En 2026, les actions des marchés émergents ont poursuivi leur élan amorcé en 2025, soutenues par des signes indiquant un tournant sur les plans de la rentabilité, des thèmes macroéconomiques favorables, des valorisations raisonnables et de l’élargissement de la participation des investisseurs.
28 mai 2026
Par Joseph Wu, CFA
Pendant la majeure partie des 15 dernières années, la croissance terne des bénéfices a été le défi le plus important pour les actions des marchés émergents. Malgré une croissance économique plus rapide que celle des marchés développés, les sociétés des marchés émergents ont peiné à générer une croissance supérieure des bénéfices et des rendements pour les actionnaires.
En plus de la conversion plus faible de la croissance économique en rentabilité des sociétés, les émissions fréquentes de titres de participation par les sociétés des marchés émergents ont également « dilué » le bénéfice par action au fil du temps. Cela contraste avec les marchés développés, où les rachats d’actions généralisés ont généralement favorisé le bénéfice par action.
Indexé à 100 au 1er janvier 2006. Une tendance à la hausse implique que les marchés émergents surpassent les marchés développés sur le plan des bénéfices et des rendements des cours, tandis qu’une tendance à la baisse signale une hausse des bénéfices et des rendements pour les marchés développés.
Sources : RBC Gestion de patrimoine, Bloomberg; données jusqu’au 30 avril 2026
Le graphique linéaire compare le bénéfice par action (BPA) et le rendement des cours de l’indice MSCI Marchés émergents et de l’indice MSCI Monde de janvier 2006 à avril 2026. Le BPA relatif et le rendement des cours relatifs ont augmenté de 2006 à 2011, ce qui indique que les actions des marchés émergents ont surpassé celles des marchés développés. De 2011 à 2025, les deux indicateurs ont affiché une tendance à la baisse, ce qui indique un rendement relatif inférieur du côté des marchés émergents. Depuis 2025, les deux indicateurs se sont stabilisés et ont remonté.
Récemment, toutefois, des signes d’amélioration ont émergé. Les actions des marchés émergents ont surpassé celles des marchés développés depuis la fin de 2024, l’indice MSCI Marchés émergents ayant généré un rendement annualisé de 35,6 % jusqu’en avril 2026, comparativement à 17,3 % pour l’indice MSCI Monde.
Fait encourageant, cette hausse du rendement a été accompagnée d’une stabilisation des tendances relatives des bénéfices, et non seulement de la confiance. La croissance relative des bénéfices semble avoir atteint un creux au quatrième trimestre de 2024 et a continué de s’améliorer. Après avoir surpassé la croissance des bénéfices des marchés développés en 2024 et 2025, les bénéfices des marchés émergents devraient maintenir cette avance en 2026 et 2027.
Après plus de dix ans de bénéfices décevants, une amélioration soutenue de la rentabilité pourrait solidifier les bases qui permettront aux actions des marchés émergents de maintenir leur élan haussier.
Sources : RBC Gestion de patrimoine, FactSet; données prises en compte jusqu’au 22 mai 2026
Le graphique à colonnes montre la croissance annuelle du bénéfice par action (BPA) de l’indice MSCI Marchés émergents et de l’indice MSCI Monde en 2024 et 2025, ainsi que les prévisions consensuelles pour 2026 et 2027. En 2024, le BPA de l’indice des marchés émergents a augmenté de 10,2 % et celui de l’indice mondial, de 6,7 %. En 2025, la croissance a été de 16,2 % et de 12,4 %, respectivement. En 2026, la croissance est estimée à 49,8 % et 19,1 %, respectivement. En 2027, la croissance est estimée à 19,2 % et 13,0 %, respectivement.
Malgré les tendances plus encourageantes des bénéfices et la remontée des 18 derniers mois, les valorisations des actions des marchés émergents demeurent relativement raisonnables, à notre avis. L’indice MSCI Marchés émergents se négocie à 11,7 fois les bénéfices prévisionnels, ce qui est inférieur à la moyenne sur 10 ans de 12,2 et à la moyenne sur 20 ans de 11,7.
Les valorisations relatives nous semblent encore plus intéressantes. Les actions des marchés émergents continuent de se négocier à un cours nettement inférieur (près de 40 %) à celui des marchés développés. Bien qu’une partie de cet escompte en dise probablement plus sur les valorisations élevées des marchés développés, en particulier des actions américaines, cela pourrait également indiquer que les investisseurs mondiaux conservent des positions de taille moindre à l’égard des marchés émergents après une longue période de rendement relatif modeste.
Selon nous, les périodes où la croissance des bénéfices s’améliore et où les valorisations demeurent inférieures peuvent créer des conditions favorables à un meilleur rendement. Si la rentabilité des marchés émergents continue de se renforcer et la confiance des investisseurs s’améliore, nous croyons que l’écart de valorisation important actuel pourrait diminuer graduellement au fil du temps.
L’indice MSCI Marchés émergents se négocie actuellement à 11,7 fois le ratio C/B prévisionnel, ce qui représente un escompte de 40 % par rapport aux marchés développés à 19,4 fois, comparativement à un escompte moyen à long terme plus près de 25 %.
Sources : RBC Gestion de patrimoine, Bloomberg; données jusqu’au 22 mai 2026
Le graphique linéaire montre le ratio cours/bénéfice (C/B) prévisionnel de l’indice MSCI Marchés émergents par rapport à celui de l’indice MSCI Monde de janvier 2006 au 22 mai 2026. La moyenne pour cette période a été d’environ 0,76, avec une fourchette d’écart type comprise entre 0,65 et 0,86. De 2006 à la fin de 2010, le ratio C/B relatif était généralement supérieur à un écart-type au-dessus de la moyenne. Il a ensuite reculé à environ 0,65 en 2014 et est demeuré dans une fourchette d’environ 0,65 à 0,76 jusqu’au début de 2024. Il a légèrement reculé depuis.
Le scepticisme à l’égard des actifs des marchés émergents pourrait découler des préoccupations à l’égard de l’instabilité macroéconomique. Selon nous, ces risques persisteront probablement, mais il convient de noter que de nombreux pays émergents ont fait des progrès considérables pour renforcer la résilience économique à la suite des réformes politiques des dernières années.
La crédibilité des banques centrales s’est améliorée, la dépendance aux titres de créance en devises a diminué et les initiatives de gouvernance d’entreprise se sont accélérées et sont devenues plus axées sur les actionnaires dans de nombreux pays émergents.
Ces améliorations structurelles pourraient expliquer pourquoi la volatilité des actions des marchés émergents s’est estompée au cours des dernières années. Entre 1988 et 2020, la volatilité des rendements des cours sur une période mobile de 12 mois de l’indice MSCI Marchés émergents s’est établie en moyenne à 20,8 %, comparativement à 13,7 % pour les marchés développés. Depuis 2020, toutefois, la volatilité des marchés émergents s’est établie en moyenne à 16,5 %, ce qui est nettement plus proche de la moyenne de 15,9 % des marchés développés.
Au fil du temps, les marchés boursiers ont tendance à emboîter le pas aux bénéfices. Étant donné que les cycles des marchés émergents se sont historiquement déroulés sur des horizons pluriannuels, nous croyons qu’il est justifié de surveiller l’inflexion récente des tendances relatives des bénéfices, car elle pourrait représenter les premières étapes d’un changement de tendance plus durable.
La dynamique des devises pourrait également devenir de plus en plus favorable si le dollar américain amorce une phase de dépréciation après une longue période de vigueur. Par le passé, la dépréciation du dollar américain a eu tendance à coïncider avec l’amélioration du rendement des actifs des marchés émergents.
Par ailleurs, les actions des marchés émergents pourraient également profiter de nouveaux flux de réaffectations de portefeuille pour les investisseurs en quête de diversification et de croissance à des valorisations moindres. De plus, la composition de l’univers des actions des marchés émergents a considérablement évolué au fil du temps. Les secteurs liés aux technologies représentent maintenant une plus grande part de l’indice MSCI Marchés émergents, offrant aux investisseurs d’autres moyens de participer à l’écosystème mondial de l’IA au-delà du marché américain dominant.
La convergence de l’amélioration des données fondamentales des sociétés, du renforcement des bases macroéconomiques, des valorisations raisonnables et du positionnement relativement prudent des investisseurs nous donne à penser que le contexte à long terme pour le rendement des actions des marchés émergents est devenu plus positif.
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