Laisser un héritage durable à vos enfants et petits-enfants

Planification successorale
Au-delà de la richesse

Examiner la planification successorale et les considérations liées à l’héritage pour les grands-parents, y compris sur le plan de la gestion de la dynamique familiale intergénérationnelle

« Il est très important que ces discussions se déroulent à vive voix et que vous réfléchissiez vraiment à ce que vous souhaitez que soit votre héritage. Il me semble que l’autre aspect tient au fait que, pour les grands-parents, la question ne se limite pas à l’argent et aux biens. Elle concerne tout autant le souvenir que vous souhaitez laisser à vos petits-enfants. »
Kathy Buckworth, écrivaine primée, porte-parole, créatrice de contenus et personnalité médiatique

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Transcript

Orateur initial:

Bonjour, et bienvenue à Au-delà de la richesse avec votre animatrice, Leanne Kaufman, présidente et cheffe de la direction de RBC Trust Royal. Pour la plupart d’entre nous, parler de sujets comme le vieillissement, la fin de la vie et la planification successorale n’est pas facile. C’est pourquoi nous leur consacrons ce balado qui vous donne l’occasion d’en entendre parler tout en profitant des grandes connaissances de certains des meilleurs experts dans le domaine au pays. Aujourd’hui, nous voulons vous fournir des renseignements qui vous aideront à vous protéger, vous et votre famille, dans le futur. Voici votre animatrice, Leanne Kaufman.

Leanne Kaufman :

Le fait d’être grands-parents constitue pour sept millions et demi de Canadiens l’une des plus grandes sources de bonheur de leur vie. Si les parents souhaitent faire en sorte que leurs enfants réussissent, tel est également le cas des grands-parents. En effet, les grands-parents ne souhaitent rien d’autre que ce qu’il y a de mieux pour les enfants de leurs enfants. Si, à titre de grands-parents, la question du transfert du patrimoine et la planification successorale peuvent sembler représenter des tâches ardues, mon invitée et moi-même sommes ici avec vous aujourd’hui pour parler de la façon de percevoir sous un autre œil l’héritage que vous laissez à titre de grands-parents.

Bonjour, mon nom est Leanne Kaufman, et je vous souhaite la bienvenue au balado Au-delà de la richesse de RBC Gestion de patrimoine. Aujourd’hui, je suis absolument ravie que se joigne à moi Kathy Buckworth, une experte en ce qui concerne les rôles de parent et de grands-parents. Kathy a passé 20 années de sa vie dans le domaine du marketing d’entreprise, a rédigé six livres à succès traitant de la parentalité en plus d’être une personnalité médiatique bien connue. Kathy apporte son concours à des marques dans le domaine des médias audiovisuels et en ligne, en plus d’animer des émissions de télévision sur Slice TV et Rogers. Elle est régulièrement invitée aux émissions de télévision matinales diffusées à travers le pays. Elle remplit actuellement les fonctions de créatrice, de scénariste et d’animatrice de l’émission et du balado Go To Grandma de Zoomer Radio. Comme j’ai eu l’occasion d’être invitée par Kathy lors de cette émission, je suppose que nous pourrions dire que l’épisode d’aujourd’hui constitue le deuxième volet de notre initiative conjointe. Elle est également coanimatrice du balado Stories from the Green Bench, qui met l’accent sur la sagesse des aînés. Kathy, permettez-moi de vous remercier de vous être jointe à moi ici aujourd’hui pour discuter de la question du transfert intergénérationnel du patrimoine et pour expliquer en quoi cette question importe « Au-delà de la richesse ».

Kathy Buckworth :

Je suis absolument ravie d’être ici, Leanne. Je suis heureuse de participer à mon tour à votre balado.

Leanne Kaufman :

Voilà qui est très excitant. Comme nous entretenons déjà cette relation en matière de balados, c’est amusant. Kathy, vous qui étiez une experte en ce qui concerne le rôle de parent et qui êtes devenue une experte en ce qui concerne le rôle de grands-parents, je suppose que beaucoup de choses ont changé entre le moment où vous étiez vous-même une mère et celui où vous êtes désormais une grand-mère, parmi ces changements figurant bien évidemment l’invention du balado. Qu’est-ce qui vous a amenée à lancer une émission de radio et un balado qui s’intéresse à la situation des grands-parents et aux choses qui leur tiennent à cœur ?

Kathy Buckworth :

Eh bien, lorsque j’ai commencé à écrire sur le sujet de la parentalité – je dois dire que le plus jeune de mes quatre enfants vient à peine de célébrer son 21e anniversaire de naissance –, nous nous intéressions à certains types de parentalité et de stratégies en cette matière. Les blogues de maman foisonnaient un peu partout car, à l’époque, ce sont les blogues qui étaient en vogue. Mes enfants ont grandi et ont commencé à évoluer, ils sont devenus des adolescents et une foule de changements sont survenus. Pour dire vrai, tout cela m’était un peu étranger lorsqu’ils étaient adolescents et au début de la vingtaine, puisqu’alors plusieurs des enjeux auxquels ils étaient confrontés étaient plutôt délicats, et comme je ne suis pas une psychothérapeute qualifiée, je ne souhaitais pas plonger dans des questions de nature si délicate. Cependant, j’ai appris il y a trois ans que j’allais devenir grand-mère, alors que ma fille aînée, qui était âgée de 28 ans, a donné naissance à Owen, son premier enfant… Il faut dire que j’avais moi-même 28 ans lorsqu’elle est née. Ainsi donc, à 56 ans, je me suis retrouvée grand-mère, ce qui est, selon moi, un âge normal pour ce genre de choses, bien que peut-être certains seront d’avis que j’étais plutôt jeune. Cependant, j’estime qu’il s’agit là d’un âge plutôt normal pour devenir grand-parent. Je me suis alors demandé où se trouvaient, en ligne, toutes les grands-mères. Où se trouvaient tous les grands-parents et où pouvais-je me tourner pour obtenir de sages conseils de tous ces gens qui étaient déjà passés par cette étape de la vie, avant que ce ne soit mon tour. Pour dire vrai, je n’ai pas trouvé grand-chose. J’avais déjà collaboré avec Zoomer Radio, j’avais écrit pour Zoomer Magazine, et je dois dire que j’aime beaucoup leur culture et leur approche générale. Je me suis donc adressée à leur directeur général et je lui ai fait parvenir un courriel dans lequel je lui exprimais mon désir de réaliser une émission intitulée Go To Grandma, où j’incarnerais la grand-mère vers qui tout le monde peut se tourner, où je m’emploierais à recueillir et à partager de l’information. On m’avait laissé entendre que je pourrais devoir attendre un certain temps avant d’obtenir une réponse, mais il me répondit dans les 10 minutes, en me disant ceci : « Marché conclu. Nous avons besoin de ce genre d’émissions. Nous avons besoin de cela dans notre domaine. Nous n’avons pas d’émissions consacrées aux grands-parents. » J’ai donc lancé cette émission dans un style proche de celui des magazines. Comme vous le savez, Leanne, le commanditaire en titre étant RBC, lors de chacun des épisodes, nous menons une entrevue de cinq minutes avec RBC sur différents sujets qui intéressent notre auditoire. Je mène par ailleurs aussi une entrevue avec deux autres invités. Il s’agit d’entrevues brèves puisque l’émission ne dure qu’une demi-heure, ou plus précisément 26 minutes, si l’on tient compte du temps consacré aux annonces publicitaires. Voilà qui est également la durée de mon balado. Je dois dire que cette aventure a été très amusante et très dynamisante. J’ai énormément appris de mes invités, et notamment de vous, et j’espère que nous serons en mesure de partager tout cela avec les personnes qui nous écoutent.

Leanne Kaufman :

Eh bien, peut-être pourrions-nous parler de ce que vous avez appris. Selon vous, quels sujets trouvent un écho auprès de votre auditoire ou lequel de vos sujets a connu le plus de popularité ?

Kathy Buckworth :

Pour dire vrai, et je ne dis pas cela simplement parce que je participe à votre balado, mais les conseils financiers que nous avons partagés ont été reçus très favorablement et viennent au sommet des sujets qui suscitent de l’intérêt, notamment sur les questions de planification successorale dont je sais qu’il s’agit de votre domaine de prédilection. Cependant, l’on ne sait jamais ce que l’on ne sait pas. Il me semble que les personnes qui abordent la cinquantaine peuvent avoir réfléchi à cette question en s’interrogeant sur le contenu du testament de leurs parents, sur la façon d’aider leurs parents au chapitre de la planification successorale et peut-être n’y ont-ils pas énormément réfléchi eux-mêmes. Beaucoup de gens ne savent pas ce qu’est l’homologation. Beaucoup de gens ne savent pas comment s’effectue un transfert de fonds avant le décès. Plusieurs personnes se demandent ce qu’elles doivent faire de leur maison. Il me semble que nous devrions être mieux informés à l’égard de toutes ces questions auxquelles nous réfléchissons, mais que nous avons tendance à remettre à plus tard. Ces sujets ont donc été vraiment utiles.

Outre les sujets de nature financière, nous avons également consacré énormément de temps aux voyages. Nous nous sommes intéressés au sommeil, à la condition physique et à la nutrition. Des experts viennent régulièrement nous rencontrer et me disent quels jeux vidéo je devrais jouer avec mes enfants, quels outils technologiques je devrais installer chez moi et me renseignent quant à la pertinence des maisons intelligentes. En me précisant les mesures de sécurité que je pourrais y intégrer, par exemple. Nous parlons des voitures puisque bon nombre d’entre nous sommes toujours des consommateurs et que nous achetons encore des biens. Nous voulons savoir ce qui se passe dans le marché. Je reçois également énormément d’auteurs de livres. J’ai reçu une auteure de livres de mots croisés, ce qui fut particulièrement intéressant pour une grande amatrice comme moi de découvrir comment elle fabriquait ses mots croisés. Nous traitons donc d’une multitude de sujets de sorte que, lorsque j’affirme que cette émission s’adresse aux grands-parents d’aujourd’hui, il faut bien comprendre que nous ne nous contentons pas de traiter de sujets qui traitent du rôle de grands-parents.

Cependant, plusieurs thérapeutes familiaux et psychothérapeutes viennent participer à l’émission pour parler des questions concernant les relations, non seulement entre les grands-parents et les petits-enfants, mais bien évidemment entre les grands-parents et les parents, sans compter les différences que cela peut vouloir dire. En vérité, il y a quelques semaines à peine, nous nous demandions comment il y a lieu de réagir en présence d’un petit-enfant adolescent impertinent. La question consistait à savoir comment il convenait d’aborder ce sujet avec l’adolescent lui-même ainsi qu’avec ses parents. Ma fille travaille comme éducatrice parentale. Elle s’appelle Tori Halpin. Elle donne des cours en ligne sur la parentalité douce, qui constitue une nouvelle stratégie en matière de parentalité par rapport à l’époque où j’étais moi-même parent. Elle a donc participé à plusieurs reprises à l’émission pour m’expliquer à moi ainsi qu’aux autres grands-parents la façon d’agir des mères et des parents milléniaux aujourd’hui, en nous présentant ce qui fonctionnait dans leur cas.

Leanne Kaufman :

Je ne suis pas encore à l’âge d’être grand-mère. J’ai encore des adolescents, mais plusieurs des sujets que vous évoquez me touchent tout autant. Il ne faut donc pas laisser le nom du balado nous tromper. En effet, on traite dans le balado Go To Grandma d’une foule de sujets qui sauront intéresser chacun. Parlons un peu, si vous le voulez bien, de vos observations en ce qui concerne les préoccupations de votre auditoire au sujet de l’espérance de vie, du fait que l’on vive plus longtemps à titre de grands-parents. Avec un peu de chance, plusieurs d’entre nous auront l’occasion d’être également des arrière-grands-parents. En quoi le point de vue de votre auditoire a-t-il peut-être changé par rapport à ce qu’il était il y a 20 ou 30 ans sur les questions de santé et d’espérance de vie ?

Kathy Buckworth :

Voilà une excellente question. Vous venez de faire référence au fait qu’il ne fallait pas se laisser tromper par le nom du balado. En vérité, j’ai sciemment choisi le nom Go To Grandma. Quelqu’un m’a alors dit : « Pourquoi insérez-vous la référence à ‟grand-mère” dans ce titre ? » Et je lui ai répondu : « Parce que je veux me l’approprier. » Je veux redéfinir ce mot et j’en ai un peu assez que les gens disent : « d’accord, grand-maman », comme s’il s’agissait d’une insulte. En vérité, c’est un état tout à fait enviable. Pour moi, le rôle de grand-mère est un peu comme celui d’un cadre supérieur. Mais, c’est amusant. En quoi a-t-il évolué ? Il a évolué considérablement. Beaucoup de personnes que j’accueille à mon émission sont elles-mêmes des grands-parents, mais plusieurs sont des experts dans leur domaine. Nous parlons spécifiquement à cet auditoire des gens de plus de 55 ans. L’une des choses que j’ai remarquée tient à la différence marquée à l’égard de l’intérêt que portent les membres de notre auditoire à leur condition physique et à leur nutrition. La condition physique n’est pas quelque chose dont on cesse de se préoccuper quand on atteint un certain âge. En vérité, il s’agit là de quelque chose dont il faut être conscient en tout temps. C’est également le cas de la pleine conscience. On entend souvent parler de l’importance de la pleine conscience et de la nécessité de vivre à l’instant présent, en profitant vraiment de la vie avec vos petits-enfants et par soi-même. C’est également le cas de la nutrition. Nous savons très bien qu’il y a certaines choses que nous ne pouvons plus boire ou manger, même si nous le regrettons bien. Cependant, il est utile de pouvoir compter sur ces rappels et, avec un peu de chance, nous fournissons ce genre de conseils pratiques sur la façon de modifier ce que vous faites, simplement pour essayer d’améliorer quelque peu les choses. Je dirais qu’il n’est jamais trop tard pour essayer quelque chose de nouveau, mais qu’il n’est jamais trop tôt par ailleurs pour prendre de bonnes habitudes. Ainsi, à titre d’exemple, la planification successorale lorsqu’on a 50 ans, n’est-ce pas là une réalité ? Apprendre comment retrouver son équilibre ou comment faire des mots croisés pour votre santé cérébrale, il n’est jamais trop tôt pour entreprendre de poser ce genre de gestes. Il me semble que nous avons observé une mutation importante quant à la nature de ce que sont désormais les grands-parents et ce qu’ils font. Les grands-parents agissent. Les grands-parents sont plutôt actifs, plutôt que de se contenter de passer leur temps à faire cuire des biscuits, ce qui est également mon cas. Très bien. Mais, vous savez…

Leanne Kaufman :

Oui, mais les biscuits que vous préparez sont bons pour la santé.

Kathy Buckworth :

Ils sont sains parce que mes petits-enfants sont végétaliens, de telle sorte que je dois m’employer à… Mais, en vérité, cela regroupe un peu tout ça. Il me semble par ailleurs que nous avions pour habitude de faire en sorte que ce qui se passait chez notre grand-mère ne sortait pas de cet endroit. Je n’adhère certainement pas à cette philosophie. Nous sommes aujourd’hui conscients du fait que nous devons entretenir de bonnes relations honnêtes et ouvertes avec nos enfants parce qu’en vérité ce sont eux qui détiennent la clé du royaume des grands-parents. Nous devons tout d’abord nous assurer d’avoir de bonnes relations avec eux. Il me semble que cet aspect couvre un ensemble de choses, comme le fait de leur parler d’argent, de leur parler de leurs plans d’avenir, de les aider lorsque nous pouvons les aider, et de respecter leurs décisions en tant que parents eux-mêmes. Nous pourrions en parler derrière leur dos avec nos amis, cela ne cause pas de difficulté… Ma fille sait que j’agis de la sorte. Je pense que nous sommes véritablement conscients du fait que nous avons un rôle important à jouer et que le rôle de grand-parent est très important. Mes parents sont toujours en vie de sorte que mes petits-enfants ont des arrière-grands-parents. Et mes enfants adultes entretiennent d’excellentes relations avec leurs grands-parents, ce que j’observe et ce dont je me réjouis.

Leanne Kaufman :

C’est le cas. Cela est si important. Et pour ceux d’entre nous qui ont perdu leurs grands-parents tôt dans la vie, il me semble qu’il s’agit là d’un aspect qui nous manque indiscutablement. Comment envisagez-vous le concept d’héritage et, si avez abordé un peu le sujet de la planification successorale dans l’esprit de chacun, comment estimez-vous qu’il change lorsqu’on devient grand-parent soi-même ?

Kathy Buckworth :

Eh bien, il me semble que nous avons de nous-mêmes – comme je l’ai déjà dit, mes parents sont toujours vivants, et ils ont plus de 80 ans – et tel est également mon cas, mais, comment dirais-je, ils se trouvent au sommet de l’échelle ou à proximité de ce sommet. Il me semble que, lorsqu’on se rapproche du sommet de cette échelle, vous prenez conscience du fait que vous êtes en quelque sorte le prochain. Je ne veux certainement pas être morbide, et je n’ai pas la moindre intention en ce sens, mais, bien évidemment, vous vous rapprochez de cette échéance, n’est-ce pas ? Vous avez désormais cet âge. Ainsi donc, il me semble que, lorsque vous avez des petits-enfants, vous commencez véritablement à vous dire : « eh bien, moi qui pensais que j’étais toujours en train de m’occuper de mes enfants », puis, tout d’un coup, apparaît la génération suivante. Tout cela fait une différence à l’égard de la façon dont vous envisagez la planification successorale. Qu’allez-vous laisser à vos enfants ? Qu’allez-vous laisser à vos petits-enfants ? Je ne doute pas qu’ils n’ont pas vraiment d’intérêt envers la collection de plats en porcelaine que j’ai en haut, par exemple, ne serait-ce que pour citer cet exemple, mais, de manière plus générale, souhaitent-ils assumer le fardeau de prendre le relais, même s’il s’agit de vos enfants adultes, veulent-ils être exécuteurs de votre testament ?

Vous commencez également à penser que vos enfants devraient avoir un testament, et tel est indiscutablement le cas de ma fille ou de son mari, parce que ce qu’il adviendra de leurs enfants aura indiscutablement des répercussions sur vous, n’est-ce pas ? Ainsi donc, tout cela s’enchaîne. Il est très important que ces discussions se déroulent à vive voix et que vous réfléchissiez vraiment à ce que vous souhaitez que soit votre héritage. Il me semble que l’autre aspect tient au fait que, pour les grands-parents, la question ne se limite pas à l’argent et aux biens. Elle concerne tout autant le souvenir que vous souhaitez laisser à vos petits-enfants. Mes parents ont récemment eu l’occasion dans leur maison de retraite de consigner certains de leurs souvenirs, ce qui fut absolument épatant. À vrai dire, tout cela ne tient qu’en quatre ou cinq pages et ils auraient pu en dire beaucoup plus, mais ils ont néanmoins traité d’une foule de choses, que ce soit ma mère qui a grandi à Coventry au cours de la Seconde Guerre mondiale, ou mon père, alors que son propre père était le maire de Canterbury. Mes enfants ne savaient pas bon nombre de ces choses, de telle sorte qu’ils ont vraiment pu en profiter.

Je vous invite à tenter de faire cela, à prendre quelques instants pour consigner ces souvenirs et leur raconter des histoires. Aujourd’hui, lorsque nous nous retrouvons autour de la table pour manger, mes parents racontent énormément d’histoires sur leur jeunesse à mes propres enfants, ce qui est absolument formidable. Ainsi donc, l’héritage prend de multiples formes qui ne se limitent pas à l’argent.

Leanne Kaufman :

Vous avez parfaitement raison ! Voilà un formidable cadeau qu’ils peuvent leur faire en leur laissant des histoires et des souvenirs. Je sais que ma grand-tante avait d’excellentes histoires à raconter et que certains de mes cousins ont été en mesure de l’enregistrer racontant ces histoires avant son décès, et tout le monde se réjouit vraiment du fait qu’ils aient pu faire cela.

Vous avez donc parlé de la nécessité d’avoir des conversations ouvertes et honnêtes avec vos enfants au sujet de la parentalité, et nous consacrons énormément de temps dans mon secteur à inciter les familles à avoir des discussions ouvertes et franches sur la fin de vie et la planification successorale, comme vous le savez fort bien. Selon vous, si vous vous fiez à votre expérience, s’agissant de discuter avec les grands-parents, inciteriez-vous – bien que je sache pertinemment que vos petits-enfants sont jeunes…

Kathy Buckworth :

Absolument.

Leanne Kaufman :

Mais, le moment venu, pensez-vous que les petits-enfants devraient participer à ces conversations ? En quoi cela pourrait-il modifier la teneur des échanges ?

Kathy Buckworth :

Eh bien, je suppose que je peux me référer à ce qui m’est arrivé puisque mes petits-enfants sont trop jeunes, mais mes parents me parlent beaucoup.

Leanne Kaufman :

Bien sûr.

Kathy Buckworth :

Chaque fois que je vais les voir, ils sortent le dossier. Le dossier qui comporte tous les états financiers et les hymnes qu’ils souhaitent qu’ils soient chantés à leurs funérailles, et ce genre de choses. En fait, j’étais à déjeuner avec mes parents, l’autre jour, et ils m’ont dit : « Kathy, as-tu planifié tes funérailles ? » Et je me suis dit qu’en fait je m’étais déjà occupée de mon testament. Mais nous conversons librement, et mes parents nous parlent… et ils parlent aussi avec leurs petits-enfants, puisque mes propres enfants ont maintenant de 21 à 31 ans… En fait, l’autre jour, ma mère m’a dit ceci : « Nous ne voulons pas de visite à nos funérailles puisque les gens sont occupés et ils pourront très bien y accéder par Zoom. » Je me suis dit : « Très bien. »

Mais, clairement…

Leanne Kaufman :

Voilà une attitude très progressiste.

Kathy Buckworth :

Oui, très progressiste. Et ils ont toujours été ouverts à ce propos. Je me rappelle lorsque ma mère m’a dit : « Pourquoi demanderais-je un passeport d’une durée de vie de 10 ans ? Soyons franc, une durée de cinq ans suffirait amplement. » Nous avons donc toujours échangé de manière saine sur le sujet de la mort et de la fin de la vie, échéance dont je sais que, lorsqu’elle surviendra, sera tout aussi destructrice pour nous qu’elle l’est pour quiconque. Je pense que, comme mes enfants savent que mes parents ont déjà tenu compte de cette échéance, qu’ils ont tenu compte de chacun des détails applicables au moment de leur décès et qu’ils se sont souciés de leur bien-être et de tout cela, il est important que mes enfants puissent l’observer également. Ils savent que nous avons un testament et, si nous n’avons pas encore planifié nos funérailles, nous avons un testament et tout ce qu’il faut, de telle sorte que je pense que nous faisons preuve d’ouverture d’esprit à ce sujet.

Nous avons toujours été assez ouverts avec nos enfants sur les questions qui concernent l’argent, d’où vient l’argent, combien coûtent les choses. Ces discussions ne démarrent pas tout d’un coup : elles se déroulent au fil du temps. Ainsi donc, à un moment donné, lorsque vous parlez de votre maison… pour dire vrai, lorsque mes enfants étaient jeunes, ils n’avaient aucune idée de ce que coûte une maison ou de combien coûtait un bien… Lorsque mes enfants ont obtenu leur diplôme universitaire, ils m’ont demandé ce qui était un revenu acceptable. Et je me suis demandé si nous avions bel et bien eu cette discussion. Ainsi donc, il est vraiment important d’avoir ces discussions sur le thème de l’argent, au même titre que les discussions portant sur ce qui arrivera lorsque vous ne serez pas là pour les aider.

Leanne Kaufman :

Et le fait que vos enfants voient que leurs grands-parents et vous-mêmes avez échangé librement, que vous vous êtes souciés de la planification, cela donne probablement un bon exemple. Mais cela leur donne également beaucoup de tranquillité d’esprit dont ils pourront profiter lorsqu’au moment venu ils sauront que tel était véritablement votre désir.

Kathy Buckworth :

Absolument.

Leanne Kaufman :

Au sujet de votre blague portant sur le passeport d’une durée de 10 ans, un parent de mon époux avait pour habitude de dire qu’il avait cessé d’acheter des bananes vertes.

Kathy Buckworth :

Oh ! mince alors ! Voilà qui est encore plus fort, qui évoque une échéance encore plus proche.

Leanne Kaufman :

Alors, qu’advient-il lorsque les grands-parents souhaitent faire participer les petits-enfants adultes aux conversations, mais que les membres de la génération intermédiaire, soit les parents, ne sont pas tout à fait à l’aise avec cela ? Comment pensez-vous que chacun devrait aborder ce genre d’échange ?

Kathy Buckworth :

Voilà une conversation très utile et, encore une fois, puisque mes petits-enfants sont jeunes, je l’aborde sous l’angle selon lequel je m’adresse à ma fille afin de déterminer s’il est approprié pour eux d’agir de la sorte, d’entendre ce genre de propos et de poser les gestes qui s’imposent alors. Je pense qu’il est très important de protéger en premier lieu la relation que vous entretenez avec vos enfants, comme je l’ai évoqué plus tôt. Cependant, une fois que les petits-enfants ont atteint l’âge adulte, disons qu’ils ont 18 ans ou plus, quelle que soit la façon dont vous souhaitez définir le seuil de l’âge adulte, il me semble qu’il est tout à fait acceptable d’avoir directement ce genre de discussion avec eux. Il me semble que, peut-être, serait-il utile de toucher un mot aux parents du fait que vous parlerez de cela – s’il s’agit de quelque chose de grave comme d’une maladie ou peut-être du fait qu’ils lèguent certains biens ou d’un sujet plus important encore –, mais en définitive s’ils sont des adultes, ils sont des adultes. Parfois, il m’arrive de penser que les grands-parents et les petits-enfants adultes peuvent entretenir leurs propres relations et il me semble que ces relations sont vraiment agréables, même lorsqu’ils sont encore adolescents et qu’ils sont sur la voie d’atteindre le stade d’adulte. Les adolescents parlent parfois d’une manière différente avec leurs grands-parents qu’avec leurs parents d’une multitude de sujets. Il me semble donc que le fait d’avoir ce genre de relations distinctes peut être très utile, voire agréable.

Dans quelques semaines, notre balado portera sur l’importance que revêt le fait pour les grands-pères et les grands-mères, d’entretenir ce genre de relations, de passer du temps avec leurs petits-enfants eux-mêmes, en faisant ce qu’ils souhaitent faire et en sautant, comment dirais-je, en faisant abstraction de la génération intermédiaire. Pour cela, il suffit d’aller au parc ou de partir en voyage quelque part. Le fait d’avoir ce genre de relations ouvertes avec eux de telle sorte que, lorsque vous évoquez un sujet délicat, ils sont plus à l’aise avec ce sujet puisque vous avez déjà établi une base sur laquelle peut reposer votre relation.

Leanne Kaufman :

Sur une solide base sur le plan relationnel, déjà.

Kathy Buckworth :

Exactement.

Leanne Kaufman :

Eh bien, si vous ne pouviez donner qu’un seul conseil aux grands-parents au sujet de ce qu’ils vont léguer à leurs enfants et à leurs petits-enfants, quel serait ce conseil ?

Kathy Buckworth :

Il me semble que, comme je l’ai dit plus tôt, cet héritage ou ce legs n’a pas à être sous forme d’argent. Je pense que beaucoup de gens se disent qu’ils n’ont pas suffisamment à laisser, ou que c’est compliqué, ce genre de choses. Il me semble que, manifestement, cela est important et que nous devons intervenir sur le plan de la planification successorale et bien comprendre tout cela ; mais nous devons également tenir compte de ce que nous souhaitons leur laisser dans le contexte des relations que nous avons avec eux. Encore une fois, qu’il s’agisse de consigner des souvenirs par écrit, de passer énormément de temps avec eux, de les rencontrer en personne, tout cela… Si vous êtes des grands-parents qui ne vivez pas au même endroit, les choses sont plus délicates. Cependant, vous pouvez vous assurer qu’ils savent qu’ils ont été entendus et que vous entretenez tout d’abord d’excellentes relations avec leurs parents. Voilà qui, encore une fois, est essentiel. Et tel est le meilleur conseil que je saurais donner à quiconque va devenir grand-parent : souciez-vous vraiment de la relation avec votre enfant, qui lui-même devient parent.

Et rappelez-vous, je vous en prie, que les stratégies parentales ne cessent d’évoluer. Nos parents n’étaient pas d’accord avec certaines d’entre elles et vous n’êtes certainement pas d’accord avec d’autres de ces stratégies. Vous pouvez bien évidemment accepter, et cela est parfait. Ainsi donc, oui, il est important, bien évidemment, d’avoir un plan, d’avoir un plan, de travailler avec un conseiller et de vous assurer que tout est en ordre avant d’entreprendre de laisser des choses à vos petits-enfants et à vos enfants.

Leanne Kaufman :

Voilà donc d’excellents conseils. Merci, Kathy. J’ai beaucoup aimé cette conversation et, comme je l’ai dit, si je ne suis pas encore tout à fait au stade de ma vie où je vais devenir grand-mère, lorsque le moment sera venu, je sais à qui je m’adresserai. Je sais vers qui je me tournerai.

Kathy Buckworth :

Eh bien, la naissance de mon troisième petit-enfant est prévue pour le mois de mai. Pour le mois de mai… et c’est une fille !

Leanne Kaufman :

Oh ! votre première petite-fille ! Eh bien, félicitations. Voilà qui est incroyable.

Kathy Buckworth :

Merci.

Leanne Kaufman :

Nous leur souhaitons tout le meilleur.

Kathy Buckworth :

Merci.

Leanne Kaufman :

Merci, Kathy, de vous être jointe à nous aujourd’hui pour nous parler de l’héritage des grands-parents. Tous les héritages ne sont pas identiques et telle est la raison pour laquelle cette question importe « Au-delà de la richesse ».

Vous pourrez en apprendre plus sur Kathy Buckworth en consultant le site kathybuckworth.com ou ses balados, Go To Grandma et Stories from the Green Bench, là où vous retrouvez généralement vos balados.

Si vous avez aimé cet épisode du balado et si vous souhaitez contribuer à l’appuyer, nous vous invitons à en faire part à d’autres personnes, à en parler sur les médias sociaux ou à donner une note et à rédiger une critique. Mon nom est Leanne Kaufman. Au plaisir de vous retrouver. Merci de vous être joints à nous.

Orateur final :

Qu’il s’agisse de planifier votre succession ou les besoins de votre famille ou de votre entreprise, ou de bien remplir votre rôle d’exécuteur testamentaire (appelé liquidateur au Québec) de la succession d’un être cher, nous pouvons vous guider, aplanir les difficultés et soutenir votre vision. Faites équipe avec RBC Trust Royal afin que les générations futures profitent longtemps de votre legs. Laissez un héritage, pas un fardeauMC. Allez à rbc.com/trustroyal.

Merci d’avoir suivi cet épisode d’Au-delà de la richesse. Pour en savoir plus sur RBC Trust Royal, veuillez visiter notre site à rbc.com/trustroyal.

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Ce balado est fourni à titre indicatif seulement et ne vise pas à donner des conseils ni à approuver ou à recommander un contenu ou des tiers qui y sont mentionnés. Veuillez consulter un conseiller professionnel en ce qui concerne votre situation particulière. Les renseignements présentés sont réputés être factuels et à jour, mais leur exactitude n’est pas garantie et ils ne doivent pas être considérés comme une analyse exhaustive du sujet abordé.

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