Les bureaux de gestion de patrimoine familial ont besoin d’une feuille de route claire pour exploiter les gains de productivité de l’IA sans compromettre la surveillance, la confidentialité ou le jugement humain.
L’intelligence artificielle est une technologie révolutionnaire pour les bureaux de gestion de patrimoine familial, et ce, pour le meilleur et pour le pire.
L’IA générative et l’IA agentive assurent une efficacité accrue, offrant la capacité à accélérer rapidement les processus administratifs. Il est possible de réduire les frais d’exploitation et la dépendance à l’égard des services de tiers.
D’un autre côté, les cybercriminels trouvent des moyens de pénétrer dans l’infrastructure de technologie de l’information des bureaux de gestion de patrimoine familial, ce qui les expose aux attaques par rançongiciel et à d’autres menaces.
« Les bureaux de gestion de patrimoine familial ont absolument besoin d’une feuille de route pour établir des mesures de sécurité appropriées pour la technologie », dit Adam Evans, chef de la sécurité de l’information à RBC.
La concentration du patrimoine combinée à des structures de gouvernance allégées et des opérations discrètes font des bureaux de gestion de patrimoine familial une cohorte de plus en plus ciblée. M. Evans explique que l’IA donne essentiellement aux organisations criminelles des « superpouvoirs » en leur permettant de recueillir des données à grande échelle sur les bureaux de gestion de patrimoine familial et les membres de la famille, et de personnaliser avec précision les campagnes d’attaques.
Les cybercriminels utilisent aussi l’intelligence artificielle pour créer de toutes pièces des voix et des vidéos réalistes à partir de contenu publié par des membres de la famille sur les médias sociaux et d’autres plateformes publiques. Les bureaux de gestion de patrimoine familial sont ainsi confrontés à de nouveaux défis en ce qui concerne leurs finances, leur réputation et leurs activités. C’est pourquoi la cybersécurité est devenue le principal risque à court terme cité dans le Rapport sur les bureaux de gestion de patrimoine familial de l’Amérique du Nord.
Parmi les bureaux de gestion du patrimoine familial sondés, les préoccupations concernent les violations de données et les cyberattaques, alors que les risques opérationnels à court terme ont atteint 59 % en 2026, contre seulement 16 % en 2025.
Ces préoccupations sont justifiées. La moitié des bureaux de gestion de patrimoine familial ayant répondu au sondage ont été victimes d’une tentative d’hameçonnage en 2026, et dans le quart des cas, le compte personnel de l’un des membres de la famille a été compromis. Parallèlement, les mesures d’atténuation de base ont diminué : le taux d’authentification à deux facteurs est passé de 92 % à 83 %, et celui d’autorisation de paiement en double, de 84 % à 73 %.
Les répondants utilisent de plus en plus l’IA. En effet, 54 % se servent de cette technologie pour effectuer des recherches sur les placements, et 36 %, pour recueillir et gérer des données.
Le rapport note que même si les bureaux de gestion de patrimoine familial sont conscients du potentiel de l’IA, ils se montrent prudents, à juste titre, quant à son adoption rapide. Nombreux sont ceux qui reconnaissent la gravité des risques de cybersécurité étant donné qu’« une seule violation ou défaillance du système […] peut mettre en péril le patrimoine familial », affirme Lori Woodman, directrice générale, Bureaux de gestion de patrimoine familial, Clientèle stratégique RBC, dans le rapport.
À mesure que le rythme des occasions et des menaces s’accélère, le défi consiste à tirer le meilleur parti de l’IA au chapitre de l’exploitation, de l’information et des analyses, tout en limitant les risques.
M. Evans fait remarquer que la plupart des bureaux de gestion du patrimoine familial, surtout ceux dont l’empreinte numérique est relativement simple, devraient être en mesure d’explorer les outils d’IA largement accessibles, comme Copilot de Microsoft, ChatGPT d’OpenAI, Claude d’Anthropic ou Gemini de Google.
« À mesure que les bureaux de gestion du patrimoine familial se familiariseront avec cette technologie, ils voudront chercher des solutions plus personnalisées et développer leurs propres outils d’IA », explique-t-il.
Néanmoins, les bureaux de gestion du patrimoine familial doivent garder à l’esprit que la transmission de renseignements par l’entremise des plateformes numériques n’est jamais entièrement sans risque. Par conséquent, la solidité de la gouvernance, des pratiques de traitement des données et des contrôles de cybersécurité est essentielle à mesure que l’adoption de l’IA progresse.
L’importance de mettre en place des mesures de sécurité robustes s’applique aussi à l’échange d’information sensible au sein de l’écosystème des bureaux de gestion de patrimoine familial, ajoute Manju Jessa, cheffe, Bureau de gestion de patrimoine familial et clientèle stratégique, Clientèle stratégique.
« Les bureaux de gestion de patrimoine familial jouent un rôle central dans la coordination d’un réseau complexe de conseillers et de partenaires de confiance, où des renseignements sensibles doivent être échangés de manière sécuritaire et dans un objectif précis, explique-t-elle. « L’IA peut contribuer à améliorer l’efficacité et la coordination. Toutefois, les véritables progrès se mesurent à la capacité de l’IA à améliorer la façon dont les familles sont servies sans compromettre la confidentialité, la surveillance ou le jugement humain. »
Pour un large éventail d’utilisations, comme analyser et rééquilibrer un portefeuille financier, éliminer le travail fastidieux, faire émerger des idées permettant de prendre des décisions plus judicieuses, M. Evans affirme que l’IA peut jouer un rôle de confiance lorsqu’on sait comment l’exploiter correctement.
La gouvernance est essentielle, y compris la séparation de l’environnement en ligne personnel de la famille (appareils et comptes de médias sociaux) de celui du bureau et de l’environnement professionnel. « Pour créer cette séparation, il faut établir de plus grandes mesures de cybersécurité dans votre bureau de gestion de patrimoine familial, en fonction de l’importance de ce que vous essayez de protéger », affirme M. Evans.
De nombreux bureaux de gestion de patrimoine familial ont du personnel affecté aux TI, même s’il ne s’agit que d’une seule personne ou d’une petite équipe. Ces derniers et le reste de l’équipe doivent élaborer et comprendre les protocoles de cybersécurité, et saisir leur rôle en cas d’incident.
Selon le Rapport sur les bureaux de gestion de patrimoine familial de l’Amérique du Nord, plus de 70 % des bureaux de gestion de patrimoine familial confient maintenant au moins une partie de leurs besoins en matière de cybersécurité en sous-traitance. Au-delà des menaces provenant de personnes mal intentionnées, d’autres précautions doivent être prises. La planification en matière d’IA devrait tenir compte des scénarios possibles si les outils d’IA que les bureaux utilisent s’échappent dans d’autres parties de leurs réseaux, en consommant des données auxquelles ils ne sont pas censés accéder.
Il est également essentiel que les outils d’IA continuent de servir leurs missions, selon M. Evans. Même lorsqu’elle est soumise à de solides mesures de sécurité et qu’elle fournit des renseignements et de l’aide visant à stimuler la productivité, la technologie de l’IA nécessite la présence d’un être humain.
« Les grands modèles de langage souffrent encore d’hallucinations, dit-il, en référence aux cas où l’IA génère avec assurance des renseignements qui ne sont pas vrais. « Vous devez absolument passer en revue les résultats pour vous assurer qu’ils sont exacts et qu’ils génèrent les résultats auxquels vous vous attendez. »
L’objectif est toujours de tirer parti de l’IA et de nous protéger contre son utilisation abusive. C’est pourquoi les bonnes mesures de gouvernance et de cybersécurité entrent en jeu.
« Du point de vue de la productivité, l’IA va être très utile, car elle permet à ses employés de faire un travail à valeur ajoutée, affirme M. Evans. Les bureaux de gestion du patrimoine familial doivent cependant être conscients des risques réels de l’IA autant que de ses avantages potentiels. »
En savoir plus au sujet des structures des bureaux de gestion de patrimoine familial, de la cybersécurité et de l’incidence de l’IA sur l’efficience des bureaux de gestion de patrimoine familial. Découvrez également les principales tendances relevées dans le Rapport sur les bureaux de gestion de patrimoine familial de l’Amérique du Nord 2026 .
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