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Kelly Bogdanova
Vice-présidente et analyste de portefeuille
Services-conseils en gestion de portefeuille – États-Unis

Le marché boursier américain a ralenti la cadence dernièrement ; le taureau fonceur de Wall Street prend un peu de repos.

L’indice S&P 500 a bondi de 103 % entre le creux de mars 2020 causé par la COVID-19 et le début de septembre 2021. Il s’agit de loin de la plus forte reprise jamais enregistrée sur une période similaire depuis les années 1960. Les résultats qui s’en rapprochent le plus correspondent à des remontées de 61 % à 62 % en 2009, 1982 et 1974.

Le marché américain boursier a beaucoup progressé en peu de temps.
Niveau du S&P 500 depuis janvier 2020

Le graphique montre l’évolution du S&P 500 : il était à 2 237 en mars 2020, lorsque l’inquiétude entourant la COVID-19 était à son comble, avant de monter à près de 4 537 au début de septembre 2021, ce qui représente un gain de 103 %. Il s’agit de la plus forte reprise jamais enregistrée depuis les années 1960.

La plus forte reprise jamais enregistrée depuis les années 1960 – Gain de 103 % entre le creux de mars 2020 et le sommet de début septembre 2021.

Sources : RBC Gestion de patrimoine, Bloomberg ; données prises en compte jusqu’au 29 septembre 2021.

L’indice a récemment fléchi, perdant 5,1 % depuis le 2 septembre ; ce recul a mis fin à sept mois consécutifs de gains malgré les nombreux obstacles, dont certains propres à la pandémie :

  • La pandémie de COVID-19 a créé des distorsions persistantes dans les chaînes logistiques, les prix de l’énergie, l’inflation, le marché du travail et le dynamisme global de l’économie ;
  • En raison de ces problèmes, des entreprises ont émis des réserves quant à leurs bénéfices du troisième trimestre, et ce, dans un large éventail de secteurs sensibles à l’économie (cycliques) ;
  • À Washington, le plafond de la dette, deux importants projets de loi importants sur les dépenses ainsi que les éventuelles hausses d’impôt pour les sociétés et les particuliers à revenus élevés suscitent l’inquiétude ;
  • En Chine, le rationnement de l’électricité (y compris pour le névralgique secteur industriel) découlant de la hausse des prix du charbon et d’autres facteurs, ainsi que les risques liés à Evergrande et au marché immobilier font redouter des répercussions sur la croissance du PIB ;
  • La Réserve fédérale (Fed) devrait bientôt changer l’orientation de sa politique et amorcer la réduction des achats d’actifs dans le courant de l’année, les hausses de taux venant plus tard.

Nous pensons que le marché finira par surmonter ces défis, puisque les principaux indicateurs économiques demeurent au beau fixe. Par contre, la volatilité pourrait s’intensifier au cours des semaines et des mois à venir.

Bras de fer à Washington

Nous ne voulons pas donner l’impression de négliger l’importance du plafond de la dette ; il s’agit d’un véritable casse-tête, pour de nombreuses raisons, et l’ alourdissement de la dette fédérale continue de nous donner matière à réflexion. Tom Porcelli, économiste en chef, États-Unis, à RBC Capital Markets, LLC, s’attend néanmoins à ce que la situation se dénoue comme par le passé. À son avis, les tensions seront vives à court terme, mais le Congrès acceptera de relever le plafond de la dette en temps opportun de manière à éviter une crise.

Les manœuvres politiques entourant les projets de loi colossaux sur l’infrastructure (1 billion de dollars) et le budget (3,5 billions de dollars) continuent de faire les manchettes, mais M. Porcelli ne croit pas que leur adoption stimulera substantiellement la croissance économique. Les dépenses totales seront probablement inférieures au montant proposé et étalées sur de nombreuses années. En outre, leur effet pourrait être partiellement neutralisé par l’augmentation envisagée du taux d’imposition des sociétés. Selon Lori Calvasina, chef, Stratégie sur actions américaines à RBC Capital Markets, LLC, les investisseurs institutionnels (gestionnaires de portefeuilles de fonds communs de placement, de caisses de retraite et de fonds de couverture) ne sont pas entièrement convaincus de l’efficacité de ces propositions. Certaines entreprises tireraient avantage des investissements dans l’infrastructure et l’énergie verte. En revanche, les projets de loi ne sont pas perçus comme d’importants catalyseurs de la croissance globale des bénéfices ou du marché.

Mme Calvasina pense que l’effet d’une hausse modérée de l’impôt des sociétés, de l’ordre de 21 % à 25 % (selon l’opinion générale), est déjà pris en compte par le marché. D’après elle, même si les analystes n’ont pas officiellement intégré cette hausse dans leurs prévisions ascendantes pour 2022 et 2023, les investisseurs institutionnels en tiennent généralement compte pour estimer les bénéfices.

Réactions en chaîne

Les perturbations qui minent les chaînes logistiques ont sans doute plombé la croissance de l’économie et des bénéfices au troisième trimestre. L’incertitude qu’elles soulèvent dans les secteurs et les entreprises constitue, selon Mme Calvasina, l’un des principaux obstacles pour le marché. De plus en plus d’entreprises émettent des avertissements relativement aux résultats du troisième trimestre. Cela montre bien que certaines équipes de direction éprouvent des difficultés à composer avec les contraintes qui limitent l’approvisionnement. De leur côté, les investisseurs institutionnels s’inquiètent de plus en plus de ce que pourraient cacher ces mises en garde. De plus, ils ignorent quand et comment la situation pourra être résolue. Mme Calvasina s’attend à une réduction des pressions sur les chaînes logistiques à mesure que régresse la pandémie de COVID-19, mais elle précise qu’il y a d’autres facteurs en jeu.

À tout le moins, nous anticipons une volatilité boursière accrue jusqu’à la période de publication des résultats du troisième trimestre, ou même durant cette période, en raison des entraves que représentent les chaînes logistiques, les coûts élevés de l’énergie, l’inflation et l’étroitesse du marché du travail. Nous ne serions pas surpris si le taux de dépassement des prévisions était inférieur aux niveaux exceptionnels des cinq derniers trimestres et si certaines sociétés de renom décevaient largement les attentes. Heureusement, même les équipes de direction qui font face à des difficultés d’approvisionnement demeurent optimistes quant à la demande des clients.

La trajectoire à long terme de la croissance des bénéfices est encore plus importante que ce qui ressortira des résultats du troisième trimestre. Mme Calvasina a récemment relevé ses prévisions de bénéfice annuel pour le S&P 500, en intégrant le scénario de hausse de l’impôt des sociétés, comme l’illustre le graphique. Si ses prévisions pour 2022 se concrétisent, la croissance sur 12 mois sera de 11 % si l’impôt des sociétés est inchangé, ou de 5,5 % s’il augmente ; ce serait tout à fait raisonnable, à notre avis, puisque ce gain ferait suite à un bond estimé à 43 % pour cette année. Dans l’ensemble, Mme Calvasina qualifie ses nouvelles estimations de « prudentes » et souligne que les résultats pourraient s’avérer meilleurs si les rachats d’actions dépassaient ses attentes actuelles.

RBC Marchés des Capitaux a revu ses estimations à la hausse et prend en compte la possibilité d’une hausse d’impôt
Prévisions annuelles de RBC pour le BPA du S&P 500 comparativement aux estimations générales

Le graphique illustre les estimations actuelles et précédentes de RBC Marchés des Capitaux pour le bénéfice par action (BPA) annuel du S&P 500 en 2021, 2022 et 2023, comparativement aux estimations générales. Anciennes estimations de RBC (juillet 2021) : 192 $, 216 $, (aucune estimation). Nouvelles estimations de RBC sans hausse de l’impôt des sociétés : 200 $, 222 $, 238 $. Nouvelles estimations de RBC avec hausse de l’impôt des sociétés, de 21 % à 25 % à partir de 2022 : 200 $, 211 $, 226 $. Estimations générales : 201 $, 220 $, 236 $.


Anciennes estimations de RBC (publiées en juillet)

Nouvelles estimations de RBC (sans hausse de l’impôt des sociétés)

Nouvelles estimations de RBC (avec hausse de l’impôt des sociétés*)

Estimations générales

* Dans l’hypothèse d’une hausse de l’impôt des sociétés de quatre points de pourcentage, ce qui ferait passer le taux réglementaire de 21 % à 25 % à compter de 2022.

Sources : Stratégie sur actions américaines, RBC Marchés des Capitaux ; les estimations générales sont les données ascendantes du système I/B/E/S de Refinitiv en date du 24 septembre 2021.

Soutien structurel

Il n’est pas inhabituel pour le marché de faire une pause après une forte progression, surtout après que la croissance des bénéfices sur 12 mois a atteint un sommet, ce qui, à notre avis, s’est produit au deuxième trimestre.

Malgré les obstacles particuliers découlant de la COVID-19, les principaux indicateurs économiques révèlent toujours que les risques de récession sont presque nuls, que les données fondamentales des ménages demeurent solides et que la croissance des bénéfices devrait se poursuivre, à un rythme modéré à tout le moins. Par conséquent, nous anticipons toujours des gains boursiers intéressants au cours des 12 prochains moins, bien que moins robustes que lors des 12 mois précédents.


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Kelly Bogdanova

Vice-présidente et analyste de portefeuille
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