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Lorsqu’il règne une culture positive dans le vestiaire d’une équipe de sport, un groupe d’individus peut se transformer en une entité soudée. Mais ce qui crée la cohésion d’équipe n’est pas seulement le désir de gagner. La cohésion n’apparaît que lorsque les joueurs se sentent véritablement appréciés et évoluent dans un contexte qui leur permet de s’épanouir et de développer leurs talents, selon Tyler Smith, un ancien joueur de l’équipe de hockey des Broncos de Humboldt.

C’est en bonne partie parce qu’il a évolué au sein d’une telle culture que Tyler Smith a tant aimé la période durant laquelle il a joué dans la ligue de hockey junior de la Saskatchewan. Bien sûr, les joueurs avaient à cœur de gagner des matchs, mais on les encourageait aussi à se demander quelles étaient leurs véritables passions, qu’il s’agisse du hockey ou d’autre chose. « On nous permettait d’être nous-mêmes, de nous sentir bien dans notre peau. Cela nous a permis d’atteindre un niveau de réussite encore plus grand en tant que groupe. »

Lorsque la réussite est mesurée à travers le filtre d’une multitude de statistiques quotidiennes, par exemple le nombre de buts par match, un joueur peut facilement perdre de vue sa valeur comme individu, explique Tyler Smith. Cependant, l’équipe d’entraîneurs des Broncos, dirigée par Darcy Haugan, se faisait un devoir de rassurer les joueurs, peu importe leurs forces ou leurs faiblesses. « On nous disait que chacun d’entre nous avait un rôle à jouer et que notre travail était apprécié », dit-il.

Dans bien des cas, la contribution de l’ancien joueur de centre ne se limitait pas au cadre des matchs proprement dits. « L’un des plus beaux compliments que j’aie reçus est venu d’un entraîneur qui m’a dit que j’étais la “colle” qui contribuait à maintenir la cohésion de l’équipe et à faire en sorte que chacun excelle », dit-il. Le natif de Leduc, en Alberta, était fier de son rôle au sein de l’équipe, mais il connaissait aussi des moments ardus. Il se rappelle une période où, aux prises avec un conflit intérieur, il est devenu « tranquille » durant quelques jours. « Dans ma ville natale, dit-il, j’avais des amis qui entreprenaient leur vie, et je me disais : “Qu’est-ce que je fais ici ?” » Les doutes qui l’habitaient étaient en train de saper son moral.

Ses coéquipiers ont remarqué que quelque chose avait changé chez lui. « Ils voulaient savoir comment je me sentais et ce qui me trottait dans la tête. Tous désiraient m’aider. Le capitaine de l’équipe a même offert de demander à Darcy Haugan, notre entraîneur, s’il serait possible de me donner plus de temps de jeu. » La façon dont les membres de l’équipe ont fait corps autour de Tyler, en prenant de ses nouvelles, en l’écoutant et en offrant de l’aide, lui a fait réaliser que ce que nous pouvons faire de mieux, c’est être là les uns pour les autres.

« C’est en reconnaissant que quelque chose ne va pas et en osant parler de choses difficiles qu’on peut réellement continuer d’avancer, explique Tyler Smith. Voilà pourquoi il est si important de trouver un milieu dans lequel on peut faire preuve de compassion et d’empathie envers les gens qui nous entourent, que ce soit au sein d’une équipe, dans un lieu de travail ou dans la collectivité qui nous entoure. »

Photo de Tyler Smith

L’ancien joueur des Broncos applique maintenant dans l’ensemble de sa vie les diverses facettes de l’expérience qu’il a acquise. Il encourage les gens à être à l’écoute des amis et des membres de leur famille qui sont confrontés à des problèmes de santé mentale. Il rappelle que pour ceux qui souffrent, le premier pas peut être le plus difficile. C’est ce qui explique l’important soutien qu’il apporte au programme Être là, appuyé par Objectif avenir RBC et géré par Jack.org . Le programme Être là favorise l’acquisition des connaissances, des compétences et de la confiance nécessaires pour aider de façon sécuritaire toute personne en difficulté.

Tyler Smith sait par expérience à quel point il peut être difficile de demander de l’aide, car il se rappelle les difficultés qu’il a connues après avoir survécu au terrible accident d’autocar dans lequel 16 membres de l’organisation des Broncos ont perdu la vie en 2018. Il était alors âgé de 20 ans. À la suite de l’accident, Tyler s’est concentré sur sa réadaptation, mais il a écarté de ses préoccupations immédiates la question de sa santé mentale, reconnaît-il.

Plus d’un an après l’accident, et après avoir quitté l’équipe pour de bon, Tyler a entendu, lors d’une fête entre amis, une chanson qui lui a rappelé l’un de ses coéquipiers décédés.

« Normalement, j’aurais été porté à faire taire en moi ce souvenir douloureux et à m’assurer plutôt que tous mes amis passaient un bon moment. Mais, cette fois, j’ai accepté de ressentir la douleur. J’ai quitté la fête et laissé monter les larmes. Quatre ou cinq de mes amis, tous costauds et imposants, m’ont suivi et sont venus s’asseoir avec moi. Leur présence a immédiatement créé un espace dans lequel j’ai pu accepter qu’il n’y a rien de mal au fait de se sentir mal. »

Cette expérience lui a rappelé la façon dont lui et ses coéquipiers s’étaient soutenus les uns les autres dans le vestiaire de l’équipe. Ses années dans l’équipe lui avaient aussi appris l’importance d’adopter une attitude responsable. Si l’on peut créer un milieu qui encourage les gens à s’exprimer sans crainte et sans honte, on devrait faire la même chose en ce qui a trait aux questions de santé mentale, explique-t-il.

Autrement dit, il s’agit d’adopter une attitude responsable à l’égard de notre propre bien-être et, plus généralement, de notre santé mentale. « La santé mentale est une dimension de notre être, et chacun de nous peut avoir une bonne ou une mauvaise journée sur le plan de la santé mentale, dit Emelia Horn, qui supervise le programme Bien-être mental des jeunes pour Objectif avenir RBC. Le type de conversations que Tyler désire encourager est d’une importance capitale, particulièrement à l’heure actuelle, en raison des effets négatifs que la pandémie a eus sur tant de Canadiens, y compris les jeunes. »

Il n’y a pas de formule unique pour ce qui est de la façon de veiller sur notre santé mentale. Pour Tyler Smith, cela veut dire « faire chaque jour quelque chose de spontané, m’entraîner, me plonger dans la musique [il écoutait Frank Sinatra avant l’entrevue d’Articles RBC] et rester en contact avec ma famille et mes amis ». La thérapie l’a aussi aidé, et continue de l’aider aujourd’hui.

À l’heure actuelle, après avoir obtenu récemment un diplôme du programme de télédiffusion du Northern Institute of Technology, Tyler Smith est très occupé par son travail de conférencier et par des activités de promotion de la santé mentale. Il coanime un balado en compagnie de Riley Sheahan, qui joue pour les Sabres de Buffalo, en plus de poursuivre sa collaboration avec RBC dans le cadre de diverses initiatives de nature éducative. Il a également établi une marque de vêtements, Not Alone Co., dont une partie du produit des ventes est versée à des organismes caritatifs axés sur la santé mentale au Canada.

Le hockey continue d’occuper une place importante dans la vie de Tyler Smith, à Calgary, sa ville d’adoption. Il y a été surnommé « the Kid » (le jeune) – tout comme son héros, Sidney Crosby – par les membres de son équipe, qui ont en moyenne trente ans de plus que lui. Il est aussi entraîneur pour une équipe de jeunes de onze et douze ans, chose qu’il n’aurait jamais imaginée du temps où il jouait pour les Broncos, mais qui le remet en contact, d’une certaine façon, avec l’époque où les entraîneurs des Broncos l’ont aidé à s’épanouir.

« L’entraîneur-chef et moi avons à cœur de créer un vestiaire dans lequel les jeunes peuvent parler des bons et des mauvais moments du sport, ou de tout autre sujet qui leur vient à l’esprit », dit-il. Après une séance d’entraînement, la mère de l’un des joueurs a communiqué avec Tyler Smith pour lui faire savoir que son garçon lui avait dit que son entraîneur souffrait, lui aussi, d’anxiété.

Le fait que ce jeune puisse parler aussi ouvertement de ses difficultés a été une immense source de satisfaction pour Tyler Smith. « Si je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour aider ces jeunes à montrer leur vulnérabilité sans que cela suscite en eux des sentiments de crainte ou d’échec, alors je peux dire que j’ai accompli ma mission. »

Cet article a été initialement publié par rbc.com .