Plusieurs facteurs permettent au marché haussier des actions de se poursuivre. Le contexte des obligations est plus difficile.
15 juin 2026
Kelly Bogdanova, Thomas Garretson, CFA
Le marché boursier américain a connu certaines difficultés depuis le début de l’année, mais il a surmonté une montagne d’inquiétudes. L’indice S&P 500 a progressé de 8 % et le secteur de la technologie de l’information a bondi de 17 % du début de l’année au 11 juin.
À première vue, le marché peut sembler déconnecté de la réalité, surtout compte tenu de l’opinion négative des Américains concernant l’économie, révélée dans plusieurs sondages d’opinion. Toutefois, les bénéfices des sociétés ont été le principal stabilisateur. Les perspectives de bénéfices du marché pour 2026 et 2027 se sont nettement améliorées par rapport au début de l’année.
Nos réserves à l’égard des perspectives de bénéfices ne sont plus d’actualité en raison de la forte croissance de 49 % des bénéfices du secteur de la technologie de l’information sur 12 mois, au premier trimestre, et des signes indiquant que les dépenses en immobilisations dans l’IA pourraient continuer d’augmenter à court terme, voire sur une plus longue période. Les prévisions consensuelles de croissance des bénéfices des sociétés des technologies et d’autres secteurs ont été révisées à la hausse, y compris les société de l’énergie, en raison de l’augmentation des prix du pétrole causée par le conflit au Moyen-Orient.
L’amélioration des perspectives de bénéfices de l’indice S&P 500 cochent la case d’un catalyseur que nous estimions nécessaire pour que le marché haussier persiste pour une quatrième année consécutive, en 2026.
À l’approche des élections de mi-mandat le 3 novembre, nous sommes conscients que le marché fait face à un autre obstacle, déjà survenu par le passé. Depuis 1934, l’indice S&P 500 a enregistré une correction moyenne de 21 % pendant les années électorales de mi-mandat, comme nous l’avons mentionné dans un récent rapport.
Étant donné que le marché a déjà subi un bref repli de 9 % au printemps dernier, il reste à déterminer si le recul traditionnel des années électorales de mi-mandat est déjà survenu. Cela est possible, mais nous ne pouvons pas exclure la possibilité d’un autre repli, surtout si le détroit d’Hormuz demeure en grande partie fermé, que les taux de rendement des obligations du Trésor continuent d’augmenter en raison du risque d’inflation ou que l’angoisse suscitée par les élections de mi-mandat se concrétise.
Nous suggérons de conserver une pondération égale à celle du marché pour les actions américaines. Pour gérer le risque, nous choisirions les placements en actions avec soins, car certains titres du secteur des technologies (en particulier les semi-conducteurs) se sont fortement redressés et pourraient connaître des épisodes de forte volatilité ou une correction marquée. Par conséquent, les investisseurs devraient se méfier de la concentration des titres ou des secteurs dans leur portefeuille et procéder à un rééquilibrage si les pondérations sortent des limites établies.
Sources : RBC Gestion de patrimoine, Bloomberg; données au 6 octobre 2026
Le graphique à barres montre les prévisions consensuelles de croissance du bénéfice par action pour 2026 : énergie 69,1 %, technologie de l’information 50,1 %, matières 38,6 %, S&P 500 22,6 %, services de communications 19,1 %, produits industriels 10,7 %, services publics 10,2 %, consommation discrétionnaire 9,1 %, finance 8,6 %, consommation de base 5,4 %, immobilier 4,9 % et soins de santé 2,4 %.
Selon notre scénario de base qui n’a pas changé, la Réserve fédérale américaine maintiendra les taux inchangés jusqu’à la fin de 2026, tout en restant prête à les augmenter. Même si nous pensons que cela devrait stabiliser les taux de rendement des obligations du Trésor aux alentours des niveaux actuels, cela ajoute clairement un risque de hausse à nos prévisions actuelles (voir le graphique ci-dessous). Selon nous, le taux de rendement des obligations du Trésor à 10 ans pourrait tester certains sommets atteints au cours du présent cycle : 4,8 % en 2025 et potentiellement 5,0 % comme en 2023.
Même si le conflit au Moyen-Orient – ainsi que la hausse des prix du pétrole et les risques inflationnistes qui en découlent – pourrait être perçu comme l’unique responsable de la volte-face du marché, qui tablait sur la baisse du taux directeur de la Fed plus tôt cette année pour s’attendre maintenant à au moins une hausse du taux directeur, nous pensons que cette vision passe à côté de la situation globale. En effet, l’économie américaine demeure remarquablement résiliente, en grande partie soutenue par la vigueur persistante de la consommation et, dans une bien plus grande mesure, par les investissements colossaux des entreprises dans l’IA. L’inflation demeure supérieure à la cible de la Fed depuis des années, les principaux indices boursiers américains se tiennent proche de sommets records et le taux de chômage de 4,3 % reste essentiellement conforme à l’estimation du « plein emploi » de la Fed. En d’autres termes, tous les signes laissent entrevoir que la politique monétaire de la Fed, est au moins correctement calibrée, et il est possible que les taux aient été trop réduits l’an dernier.
Les marchés des titres de créance demeurent à des sommets historiques, offrant un rendement supplémentaire d’à peine 0,73 % par rapport aux titres du Trésor de même durée et un écart de taux au plus bas depuis 2000, ce qui signifie que les risques de crédit sont minimes en ce moment. Bien sûr, cela cadre avec nos solides perspectives économiques, mais laisse peu d’occasions intéressantes pour les investisseurs obligataires. Cela dit, les taux de rendement globaux demeurent intéressants, l’indice Bloomberg US Investment Grade Corporate Bond affichant un rendement de 5,3 %, comparativement à une moyenne de 4,7 % au cours des cinq dernières années. De plus, les obligations privilégiées hybrides émises par les banques offrent une solution de rechange intéressante aux obligations de sociétés, selon nous.
Le graphique montre le taux de rendement des obligations du Trésor américain à 10 ans et celui des fonds fédéraux de décembre 2022 au 8 juin 2026, ainsi que les estimations trimestrielles des deux taux jusqu’en décembre 2027. Le taux des fonds fédéraux a atteint 5,50 % en 2023, puis a commencé à baisser en septembre 2024 pour toucher son niveau actuel de 3,75 %, qu’il devrait maintenir jusqu’en 2027. Le taux de rendement des obligations du Trésor à 10 ans évolue entre environ 3,50 % et 4,75 % depuis décembre 2022; il est actuellement d’environ 4,50 % et devrait demeurer entre 4,35 % et 4,50 % jusqu’à la fin de 2027.
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