Perspectives mondiales – Panorama 2026 : Canada

Analyse
Perspectives

Nous recommandons de cibler les actions présentant des caractéristiques de qualité et d’accroître la duration des obligations d’État.

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2 Décembre 2025

Par Matt Altro, CFA et Brett Feland

  • Le récent budget fédéral pourrait encore favoriser l’indice S&P/TSX, qui pourrait poursuivre son fort rendement relatif de 2025.
  • L’accentuation de la courbe des taux améliore les perspectives pour assumer le risque lié à la duration, tandis que la rémunération du risque de crédit demeure très modeste.

Actions canadiennes

En 2025, l’indice composé S&P/TSX est en voie de produire l’un des meilleurs rendements parmi les marchés boursiers des pays développés. Le S&P/TSX a progressé malgré des épisodes de volatilité et un contexte de croissance économique atone. Le rendement supérieur peut être en grande partie attribuable aux prix records de l’or et à l’amélioration des perspectives pour des segments clés du marché, y compris les prêteurs canadiens. De plus, même si les tarifs douaniers des États-Unis demeurent une préoccupation clé à l’échelle mondiale, l’ACEUM a protégé de nombreuses industries canadiennes. Comme l’ACEUM fera l’objet d’une révision conjointe l’été prochain, nous espérons que l’accord actuel demeurera relativement inchangé. Nous continuerons de surveiller les discussions entre le président Donald Trump et le premier ministre Mark Carney concernant un éventuel allègement pour les industries des métaux et du bois d’œuvre.

Dans le budget fédéral de 2025, le gouvernement a proposé d’accroître les dépenses et les investissements de 280 milliards de dollars canadiens sur cinq ans. Les investissements ciblent les infrastructures, la productivité et la compétitivité, la défense et la sécurité, et le logement. Le gouvernement fédéral espère attirer d’importants capitaux privés et publics, en plus de ses propres capitaux, pour favoriser de nouveaux investissements de capitaux totalisant 1 000 milliards de dollars canadiens.

Les niveaux actuels de chômage demeurent élevés, tandis que l’inflation demeure obstinément supérieure aux niveaux cibles. Malgré ces conditions, les mesures de dépenses globales donnent à penser que les consommateurs canadiens continuent de dépenser. Cette dynamique s’explique en grande partie par le clivage économique entre les Canadiens à revenu élevé et à revenu modeste. Les ménages à revenu élevé font plus que leur juste part de consommation et nous nous attendons à ce que les comportements de recherche de valeur demeurent constants en 2026.

Répartition sectorielle du rendement total de l’indice composé S&P/TSX depuis le début de 2025

Répartition sectorielle du rendement total de l’indice composé S&P/TSX depuis le début de 2025

Le graphique à barres montre la répartition sectorielle du rendement total depuis le début de l’année de 24,85 % de l’indice composé S&P/TSX, au 21 novembre 2025. Les répartitions sectorielles sont les suivantes : soins de santé, -0,02 %; immobilier, 0,09 %; consommation de base, 0,58 %; services de communications, 0,26 %; produits industriels, 0,24 %; consommation discrétionnaire, 0,86 %; services publics, 0,79 %; énergie, 2,93 %; technologie de l’information, 1,89 %; finance, 8,41 % et matières, 8,81 %.

Sources : FactSet, RBC Dominion valeurs mobilières; données en date du 21 novembre 2025.

À un ratio cours-bénéfice de 15,9, l’indice S&P/TSX continue de se négocier à un cours supérieur à son ratio moyen historique à long terme de 14,7. Toutefois, cette prime est nettement inférieure à celle de l’indice S&P 500, dont le ratio est de 21,3 par rapport à son ratio moyen à long terme de 16,6. Les attentes relatives à la croissance économique et aux bénéfices des sociétés seront plus difficiles à satisfaire ou à dépasser, les multiples de valorisation supérieurs limitant la progression du cours des actions. Cela dit, la modeste prime de l’indice S&P/TSX pourrait offrir une certaine protection en cas de repli généralisé de la valeur des actions. Au-delà du positionnement macroéconomique généralisé, nous continuons d’appuyer les sociétés dotées d’un bilan solide, d’un profil de bénéfices viable et croissant, et d’équipes de direction éprouvées qui ont démontré leur capacité à composer avec la volatilité des marchés.

Titres à revenu fixe canadiens

À l’exception d’une pause de six mois au milieu de l’année, la Banque du Canada (BdC) a continué d’assouplir sa politique monétaire en 2025. Les deux dernières réductions de 25 points de base (pb), en septembre et en octobre, ont porté le taux du financement à un jour à 2,25 %, à la limite inférieure de la fourchette neutre estimative de la banque centrale, à laquelle la politique n’est ni restrictive ni expansionniste. Pour soutenir un marché de l’emploi chancelant et encourager la croissance économique qui a été freinée par la politique tarifaire des États‑Unis, la BdC a procédé à des réductions totalisant 275 pb depuis que les taux ont culminé en 2023-2024, soit plus que tout autre pays du G7. À moins que les données sur la croissance ou l’emploi ne continuent à se détériorer, comme les décideurs s’y attendent, le gouverneur de la BdC, Tiff Macklem, a indiqué que la banque centrale a probablement fini d’assouplir sa politique monétaire pour l’instant.

Même si la réduction du taux du financement à un jour a fait fondre les taux obligataires canadiens à court terme au cours de la dernière année, les taux obligataires à long terme ont en fait grimpé. La courbe des taux s’est accentuée, car la prime de risque – la rémunération supplémentaire que les investisseurs reçoivent pour acheter des obligations à long terme – s’est accrue. Comme dans les autres pays du G7, les préoccupations d’ordre budgétaire ont exercé des pressions à la hausse sur les taux obligataires à long terme et ont contribué à cette accentuation de la courbe des taux. Les déficits prévus dans le budget de 2025 du gouvernement fédéral, publié en novembre, sont nettement plus importants que ceux de l’Énoncé économique de l’automne 2024, le gouvernement ayant annoncé une série de paquets d’aide afin de renforcer la croissance économique.

Courbe des taux des obligations d’État canadiennes

Courbe des taux des obligations d’État canadiennes

Ce graphique montre la courbe des taux canadiens en représentant les taux de rendement des obligations du gouvernement du Canada pour des échéances allant de un jour à 30 ans. On voit deux courbes : une qui montre les données au 8 novembre 2024 et l’autre, au 10 novembre 2025. Le graphique montre la façon dont les taux de rendement à court terme ont diminué au cours de la période, alors que ceux à long terme ont augmenté. Par exemple, le 8 novembre 2024, les taux de rendement des obligations à un jour, à trois mois, à six mois, à un an et à deux ans se situaient respectivement à 3,75 %, 3,50 %, 3,38 %, 3,25 % et 3,08 %, tandis que le 10 novembre 2025, ils se situaient respectivement à 2,25 %, 2,18 %, 2,26 %, 2,33 % et 2,45 %. Par ailleurs, le 8 novembre 2024, les taux de rendement des obligations à 20 ans et à 30 ans se situaient respectivement à 3,21 % et 3,19 %, tandis que le 10 novembre 2025, ils se situaient respectivement à 3,51 % et 3,62 %.

  • 8 nov. 2024
  • 10 nov. 2025

Sources : RBC Gestion de patrimoine, Bloomberg.

Selon nous, l’accentuation de la courbe des taux améliore le profil risque/rendement associé à la prise d’un peu plus de risque lié à la duration dans les portefeuilles, car des taux de départ plus élevés pour les obligations à long terme aident à compenser le risque d’une accentuation accrue. En revanche, les écarts de taux, soit le rendement supplémentaire que les investisseurs reçoivent pour acheter des obligations de sociétés par rapport aux obligations d’État, ont amorcé 2025 à des niveaux historiquement serrés et, malgré nos attentes, se sont davantage resserrés tout au long de l’année. Selon nous, les marchés des titres de créance n’évaluent pas pleinement les risques liés aux émetteurs, et les obligations de sociétés demeurent chères. Étant donné que la rémunération du risque de crédit est si maigre, pour l’instant, nous préférons accepter un risque supplémentaire lié à la duration dans les portefeuilles au moyen d’obligations d’État à plus long terme et demeurer prudents à l’égard de l’exposition aux obligations de sociétés.


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