusqu’à la fin de 2026.

Parallèlement, les investisseurs du marché obligataire ne semblent pas préoccupés par l’incertitude macroéconomique. Comme aux États-Unis, les écarts de taux au Canada – la rémunération supplémentaire par rapport aux obligations d’État « sans risque » que les investisseurs reçoivent pour l’achat d’obligations de sociétés – demeurent plus faibles que jamais, ce qui signifie qu’ils sont moins chers pour l’emprunteur, mais plus chers pour le prêteur. Cette situation crée un contexte favorable pour les sociétés qui cherchent à émettre de nouveaux titres de créance, et plusieurs d’entre elles en profitent. De très grandes sociétés américaines ont commencé à émettre des titres de créance au Canada pour financer leurs projets de croissance liés à l’IA. En mai, Alphabet a émis pour 8,5 G$ CA d’obligations, la plus importante émission d’obligations de sociétés ayant eu lieu sur le marché canadien. Ce record a toutefois été de courte durée, puisqu’Amazon.com a émis un montant d’obligations encore plus important (14 G$ CA) sur le marché au début de juin. La demande des investisseurs pour ces émissions a été forte et le marché les a absorbées facilement, avec une incidence minimale sur les écarts de taux.


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