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Les sociétés américaines et européennes ont fait état de bénéfices ternes pour le quatrième trimestre. Aux États‑Unis, la période est presque terminée, puisque environ 82 % des constituants du S&P 500 ont présenté leurs résultats, contre à peu près la moitié de ceux de l’indice Euro STOXX 600 (qui représente les sociétés de la zone euro).

Parmi les sociétés qui ont publié leurs bénéfices dans les deux régions, la majorité a dépassé les prévisions générales, soit 71 % au sein du S&P 500 et 60 % au sein de l’Euro STOXX 600. Aux États‑Unis, le pourcentage est un peu plus bas que d’habitude, tandis qu’il surpasse légèrement la moyenne en Europe. En ce qui concerne la croissance des bénéfices, elle s’établit à 3 % d’une année sur l’autre des deux côtés de l’Atlantique. Pour la zone euro, il s’agit du niveau le plus élevé des cinq derniers trimestres.

Sur le marché américain, les bénéfices ont le plus augmenté dans le secteur des services publics. Par contre, ils ont nettement reculé dans l’énergie et les matières. La technologie et les soins de santé se sont démarqués, à la fois pour avoir créé une bonne surprise et généré une croissance soutenue des bénéfices.

La période de publication des bénéfices s’est révélée décevante au Japon : 90 % des sociétés de l’indice TOPIX ont fait part de leurs résultats et moins de la moitié d’entre elles a excédé les attentes. En outre, les bénéfices ont baissé de 5 % d’une année sur l’autre. On ne devrait peut‑être pas s’en étonner vu que le PIB du Japon s’est contracté de 1,6 % au quatrième trimestre.

La consommation discrétionnaire s’est distinguée par sa piètre performance : 60 % des sociétés de ce secteur ont déçu les attentes, et leurs bénéfices ont chuté de pas moins de 21 %. À notre avis, ce marasme s’explique peut‑être par le fait que les consommateurs ont devancé certains achats au troisième trimestre, avant l’adoption de la nouvelle taxe de vente en octobre. Le typhon Hagibis qui a ravagé le pays en octobre a sans doute porté un coup fatal au secteur.

Nous estimons que les répercussions de ces facteurs temporaires s’atténueront au fil du temps et que les bénéfices s’amélioreront globalement, de concert avec le contexte de croissance économique mondiale. Une éventuelle dépréciation du yen favoriserait les bénéfices dans ce pays exportateur.

Résultats en demi‑teinte aux É.‑U. et en Europe, décevants au Japon
 S&P 500Euro STOXX 600TOPIX
Croissance des ventes (sur 12 mois) 5 % 4 % -4 %
Sociétés ayant surpassé les prévisions de ventes 65 % 59 % 35 %
Ampleur des surprises créées par les ventes 1 % 0 % -7 %

Croissance du BPA (sur 12 mois) 3 % 3 % -5 %
Sociétés ayant surpassé les prévisions de BPA 71 % 60 % 49 %
Ampleur des surprises créées par le BPA 5 % 5 % -5 %

Sources : Système I/B/E/S de Refinitiv, Bloomberg.

En quête d’indices dans les prévisions

Lorsqu’on évalue les perspectives d’avenir des sociétés, les prévisions de leur équipe de direction s’avèrent bien plus utiles que les bénéfices réalisés. Lori Calvasina, chef, Stratégie sur actions américaines, RBC Marchés des Capitaux, SARL, analyse les estimations de bénéfices formulées par les sociétés américaines, afin de dégager des thèmes communs. Selon elle, la majorité des sociétés ont indiqué que le contexte macroéconomique demeurait solide. Cependant, elles ont été de plus en plus nombreuses, au cours des trois derniers trimestres, à le trouver plus nuancé, voire défavorable.

En outre, plus de 40 % des sociétés insistent sur la réduction des coûts, une part qui a augmenté graduellement au cours des cinq derniers trimestres. La plupart visent une amélioration de l’efficience générale et quelques‑unes envisagent de recourir à la technologie ou à des licenciements pour y parvenir.

Tout sur le coronavirus

Penchons‑nous à présent sur l’épidémie du coronavirus, car si elle n’est pas bientôt endiguée, ses répercussions poseront un risque de baisse pour les estimations des bénéfices de 2020. En effet, les sociétés pourraient connaître un recul de leurs ventes en Chine ou des perturbations de leur chaîne d’approvisionnement, les fermetures d’usines risquant d’entraîner une pénurie de certaines pièces ou composantes.

Alors qu’une grande partie des sociétés américaines ont déjà présenté leurs résultats, la plupart des équipes de direction ont simplement indiqué qu’il était trop tôt pour mesurer l’incidence future de la maladie sur leurs activités. Par conséquent, l’épidémie soulève une incertitude beaucoup plus grande que d’autres événements passés, comme le conflit commercial entre les États‑Unis et la Chine, dont l’impact était plus facile à évaluer, ce que les sociétés avaient fait volontiers.

Plus récemment, certaines sociétés ont tenu compte des conséquences de la maladie dans leurs prévisions. Par exemple, Apple a donné l’avertissement qu’elle n’atteindra probablement pas les revenus prévus pour le deuxième trimestre, en raison des turbulences possibles au sein de sa chaîne d’approvisionnement et du fléchissement de la demande en Chine, qui se répercutera sur les ventes. En fait, la société s’est carrément abstenue de livrer des données précises.

Comme la période de publication des bénéfices a lieu plus tard en Europe, soit habituellement deux à trois semaines après les États‑Unis, les perspectives des sociétés européennes pourraient nous donner une indication sur ce qui attend les États‑Unis.

Les entreprises européennes qui ont fourni des prévisions sont relativement peu nombreuses. Ces dernières sont globalement optimistes pour 2020, mais elles affichent une prudence grandissante en ce qui concerne l’incidence de l’épidémie. C’est surtout le cas des sociétés liées aux produits industriels, à la consommation de base et à la consommation discrétionnaire. Une poignée d’entre elles se sont toutefois risquées à quantifier l’impact.

Ainsi, Pernod Ricard, fabricant de spiritueux, a abaissé la fourchette de croissance prévue de ses bénéfices, qui s’établit maintenant entre 2 et 4 % (contre 5 à 6 % auparavant). Son concurrent, Rémy Cointreau, a retiré ses prévisions, compte tenu de l’incertitude, de même que Burberry, la marque de vêtements de luxe. Michelin a réduit de près de 20 % son objectif de revenu d’exploitation. Il s’agit probablement d’un cas extrême, car l’administration du secteur automobile de la Chine a récemment estimé que les ventes de véhicules pourraient être réduites au maximum de 10 % dans ce pays en 2020, selon le pire scénario.

Les prévisions générales relatives aux bénéfices des sociétés incluses dans le S&P 500 pour l’ensemble de l’année 2020 ont été abaissées, passant de 178 $ par action au début de décembre 2019 à 176 $. Le déclin de 1 % correspond à ce que l’on observe généralement à cette période de l’année, quand les perspectives des mois à venir se précisent ; les conséquences éventuelles du coronavirus ne sont donc pas encore prises en compte.

Ce que réserve l’avenir

Même si les bénéfices publiés manquent d’éclat, ils demeurent satisfaisants aux États‑Unis et en Europe. Au Japon, les investisseurs passeront vraisemblablement outre aux facteurs ponctuels qui ont freiné les sociétés au quatrième trimestre, c’est‑à‑dire la hausse de la taxe de vente et le typhon. À notre avis, la croissance des bénéfices sera suffisante pour alimenter des gains boursiers modestes cette année, bien que la volatilité attribuable au coronavirus puisse revenir à l’avant‑scène. Nous insistons sur l’importance d’être vigilants ; toutefois, la volatilité pourrait aussi procurer aux investisseurs des points d’entrée avantageux parmi les titres ayant un lien avec la Chine.


Déclaration sur les analystes qui ne sont pas américains : Frédérique Carrier, une employée de RBC Europe Limited, société étrangère affiliée de RBC Gestion de patrimoine – États Unis; a contribué à la préparation de cette publication. Cette personne n’est ni inscrite ni qualifiée en tant qu’analyste de recherche auprès de l’organisme américain Financial Industry Regulatory Authority (« FINRA ») et, comme elle n’est pas associée à RBC Gestion de patrimoine, elle pourrait ne pas être assujettie au règlement 2241 du FINRA régissant les communications avec les entreprises visées, les apparitions publiques et les opérations sur valeurs mobilières dans les comptes des analystes de recherche.

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