Nouveaux développements dans la guerre commerciale entre les États-Unis et le Canada : les répercussions sur les deux économies

Analyse
Perspectives

Droits de douane, représailles et chaînes d'approvisionnement en mutation—ce que les derniers mouvements signifient pour la croissance, l'emploi et les prix de part et d'autre de la frontière.

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27 août 2026

Par Services économiques RBC

De nouveaux développements importants dans la guerre commerciale ont vu le jour depuis l’entrée en vigueur des droits de douane imposés par les États-Unis en vertu de l’article 338 le 22 août, notamment la mise en place de mesures de soutien du gouvernement canadien, de droits de douane de représailles, ainsi que de nouvelles menaces américaines contre le secteur canadien de l’automobile.

Le présent rapport s’appuie sur notre analyse précédente  pour répondre aux questions les plus pressantes que nous recevons dans un contexte commercial en constante évolution qui a des répercussions sur les deux économies.

1. L’intensification de la guerre commerciale a-t-elle modifié vos perspectives de croissance pour le Canada cette année?

Notre scénario de base n’a pas changé : nous continuons à faire preuve d’un optimisme prudent quant à la croissance à court terme du Canada.

Toutefois, les mesures récentes ont quelque peu assombri les signes d’un momentum de l’économie et ont fait pencher la balance des risques associés à cette prévision vers le bas. 

Ces risques sont en grande partie liés à la possibilité d’une escalade de la guerre commerciale entre les États-Unis et le Canada plutôt qu’aux mesures actuelles. 

Les nouveaux droits de douane imposés en août auront des répercussions importantes pour des secteurs et des industries spécifiques. Les entreprises qui ont la malchance de se retrouver dans la ligne de mire de ces droits de douane seront durement touchées au Canada et aux États-Unis.

Mais en fin de compte, ces mesures ne touchent qu’une petite partie de l’économie. Les droits de douane américains ne concernent qu’environ 5 % des exportations canadiennes vers les États-Unis et qu’environ 0,4 % du produit intérieur brut et des emplois au Canada. Les droits de douane de représailles annoncés par le Canada représentent environ 3 % des importations canadiennes, et la liste a déjà été modifiée (retrait des produits de la mer, ajout d’autres groupes de produits, comme la pierre et le cuivre), selon les commentaires recueillis auprès des entreprises.

Par ailleurs, la politique budgétaire aidera à compenser certains des coûts liés aux droits de douane. Le gouvernement fédéral a annoncé un nouveau programme de soutien de 7,5 milliards de dollars pour les travailleurs et les entreprises directement touchés (environ 0,2 % du PIB nominal). Cette aide devrait permettre de limiter les pertes d’emplois immédiates et juguler l’hémorragie pour l’économie en général.

Les développements récents au Canada ont été positifs. La croissance montrait des signes de raffermissement, et le taux de chômage a légèrement baissé d’un demi-pour cent par rapport à juillet dernier, malgré l’incertitude commerciale persistante.

Par le passé, les tensions commerciales ont également beaucoup fluctué, mais la tendance générale des taux tarifaires américains à l’échelle mondiale s’est orientée plutôt à la baisse en 2026.

Graphique à barres horizontales empilées intitulé « Les produits canadiens visés par les droits de douane sont très concentrés sur les États-Unis », présentant les exportations de 2025 en dollars canadiens pour dix catégories de produits visées par les tarifs douaniers américains de l'article 338. Pour chaque catégorie, les barres bleues représentant les exportations vers les États-Unis dépassent largement les barres jaunes représentant les exportations vers le reste du monde. Les plastiques et le matériel électrique arrivent en tête, chacun approchant les 6 milliards de dollars, tandis que les arbres vivants et les plantes constituent la plus petite catégorie, à peine au-dessus de 1 milliard de dollars. Source : Statistique Canada, RBC Économie.

2. La trajectoire de l’inflation au Canada a-t-elle été modifiée? Quelle sera la lecture de la Banque du Canada de ces développements?

Oui, mais pas de façon significative. Les derniers droits de douane de représailles compliqueront le retour durable de l’inflation à la cible de 2 %, mais il faudra probablement une nouvelle escalade pour influencer considérablement les tendances globales de l’inflation. Les nouveaux droits de douane d’août causeront des difficultés aux entreprises touchées, mais ils ne touchent qu’une petite partie du commerce transfrontalier dans son ensemble.

Chose importante, comme la Banque du Canada l’a constaté ici , les répercussions sur l’inflation dépendent de l’ampleur des droits de douane, des attentes des détaillants quant à la durée d’application des mesures et du niveau de visibilité des changements de prix pour les consommateurs. Fait important, les augmentations de prix attribuables aux droits de douane de représailles imposés en 2025 se sont rapidement résorbées dès leur retrait.

Cela donne à penser que les droits de douane de représailles intérieurs pourraient avoir un effet important, mais partiel et, en fin de compte, temporaire sur les prix à la consommation au Canada. Il est également important de souligner ici le point de départ sain des tendances de l’inflation avant le dernier différend commercial. Les mesures de l’indice des prix à la consommation de référence privilégié de la Banque du Canada sont restées autour de 2 % depuis avril.

Le risque, bien sûr, est que la guerre commerciale s’intensifie, mais une escalade importante serait également négative pour l’économie, ce qui l’emporterait vraisemblablement sur les craintes liées à l’inflation et pourrait inciter la banque centrale à réagir en réduisant le taux directeur.  Pour l’instant, cependant, nous prévoyons que la combinaison de la baisse récente de l’inflation et de l’augmentation des risques liés au commerce international, tempérée par des données de croissance rétrospectives plus fermes, s’équilibre pour maintenir les taux de la Banque du Canada inchangés pour le reste de 2026.

Graphique linéaire intitulé « Prix de détail des biens touchés par les contre-droits de douane du Canada de 2025 », illustrant l'évolution relative estimée des prix de février 2025 à janvier 2026. Les prix augmentent brusquement après l'imposition des contre-droits de douane en mars 2025, atteignant un sommet légèrement supérieur à 6 % durant l'été, puis chutent fortement après la levée de la plupart des contre-droits de douane en septembre 2025, pour se stabiliser aux alentours de 1 % d'ici décembre. Source : Banque du Canada, RBC Économie.

3. Quelles seraient les répercussions des nouveaux droits de douane sur les automobiles s’ils étaient imposés le 1er janvier?

La menace des droits de douane sur les automobiles est clairement préoccupante pour le secteur. Le nombre de véhicules produits au Canada diminue depuis des décennies, mais 120 000 emplois dépendent toujours directement de la production de véhicules et de pièces détachées, ce qui représente 0,7 % de l’emploi et du PIB du Canada.

Toutefois, la mise en place de droits de douane à l’ensemble du secteur de l’automobile serait unique en ce sens que, s’ils étaient imposés, ils constitueraient également une charge plus lourde pour les exportateurs américains que pour les exportateurs canadiens.

Il faut savoir que plus de la moitié de la valeur des exportations de véhicules canadiens vers les États-Unis provient de pièces importées des États-Unis et achetées pendant l’assemblage. Moins du tiers correspond à la production de valeur ajoutée canadienne, le reste provenant de marchés étrangers, comme le Mexique.

Une intégration profonde signifie que les droits de douane imposés à tout partenaire de la zone de libre-échange nord-américaine feraient augmenter les coûts dans l’ensemble du secteur automobile nord-américain, ce qui plomberait sa compétitivité par rapport aux fabricants étrangers, comme la Chine.

Cela explique probablement pourquoi des droits de douane globaux sur les automobiles n’ont pas encore été pleinement mis en œuvre jusqu’à présent. Les droits de douane sur les importations d’automobiles américaines en provenance du Canada et du Mexique ont été limités à la valeur ajoutée non américaine, et la plupart des pièces de véhicules sont exemptées si elles sont conformes à l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM). 

Des droits de douane supplémentaires sur le secteur de l’automobile représentent toujours un risque, mais, plus que toute autre industrie, ils auraient des répercussions négatives autant sur les États-Unis que sur les exportateurs canadiens.

Graphique circulaire intitulé « Exportations canadiennes d'automobiles vers les États-Unis selon l'origine de la production », illustrant la composition des exportations de véhicules utilitaires légers. Les intrants importés des États-Unis représentent 53,3 % (bleu foncé), la part de la valeur ajoutée canadienne 30,4 % (jaune) et la part importée non américaine 16,3 % (bleu clair). Source : Statistique Canada, RBC Économie.

4. Comment les droits de douane de représailles du Canada auront-ils une incidence sur le Canada et les États-Unis?

L’objectif des mesures commerciales de représailles est habituellement de causer une perturbation aussi visible que possible pour les exportateurs étrangers, tout en limitant les répercussions sur les importateurs nationaux. 

Dans les faits, idéalement, personne ne paie de droits de douane de représailles. L’idée est qu’ils incitent les entreprises canadiennes à importer en provenance de pays autres que les États-Unis ou à acheter auprès de fournisseurs nationaux ou à se tourner vers des produits de substitution. 

La nouvelle liste des droits de douane de représailles du Canada, qui prévoit des droits de douane de 25 à 50 % sur environ 3 % de ses importations totales, vise particulièrement la machinerie, les produits du papier et les plastiques. Mais, en moyenne, ces produits représentent une part plus faible des importations actuelles en provenance des États-Unis, ce qui laisse plus d’options que le produit moyen pour se tourner vers d’autres marchés d’importation. C’est également dans ces secteurs que les expéditions vers le Canada représentent une part disproportionnée des exportations américaines.

Les États-Unis représentent en moyenne environ 26 % des produits figurant sur la liste des droits de douane de représailles du Canada. Le Canada représente environ 20 % des exportations totales américaines de ces produits, un chiffre supérieur à la moyenne d’environ 15 % de l’ensemble des produits (2025).  Pour certaines industries et certains produits, la part canadienne est beaucoup plus élevée. Selon nos calculs, le Canada représente 80 % ou plus de la part totale des exportations américaines, soit environ 10 % de la valeur en dollars des produits visés par les mesures de représailles canadiennes.

5. Le Canada peut-il compenser la perte de la demande américaine par une demande intérieure ou internationale?

Oui, il existe une marge de manœuvre pour des produits de substitution nationaux, même si elle est assez mince et qu’elle prendra de l’ampleur au fil du temps.

Selon nos calculs, environ 80 % des exportations canadiennes de produits figurant sur les listes des droits de douane de l’article 338 étaient destinées aux États-Unis en 2025, ce qui témoigne d’un niveau élevé de concentration des exportations. La bonne nouvelle pour ces produits est que la demande étrangère représente généralement une part plus faible de la production nationale totale, par rapport aux produits visés lors des précédentes vagues de droits de douane imposés en vertu de l’article 232, notamment les automobiles et les pièces détachées, les métaux et leurs dérivés et le bois d’œuvre.

De plus, le Canada est en fait un importateur net des produits figurant sur la liste des produits visés selon l’article 338, de sorte qu’il est possible pour les acheteurs nationaux de se tourner vers des fournisseurs nationaux et de remplacer ainsi au moins une partie des ventes à l’exportation perdues. Cela signifie que la consommation intérieure dispose d’une marge de progression supplémentaire et compense la réduction de la demande américaine.

6. Les Canadiens ont-ils modifié leur comportement pendant ce conflit commercial?

Oui, et on assiste à une nette tendance à l’achat de produits canadiens, particulièrement dans le secteur du tourisme. Les États-Unis restent la principale source d’importations de biens matériels du Canada, mais les Canadiens ont clairement indiqué qu’ils préféraient éviter de voyager et de dépenser aux États-Unis.

Cela ne veut pas dire que les Canadiens ne voyagent pas. Les dépenses touristiques au premier trimestre de 2026 sont restées globalement stables, mais leur répartition a changé. Les Canadiens dépensent leur argent destiné au tourisme pour voyager chez eux ou pour d’autres destinations à l’étranger, hors États-Unis. Le nombre de Canadiens voyageant aux États-Unis pour des voyages avec nuitée est inférieur de 25 % par rapport à 2024, depuis l’intensification des tensions commerciales début 2025.

Infographie à deux volets sur les voyages et le tourisme au Canada en 2025.

Le volet supérieur montre que les voyages transfrontaliers des Canadiens vers les États-Unis ont diminué de 25,4 %, tandis que les voyages à l'étranger ont augmenté de 9,2 %.

Le volet inférieur indique que les dépenses touristiques intérieures ont augmenté de 2,9 %, que les dépenses des visiteurs internationaux au Canada ont augmenté de 1,0 %, et que les dépenses touristiques totales ont augmenté de 1,9 %.

À l’avenir, cela pourrait devenir intéressant. L’incertitude commerciale a de nouveau atteint des sommets aux deuxième et troisième trimestres en raison des conflits géopolitiques et des tarifs imposés en vertu de l’article 232. Nous suivrons donc de près l’évolution des habitudes de dépenses. Les consommateurs pourraient réduire davantage leurs voyages transfrontaliers à mesure que l’instabilité s’accentue.

Graphique à barres verticales intitulé « Les importations américaines représentent une part plus importante des marchandises soumisses aux droits de douane dans certaines provinces », présentant la part des importations totales de marchandises soumises aux droits de douane en provenance des États-Unis au niveau HS8 en 2025 pour dix provinces. L'Î.-P.-É. arrive en tête, près de 80 %, tandis que la Saskatchewan, le Nouveau-Brunswick et le Manitoba dépassent 60 %; l'Alberta se situe sous les 30 %, et l'Ontario, le Québec et la C.-B. autour de 20 %; T.-N.-L. et N.-É. tombent sous les 10 %. Source : Statistique Canada, Économie RBC.

7. Certaines régions du Canada sont-elles particulièrement inquiètes des droits de douane actuels et nouveaux?

Oui. Les secteurs des produits en plastique, des machines électriques, des meubles et des produits du bois sont parmi les plus touchés par les nouvelles mesures en vertu de l’article 338. Cela signifie que les répercussions se font particulièrement sentir au Québec, en Colombie-Britannique et en Ontario.

Pour ces provinces, les nouvelles mesures viennent s’ajouter aux pressions existantes sur des produits comme l’automobile, l’acier et le bois d’œuvre. Elles visent environ 10 % des exportations du Québec et de la Colombie-Britannique, et environ 8 % des exportations de l’Ontario vers les États-Unis.1 Elles pourraient augmenter substantiellement le taux tarifaire effectif moyen auquel les exportations de ces provinces  sont soumises – bien au-dessus de la moyenne nationale d’environ 6 %.

S’ils sont maintenus, les droits de douane imposés en vertu de l’article 338 pourraient exacerber davantage la divergence de croissance régionale entre les provinces fortement exposées et celles moins touchées par les mesures américaines, comme l’Alberta, la Saskatchewan et certaines parties du Canada atlantique.

Des difficultés pourraient également découler des propres mesures de représailles mises à jour par le Canada le 26 août.

D’après nos calculs, les droits de douane réciproques canadiens (tels qu’annoncés au moment de la rédaction du présent rapport) toucheraient une plus grande part des importations de marchandises ciblées à l’Île-du-Prince-Édouard (78 %), en Saskatchewan (74 %), au Nouveau-Brunswick (70 %) et au Manitoba (65 %), ce qui rendrait probablement plus difficile pour les importateurs de trouver des solutions de rechange à moindre coût.

Graphique à barres empilées divergentes intitulé « Les voyages transfrontaliers des Canadiens ont reculé tandis que les voyages outre-mer ont progressé », illustrant la contribution du mode de transport à la variation annuelle en pourcentage du nombre de voyageurs en 2025. Les « Retours des É.-U. » chutent à environ -25 %, principalement en raison des déplacements en véhicule ; les « Retours hors É.-U. » augmentent de près de 10 %, provenant entièrement du transport aérien. Source : Statistique Canada, RBC Economics

8. Comment ces nouveaux droits de douane ont-ils eu une influence sur vos perspectives pour les États-Unis?

À l’instar de notre point de vue sur le Canada, nos perspectives de référence pour les États-Unis, soit une croissance de 2 % en 2026 et en 2027 et une légère amélioration de l’inflation (qui reste toutefois toujours élevée), demeurent inchangées face aux nouveaux développements commerciaux.

Cependant, tout comme pour le Canada, nos perspectives risquent de changer. Les États-Unis ont bénéficié d’un répit bienvenu à la suite de l’annulation des droits de douane imposés en vertu de l’IEEPA par la Cour suprême des États-Unis en février. Dans les mois qui ont suivi, la pression exercée sur l’inflation des biens a diminué, et les emplois dans les secteurs liés au commerce ont commencé à se redresser.

Ces nouveaux droits de douane menacent ces progrès. L’inflation est particulièrement problématique, étant donné que les pressions sur les prix sont un problème persistant, contrairement au Canada, où l’inflation a été mieux contenue.   

Graphique à barres empilées divergentes intitulé « Les politiques tarifaires pénalisent l'emploi américain exposé au commerce », présentant les variations mensuelles de la masse salariale en milliers de janvier 2025 à juillet 2026, réparties entre les secteurs exposés au commerce (jaune) et tous les autres secteurs (bleu). Les masses salariales des secteurs exposés au commerce demeurent négatives après le « Liberation Day » au printemps 2025 ; les deux secteurs bondissent en territoire positif après l'annulation de l'IEEPA en février 2026, puis redeviennent négatifs après l'effondrement des négociations commerciales États-Unis/Canada en juillet 2026. Source : U.S. Bureau of Labor Statistics, RBC Economics.

9. Quels sont les États américains les plus exposés aux nouveaux droits de douane?

Les droits de douane imposés par les États-Unis et le Canada ont une incidence considérable sur les États situés le long de la frontière nord des États-Unis. Le Montana, le Dakota du Nord, le Maine et le Vermont semblent particulièrement exposés, compte tenu de la proximité géographique et de la diversité des secteurs ciblés par les deux côtés. Chacun de ces États réalise la majorité de ses échanges commerciaux avec le Canada (c.‑à‑d. plus de 50 % de l’ensemble de ses importations et de ses exportations).

Graphique à barres empilées verticales intitulé « Commerce Canada/É.-U. par État », illustrant la part du Canada dans le total des exportations et importations de chaque État américain, pour 15 États allant du Montana à l'Ohio. Le Montana présente la part la plus élevée, près de 80 % (pondérée par les importations), les valeurs diminuant jusqu'à l'Ohio autour de 25 %. Une mention précise qu'en 2025, le Canada était la principale destination d'exportation pour 26 États et la principale source d'importation pour 22. Source : U.S. Census Bureau, RBC Economics.
  1. À l’exclusion des marchandises figurant également dans la liste en vertu de l’article 232, au niveau HS6, basé sur les échanges commerciaux de 2025.

Cet article a été publié à l’origine le Services économiques RBC .


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