Récapitulatif sur les actions dans la première moitié de 2026 : Les meneurs prennent différentes formes

Analyse
Perspectives

Même si le rendement des titres de semiconducteurs a dominé les manchettes dans la première moitié de l’année, la remontée des actions américaines va plus loin que les simples titres de semiconducteurs. Nous analysons quatre catalyseurs clés qui ont eu une incidence sur le rendement et livrons nos réflexions sur ce qui attend les investisseurs.

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1 juillet 2026

Kelly Bogdanova
Vice-présidente et analyste de portefeuille
Services-conseils en gestion de portefeuille – États-Unis

Comme les titres des semiconducteurs ont nettement brillé et qu’ils ont généré la majeure partie du rendement total de 10,2 % de l’indice S&P 500 dans la première moitié de l’année, il est tentant de reléguer cette situation à une modeste progression.

Toutefois, la remontée a été assez généralisée :

  • sept des onze secteurs de l’indice S&P 500 ont inscrit des gains supérieurs à la moyenne et cinq secteurs ont surpassé l’indice dans la première moitié;
  • l’indice S&P 500 équipondéré a bondi de 12,1 %, dividendes inclus, surpassant l’indice S&P 500 pondéré en fonction de la capitalisation boursière et à forte coloration technologique; et
  • les indices S&P des actions à petite et à moyenne capitalisation ont bondi de 23,9 % et de 17,3 %, dividendes inclus, respectivement, surpassant de loin les indices à grande capitalisation.

La guerre États-Unis/Israël contre l’Iran, ainsi que la flambée connexe des prix du pétrole et de l’inflation, ont brièvement secoué le marché en mars.

Toutefois, celui-ci a rapidement fait fi de ces événements, les investisseurs se concentrant sur une très forte croissance des bénéfices au premier trimestre et, surtout, sur d’importantes révisions à la hausse des prévisions de bénéfices.

Les prévisions consensuelles de croissance des bénéfices pour l’indice S&P 500 pour 2026 sont passées de 13,6 % au début de l’année à 23,3 % à la fin de juin, un bond très inhabituel en si peu de temps, surtout en cette étape avancée du cycle économique. Pour 2027, l’on prévoit actuellement une croissance de 16,1 %.

De solides données économiques et peu ou pas de signes tangibles de détérioration de l’économie à l’horizon ont également soutenu les cours boursiers. Selon les prévisions consensuelles des économistes, la croissance du PIB des États-Unis s’établira à 2,1 % cette année et l’an prochain, soit à peu près à son niveau moyen à long terme.

Un nouveau sommet historique pour l’indice S&P 500 grâce à la forte croissance des bénéfices, qui a éclipsé la ronde précédente de difficultés au Moyen-Orient

La trajectoire de l’indice S&P 500 dans la
          première moitié de 2026, les principaux événements étant indiqués

Sources : RBC Gestion de patrimoine, Bloomberg; données jusqu’au 30 juin 2026

Le graphique montre la trajectoire de l’indice S&P 500 dans la première moitié de 2026, les principaux événements étant indiqués et les fluctuations des marchés étant expliquées. L’indice S&P 500 a commencé l’année à 6 845,5 et a atteint un sommet de 6 978,6 à la fin de janvier. Après avoir fait du surplace pendant environ un mois, il a reculé en mars, lorsque la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran a éclaté, les prix du pétrole ont bondi et l’inflation a augmenté. Il a touché un creux de 6 343,7 le 30 mars. Peu après, il a commencé à augmenter, car le marché a commencé à intégrer la possibilité d’une désescalade au Moyen-Orient, puis il s’est fortement redressé au début de juin grâce aux titres d’IA et des semiconducteurs, ainsi qu’à la croissance globale des bénéfices et des prévisions; la désescalade au Moyen-Orient a également contribué à la remontée. Le marché a atteint son sommet pour l’année jusqu’à présent, et un nouveau sommet historique, de 7 609,78 le 2 juin. Depuis, il a connu un repli normal à la suite d’une forte remontée. Il a clos à 7 499,4 le 30 juin.

Renaissance des titres à petite et à moyenne capitalisation

Après des années de rendement inférieur, les indices des sociétés à petite et à moyenne capitalisation ont bondi dans la première moitié pour quelques raisons principales :

  • ces indices comprennent les semiconducteurs et d’autres titres liés à la construction de centres de données d’IA, qui ont mené le marché dans son ensemble;
  • les prévisions consensuelles de croissance des bénéfices des sociétés à petite capitalisation ont commencé à s’améliorer et, surtout, les prévisions pour 2027 dépassent actuellement celles de l’indice S&P 500; et
  • les valorisations relativement bon marché des titres à petite et à moyenne capitalisation par rapport à celles des titres à grande capitalisation ont finalement été récompensées par les investisseurs.

Excellents rendements pour les indices boursiers, les petites capitalisations de loin en tête

Rendements totaux des principaux indices et styles (dividendes inclus) dans la première moitié de 2026

Rendements totaux des principaux indices et styles (dividendes inclus) dans la première moitié de 2026

* La croissance des dividendes est fondée sur l’indice S&P 500 des dividendes Aristocrate.

Sources : RBC Gestion de patrimoine, Bloomberg; données du 31 décembre 2025 au 30 juin 2026

Le graphique compare le rendement de neuf importants indices boursiers américains et des styles de placement au cours des six premiers mois de 2026 en fonction des données sur le rendement total, y compris les dividendes. L’indice des petites cap. S&P 600 a pris 23,9 %. L’indice des moyennes cap. S&P 400 a pris 17,3 %. L’indice composé NASDAQ a avancé de 13,1 %. L’indice S&P 500 équipondéré a pris 12,1 %. L’indice de croissance S&P 500 a pris 12,0 %. L’indice S&P 500 a progressé de 10,2 % La moyenne Dow Jones des valeurs industrielles a gagné 9,8 %. Le style de placement « croissance des dividendes » (représenté par l’indice S&P 500 des dividendes Aristocrate) a pris 9,3 %. L’indice de valeur S&P 500 a avancé de 8,0 %.

Si la croissance économique intérieure demeure robuste, nous pensons que ces segments du marché pourront en profiter. Les petites capitalisations, par exemple, ont tendance à bien se comporter lorsque les tendances de croissance du secteur manufacturier et de l’emploi sont fortes, un courant que les économistes de RBC s’attendent à voir persister.

Toutefois, si les taux d’intérêt commencent à augmenter plus tard cette année ou l’an prochain en raison de l’inflation persistante ou des pressions à la hausse sur les salaires, cette situation pourrait contenir les actions à petite capitalisation. Elles ont tendance à tirer de l’arrière par rapport aux grandes capitalisations lorsque la Réserve fédérale américaine (Fed) adopte un ton plus ferme.

Quelles que soient les perspectives à court terme, les positions dans les sociétés à petite et à moyenne capitalisation demeurent des volets importants des portefeuilles d’actions, de notre point de vue. Leur récent rendement supérieur témoigne des avantages de la diversification.

Malgré la récente remontée, le nombre de propriétaires de petites capitalisations parmi les investisseurs institutionnels demeure beaucoup plus faible que la normale, selon les données sur les contrats à terme sur actions. Cette situation permet à ces investisseurs d’étoffer leurs placements au fil du temps.

Rendement « semi-charmé »

Parmi les titres à grande capitalisation de l’indice S&P 500, différentes actions ont figuré en tête dans la première moitié par rapport aux dernières années.

Auparavant, le rendement était dominé par les titres des sept magnifiques – Alphabet, Amazon.com, Apple, Meta Platforms, Microsoft, NVIDIA et Tesla – dont certains sont des géants de l’IA.

Même si les titres les plus performants de la première moitié de 2026 étaient toujours liés au thème de l’IA, les meneurs au chapitre du rendement sont passés principalement des géants aux titres dits « pioches et pelles » des semiconducteurs (y compris ceux de mémoire) et aux titres technologiques connexes. Neuf des douze titres qui ont le plus contribué aux gains de l’indice S&P 500 provenaient des semiconducteurs et de la mémoire.

Tous les titres, sauf trois, qui ont le plus contribué aux gains de l’indice S&P 500 provenaient des semiconducteurs

Contribution en pourcentage au rendement total de 10,2 % de l’indice S&P 500 dans la première moitié de 2026

Contribution en pourcentage au rendement total de 10,2 % de l’indice S&P 500 dans la première moitié de 2026

* Titres cotés de la plus grande à la plus faible contribution.

Sources : RBC Gestion de patrimoine, FactSet; données sur le rendement total (dividendes inclus) du 31 décembre 2025 au 30 juin 2026

Le graphique montre la contribution au rendement total de 10,2 % de l’indice S&P 500 dans la première moitié de 2026. Micron Technology a contribué à 16 % des gains, Advanced Micro Devices (AMD), 10 %, Alphabet, 8 % et Intel, 8 % (données antérieures arrondies). 23 % supplémentaires des gains provenaient de quatre titres : NVIDIA (6,15 %), Applied Materials (6,11 %), Lam Research (5,48 %) et SanDisk (4,98 %). 15 % supplémentaires des gains provenaient de quatre autres titres : Apple (3,97 %), KLA (3,92 %), Caterpillar (3,91 %) et Broadcom (3,31 %). Les autres titres de l’indice ont représenté collectivement 20 % des rendements.

Cette vigueur s’explique par les centaines de milliards de dollars consacrés à la construction de centres de données d’IA, qui sont équipés de puces avancées et d’autres matériels. Parallèlement, l’offre de puces et de mémoire est limitée à l’échelle mondiale, de sorte que les prix de ces composantes et des pièces connexes ont bondi, tout comme les revenus, les bénéfices et les prévisions consensuelles.

Par conséquent, l’indice SOX, l’indice largement suivi des semiconducteurs de Philadelphie, s’est redressé d’un peu plus de 100 % dans la première moitié, la société de mémoire de premier plan Micron Technology ayant fait un bond vertigineux de 304 %, le fabricant de puces Advanced Micro Devices ayant progressé de 171 %. et Intel, liée au gouvernement américain, ayant gonflé de 278 %. À eux seuls, ces trois titres ont représenté 34 % des gains de l’indice S&P 500 dans la première moitié.

Même si nous pensons qu’il est trop tôt pour affirmer que la belle tenue des semiconducteurs est terminé en raison de la demande persistante de centres de données d’IA dans un contexte de pénurie mondiale de puces et de prix de vente élevés, de la volatilité et des replis de ces titres devraient se produire au cours des prochains mois, surtout après une telle envolée éclair.

Pour gérer le risque, nous pensons que les investisseurs devraient se méfier de la concentration des titres ou des secteurs dans leur portefeuille et les ramener à un poids raisonnable si les pondérations débordent des limites établies.

De façon générale…

Même si les titres des semiconducteurs ont dominé l’indice S&P 500, le rendement n’a pas été aussi restreint qu’il pouvait sembler :

  • Neuf des onze secteurs ont progressé au cours de la période et un groupe diversifié de cinq a surpassé l’indice S&P 500;
  • les produits industriels ont mené le marché;
  • l’énergie a presque aussi bien fait que les technologies grâce à une flambée de la croissance des bénéfices et des prévisions consensuelles associée à la hausse des prix du pétrole en raison du conflit au Moyen-Orient;
  • 16 des 25 principaux groupes industriels (un niveau sous les secteurs) se sont redressés;
  • 62 % des actions de l’indice S&P 500 ont progressé; et
  • les gains moyens et médians des actions de l’indice S&P 500 ont été de 13,2 % et de 7,4 % respectivement, dividendes inclus.

Cinq secteurs diversifiés ont surpassé l’indice S&P 500 dans la première moitié de 2026

Rendements totaux de l’indice S&P 500 et des secteurs (incluant les dividendes)

Rendements totaux de l’indice S&P 500 et des secteurs (incluant les dividendes)

Sources : RBC Gestion de patrimoine, FactSet; données du 31 décembre 2025 au 30 juin 2026

  • Rendements totaux dans la première moitié de 2026

Le graphique montre les rendements totaux de l’indice S&P 500 et de chaque secteur pour deux périodes : le rendement dans la première moitié de 2026 et le rendement depuis le creux du 12 octobre 2022. Toutes les données comprennent les dividendes. Les rendements sont les suivants dans cet ordre : rendement dans la première moitié de 2026, rendement depuis le creux d’octobre 2022. S&P 500 : +10,21 %, +121,1 %. Produits industriels : +20,2 %, +130,1 %. Technologie de l’information : +19,76 %, +246,8 %. Énergie : +19,69 %, +50,0 %. Matières : +11,97 %, +59,3 %. Immobilier : +11,52 %, +49,8 %. Consommation de base : +8,03 %, +44,2 %. Services publics : +7,69 %, +65,7 %. Soins de santé : +3,45 %, +39,0 %. Services de communications : +0,80 %, +192,8 %. Consommation discrétionnaire : -0,77 %, +79,4 %. Finance : -1,18 %, +94,0 %.

Égalité d’accès

Le rendement supérieur de l’indice S&P 500 équipondéré (chaque action a la même incidence sur les fluctuations de l’indice) par rapport à l’indice S&P 500 pondéré en fonction de la capitalisation boursière (les actions les plus importantes ont le plus d’incidence sur les fluctuations de l’indice) a été l’une des principales surprises de la première moitié de l’année. Le premier a progressé de 12,1 %, tandis que le second a pris 10,2 %.

Cette situation s’explique par le fait que le groupe composé des 10 titres les plus importants de l’indice S&P 500 selon la capitalisation boursière a inscrit un rendement nettement inférieur. Cette liste comprend NVIDIA, Apple, Alphabet, Microsoft, Amazon.com, Broadcom, Meta Platforms, Tesla, Berkshire Hathaway et JPMorgan Chase.

  • Les 10 plus grandes actions n’ont progressé que de 1,14 % en moyenne, dividendes inclus;
  • Microsoft a été la moins performante, perdant 22,5 %;
  • Meta Platforms a suivi, cédant 14,5 %;
  • Tesla a été la troisième pire, reculant de 6,5 %; et
  • parmi les 10 plus grands titres, ceux qui ont fait plus belle figure ont été Alphabet, catégorie A (+14,3 %), NVIDIA (+7,4 %) et Apple (+6,6 %).

Au cours des dernières années, les meneurs de l’indice S&P 500 équipondéré ont été passagers. Leur capacité à maintenir un rendement supérieur sera probablement déterminée par le possible rebond des 10 plus importantes actions, qui aurait pour effet de porter à nouveau l’indice S&P 500 en tête.

Nous pensons qu’au moins quelques géants pourraient afficher un meilleur rendement à court terme, étant donné que leurs valorisations semblent raisonnables et que les perspectives de croissance des revenus et des bénéfices pour le reste de l’année et l’année prochaine semblent toujours intéressantes.

Investis, mais vigilants

Divers indicateurs de l’ampleur du marché – des données qui mesurent la proportion de titres qui progressent par rapport à ceux qui reculent – confirment également que le rendement dans la première moitié n’a pas été un miracle ponctuel porté par les semiconducteurs, car ils ont récemment atteint de nouveaux sommets.

Cela ne se produit habituellement pas lorsque le marché a déjà atteint un sommet pour le cycle. Cette évolution nous porte à croire que le marché haussier américain, qui a commencé en octobre 2022, a encore de la marge de progression, malgré quelques soubresauts en cours de route.

Même si ça ne nous surprendrait pas que les turbulences entourant les élections de mi-mandat aux États-Unis en novembre ou la nervosité à l’égard de la politique de la Fed créent des vagues sur le marché dans la seconde moitié de 2026, nous recommandons de maintenir une pondération des actions américaines égale à celle du marché.

Pour en savoir plus sur nos perspectives à l’égard des actions et des titres à revenu fixe pour cette année et des thèmes de placement à long terme, veuillez consulter les articles sur les perspectives de Perspectives mondiales – Panorama 2026 récemment publiés sur le Web ou en format PDF .


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